mardi 11 octobre 2022

Le bal des Louves

 Je viens de finir un livre trouvé au coin de chez moi dans une cabine téléphonique transformée depuis des années en bibliothèque libre. C'est une traduction en allemand du premier tome du Bal des Louves intitulé "La chambre interdite" (alors que le titre original est "La chambre maudite"), roman historique de Mireille Calmel, autrice inconnue de moi jusqu'alors.




Ma lecture précédente était la version allemande de "Sursis pour l'orchestre" (traduit en "L'orchestre de filles d'Auschwitz") de Fania Fénelon qui relate les seize mois de l'existence d'un orchestre de (jeunes) femmes au camp d'extermination d'Auschwitz, orchestre dont elle fit partie et camp où elle fut internée.




On peut faire un lien entre ces deux oeuvres bien que, de prime abord, elles semblent n'avoir strictement aucun rapport. Les autrices pourraient être grand-mère et petite-fille, elles placent la narration chacune dans des époques et des pays différents, l'une est un témoignage vécu basé sur des notes prises en temps réel, l'autre est fictionnelle et repose sur les documents qui ont pu parvenir jusqu'à nous d'un siècle très reculé. L'une ne décrit que des personnages ayant existé, l'autre mélange figures du passé et personnages inventées voire plus ou moins empruntées à des légendes. 

Le point commun des ces deux oeuvres se situe dans le fait que :

des femmes et des enfants et aussi quelques hommes sont livrés à un seul ou une poignée de psychopathes inhumains, avides de pouvoir et de richesse, volant, violant, se livrant à des expérimentations "scientifiques" sur des personnes sans défense dont l'existence n'a pas de valeur pour eux afin de percer le secret de la vie et de se l'approprier et afin d'obtenir la jeunesse éternelle voire l'immortalité. Pour ce faire, ils réduisent les individus à leur corps, oppriment, maltraitent et tuent leurs congénères. Ils sont massivement aidés par des brutes, des sbires, des traîtres, des lâches et des imbéciles dépourvus de conscience.  

Cela fait écho à ce qui se passe actuellement dans le monde.



Sinon, je suis ravie de la nomination d'Annie Ernaux comme prix Nobel de Littérature! 


« Pour le courage et l'acuité clinique avec lesquels elle dévoile les racines, les éloignements et les contraintes collectives de la mémoire personnelle » a déclaré le jury suédois.

Ce qui est une traduction de l'anglais : 

For The Courage And Clinical Acuity With Which She Uncovers The Roots, Estrangements And Collective Restraints Of Personal Memory.”


On pourrait aussi le traduite librement par "le courage et l'acuité clinique avec lesquels elle expose les racines, démasque aliénations et restrictions opérées au niveau collectif de la mémoire individuelle". Je mets l'accent sur l'aspect politique de notre dépossession. Le système nous coupe de nos racines, de nos références et de nos expériences communes nous privant de mémoire. Ce n'est plus un monstre ou des monstres à visages reconnaissables mais tout un "système". Ce qui nous empêche de voir d'où vient l'attaque et de désigner les coupables.  


jeudi 8 septembre 2022

Bärbel Bohley savait que cela reviendrait

 "Toutes ces investigations, les enquêtes approfondies sur les structures de la Stasi, ces méthodes qu'ils utilisaient et utilisent toujours, tout cela va tomber dans de mauvaises mains. On va explorer ces structures dans le moindre de leurs détails - pour, au final, les reprendre à son compte. On va un peu les adapter pour qu'elles soient assorties à une société occidentale libre. On ne va pas obligatoirement faire arrêter les empêcheurs de tourner en rond. Il y a des moyens plus raffinés de se débarrasser de quelqu'un.  Mais les interdits secrets, la surveillance, la suspicion, la peur, l'isolation et l'exclusion, la stigmatisation et la silencialisation de ceux qui ne veulent pas se fondre dans le moule - cela va revenir, croyez-moi. On va procéder à des exécutions qui seront bien plus efficaces, bien plus subtiles que celles employées par la Stasi. Le mensonge permanent fera lui aussi son retour, la désinformation, le brouillard dans lequel tout perd son contour, tout cela reviendra". (1990, Bärbel Bohley)



           Hannah Arendt allait plus loin: elle prédisait que le nazisme allait juste s'internationaliser.

vendredi 26 août 2022

Va te faire f..., culture littéraire!

