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vendredi 27 juillet 2018

Comment ils ont assassiné le printemps (suite)

Extrait de "Pierre Nozière", 1885, Anatole France, éditions Calmann-Lévy, collection "Le Zodiaque", 250 Francs, page 209 à 213 :
  
"UNE ÉPAISSE FORÊT descendait alors jusque sur les grèves de la mer. Les lièvres l'habitaient. Elle recouvrait des marais peuplés de vanneaux, de bécasses, de canards et de sarcelles. Les mouettes déposaient leurs oeufs sur la roche nue des falaises. Le cri aigu du héron et la plainte du courlis s'élevaient des grèves pâles où le cygne, l'oie sauvage et le grèbe, chassés par les glaces, venaient passer l'hiver dans les sables marins. Des hommes en petit nombre habitaient ces contrées sauvages. C'étaient de pauvres bateliers qui pêchaient dans l'embouchure poissonneuse de la Somme. Ils étaient païens. ils adoraient des arbres et des fontaines. En vain les saints Quentin, Mellon, Firmin, Loup, Leu d'Amiens, étaient venus les évangéliser. Ils croyaient encore ce qu'avaient cru leurs pères. Ils croyaient aux génies de la terre et aux âmes des choses.
   Ces simples pêcheurs étaient saisis d'une horreur sacrée quand ils pénétraient dans les forêts profondes qui couvraient alors tout le rivage. Ils voyaient partout des dieux agrestes. Au bord des sources, où tremblaient les rayons de lune, ils apercevaient des nymphes, des fées, des dames merveilleuses ; ils les adoraient et leur apportaient en tremblant des guirlandes de fleurs. Ils croyaient bien faire en les aimant, puisqu'elles étaient belles.
   Sans doute, la source qui descendait le coteau feuillu où le pieux Valery s'arrêta était une des sources sacrées auxquelles ces hommes faisaient des offrandes. Elle coule encore au pied de la chapelle, du côté de la baie. Comme aux anciens jours, l'eau est fraîche et toute claire. Mais, maintenant, elle ne chante plus. Elle n'est plus libre comme au temps de sa rustique divinité. On l'a emprisonnée dans une cuve de pierre à laquelle on accède par plusieurs degrés. Du temps de saint Valery, c'était une nymphe. Nulle main n'avait osé la retenir, elle fuyait sous les saules. (...) C'est là, c'est dans ces fontaines des bois que se réfugièrent les dernières nymphes chassées par les évêques. Ces agrestes déesses étaient poursuivies sans pitié. Un article des ordonnances du roi Childebert porte que : "Celui qui sacrifie aux fontaines, aux arbres et aux pierres sera anathémisé".
   Valery jugea ce lieu convenable à ses desseins. (...) (voir page 4, 6 et 7 du pdf sur l'histoire de Valery)

   C'est contre les nymphes des bois et des fontaines que le saint homme tournait toute sa colère. Pourtant ces nymphes étaient des innocentes. (...) Ces nymphes, ces fées, ces dames étaient jolies et mettaient un peu de grâce au fond des coeurs rustiques. C'étaient des divinités toutes petites qui convenaient aux petites gens. Saint Valery les tenait pour des démons pernicieux, et il résolut de les détruire. (...).
   Un jour, passant dans un lieu proche de la ville d'Eu, il vit un arbre aux branches duquel des images d'argile étaient suspendues par des bandelettes de laine rouge. Ces images représentaient l'Amour, le dieu Hercule et les Mères. Ces Mères étaient très vénérées dans toute la Gaule occidentale. Les potiers de terre ne cessaient point de modeler les figures de ces dieux qui se trouvent encore en grand nombre dans la terre sur les rivages de l'Océan, de la Somme à la Loire. Elles sont parfois géminées, et deux mères sont assises côte à côte, tenant chacune un enfant. Parfois il n'y a qu'une Mère, et les paysans qui la découvrent en labourant leur champ la prennent pour la Vierge Marie. Mais c'est une idole de païens.
  Saint Valery fut irrité à cette vue et pensa en son coeur :
  "Des démons pendent comme des fruits pernicieux aux rameaux de cet arbre. "
  Puis il leva la cognée qu'il portait à sa ceinture et, avec l'aide du moine Valdolène, son compagnon, il renversa l'arbre avec les images saintes qu'il abritait sous son feuillage. Quand les gens du pays virent couché sur le sol l'arbre-dieu avec la multitude des offrandes et la sève saignant sur le tronc mutilé, ils furent saisis de douleur et d'effroi. Et lorsque saint Valery leur cria : "C'est moi qui ai renversé l'arbre que vous adoriez faussement ", ils se jetèrent sur lui et le menacèrent de l'abattre comme il avait abattu le dôme verdoyant" (fin de citation).



