à la recherche des femmes perdues dans l'espace-temps et autres aventures...
mercredi 7 novembre 2012
La justice et les femmes, historiquement parlant 2 (actualisé)
Wier calomiant cet article de la loi de Dieu (que la Sorcière meure soudain, Exode 22) n'a pas pris garde pourquoi la loi n'a pas dit le sorcier : car ce n'est pas épargner les sorciers ni les médecins et apothicaires, s'ils empoisonnent, et qui s'entendent beaucoup mieux aux poisons, que non pas les femmes : mais la loi de Dieu a voulu montrer que les hommes sont moins infectés de cette maladie et que pour un homme, il y a cinquante femmes, comme il est dit au proverbe hébreu : plus de femmes, plus de sorciers, c'est à dire merob naschim : merod Ih eschapim. C'est pourquoi Pline dit que les femmes sont excellentes en sorcelleries, c'est à dire, Feminarum scientam in veneficio praevalere : ce qu'il n'entend pas par poison, car il met pour exemple Circé, qui changeait les hommes en bête, ce que tous les poisons du monde ne sauraient faire. Aussi Quintilien (in Declamatio) dit, que la présomption est plus grande que la femme soit sorcière que l'homme, plutôt voleur que la femme : Latrocinium in viro facilius, veneficium in foemina credam. Qu'on lise les livres de tous ceux qui ont écrit des sorciers, il se trouvera cinquante femmes sorcières, ou bien démoniaques, pour un homme, comme j'ai remarqué ci-devant. Ce qui advient, non pas pour pour la fragilité du sexe à mon avis : car nous voyons une opiniâtreté indoutable en la plus part, et qu'elles sont bien souvent plus constantes à souffir la question que les hommes, comme il fut éprouvé en la conjuration de Néron (Tacitus, lib. 14), et après la mort d'Hippias tyran d'Athènes, que les femmes se tranchaient la langue pour ôter toute espérance de tirer la vérité. Et de plusieurs femmes martyres, il y aurait plus d'apparence de dire, que c'est la force de la cupidité bestiale, qui a réduit la femme à l'extrémité pour jouir de ses appétits, ou pour se venger. Et semble que pour cette cause Platon met la femme entre l'homme et la bête brute. Car on voit les parties viscérales plus grandes aux femmes qu'aux hommes, qui n'ont pas les cupidités si violentes : et au contraire les têtes des hommes sont plus grosses de beaucoup, et par conséquent ils ont plus de cerveau et de prudence que les femmes. Ce que les poètes ont figuré, quand ils ont dit que Pallas déesse de sagesse était née du cerveau de Jupiter, et qu'elle n'avait point de mère : pour montrer que la sagesse ne vint jamais des femmes, qui approchent plus de la nature des bêtes brutes. Joint aussi que Satan s'adresse premièrement à la femme, par laquelle l'homme fut séduit. D'avantage je tiens que Dieu a voulu ranger et affaiblir Satan, lui donnant puissance ordinairement et premièrement sur les créatures moins dignes, comme sur les serpents, sur les mouches, et autres bêtes brutes plutôt que sur le genre humain : et sur les femmes plutôt que sur les hommes, et sur les hommes qui vivent en bête plutôt que sur les autres. Joint aussi que Satan par le moyen des femmes attire les maris et les enfants à sa cordelle. Et par ainsi la résolution de la loi de Dieu demeurera, que la sorcière soudain doit être mise à mort, et la calomnie de Wier contre la loi de Dieu et des Magistrats exécutant son mandement sera rejetée. Car Wier est d'accord (lib.2, c.4 et lib.4, c.14 et lib.5, c..9 De praestigiis et saepe alibi) que les sorcières ont communication et paction avec les diables, et qu'elles font beaucoup de méchancetés à l'aide du diable, et néanmoins au livre De Lamiis, il dit tantôt qu'il n'y faut pas croire la confession des sorcières, et qu'elles s'abusent de penser faire ce qu'elles disent, et que c'est la maladie mélancolique qui les tient. Voilà la couverture que les ignorants ou les Sorciers ont prise, por faire évader leurs semblables, et accroître le règne de Satan. Par ci devant ceux qui ont dit que c'était la mélancolie, ne pensaient pas qu'il y eut des Démons, ni peut être qu'il y eut des Anges, ni Dieu quelconque. Mais tremblent sous sa puissance, ainsi que nous lisons en l'Écriture, (Epistolae Jacobi 2) il confesse aussi par tous ses écrits qu'il y a de bons et malins esprits, qui ont intelligence et paction avec les hommes. Il ne fallait donc pas attribuer les transports des sorciers, leurs maléfices, et actions étranges à la mélancolie et beaucoup moins faire les femmes mélancoliques vu que l'antiquité a remarqué pour chose étrange que jamais femme ne mourut de mélancolie, ni l'homme de joie, ainsi au contraire plusieurs femmes meurent de joie extrême (Pline, Lib.7, Valere Max., Solin.) et puis Wier est médecin, il ne peut ignorer que l'humeur de la femme ne soit directement contraire à la mélancolie aduste(?), dont la fureur procède, soit qu'elle vienne à bile flava adusta, aut a succo melancholico, comme les médecins demeurent d'accord. Car l'un et l'autre procède d'une chaleur et sécheresse excessive, comme dit Galien au livre De atra bile. Or les femmes naturellement sont froides et humides, comme dit le même auteur, et tous les Grecs, Latins et Arabes s'accordent sur ce point ici. Et pour cette cause Galien (In libro de atra bile) dit aussi que l'homme étant d'un tempérament chaud et sec, en région chaude et sèche, et en été tombe en la maladie mélancolique, et néanmoins Olaus le grand, Gaspar Peucerus, Saxo grammaticus, et Wier même est d'accord avec tous les inquisiteurs d'Allemagne, que sous la région arctique, où la mer glace, et en Allemagne, Alpes et de Savoie tout est plein de sorcières. Or, il est certain que les peuples de septentrion, tiennent aussi peu de la mélancolie que les peuples d'Afrique de la pituite (...)