Conversation à trois avec deux adolescentes allemandes de 14 ans à propos de lecture. Je voudrais savoir ce que l'une d'entre elles lit : euh... des thrillers, des romans d'"heroic fantasy" ou d'horreur... Ah. Et est-ce que tu lis des classiques parfois ? Euh... ou..ou....i... parfois. Quel classique par exemple ? Tu peux me donner un titre ? Euh... je ne sais pas... On bien me citer un auteur ou une autrice ? Euh... je ne me souviens pas vraiment...  (elle se tourne vers ma bibliothèque pour voir si elle peut saisir en vitesse un nom d'auteur pour me répondre mais elle est assise à la hauteur des "beaux livres" et n'a rien à se mettre sous le neurone) euh... non je ne me rappelle pas, là... (je m'adresse alors aux deux:) Est-ce que vous pouvez me citer UN seul auteur allemand, les autrices n'étant pas assez visibiliser pour qu'on les retienne, UN auteur allemand donc, classique, très connu ? Juste UN ? (les deux filles semblent se creuser la cervelle avec un maximum de stress, éberluées un temps qui me paraît interminable, sans rien trouver à me répondre. Non? Vous ne voyez pas ? (L'une cite alors toute contente "Rudolf Steiner" et "Karl Marx" parce que d'une part elle est dans une école anthroposophe fondée par Rudolf Steiner et d'autre part parce que l'une de ses camarades de classe est la fille de l'acteur ayant autrefois interprété Karl Marx au cinéma. Sans ces références qui n'ont rien à voir avec les matières scolaires, elle n'aurait pas eu ces noms en tête. Je suis obligée d'expliquer que ce ne sont pas des auteurs que l'on appellent "classiques", que l'un est philosophe et l'autre économiste, on ne peut pas les qualifier de littéraires, ils ne bâtissent pas de récits fictionnels. Mais hormis ces deux noms-là, rien ne leur vient à l'esprit. Non, elles ne voient pas. Blanc total. Je n'en reviens pas). Qui est l'auteur de "Faust" ?, je demande alors. Vous connaissez "Faust", non ? Euh... Faust ? (On sent qu'elles n'osent pas dire qu'elles ne connaissent pas). Je leur dis : vous n'avez jamais entendu parler de Goethe ? Wolfgang von Goethe ? Vous connaissez forcément ce nom, je ne peux pas croire que vous n'en avez jamais entendu parler ! Là-dessus, l'une d'entre elles s'écrient : "Va te faire foutre, Goethe!", "Pardon?!?!?!", je m'exclame. Elle s'explique : C'est le titre d'un film qu'on a vu! "Fack ju Göhte" (1) ! Ahahaha! (toutes deux se bidonnent abondamment puisque cela veut dire "Va te faire foutre Goethe" rédigé en orthographe phonétique). Oui, c'est le problème (je dis gentiment), le cinéma s'applique à enterrer la culture en la ridiculisant. C'est dramatique. Et qui a écrit "Les brigands" ? Vous n'avez pas étudié cette pièce à l'école ? (Elles se marrent de nouveau :) "Les trois brigands(2) ! (Elles ricanent elles-mêmes de leurs références enfantines). Je n'ai pas dit "Les trois brigands" mais "Les brigands" [de Schiller]. C'est une pièce de théâtre très célèbre que normalement on étudie à l'école ! Vous ne voyez pas ? (Elle continuent à rire parce que maintenant leur est venu à l'esprit une autre production pour petits: "Ronja, fille de brigand(3). Je me rends compte que leur culture s'est soit arrêtée à la petite enfance soit se limite au cinéma. Le tronc commun ancien est mort, tué par Hollywood. 