  Anatole France nous narre la vie de quelques saints qui, pour lui, son exemplaires. L'absurdité de leur prétendu "sainteté" quand ceux-ci abattent des arbres sous prétexte de "fausse" foi ne lui apparaît pas du tout. Bizarre. Pourtant l'arbre est absolument nécessaire à notre existence, L'ARBRE DE VIE (the tree of life) est central à toutes les cultures, même si l'on raconte maintenant qu'il s'agit d'un symbole au sens "figuré". Un dieu mâle, en revanche, n'a absolument AUCUN intérêt. Avec le recul on voit dans la description du missionnariat imbécile des chrétiens (mais c'est le cas pour tous les autres monothéismes à dieu mâle) un proto-écocide. Ils veulent par force remplacer la sacralité de l'arbre et de l'eau par la sacralité de la bite.
N'est-ce pas insensé à un point inimaginable ?
Cette violence inexplicable abasourdit les peuples dit païens qui, ayant perdu l'objet de leur culte, n'ont pas d'autre choix que de le pleurer sans espoir de le retrouver jamais. Puis, comme pour la jeune fille contrainte à la prostitution par le viol et la violence, ils sont obligés de se consoler auprès de leur persécuteur qui leur offre sa bénédiction/protection/religion.
Il a organisé leur détresse de sorte qu'il puisse leur faire croire qu'ils ne sont rien sans lui - pour déclencher un attachement traumatique à sa personne ; rapprochement de la victime par la mise en confiance et la séduction, pour renforcer chez elle le sentiment d'obligation et de redevabilité. 
  Les pères de l'Église appeleront la soumission des vaincu.e.s "miracle" et la donneront comme preuve irrréfutable que la vraie foi est apparue à ces "rustres" par la "grâce divine".
  Les prétendus "saints" abattent des arbres comme s'ils n'avaient pas plus de valeur que les images d'argile suspendues à leurs branches. Curieusement Anatole France les décrit comme des personnes assassinées et en même temps approuve cet assassinat. Le saccage qui aboutit aujourd'hui à des incendies de forêts boréales commence bien là, par cette approbation de l'écocide au nom de la "vraie" foi. Et se poursuit depuis des siècles sans répit. Malheur à celleux qui voudraient l'arrêter.
Tous les arbres doivent disparaître. Toutes les fontaines doivent être empoisonnées. Au nom de la bite suprême.

Les icônes jouent un rôle de premier plan dans l'histoire du massacre systématique des arbres.
Car ce n'est pas l'arbre qui agresse Valery ce sont les représentations qui y sont accrochées magnifiant des femmes. Des femmes seules avec des enfants. Ou plusieurs femmes avec des enfants, ensemble. Sans homme.
Mais cela ne lui suffit pas de détruire les images, il faut détruire la divinité à qui elles sont adressées.
Les images qui, aujourd'hui, auraient l'air de se vouer à un autre culte qu'à celui la bite peuvent entraîner la colère destructrice de quelque sectataire. La peintresse d'icônes Oksana Chatchko qui désacralisait la peinture religieuse phallocrate est morte. A t-elle été abattue directement ou indirectement par un saint Valery orthodoxe hors de lui ?
Oksana disait qu'elle était prête à tout pour ses idées, qu'elle n'avait pas peur : "Je suis prête à être tuée". Si on est prête à être tuée pourquoi se tuer ? Elle disait croire en l'humanité mais qu'il ne fallait pas avoir peur de s'opposer, par exemple, à la religion. De ce fait son prétendu suicide est suspect et également les derniers mots qu'elle aurait "écrit" mais pas dit de vive voix ni en public. Ici elle présente ses croix détournées en kalachnikovs. "Pour moi les religions sont des idéologies très très agressives" dit-elle en français. Le suicide aussi demande une terrible agressivité tournée contre soi-même. Hors du commun. Oksana n'était pas une personne agressive mais révoltée.
                 (icône féministe d'Oksana Chatchko. "Des icônes, personne n’en a jamais peintes de pareilles avant elle. Ses œuvres seraient assurément jugées plus dangereuses et scandaleuses en Ukraine ou en Russie, que les manifestations seins-nus des FEMEN, tant ici, Oksana touche au sacré de la chrétienté orthodoxe" Est-on encore en sécurité loin de la Russie alors que plus aucun  État ne reculent devant des infractions contre les droits humains lorsqu'il s'agit de faire des affaires avec un autre État ?)

Si les païen.ne.s de l'embouchure de la Somme que décrit Anatole France n'ont pas tué "saint" Valery, ce n'est pas par fascination pour le saint mais, sans doute, parce que contrairement à lui, iels respectent la vie et ne sont pas des assassin.e.s.
La légende chrétienne/crétine y voit, elle, la confirmation du bien-fondé de ce massacre d'arbres qui sera désormais perpétré au nom de la sainte... bite.
Le non-respect de la vie par les adorateurs de la sainte bite est considéré depuis ce temps-là comme une qualité à entretenir par la répétition inimterrompue de toutes sortes de meurtres odieux sur les femmes, les animaux, les plantes.


                                  (Saint boniface abattant l'arbre de Thor).


(on détruit maintenant des arbres par centaines de millions à l'époque du solstice d'hiver pour y accrocher des "images votives" ou "boules". Absurdité et détournement bitocratique des offrandes païennes à l'arbre-dieu).
  
    Et puis on détruit aussi des animaux en quantités effarantes, au point que les maigres arbustes qui restent et qui n'ont pas le temps de vieillir, ne peuvent faire face aux émissions de gaz que produit cette industrie de la mort. On le fait comme au temps de l'Ancien Testament, pour le Dieu-bite qui aime le sang, mais on n'appelle plus cela "sacrifier à Dieu". On appelle cela "consommer de la viande" car il paraît que depuis l'apparition de Jésus -Christ, fils de Dieu qui se serait lui-même sacrifié, on n'a plus besoin de tuer des animaux... ah bon ?  

lundi 29 juillet 2013

Arrêtées, molestées, battues, elles n'avaient pourtant pas les seins nus

AVERTISSEMENT : CE BILLET NE S'ADRESSE PAS AUX JEUNES FEMMES EN MAL DE VOCATIONS SACRIFICIELLES ET D'ACTIONS DIRECTES MAIS AUX FÉMINISTES ANTI-FÉMENISTES comme celle-ci et se veut un PETIT RAPPEL HISTORIQUE à base de photos de suffragettes anglaises prises entre 1903 et 1914. Parmi elles, Emmeline Pankhurst (2e photo en partant du haut) et Edith Bowermann (dernière photo (femme à terre, blessée par des coups de matraque)).



pankhurst.jpg
Photograph:Police officers arrest a “suffragette” who had been protesting for British women's right to vote, outside Buckingham Palace, in London, in 1914.
A Suffragette is Arrested and Escorted by Police in London, May 1906 (b/w photo)


