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lundi 14 janvier 2013

Ding Dong The Witch is Dead

Tandis que Miss B., 4 ans et 3/4 est en train de transformer avec des feutres et des crayons de couleurs des garçons en filles sur une page d'exercices des cahiers de la collection "chouette entraînement, maternelle, moyenne section" (ce sont des cahiers d'exercices édités par Hatier dans lequel il y a plus de garçons que de filles, surtout dans des situations actives, et comme j'ai modifié certains de ces dessins trop phallocentrés à mon goût, il a pris à mademoiselle renardelle un grand désir de m'imiter), tout en se livrant, donc, à cette activité hautement féministe (et aussi mathématique parce qu'elle compte les filles et les garçons pour voir s'ils sont en nombre égal avant de redessiner leurs attributs et du coup elle apprend à la fois à compter et à dessiner ! Si c'est pas de la pédagogie, ça !), elle chante joyeusement : "Ding dong the witch is dead, the witch is dead, the witch is dead, ding dong, the witch is dead (etc)". Je me dis dans un premier temps que cette petite futée qui parle déjà deux langues est en train de s'en approprier, en douce, une troisième, avant de prêter attention aux paroles de la chanson : "la sorcière est morte, la sorcière est morte, la sorcière est morte..." (pfff c'est dur le boulot de féministe :( ) Je lui demande, alors, où elle a entendu cela et elle me répond que c'est une chanson du Magicien d'Oz.
Ah oui, en effet. Je ne m'en souvenais pas du tout.

Je sais que les sorcières la travaillent, lui font peur, elle ne sait pas si elles existent vraiment, qui elles sont et quel rôle elles vont jouer dans sa vie. Elle sait seulement que tous les livres, les films, les spectacles en parlent, que l'on se déguise en sorcières à l'époque d'Halloween, qu'elles sont partout dans son monde et qu'une chanson qui se réjouit de la mort de l'une d'entre elles apaise ses angoisses vis-à-vis de cette figure anxiogène.

Les sorcières sont omniprésentes.

Dans toute la culture POUR ENFANTS.
Wicked Witch Wizard of Oz Bookmark
Pourquoi continuons-nous d'apprendre à nos enfants des quantités d'histoires où interviennent des sorcières, alors que nous savons très bien ce qu'il en est de ce mythe et de qui en a fait les frais par le passé ?
En Allemagne, rares sont les gens qui continuent encore à jouer à ce jeu raciste : "Qui a peur de l'homme noir ?" (un ancien jeu d'attrape allemand), mis à part les simples d'esprit que ne voient pas ce que cette phrase a de raciste envers les gens dits "de couleur".

Mais par contre pour les sorcières, pas de problème. Il faudrait beau voir que l'on se passe de contes où elles interviennent !

Je n'ai rien dit à miss B. Je ne peux pas prendre tous les livres de contes du monde et transformer les méchantes sorcières en méchants sorciers (apprentis-sorciers (scientifiques), sorciers qui veulent assassiner des jeunes vierges parce qu'elles sont trop belles (violeurs, prostitueurs), sorciers qui veulent manger des enfants (prêtres pédophiles), sorciers hystériques, jaloux et avides de pouvoir (boursicoteurs), sorciers qui se transforment en dragon (présidents va-t-en-guerre), sorciers empoisonneurs (technocrates des firmes Monsanto, Areva, ...). Je ne peux pas TOUS les redessiner.

Quoique.....

Ceci se passait donc le dimanche. Le lundi, je suis retournée travailler, et là, à propos d'Irlande et d'un certain "Rock of Cashel" dont je ne savais rien, mais sur lequel il fallait que j'écrive quelque chose, je sursautai en lisant ceci sur Wikipédia car cela faisait étonnement écho à mon billet précédent :

"Au Rock de Cashel, lors d'un sermon demeuré célèbre, Maewyn Succat, dit saint Patrick, montra une feuille de trèfle : "Voila la figure de la Trinité sainte». Les figures de triades étaient familières à la religion celtique : le trèfle deviendra ainsi le symbole de l'Irlande. La légende raconte que c'est à ce moment-là que furent chassés tous les serpents du pays, action qui symbolise la conversion du peuple irlandais".


Apparemment ces histoires de serpents que l'on retrouve d'un bout à l'autre du monde occidental et même oriental se rapportent toutes au même culte antérieur au christianisme et qui pourrait bien être celui d'Isis puisque le serpent est l'attribut de la déesse Isis. D'après Hypathie qui a lu le livre de Florence Quentin "Isis l'Éternelle", le culte de cette déesse originaire d'Egypte, a voyagé en suivant les voies commerciales et maritimes, a conquis Alexandrie, Rome, puis l'Europe et l'Afrique du Nord.
L'Europe, donc l'Irlande.