Pour qu'elles aient, malgré cela, entendu de moi d'autres noms que masculins, je leur montre un livre de poésies d'Annette von Droste-Hülshoff qui, "malheureusement", n'a pas été adapté au cinéma même pour cracher dessus (4). Mes deux gamines font semblant de s'y intéresser pour ne pas passer pour totalement demeurées mais esquivent le moment où elles sentent que je pourrais leur réciter un poème en disparaissant toutes les deux, vite fait, dans la salle de bain, porte fermée à clé.

Je les entends ensuite glousser et éclater de rire, toujours barricadées dans ma salle de bain, où on dirait qu'elles s'amusent comme des petites folles à je ne sais quoi. Tout à coup l'une d'entre elles apparaît le visage couvert d'argile verte avec des pinceaux et des rasoirs jetables plantés dans les cheveux pour imiter un personnage mais je ne sais pas trop lequel. Du coup, l'effet sur moi est un peu un flop parce que je ne reconnais pas "Schrek" (5), le "héros" d'un film d'animation à succès dont je n'ai vu que des extraits par force, il y a longtemps. Je fais néanmoins semblant de trouver cela génial. J'aimerais beaucoup les initier aux joies de la lecture mais le cinéma leur a appris à se laisser passivement arroser l'esprit d'images multicolores massues défilant à toute allure, à s'attacher à des personnages biologiquement impossibles (encore que) et le combat est perdu d'avance. Je finis par entrer une dvd dans le lecteur de mon ordi pour leur faire plaisir et nous nous affalons devant. C'est "Le jour d'après" de Roland Emmerich. Ce film a le mérite de montrer que nous ne sommes rien et ne maîtrisons pas du tout les éléments même si certains s'évertuent à modifier le temps, ce qui n'est pas précisé dans le film. Mais bon. Je ne pouvais pas leur passer un film sur la littérature, elles m'auraient trouvée vraiment lourde.

 


 Annette von Droste-Hülshoff, incarnée par l'actrice Constanze Weinich, errant la nuit dans les rues de Constance pendant la Révolution allemande de 1948 = la culture littéraire de jadis errant dans les rues vides du New World Order.


                         

En fait, je venais juste de finir le livre "Generation doof" qui pendant deux ans aura été sur la liste des bestsellers du magazine Spiegel, un livre que l'on pourrait comparer à "La fabrique du crétin" de Jean-Paul Brighelli sauf que ce dernier thématise uniquement l'école et son texte n'est pas humoristique. Le livre allemand que l'on peut traduire par "Génération stupide", sorti l'année de la naissance de mes deux ados et écrit par un journaliste né en 1975 en tandem avec une écrivaine née en 1974, critique la stupidité délibérément répandue dans tous les domaines, des générations post-années soixante-dix, incriminant la société de la consommation et du divertissement, le nivellement éducatif par le bas devenu institutionnel, le remplacement par le cinéma, la télévision et les jeux vidéos de la culture littéraire et des contacts sociaux non-virtuels etc. Tout y est. On s'amuse beaucoup mais, en même temps, on reste attéré. L'idiocratie qui vient semble inéluctable. Je déplorais auparavant l'inculture de la génération 1990 mais je me suis rendue compte, avec cette conversation, qu'en moins de 20 ans, il ne reste presque rien de cette peau de chagrin qu'est devenue la culture générale.     


1. Un prof pas comme les autres (Fack ju Göhte en version originale) est une comédie allemande, réalisée par Bora Dagtekin et sorti en 2013. Le titre original est la transcription délibérément incorrecte et germanisée de « Fuck You Goethe » (≈ « Goethe peut aller se faire foutre ») et le film traite du désintérêt des élèves allemands pour les cours au collège Goethe.(source: Wikipédia)


2Les Trois Brigands (Die drei Räuber) est un film d'animation allemand réalisé par Hayo Freitag, sorti en 2007.