 




Police and Pankhurst Family



Suffragettes vs. police

À force de répression et d'insuccès, le mouvement d'Emmeline Pankhurst se radicalisera et optera pour le vandalisme. E.P. dira : "L'argument de la vitre brisée est le meilleure argument en regard de la politique moderne". Elle exportera le modèle de la combattante pour le suffrage aux États-Unis auprès d'Alice Paul et de Lucy Burns qui crééront l'antenne américaine du mouvement.
Emily Davison posera, entre autres, des fumigènes à la paraffine dans trois boîtes aux lettres, mettra le feu à une corbeille de sciure dans une poste et posera une bombe dans la maison du premier ministre David Lloyd Georges.
De l'autre côté de l'Atlantique, les Américaines ne seront pas en reste.
Si bien qu'après cinq longues années d'assauts suffragistes du mouvement américain pour les droits civiques des femmes, le président des États-Unis,Woodrow Wilson, finira enfin par être favorable à un amendement qui accorderait aux Américaines le droit de vote et prononcera cet étonnant discours féministe devant le sénat :

"Devons-nous seulement demander à nos femmes, et prendre tout ce qu'elles peuvent donner en service et en sacrifice, tout en continuant à affirmer que nous ne voyons pas quel droit cela leur confère pour se joindre à nous et veiller aux affaires de la nation ainsi qu'aux nôtres ? Dans cette guerre [la première guerre mondiale où les femmes ont remplacé les hommes dans les usines entre autres "services rendus à la nation"], nous avons fait de nos femmes nos partenaires ; devons nous les accepter seulement dans un partage de la souffrance, du sacrifice et du labeur et leur refuser le partage du privilège et du droit ?"

Mais le sénat restera insensible à ces paroles et attendra encore un an avant de voter l'amendement (à une majorité d'une seule voix) le 4 juin 1919. On se rappelle que le 4 juin fut également le jour où Emily Davison fut tuée par une collision avec le cheval du roi Georges V).

Les femmes qui menèrent le combat pour le droit de vote des femmes ne manifestaient pas les seins nus car il n'en était encore nul besoin pour être visible aux yeux de la presse et pourtant elles n'ont pas été mieux traitées que leurs arrière-arrière-petites-filles, les Femen. D'ailleurs, il me semble que pour la visibilité/audibilité, ce soit les seins nus ou la vitre brisée, pas les deux*.
Et en attendant que nous ayons à mettre nos slogans sur nos fesses pour ne pas être maintenues dans l'ombre du foot, du pape, de la guerre (israélo-palestinienne, syro-syrienne, égypto-égyptienne, etc, au choix), du bébé des Windsor, et autres glorifications virilo-virilistes habituelles (pendant que la banquise du pôle Nord fond, la centrale de Fukushima fuit, un défenseur des tortues est assassiné, infos quand même nettement plus urgentes à communiquer) soutenons les femmes en lutte contre le patriarcat mortifère : Sacha, Oksana et Alexandra, les Pussy Riot, Amina et leurs ami.e.s emprisonné.e.s, tabassé.e.s ou simplement intimidé.e.s.

L'argument du maintien de LEUR ordre est leur seul argument.

Le droit de vote fut cédé par eux à force d'usure et à la condition (cachée) que nous ne leur laissions le pouvoir. Maintenant, nous ne voulons plus de leur autorité appuyée par les "hauts dignitaires" de leurs religions phallocentrées. Il faudra qu'ils le comprennent également.


Concernant le combat pour le suffrage et le cinéma, je suis tombée par hasard sur ce film de 1949 "Adventure in Baltimore" traduit voluptueusement en frenchy par "Un délicieux scandale", film qui bien sûr, se sert des suffragettes pour alimenter les fantasmes sexuels masculins. Car de la sorcière à la suffragette, tout est bon pour alimenter les fantasmes sexuels de ces messieurs. Les Femen n'y sont pas pour grand chose et se mettre nue ou non n'y change(ra) rien. La preuve :
A propos du personnage qu'est censée jouer Shirley Temple ici, il y a bien eu une suffragette peintre : Louise Jopling (1843-1933), mais, bien entendu, cette grande artiste fut sans rapport avec la petite fille gâtée mettant en danger la gloire de la mâlitude de cette stupide comédie américaine.


 *Aujourd'hui le vandalisme a des fins politiques est tout bonnement assimilé à du terrorisme et est beaucoup plus réprimé que dans les années 1900/1910. Il n'est pas étonnant alors que les seins nus le remplacent.

vendredi 26 juillet 2013

Habillées ou nues, le combat continue !

Femmes du mouvement Femen, Ottawa juillet 2013, manifestant pour que Nathalie Morin retenue en Arabie Saoudite contre son gré puisse rentrer chez elle.


Photograph of Mary Winsor, standing outside, holding a banner that reads: "To Ask Freedom for Women is Not a Crime. Suffrage Prisoners Should Not be Treated as Criminals."
Mary Winsor, of Haverford devant la prison d'Occoquan en Virginie, septembre 1917, manifestant pour la libération des suffragistes Alice Paul et Lucy Burns, entre autres, ou du moins pour un traitement humain des mêmes.

mardi 16 juillet 2013

Marianne empêchée de circuler le jour de la Révolution

Inna Shevchenko à propos du choix de son visage pour incarner la nouvelle Marianne sur le timbre poste standard de la France :

"FEMEN is on French stamp.Now all homophobes,extremists,fascists will have to lick my ass when they want to send a letter". ( "Les FEMEN sont sur le timbre français. Maintenant les homophobes, extrémistes, fascistes devront lécher mon cul quand ils voudront envoyer une lettre" !)-





La chef de file des Femen, l'une des inspiratrices du timbre du quinquennat.