On remarquera qu'il s'agit là d'une véritable caricature de tout ce que l'on peut lire aujourd'hui comme stupidités appuyés d'arguments scientifiques et de citations de grands hommes.
Ici il s'agit d'argumenter en faveur du meurtre de femmes. D'ailleurs il ne distingue à aucun moment les femmes des sorcières.
De plus on voit que Bodin insinue perfidement que Wier serait lui-même un sorcier pour défendre ainsi les sorcières !
Il y en a des pages de cet acabit.
Jean Bodin fait partie des "grands hommes" cités dans l'histoire du droit français et qui ont participé activement à son élaboration. Cela ne dérange point ces messieurs les juristes d'aujourd'hui d'honorer la mémoire d'un tel partisan de la persécution d'on ne sait combien de femmes dans son siècle ainsi que dans les siècles suivants. Que l'on ne s'étonne donc guère d'avoir une justice peu zélée sur la question de poursuivre ou non des crimes de type féminicide comme celui des viols en réunion de Fontenay-sous-Bois.
jeudi 31 mai 2012
Encore un film que vous ne verrez pas à Cannes
Il a quelque chose de Haneke mais l'héroïne est une femme autonome sans qui que se soit en train de lui servir de béquille car elle n'est ni accompagnée de bobon (masculin de bobonne) ni de maman et pourtant elle ne va pas se faire égorger au prochain coin de rue puisqu'on la revoit chaque jour.
C'est du Haneke version féministe.
Mais montrer les femmes de cette facon dans notre société c'est impensable au cinéma, voyons !
C'est pour cela que Frémaux conseillera désormais aux militantes de la Barbe de faire comme moi si elles tiennent absolument à voir un film réalisé par une femme avec sa vision du monde.
Il ne va pas accueillir des femmes autonomes dans un lieu comme Cannes, tout de même ! Ca le salirait.
Non mais vous avez vu une réalisatrice se pavaner avec une belle actrice sur des escalier faisant face à une avenue ensoleillée en bord de mer ombrée de palmiers ? C'est grossier ! Ou pire : une réalisatrice avec un jeune acteur au visage d'ange ? C'est immonde ! C'est pour cela qu'au festival il ne peut y avoir que des réalisatEURS. Seul un homme est fait pour se balader avec une beauté à son bras.
C'est physiologique.
Comme uriner debout.
Pour le cabinet ministériel des Droits des Femmes, pareil. Vous vous imaginez ce qui se passerait si la ministre des Droits des Femmes était entourée de femmes pour s'occuper de femmes ? Comment les hommes sauraient-ils si elles s'occupent bien d'elles-mêmes ?
Seul un homme sait réellement ce qu'est une femme !
C'est une science innée chez lui.
Tandis qu'une femme...mais que peut-elle bien savoir des femmes ?
Bon finalement nous aussi nous avons notre milice saoudienne pour empêcher que les femmes ne deviennent trop autonomes : sauf que chez nous elle se cache dans les cabinets ministériels...
Et hop ! Encore un film que vous ne verrez pas à Cannes !
Ajout 1er juin - Monologue de l'héroïne :
- Que je sorte de ce centre commercial ?!
- Je vous montrerai qui va sortir du centre commercial !
- Ce ne sont pas vos affaires.
- Pourquoi vous me suivez ?
- Qu'est ce que vous me voulez ?
- Le gouvernement ne vous a pas envoyé pour me suivre.
- Le gouvernement a dit qu'il n'y aurait pas de persécution (de femmes).
- Votre travail est d'informer la population et ensuite de circuler.
- Vous n'avez pas le droit de harceler les gens.
- Assez. Sortez de ce centre commercial. Allez-vous en. Qui va s'en aller ?
- Ce ne sont pas vos affaires.
- Vous ne voyez pas les autres femmes ici qui montrent leurs cheveux - Ce n'est pas votre affaire.
- Je suis libre de mettre du vernis à ongles, si je veux.
- S'il vous plaît, partez. Moi je ne partirai pas. Qu'est ce que vous allez me faire?
- Je ne partirai pas.