Voilà pour mes aventures passionnantes de ces deux derniers jours.

Ah non, j'ai oublié l'épisode "Hannah Arendt" de ce soir, où le film a été interrompu au bout d'1/4 d'heure et où les gens ont été priés de quitter la salle parce  que le son était dédoublé et qu'apparemment le/la technicien.ne n'a pas pu réparer la panne.
L'Allemagne n'est plus ce qu'elle était, question technique !
Bref, je n'ai toujours pas vu le film !!!!
 

mardi 11 janvier 2011

Enfance de Catherine "la Maudite"


Dans la République de Florence, le pouvoir appartenait à quelques familles aristocratiques mercantiles dont ne faisaient pas partie les Médicis ("de" Médicis n'est pas une particule nobiliaire, il signifie "faisant partie des" (des médecins-apothicaires (les "Medici'")).
Les Médicis prirent le pouvoir en s'appuyant sur le peuple et furent les maîtres de la ville pendant un demi-siècle.
De par leur commerce qui couvrait toute l'Europe, ils étaient richissimes et prêtaient aux rois et aux princes.

Louis XI jaugea le pouvoir des grands manieurs d'argent et autorisa les Médicis à ajouter des fleurs de lys à leur blason (orné de pilules), pour avoir coupé les vivres à Charles le Témeraire.

Après des guerres, des troubles et des régimes intermédiaires (sur lesquels je passe) et pendant lesquels les Médicis furent chassés de Florence, ils y revinrent à peu près au moment où l'un d'entre eux devint pape (Léon X). Ce pape placa son neveu (ou fils) Laurent comme chef de la République de Florence.
Francois Ier, afin d'avoir le soutien du souverain pontife pour l'élection au titre d'empereur romain, donna à ce "neveu" Madeleine de la Tour d'Auvergne en mariage. L'homme qu'épousait Madeleine était en fait, vieux, laid, mal remis d'une arquebusade à la tête, atteint d'une "grosse vérole" et tuberculeux, mais la cérémonie du mariage fut on ne peut plus belle.
En l'espace de quelque mois, l'état du mari empira. Madeleine, elle, accoucha d'une fille et mourut un peu plus tard de la fièvre puerpérale. Âgée de trois semaines, Catherine était orpheline.
De ce mariage dont Francois Ier espérait l'investiture d'empereur qui échut finalement à Charles Quint, il n'eut rien que les deux Raphael exposés actuellement au Louvre (cadeau de mariage de Léon X).
Catherine était un parti intéressant et on se disputa pour l'élever. Finalement ce sont des tantes qui s'en chargèrent.
Un nouveau Médicis fut élu pape sous le nom de Clément VII. Celui-ci voulut s'allier avec Francois Ier pour limiter le pouvoir des Habsbourg. Il en résulta le sac de Rome par Charles Quint. À Florence, la nouvelle de ce sac redonna espoir aux ennemis des Médicis qui s'emparèrent du pouvoir et décidèrent de garder Catherine en otage. On l'installa chez les bénédictines. Le pape allié cette fois à Charles Quint décida de renverser les nouveaux dirigeants. En octobre 1529, les troupes impériales et pontificales investirent Florence.
Dans Florence assiégée la haine des Médicis éclata plus fort que jamais. On proposa de livrer Catherine (11 ans) à la prostitution ou de l'exposer nue sur les remparts aux boulets de canon du pape. Les avis étant partagés, on décida finalement, en attendant de se mettre pleinement d'accord, de la transférer dans un couvent mieux protégé des coups de main.
Lorsqu'un émissaire vint la chercher, elle se crut condamnée à mort ou pire. Elle se fit couper les cheveux et revêtit un habit de nonne, dans l'espoir qu'on reculerait devant un sacrilège et elle se préparait à vendre cher sa peau. Mais le chancelier Aldobrani la rassura : Florence se rendait.

Catherine n'oublia rien, ni les menaces, ni les insultes, ni la peur, ni non plus - et c'est tout à son honneur - les services rendus. Elle sauva la vie au chancelier qui avait eu si pitié de son angoisse.

Plus tard, le pape la maria avec le fils cadet du roi de France, Henri de Valois. Elle servait de sceau à une alliance entre Clément VII et Francois Ier. Mais, coup de théâtre, le dauphin (grand frère de Henri) mourut. La roturière italienne fut promue dauphine de France. Et dans le cercle très fermé des familles régnantes, jamais on ne lui pardonna ses origines.