L'un des graphistes du timbre, Olivier Ciappa, avait expliqué dans un message s'être "surtout" inspiré de Inna Shevchenko, l'une des créatrices du mouvement féministe ukrainien Femen.


A noter que le choix d'Inna Shevchenko pour représenter la Marianne nationale n'aura pas empêché que "les activistes FEMEN [soient] bloquées par la police", hier dans la matinée (soit quelques heures à peine avant la présentation) du timbre).
Celles-ci souhaitaient "sortir de notre centre d'entraînement au Lavoir Moderne Parisien pour la présentation de la bannière FEMEN à l'effigie de nos activistes sur le mur d'un immeuble", comme Femen France l'explique sur sa page Facebook.
Une répression que le groupe a souligné hier et ce matin avec deux messages rageurs sur son compte Twitter.

 1 - Des policiers sont devant le Lavoir et nous forcent à rester enfermées pour notre "protection". C'est une protection forcée +d'infos à venir

2-  Hier FEMEN a été bloqué par la police pdt le défilé du ! C'est donc Marianne qu'on a empêché de circuler le jour de la révolution!


Le PCD, la formation dont Christine Boutin fut fondatrice et qu'elle délaisse pour le Printemps pour tous (et tenter de se recaser à Strasbourg, aux frais des contribuables) lance un appel au boycott de ce qui serait, sans rire, « un outrage à la dignité de la femme, à la souveraineté de la France ». Rien que ça, et les veilleuses et veilleurs sont priés de cerner les bureaux de poste pour exiger le « retrait du timbre de l'outrage ».

Le PS, par contre, aurait-il retrouvé ses racines avec August Bebel qui écrivait en son temps _ « Les hommes, pris en grande majorité, ne voient dans la femme qu’un instrument de profits et de plaisirs; la considérer comme leur égale en droits répugne à leurs préjugés. (…) [Mais] aucun sexe, pas plus qu’une classe n’est fondé à imposer ses limites à l’autre sexe ou à une autre classe. »


Ah non, pas vraiment. La preuve : l'interdit de sortie des Femen, le 14 juillet.

On est toujours dans la double morale (Doppelmoral en allemand= différence d'appréciation des conduites suivant des intérêts donnés ; en fr. on parle plutôt de double standard).
Soyons "rassuré.e.s"..........

samedi 29 septembre 2012

Une promesse de strip-tease ou quand la publicité s'empare de la subversion féminine pour l'exploiter et l'anéantir

On a vu qu'à travers les âges l'action de se dénuder les seins servit au moins une femme à la fois, soit à déjouer des intrigues fomentées contre elle, soit à affirmer sa liberté individuelle, soit à affirmer sa gynilité, soit à protester contre une morale dont elle ne voulait plus. Un jour tout a changé et durablement. Ce jour-là, les seins nus sont devenus synonyme de la promesse d'un strip-tease. Les seins nus sont devenus ce qu'ils n'étaient pas auparavant : l'expression de la servitude volontaire. Que dis-je l'expression ? Sa proclamation pure et simple.

Au début des années 1980 : stupeur totale ! une équipe occulte d'inconnus payés par une agence de pub fabriquent de toute pièce une femme pseudo-rebelle qui s'adresserait personnellement aux passants pour les avertir de ses actions de déshabillage à venir. Une strip-teaseuse raccoleuse s'affiche hors des bars spécialisés avec un look "nature" à la Uschi Obermaier mais qui vous fixe en rigolant droit dans les yeux (U.O. ne rigole sur aucune de ses photos pour le magazine allemand "twen" (1959-1971).

La femme "libérée" de 1968 pervertie en femme publique de papier est née.
Eric Hélias, codirecteur de création de l'agence Young & Rubicam
dit de cette opération : "C'est la pub parfaite" (lire ici).

Le 31 août 1981, dans les rues de Paris et de 6 villes de province (de plus de 500 000 habitants), 900 grandes affiches 4 par 3 sont collées à une hauteur qui empêche absolument d'échapper au regard scrutateur de l'exhibitionniste de papier et de ces avertissements datés.

La publicité fait de la publicité pour la publicité en inventant le concept de la strip-teaseuse amatrice qui aguiche la population comme si cette population était tout entière un homme et de plus un intime.
La femme des mouvements de libération de la femme des années 60/70 est kidnappée et mise au turbin et nous assistons à à la plus grande truanderie psychologique de toute l'histoire du patriarcat. 

À l'époque, des associations montent au créneau. A Lille, l'association "Du côté des femmes" dépose plainte pour "outrage aux bonnes mœurs, atteinte à la dignité des femmes et incitation au voyeurisme". Le 5 septembre, le tribunal de Lille condamne l'afficheur à recouvrir partiellement ou totalement les affiches, à l'initiative de Pierre Mauroy, alors maire de la ville.