Il s'agit de l'adaptation de l'album jeunesse éponyme (Les Trois Brigands), écrit et illustré par Tomi Ungerer, publié en 1961. Le film a reçu le Prix du public du festival international du film d'animation d'Annecy en 2008. (source: Wikipédia)


3Ronya, fille de brigand est un roman de grande notoriété écrit par Astrid Lindgren, paru en 1981 et traduit en français en 1984 par les traductrices choisies personnellement par Astrid Lindgren, Agneta Ségol, suédoise, professeur de langue suédoise à l'Université de Caen, et Brigitte Duval, scandinaviste, secrétaire générale de l'office franco-norvégien.

Un filmRonya, la fille du brigand (Ronja Rövardotter), a été tiré du livre par Tage Danielsson, en 1984. Une série d'animation japonaise, Ronja fille de brigand, en a été adaptée par Gorō Miyazaki en 2014. (source: Wikipédia)


5 Ah pardon! Pour la série policière télévisée traditionnelle Tatort du dimanche soir, le film "Château mort" traite du vin servi au mariage de la poétesse et qui aurait coûté la vie à un jeune homme ayant peut-être eu une liaison avec elle.  


4Shrek est un film d'animation en images de synthèse américain. Produit par Dreamworks Animation et réalisé par Andrew Adamson et Vicky Jenson, il est sorti en 2001. Ce film pour enfant est une parodie de contes de fées adaptée du livre illustré de William SteigShrek !, paru en 1990. (source: Wikipédia)


PS: cela ne m'empêche pas d'aimer très fort ces deux gamines. Elles sont vivantes, pleines d'énergie, drôles, inventives et câlines.






Pas une oeuvre littéraire qui n'ait sa version filmique. Même la littérature la plus enfantine qui soit. De la naissance à la mort, l'individu doit consommer des images dont il ne peut pas maîtriser le déroulement. Dès qu'un livre plaît, il faut immédiatement en faire un film. Si c'est un classique étudié en classe, il faut impérativement que le synopsis soit subtilisé pour le transformer en script. Des fois que les jeunes n'auraient que le choix de lire l'oeuvre et ne pourrait pas dire: "Bôh, il y a le film, pas besoin de me taper le bouquin". Ceci est évidemment à mettre au crédit de la grande entreprise de crétinisation des masses par des personnes à qui la culture allemande (ou autres) est de toute manière étrangère et qui veulent absolument sa disparition pour réduire la descendance de ce qui furent des civilisations diverses à des coquilles vides toutes identiques.


À propos de Goethe, France Gall chantait des chansons en allemand exprès écrites pour le public teuton dont la célèbre "Un petit peu de Goethe" qui disait "Un petit peu de Goethe, un petit peu de Bonaparte, c'est comme cela que je vois l'homme que j'attends. Un peu d'esprit, un peu de courage. À mon côté vert, oui ce serait bien. Un petit peu de Goethe, un petit peu de Bonaparte, voilà à quoi doit ressembler l'homme que j'attends...". Apparemment, en 1969, le jeune public allemand connaissait encore Goethe.  

mercredi 17 août 2022

MATRIX


 


Extrait de King Kong Théorie, Virginie Despentes, 2006 : "La maman sait ce qui est bon pour son enfant, on nous le répète sur tous les tons, elle porterait intrinsèquement  en elle ce pouvoir stupéfiant. Réplique domestique de ce qui s'organise dans le collectif : l'État toujours plus surveillant sait mieux que nous ce que nous devons manger, boire, fumer, ingérer, ce que nous sommes aptes à regarder, lire, comprendre, comment nous devons nous déplacer, dépenser notre argent, nous distraire. Quand Sarkozy réclame la police dans l'école, ou Royal à l'armée dans les quartiers, ce n'est pas une figure virile de la loi qu'ils introduisent chez les enfants, mais la prolongation du pouvoir absolu de la mère. Elle seule sait punir, encadrer, tenir les enfants en état de nourrissage prolongé. Un État qui se projette en mère toute-puissante est un État fascisant. Le citoyen d'une dictature revient au stade du bébé : langé, nourri et tenu au berceau par une force omniprésente, qui sait tout, qui peut tout, a tous les droits sur lui, pour son propre bien. L'individu est débarrassé de son autonomie, de sa faculté de se tromper, de se mettre en danger. C'est ce vers quoi notre société tend, possiblement parce que notre temps de grandeur est déjà loin derrière nous, nous régressons vers des stades d'organisation collective infantilisant l'individu. Dans la tradition, les valeurs viriles sont les valeurs de l'expérimentation, de la prise de risque, de la rupture avec le foyer. Quand de toutes parts la virilité des femmes est méprisée, entravée, désignée comme néfaste, les hommes auraient tort de se réjouir, ou de se sentir protégés. C'est autant leur autonomie que la nôtre qui est remise en cause. Dans une société libérale de surveillance, l'homme est un consommateur comme un autre, et il n'est pas souhaitable qu'il ait beaucoup plus de pouvoir qu'une femme.