(Résumé d'un extrait de "Les reines de France au temps des Valois" par Simone Bertière).

vendredi 24 décembre 2010

Elle est née la divine infante




Cette petite-fille n'est peut-être pas nouvelle-née mais elle peut tout-à-fait représenter l'être venu sauver le monde de l'obscurité comme la nouvelle clarté qui s'annonce après le solstice. Ses cheveux sont comme des rayons et elle regarde le monde avec étonnement. Elle semble avoir conscience de l'étendue du travail qui l'attend...




Comme ci-dessus dans le tableau de Honthorst : un mini-soleil vient d'apparaître. Il éclaire ces langes par transparence, ces rayons atteignent jusqu'à la face des anges. C'est la seule source lumineuse de ce tableau. Un véritable astre à forme humaine !



c'est avec ces deux images que je vous souhaite un très JOYEUX Noël !

lundi 6 décembre 2010

Cadeau de Noël

Toutes mes excuses pour les scans qui laissent à désirer. Mais si on clique dessus, il est possible de les zoomer pleine page.



Cette bande dessinée intitulée "Le fantôme espagnol" de Willy Vandersteen décédé il y a dix ans maintenant, démarre par la visite dans un musée d'art, de Bob, Bobette et du docteur Lambique.
Ils sont arrêtés devant "Les noces paysannes" de Brueghel, et là, le tableau s'anime...L'enfant qui tient une assiette de pape au riz la lance dans la pièce...Très impressionnée par cette aventures où tous les personnages en entrant dans ce tableau hanté par un fantôme, vont se retrouver au XVIe siècle dans la Flandre occupée par les Espagnols, à la recherche d'un document perdu, je n'ai pu m'empêcher, petite fille, de lire et de relire les pages de cet album une centaine de fois peut-être, au cours de mon enfance, sans m'en lasser, tremblant toujours aux mêmes passages, riant toujours autant des mêmes gags.




Contrairement à chez Hergé, W. V. n'est pas sexiste et Bobette n'est jamais en marge de l'action. Ceci explique pourquoi j'ai plus lu cette unique histoire-là que la collection entière des aventures de Tintin présente aussi dans la bibliothèque familiale.
Ici Bobette ne se montre pas inférieure aux hommes à l'escrime !




Sur cette page, Bobette aborde le peintre Brueghel et lui demande s'il est vrai que dans ses tableaux se trouve des attaques à peine déguisées contre les Espagnols. Puis les "tuniques écarlates" attaquent et Brueghel l'entraîne dans sa fuite car il connaît une cachette sûre.

Bobette et son frère sont aussi intrépides et plein de ressources l'un que l'autre. Bobette a toutes sortes de bonnes idées et le docteur Lambique est l'adulte qui les accompagne. Il se prend des beignes mais ne manque pas d'humour.

Si vous voulez offrir une bande dessinée à une petite fille pour les fêtes de fin d'année, je vous recommande ce titre.

mardi 8 juin 2010

Tu es d'un autre pays ?


Je dédie ces petites fées (caricatures exécutées à l'école d'art pour un exercice sur les dictons d'où la présence de l'âne non caricaturé) aux petites filles rencontrées dans le métro un vendredi où je me rendais à Potsdam et qui se sont assises près de moi pendant que je coloriais un dessin représentant une tête en polystyrène recouverte d'une perruque coiffée à la mode du XVIe siècle.
Elles m'ont posé des questions sur mon dessin, mes crayons de couleur, les ont pris en main pour les examiner,elles étaient vives, curieuses, adorables. Par moment, elles avaient l'air étonné en écoutant mes réponses, sans doute à cause de mon accent.
Je ne sais pas leur nom. Juste qu'elles auront toutes les deux huit ans en février 2011 et que ce sont de bonnes copines. Elles partaient en excursion, elles ne savaient pas où, sauf qu'il fallait prendre un bus, puis un bateau. J'ai pensé à l'île aux paons.
Un moment donné l'une d'elle a montré à l'autre une pub affichée dans le compartiment sur laquelle on voyait une femme dans un caddie dont émergeaient les longues jambes nues terminées par des escarpins à talons aiguille, et un homme poussant joyeusement le charriot à roulettes. Les fillettes riaient mais un peu contraintes. Je leur ai dit que cette pub était bête et ne me faisait pas rire. Elles m'ont regardée, pensives. Puis elles m'ont parlé de ce qu'elles faisaient en dehors de l'école : de la danse, de la musique, du sport, de leurs passions.
Avant que je les quitte, ce qui a semblé beaucoup les attrister, l'une m'a demandé un peu intimidée de me poser cette question :
Tu es d'un autre pays ?
J'ai trouvé cela mignon parce qu'un adulte aurait demandé : tu es francaise ? Ou à la grande rigueur : d'où tu viens ?
Bref, elles m'ont donné la pêche ce jour-là et je pense encore à elles, parfois.