A Paris, l'association "Choisir la cause des femmes", dirigée par Gisèle Halimi,  tente en vain de convaincre l'Assemblée Nationale de la nécessité de voter une loi antisexiste. Yvette Roudy, alors ministre socialiste des Droits de la femme, s'insurge dans les médias contre ce qu'elle considère à juste titre être "une instrumentalisation du corps de la femme et une atteinte à sa dignité". Et Pierre Berville, le directeur artitisque de la campagne de réagir : "...Myriam est un pur produit de 1968 (sic), elle a une relation parfaitement saine avec son corps, la nature, un rapport totalement déculpabilisé à la nudité... Son côté sportif, mince et musclé désamorce tout le côté douteux, voire "glauque", qui pourrait être reproché à l'affiche". 
Bien entendu, il ne parle pas des "promesses" que fait par affiche interposée le "pur produit de 68" parce que dénuder une femme à la vue de tous pour un produit publicitaire même si ce produit publicitaire est la publicité elle-même est déjà du sexisme en soit, mais nous faire croire que cette femme n'est pas dénudée par la publicité, que c'est elle qui fait de son plein gré l'annonce et le geste, est du sexisme masqué en soit-disant "féminisme" ou le "rapport déculpabilisé à la nudité" selon le jargon soixante-huitard utilisé par le responsable de ce coup fumant a été compris ou fait semblant d'avoir été compris comme une sorte de prostitution "nature" sans maquillage et hauts talons. Car ce n'est pas "l'érotisme" que les vrais féministes remettent en cause mais le fait que la liberté de se dénuder soit confisquée à des fins mercantiles.
Dans cette publicité l'action topless au lieu de transmettre un message de liberté transmet un message de sujétion consentie impliquant toutes les femmes  !
La libération serait maintenant la prostitution sous une forme "plus proche de la nature".
Une autre personne qui n'a rien compris aux réactions des féministes, c'est le modèle nu Myriam Szabo, petite amie du photographe qui a posé pour cette affiche et a permis au pubeux qui employait son bien-aimé de gagner des fortunes considérables : 
Interviewée dans de nombreux magazines, notamment VSD, à ceux qui lui demandaient s'il elle n'avait pas honte d'avoir posé nue, elle répondait cette phrase : "L'obscénité n'est pas dans l'image mais dans l'œil de celui qui regarde".

L'obscénité n'est pas dans l'image, non, chère Myriam, mais dans le fait d'avoir offert sa nudité sans autre but que de faire gagner de l'argent à un annonceur.
D'avoir galvauder sa nudité. De lui avoir enlevé sa subversivité en échange d'une somme d'argent. En un mot de l'avoir bel et bien prostituée. Voilà où est l'obscénité.  

Car l'intention de la société Avenir était de démontrer à ses clients qu’il est possible de poser une affiche en quelques heures, puis d’en changer si on le souhaite tous les deux jours. La campagne Myriam a largement débordé sa cible composée alors de 4500 publicitaires français et de leurs annonceurs, puisqu’en septembre 1981, elle avait déjà rapporté près de 300 000 euros de retombées presse.
Car la publicité se définit elle-même comme une entreprise prostitutionnelle. Ici un article sur le plus "vieux beau métier du monde" (titre réel) évoquant la campagne de strip-teasing "Myriam" de 1981.
Et cette "obscénité" dont parle notre agnelle blanche, une fois administrée impunément et de force, va entraîner une avalanche d'autres obscénités plus terribles pour la femme les unes que les autres via la publicité et tout ce qui s'y apparente.  

(Alors il est normal que les groupes féministes de Paris se posent aujourd'hui la question du bien fondé de montrer ses seins pour la cause féministe comme le font les Femen d'Ukraine qui n'ont pas 30 ans de milliards de "campagne Myriam" dans la tête). 
Pour clore cette retrospective une fausse pub empruntée à Emelire :

   

ou mes seins....

Ajout du 2.10.12 : pour voir jusqu'où on en est arrivé dans la maltraitance du corps des femmes aujourd'hui, ne manquez pas les pubs trash publiées par Sophie Gourion ici

vendredi 28 septembre 2012

Actions topless à travers les âges : 9. Uschi Obermaier

"Révolution sexuelle / Antifascisme au lit"

 


Photo : Mangold

[La top modèle internationale d'origine allemande] "Uschi Obermaier pose seins nus à ciel ouvert (photo d'archive de 1970).
Pour la bourgeoisie des années 60 sa vie complète a été un scandale : l'amour libre, la vie en communauté, la drogue, les fêtes débridées avec des stars du rock : beaucoup y virent la définition même de la décadence.
Militante pour la libération sexuelle, la nouvelle gauche allemande alla jusqu'à comparer l'ère Adenauer avec le troisième Reich". (...)
"En 68, on voyait un rapport étroit entre l'oppression sexuelle et le fascisme, du fait de la redécouverte de la théorie de de Wilhelm Reich (1897-1957) selon laquelle le sadisme et la satisfaction sexuelle s'exclueraient l'un l'autre.
Vu sous cet angle, les horreurs du 3e Reich apparurent comme la conséquence d'une sexualité réprimée (...)".(Le sexe devenait politique, le privé devenait politique).
Texte de BEATE SCHAPPACH et ANDREAS SCHWAB (traduit et résumé par Euterpe)



Photo : Kommune 1 (source) première communauté politique allemande (créée en 1967). 

Uschi Obermaier (2e en partant de la d. sur la photo), militante pour la révolution sexuelle, dira plus tard ne pas s'être jointe à cette communauté pour des raisons politiques mais pour se rapprocher de Rainer Langhans avec qui elle était liée. Rainer Langhans était un célèbre activiste politique allemand entre autres jugé puis acquitté pour avoir distribué des tracts protestataires contre la société de consommation incitant à mettre le feu aux centres commerciaux. Plus tard Andreas Baader et Gudrun Ensslin mettront réellement le feu à deux centres commerciaux.

Apparemment on savait déjà à la fin des années 60 où allait nous mener tout ce cirque consumériste mais la plupart des révoltes de l'époque se sont assez stupidement dissoutes dans la drogue.
 
Uschi Obermaier qui aimait expliquer en public comment rouler un joint n'a pas fait exception, néanmoins elle dénonce le fait : "Kunzelmann et ses partisans devinrent sous nos yeux des junkies et en même temps de plus en plus militants" raconte t-elle dans ses mémoires.
Elle préserva cependant toujours jalousement sa liberté. Très sollicitée par le monde du cinéma en raison de sa beauté, elle refusa un contrat du réalisateur Carlo Ponti qui voulait lui faire tourner des rôles majeurs dans dix films en dix ans, le premier sous la direction de Michelangelo Antonioni, mais, peu intéressée par le star-business, elle préféra faire un tournée hippie en Inde avec un bus et le propriétaire d'une café-galerie de Hambourg dont elle était amoureuse. Ce dernier mourut dans un accident de moto en 1983.
Obermaier
 Arrivée au bout de sa quête du sens de la vie, elle fit une formation d'orfèvre aux USA, prit la nationalité américaine et épousa le métier de créatrice de bijoux d'un genre plus ou moins "ethnique" et zoodiacal.