Le corps collectif fonctionne comme un corps individuel : si le système est névrosé, il engendre spontanément des structures autodestructrices. Quand l'inconscient collectif, à travers ces instruments de pouvoir que sont les médias et l'industrie de l'entertainment, survalorise la maternité, ce n'est ni par amour du féminin, ni par bienveillance globale. La mère investie de toutes les vertus, c'est le corps collectif qu'on prépare à la régression fasciste. Le pouvoir qu'un État malade octroie est forcément suspect.

On entend aujourd'hui des hommes se lamenter de ce que l'émancipation féministe les dévirilise. Ils regrettent un état antérieur, quand leur force prenait racine dans l'oppression féminine. Ils oublient que cet avantage politique qui leur était donné a toujours eu un coût : les corps des femmes n'appartiennent aux hommes qu'en contrepartie de ce que les corps des hommes appartiennent à la production, en temps de paix, à l'État, en temps de guerre. La confiscation du corps des femmes se produit en même temps que la confiscation du corps des hommes. Il n'y a de gagnants dans cette affaire que quelques dirigeants.

(...)

Les hommes dénoncent avec virulence injustices sociales ou raciales, mais se montrent indulgents et compréhensifs quand il s'agit de domination machiste. Ils sont nombreux à vouloir expliquer que le combat féministe est annexe, un sport de riches, sans pertinence ni urgence. Il faut être crétin, ou salement malhonnête, pour trouver une oppression insupportable et juger l'autre pleine de poésie.

De la même manière, les femmes auraient intérêt à mieux penser les avantages de l'accession des hommes à une paternité active, plutôt que profiter du pouvoir qu'on leur confère politiquement, via l'exaltation de l'instinct maternel [ ou du "care", voir note précédente de mon blog]. Le regard du père sur l'enfant constitue une révolution en puissance. Ils peuvent notamment signifier aux filles qu'elles ont une existence propre, en dehors du marché de la séduction, qu'elles sont capables de force physique, d'esprit d'entreprise et d'indépendance, et de les valoriser pour cette force, sans crainte d'une punition immanente. Ils peuvent signifier aux fils que la tradition machiste est un piège, une sévère restriction des émotions, au service de l'armée et de l'État. Car la virilité traditionnelle est une entreprise aussi mutilatrice que l'assignement à la féminité. (...) Être coupé de sa féminité, symétriquement aux femmes qui renoncent à leur virilité, non pas en fonction des besoins d'une situation ou d'un caractère mais en fonction de ce que le corps collectif exige. Afin que, toujours, les femmes donnent les enfants pour la guerre, et que les hommes acceptent d'aller se faire tuer pour sauver les intérêts de trois ou quatre crétins à vue courte.

(...). Un État tout-puissant qui nous infantilise, intervient dans toutes nos décisions, pour notre bien, qui - sous prétexte de mieux nous protéger - nous maintient dans l'enfance, l'ignorance, la peur de la sanction, de l'exclusion. Le traitement de faveur qui jusqu'alors était réservé aux femmes, avec la honte comme outil de pointe pour les tenir dans l'isolement, la passivité, l'immobilisme, pourrait s'étendre à tous. Comprendre les mécanismes de notre infériorisation, et comme nous sommes amenées à en être les meilleurs vigiles, c'est comprendre les mécaniques de contrôle de toute la population. Le capitalisme est une religion égalitariste, en ce sens qu'elle nous soumet tous, et amène chacun à se sentir piégé, comme le sont toutes les femmes".