. Je ne bougerai pas d'ici. Je ne bougerai pas d'ici.
- Pour votre information, je suis en train de filmer tout ça. Ici. Souriez à la caméra.
- (Aux policiers) vous êtes en mission n'est-ce-pas ? et bien vous avez ici une plainte d'une citoyenne pour harcèlement et peu importe si cela vient du gouvernement officiel ou non.
- Pour votre information, la vidéo est en route pour twitter et facebook pendant que nous parlons.
- Encore un mot de vous et je l'envoie à Abd-Al-Latif Aal Al-Sheik et il vous demandera des comptes.
- Vous n'êtes pas mon chef et vous n'avez pas à me dire de ne pas porter de vernis à ongles.
- Du rouge à lèvres sur ma bouche ? Viens, regarde ma bouche. Honte à toi !
Et il prétend craindre Dieu...
Ne le laisse pas me suivre. J'ai le droit de me balader dans ce centre commercial si je veux.
(Explication : apparemment le grand mufti d'Arabie Saoudite a demandé que l'on arrête de persécuter les femmes sur des "détails" mais comme partout, on ne perd pas si facilement les "bonnes" habitudes. Cette femme est aujourd'hui activement recherchée par la police, non pas pour s'être défendue mais "pour avoir filmer des gens en public", ce qui serait formellement interdit par la loi islamique).
A propos de l'Arabie saoudite qui (à mon avis) menace chez nous ce qui reste de nos libertés féminines de par l'influence économique de ce pays ultrarichissime en Europe et dans le monde (principe des vases communiquants), cet article de Serge Halimi du Diplo sur l'impunité saoudienne.
Et ici : les conditions de vie des saoudiennes (elles sont soumises à une tutelle masculine permanente).
dimanche 12 décembre 2010
Le chapelain de Marie de Hongrie

Pierre Alexandre, fils de Jean, naquit à Arras au début du 16e siècle. Il se fit carme (moine carmélite) dans sa ville natale. En 1534, il fut promu docteur en théologie par la Sorbonne. Excellent prédicateur, il fut appeler par Marie de Hongrie pour lui servir de "concionateur" (chapelain). Son nom figure parmi les théologiens qui se sont occupés de la correction de la traduction des "Psaumes de David" par Clément Marot.
Le 10 novembre 1539, Charles Quint quittait Madrid pour les Pays-Bas, afin de châtier le ville de Gand en révolte. Il traversa la France et séjourna à Paris du 1er au 7 janvier. Arrivé à Bruxelles le 29 du même mois, il profita de son séjour dans cette ville pour promulguer le jour même un nouveau placard contre l'hérésie. In Belgico editum est edictum atrocissimum (en Belgique a été édité le plus atroce des édits) écriront les théologiens protestants réunis au colloque de Worms. Car il déclencha une vague de persécutions qui se prolongea jusqu'en 1549.
C'est au cours de cette période que le confesseur de l'empereur, le dominicain Pierre de Soto s'en prit au prédicateur de la reine, en présence du chancelier Nicolas Perrenot de Granvelle et de son fils l'évêque d'Arras. Ils l'accusèrent de tenir des propos hérétiques dans ses sermons et l'attaquait dans des discussions privées mais Pierre Alexandre se défendait par la parole de Dieu. Comme l'un et l'autre restaient sur leurs positions, des commissaires inquisiteurs furent désignés.
Ils commencèrent le 21 février 1544 à instruire le procès du prédicateur de la reine en effectuant des enquêtes sur les faits et gestes de celui-ci à Bruxelles, Arras et Gand. Ensuite ils firent appel à des témoins, mais "pour le pécheur déposèrent presque tous les principaux de la cour de Bourgogne". On piétinait lorsque l'empereur revint à Bruxelles le 1er octobre et, influencé par son confesseur, ordonna l'emprisonnement de Pierre Alexandre. Prévenu par un fidèle ami, peut-être envoyé par la reine, il put s'enfuir (…)
(Extrait de „Histoire, humanisme et hymnologie (…)“ par Edith Weber)
Il s'enfuit en Angleterre et ses écrits sont condamnés au feu.
Wikipédia : Elle [Marie de Hongrie] est tout de même suspectée à plusieurs reprises de protéger les réformistes. En effet son chapelain, étant accusé, réussit à s’enfuir avant son arrestation et se réfugier auprès de la nièce de Marie.
Le moine dominicain Pierre de Soto, confesseur de Charles Quint fut par la suite lui-même mis en jugement par les inquisiteurs de Valladolid en 1560 durant le Concile de Trente.
Autre chose : le jeune Guillaume d'Orange-Nassau, le fondateur de l'indépendance des Pays-Bas, instruit dans les langues étrangères par Marie de Hongrie, réclamera plus de modération dans l'application des lois religieuses et refusera lui-même toute inquisition lorsqu'il sera nommé stadhouder en 1559, peu après la mort de sa prédécesseuse.
(L'illustration représente un autre portrait de Marie de Hongrie avec la coiffe blanche peu seyante qu'elle se mit à porter un jour et qu'elle quitta de moins en moins avec l'âge).