Sur sa vie un film a été tourné (BA sous-titrée en anglais sous le lien) en 2006.

Âgée aujourd'hui de 66 ans, elle refuse absolument d'avoir recours au moindre lifting et autre traitement "esthétique" pour conserver sa beauté : "Ces pratiques sont grotesques" dit-elle. Et elle ajoute "autrefois je levais toujours les yeux au ciel quand les personnes âgées répétaient "l'essentiel est d'être en bonne santé". Maintenant, je suis aussi de cet avis. C'est vraiment l'essentiel".

jeudi 27 septembre 2012

Actions topless à travers les âges : 8. Joséphine Baker


  
En 1925, à seulement 19 ans, Joséphine Baker s’embarque pour la France. Elle a en effet été engagée au sein de la troupe de la Revue Nègre qui va faire les beaux jours du Théâtre des Champs-Elysées. Joséphine Baker y fait sensation. Ce sera la première  femme noire de l'histoire à atteindre le statut de star.
A Paris, elle découvre également qu’elle peut se promener au bras d’un homme blanc sans se faire insulter ni jeter en prison. Obtenir la même liberté pour les femmes noires américaines sera l’un des combats de sa vie. 
Joséphine Baker enrôlée dans le spectacle burlesque que pratique la Revue Nègre danse seins nus. Comme la ceinture de bananes et les plumes décorant le bas de son dos, les seins nus renvoient le spectateur et la spectatrice blanche à sa représentation imaginaire de la femme sauvage pour la flatter tout en s'en moquant.
La bourgeoisie conservatrice est scandalisée :
Robert de Flers, membre de l'Académie Française et critique au Figaro, écrit : ce spectacle est "l'offense la plus directe qu'ait jamais reçue le goût français. (...) Vous chercherez en vain, à travers ses tableaux, quelque charme exotique. (...) A l'instant même où elle [Joséphine] paraît, elle contraint ses genoux aux cagnosités les plus affreuses, ses yeux à la loucherie la plus hideuse, son corps à une dislocation qui n'aboutit à aucun tour de force, tandis qu'elle gonfle ses joues à la mode des guenons qui cachent des noisettes." (Le Figaro, 16 novembre 1925).
"Aux yeux des observateurs blancs, les danses africaines exprimaient une telle indécence, une sensualité si débridée, qu'elle ne pouvait que résulter de l'infériorité propre aux primitifs." (in www.jobaker.ifrance.com).

Néanmoins, la célébrité de la Revue Nègre est désormais assurée. Tant et si bien que le spectacle reste à l'affiche pendant six semaines consécutives, allant de prolongation en prolongation. A Bruxelles, la Revue reste une semaine (jouant même devant le roi Albert Ier) sans réaction particulière à noter. Le succès revient à Berlin, de la même manière qu'à Paris. En Allemagne, et en moins de deux mois, Joséphine voit sa notoriété rejoindre celle des stars du moment : Marlène Dietrich et Greta Garbo. L'image même de Joséphine sert d'étendard pour les partisans du naturisme allemand (la Freikörpercultur) ou d'exemple à la haine raciale (les Chemises Brunes de l'Extrême-Droite la traitant de untermensch ou sous-humain dans leurs tracts).

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Dans cet article on peut lire comment les seins nus de Joséphine Baker ont encore fait scandale en 2007.

mercredi 26 septembre 2012

Actions topless à travers les âges : 7. Théroigne de Méricourt

Datei:Eugène Delacroix - La liberté guidant le peuple.jpg

Theroigne de Mericourt, engraved by Charles Devrits (19th century) 1845.Après avoir vécu à Paris et à Londres, Anne-Josèphe Théroigne se trouve à Naples lorsqu'elle apprend la convocation des États généraux par Louis XVI. Elle rentre aussitôt à Paris et se jette dans la Révolution française. On est le 11 mai 1789. Après la prise de la Bastille, elle prend le nom d'Anne-Josèphe Théroigne de Méricourt. Le 5 octobre 1789, Théroigne, portant sabre et pistolet, est à la tête du cortège qui va à Versailles pour ramener le « boulanger, la boulangère et le petit mitron ». Elle aurait été le modèle choisi par Eugène Delacroix pour représenter La Liberté guidant le peuple*, tableau censé dépeindre cet épisode de l'histoire.
Théroigne de Méricourt présente alors les revendications populaire à Marie-Antoinette, qu'elle dévisage avec mépris. Habillée en « amazone d'écarlate et de panache de geai », portant une paire de pistolets et le sabre qui lui fut offert après la prise de la Bastille, Théroigne, plus connue à Paris sous le nom de « la Belle Liégeoise », de « l'Amazone rouge » ou de « la furie de la Gironde », tient salon rue du Boulay. Elle sera l'une des plus ardentes révolutionnaires, espérant sans doute qu'un monde égalitaire entre les hommes et les femmes était en train de naître.
Elle est souvent représentée le ou les seins nus. En tant que féministe radicale Théroigne de Méricourt sera fessée publiquement par les anti-féministes, les "Aufseherinnen" du patriarcat, gardiennes zélées du sexisme.


15 mai 1793 - Femmes Jacobines fouettant
Théroigne de Méricourt. 

Après cette humiliation publique qui lui enlève tout crédit, elle sombre dans la folie. Internée 23 ans à la Salpêtrière, elle s'y promène nue et  et verse sur son corps des baquets d'eau glacée.
Hormis le célèbre tableau de Delacroix, elle a inspiré nombre d'oeuvres.
En dernier : Théroigne de Méricourt ou la femme écrasée (2001) de Christiane Marciano-Jacob, édit. Le Sémaphore.

*Rappelons cependant que Delacroix n'est pas le contemporain de notre héroine et son célèbre tableau révolutionnaire a été concu d'après des croquis des barricades de juin 1848. Il n'est cependant pas impossible que Théroigne de Méricourt ait participé aux émeutes populaires de la fin du XVIIIe siècle, la poitrine découverte (en signe de liberation de la femme ?).

Actions topless à travers les âges : 6. Agnès Sorel

Avec Agnès Sorel on ne peut pas vraiment parler d'"action topless" car elle ne semble avoir montré ses seins que par plaisir de charmer son entourage ou pour allaiter ses enfants. Néanmoins cette exhibition n'est pas passée inapercue.
Agns_Sorel_atelle_t_assassine_

Fichier:Agnes-sorel1.jpg
D'après le Wiki allemand Agnès Sorel (1422-1450) aimait se montrer à la cour les seins nus et ce serait la raison pour laquelle le peintre qui en a fait le portrait ci-dessus l'aurait représentée en mère allaitante. Cette information n'est pas confirmée par le Wiki francais.
Personnellement je note que le bébé est un garcon alors qu'Agnès Sorel a mis au monde quatre enfants tous de sexe féminin.

Sur le Wiki francais, il est dit de ses moeurs :

(...) "Les voiles et autres guimpes sont abandonnés, et elle invente le décolleté épaules nues qualifié de « ribaudise et dissolution » par quelques chroniqueurs religieux de l’époque [sans doute Jean Jouvenal des Ursins que je cite ci-dessous]. De vertigineuses pyramides surmontent sa coiffure. Des traînes allant jusqu’à huit mètres de long allongent ses robes bordées de fourrures précieuses : martre ou zibeline. Rien qu’en 1444, le roi lui offre vingt mille six cents écus de bijoux dont le premier diamant taillé connu à ce jour."

Car Agnès Sorel comme Phryné aurait été d'une beauté hord du commun.
D'après l'auteur de "Agnès Sorel assassinée", les seins nus à la Cour de France sous Charles VII (le roi qui livra Jeanne d'Arc aux Anglais) auraient été initiés par elle.
Selon Jean Jouvenal des Ursins , Agnès Sorel et ses tenues incite à la débauche et au vice.
  Car les décolletés d'Agnès  laisse non seulement apparaître le haut des seins mais les tétons :  " en son hostel mesme il mist remesde tant en ouvertures de par devant par lesquelles on voit les tétins, tettes et seings de femme…. "
 Pour J.J. d.U. , encore, ceci est " puterye et ribaudie, et tout autre péché qui ne plut à Dieu".


Bref, les religieux la détestaient. Agnès Sorel est morte assassinée à 29 ans empoisonnée au mercure.

Par ailleurs, une tapissserie alsacienne du XVe siècle représente la "femme sauvage" vêtue d'un manteau de plumes, les seins apparents :
 Tapisserie alsacienne Jeune Fille bleue    Hors de tout contexte érotique, les seins dénudés semblent avoir été associés à la "natureté" (mot d'époque) de la femme.
Ici un article sur cette représentation.

mardi 25 septembre 2012

Actions topless à travers les âges : 5. Eléonore d'Angleterre

"Renaud II était marié avec Eléonore [ou Aliénor], la sœur du roi Édouard III d'Angleterre. Leur mariage n'était pas heureux alors, à un moment donné, Renaud répandit une rumeur selon laquelle Eléonore était lépreuse. Sur ce, Eléonore apparut brusquement lors d'une fête que Renaud donnait au château de Barberousse et découvrit sa poitrine devant les invités! Elle sut ainsi démentir les propos de son mari".

(Source)

Wiki : "Elle [Aliénor] épousa Renaud II de Gueldre dit « le noir » à Nimègue en 1332. Le mariage fut arrangé par une cousine de sa mère, Jeanne de Valois (1294-1352). Son fiancé, connu pour être sombre en couleur comme en caractère, était veuf et avait déjà eu quatre filles. Il était connu pour avoir fait emprisonner son père Renaud Ier de Gueldre pendant plus de six ans. Elle lui donna deux fils.
Fichier:Eleonor Provence.jpg
Cependant, sans doute à cause de son enfance malheureuse, elle devint nerveuse et soucieuse à l'extrême de plaire à son mari, qui s'en lassa et la renvoya de la cour en 1338, prétextant qu'elle était lépreuse. Il voulut ensuite faire annuler le mariage. Mais Aliénor revint à la cour pour contester l'annulation, et n'hésita pas à se déshabiller pour prouver qu'elle n'avait pas de lèpre et obliger son mari à la reprendre auprès de lui. Il mourut après une chute de cheval le 12 octobre 1343".

Actions topless à travers les âges : 4. Lady Godiva

Bien que ce ne soit pas une action juste "topless", je la rapporte parce qu'elle m'a été soufflée par Kalista du blog en noir et blanc : l'une de nos ancêtres s'est dénudée complètement pour obtenir plus de justice sociale.
En effet, en Angleterre vers l'an 1000, une certaine Lady Godiva a traversé nue à cheval les rues de Coventry afin de convaincre son mari de diminuer les impôts qu'il prélevait pour financer ses campagnes militaires.


 Fichier:Lady Godiva by John Collier.jpg


L'histoire raconte qu'elle était la belle épouse de Léofric (968-1057), comte de Mercie et seigneur de Coventry. Les habitants de cette ville souffraient sous l'imposition accablante du comte. À plusieurs reprises, Dame Godiva fit appel à son mari, qui refusait obstinément de diminuer les taxes. Enfin, las, il prétendit satisfaire à sa demande si elle montait à cheval nue dans les rues de la ville. Dame Godiva le prit au mot, et traversa la ville, vêtue seulement de ses longs cheveux. Son mari tint parole et supprima les impôts.



Le cortège de Godiva, commémoration du tour légendaire institué le 31 mai 1678, en tant qu'élément de la foire de Coventry, a été célébré régulièrement jusqu'en 1826. De 1848 à 1887 il a été rétabli, et continue encore aujourd'hui. Les participants s'habillent en costumes du XIe siècle. Le défilé commence à partir des ruines de l'ancienne cathédrale et emprunte l'itinéraire suivi autrefois par la courageuse lady, passant bien sûr près de son monument. On joue des musiques d'époque et divers concours sont organisés, dont le plus populaire celui de la meilleure lady Godiva. Il faut préciser que seules des femmes y participent, vêtues de costumes du XIe siècle ; la seule condition, absolue, est d'avoir des cheveux longs et dorés.

(Source)

lundi 24 septembre 2012

Actions topless à travers les âges : 3. Eugénie de Rome

Wiki : "Fille d'un gouverneur, elle se promène avec deux de ses valets lorsqu'elle entend une prédication et des chants qui la ravissent. Elle décide alors de rejoindre les chanteurs, qui sont des moines, et de mener leur vie. Pour cela, elle se fait couper les cheveux, revêt des habits d'homme et prend le nom d'Eugène. Elle acquiert une grande renommée au sein du monastère, notamment par son pouvoir de guérir les malades.
Apprenant cela, une femme nommée Mélanthia, gravement malade, la fait venir chez elle. Eugénie la guérit, mais Mélanthia, persuadée d'avoir un homme en face d'elle, souhaite la récompenser en lui offrant ses charmes. Bien entendu Eugénie refuse, et la dame, humiliée, la fait traîner devant le tribunal en l'accusant d'avoir voulu la violer.
Près d'être jetée aux lions, en présence du gouverneur Philippe qui est son père, Eugénie décide de révéler la vérité : elle déchire sa tunique, montrant à la foule des seins qui n'ont rien de masculin. Son père la reconnaît, et l'affaire s'arrête là.
Mais l'empereur Valérien a repris les persécutions contre les chrétiens. Eugénie est à nouveau arrêtée et condamnée à mort (...) (et exécutée en l'an 257).


La scène où Eugénie montre ses seins est représentée sur le triptyque de Sainte Eugénie de l'église de Saint-Pierre-ès-liens à Varzy dans la Nièvre :

Retable de Sainte Eugénie du XVIème siècle. Au centre, la vocation et le martyr ; volet de gauche, son accusation par Mélanthia et Eugénie exhibant ses seins ; volet de droite, Eugénie apparait à sa mère.

vendredi 21 septembre 2012

Actions topless à travers les âges : 2. Phryné

On ne sait que dire de la démarche du groupe féministe ukrainien Femen qui connaît la célébrité grâce à ses "action topless" à savoir en agissant toujours et partout les seins dénudés.
Le cas du féminisme est-il à ce point désespéré qu'il faille montrer ses seins pour se faire entendre ?
Par le passé, le recours à l'exhibition des seins a toujours été un moyen ultime pour obtenir l'adhésion d'un public masculin doté de pouvoirs importants.

L'un des exemples qui a traversé le temps : celui de l'hétaïre grecque Phryné qui se préserva par ce moyen d'une condamnation sans doute sévère. Encore n'est-ce pas elle qui se découvrit la poitrine mais son amant qui la découvrit pour elle.

photo


Wikipédia nous dit qu'étant l' "Organisatrice d'une confrérie religieuse vouée au culte d'un dieu thrace, elle fut accusée par l'un de ses anciens amants d'introduire une divinité étrangère à Athènes et par là-même de corrompre les jeunes femmes. Elle est défendue par l'orateur Hypéride, l'un de ses amants.
 Selon Athénée, celui-ci, sentant la cause perdue, aurait déchiré la tunique de Phryné, dévoilant aux Héliastes [membres du tribunal populaire] sa poitrine et emportant ainsi la faveur du jury : Phryné est acquittée et portée en triomphe au temple d' Aphrodite tandis que le rhéteur adverse est chassé de l'Aréopage".

Le peintre Jean-Léon Gérôme en fit en 1861 cette toile où Phryné totalement dénudée se cache le visage.
Le corps entièrement nu blanc comme neige sur fond de toges rouges est plus frappant que la seule poitrine dénudée, en effet. Les graphistes publicitaires n'ont rien inventé et les peintres savaient avant eux se servir du corps de la femme pour (se) vendre sans respect pour l'histoire véritable.

Les Femen auraient-elles donc "raison" ?
Pour obtenir quelque chose d'un aréopage masculin, ne faut-il pas s'humilier plus qu'un homme, se réduire soi-même à son propre corps, renoncer à toute pudeur et perdre (se voiler) la face ?

Ce tableau très connu au XIX siècle fut détourné à maintes reprises (par exemple comme ceci) comme on détourne aujourd'hui encore une image connue de tous pour se moquer des politiques.

Mais il existe d'autres représentations où Phryné ne se voile pas la face. Comme celle-ci d'un certain José Frappa :
File:Jose Frappa - Phryne.jpg
On dirait un peu le marché aux esclaves, non ?

jeudi 20 septembre 2012

Action topless à travers les âges : 1. Héĺène

Jacques-Louis David, Les amours de Pâris et d'Hélène (1788), © [Louvre.edu]
Ménélas, quand il eut tué Déïphobe, voulut faire subir à Hélène le même sort, mais Hélène se présenta à lui à demi nue ce qui suffit à faire tomber sa colère.

(Dans l'Iliade, rapporté ici

Gemälde: Paris bestaunt Helena, die von zwei Frauen begleitet wird. (Rechte: AKG) 

Achiles and Patroclus