Seize ans plus tard, nous y sommes. 


Actualisation: Virginie Despentes n'est pas ma gouroute. D'abord la moitié et plus de ce qu'elle écrit caresse avec insistance le patriarcat dans le sens du poil parce que c'est le geste obligé pour y devenir starlette médiatisable. Et cela ne s'arrange apparemment pas, si j'en crois la twitteuse @OhOceane qui commente la nouvelle production de celle qu'elle nomme familièrement Vivi dans son thread. Les écrivain-e-s établi-e-s fabriquent très vite de la prose consensuelle jusqu'à l'écoeurement avec insupportable emballage pseudo-rebelle. Ensuite parce que "Vivi" aime clamer partout que se prostituer est un métier comme un autre et le pratiquer rempli plus vite le compte en banque qu'en rangeant des rayons de supermarché. Et cerise sur le gâteau, elle éprouve une certaine compassion pour les pauvres prostitueurs si touchants (vite, une larme) + fustige les vilaines abolitionnistes qui ne seraient que des bourgeoises en mal de combat féministe, alors qu'elle, la vraie prolote, défend les vraies prolotes comme elle (prière de ne pas rire). Bref, elle nous pond volontiers du féminisme de classe en se donnant le beau rôle de la seule-à-comprendre-la-misère-du-bas-peuple-féminin, surtout depuis qu'elle traîne ses haillons haut de gamme dans le gotha qui la chérit tant.

Par contre, elle est très lucide sur  la sorte de gens qui possèdent le pouvoir en ce monde et sait exactement comment ils le voient, ce monde. La complainte du trader "Kiko" dans Vernon Subutex I, est incontournable à lire et à relire et si VD fait semblant de ne pas avoir compris que depuis 2020 un génocide est en cours doublé d'une installation du crédit social à la chinoise plus de l'entrée forcée dans le transhumanisme rêvé par la clique de Davos, c'est qu'elle ne veut pas perdre son fond de commerce.

samedi 16 juillet 2022

"Le virus me renvoie à cette qualité « féminine » de la compassion ultime"


 

                                  "Chevaux sauvages fuyant l'incendie" par Rosa Bonheur

J'ai d'abord lu cela sur un site féministe repris ailleurs et partagé partout à propos DU virus (du latin "vir"?) qui renvoie mais - attention - provisoirement hein - les femmes au rôle qu'on leur a assigné sans leur consentement depuis, au moins, le concile de Trente. D'accord, cette fois, c'est uniquement pour la bonne cause et vilaines soient qui mal y pense. Donc, féministes ou non, revoilà que les femmes se "sentent" vouées au "care", aux soins, à la protection et à la compassion, alors que le devoir de compatir devant la vulnérabilité des femmes, des enfants et des ancêtres ainsi que de les protéger, incomberait principalement aux hommes dont la musculature est par nature plus développée, du moins c'est un devoir qui leur incombait au temps où la dénaturation du monde n'était pas encore si avancée. Il a fallu des centaines d'années pour que l'ensemble de la gente masculine ne se "sente" non seulement plus du tout responsable des autres mais légitimé, au contraire, à exploiter les plus vulnérables. Et parce qu'il faut bien des soins par ci par là, ils en ont délégué tout le poids aux femmes non sans leur avoir retiré d'abord le savoir qu'elles possédaient dans ce domaine. Ils brûlèrent pour ce faire les soi-disant sorcières, en fait gardiennes de ce savoir, ainsi que leurs confrères sans parler de leurs alliés. À partir de là,seules les méthodes masculines ont prévalu : découpages, amputations, saignées, purges, injections, tout ce qui est violent et intrusif, plutôt que ce qui fait intervenir des herbes dont le pouvoir fait de l'ombre à ceux qui n'ont comme obsession que de le posséder pour soi seul.   

Le monde et la majesté de ses lois immuables s'est réduit en une vaste cour de récréation pour grands gamins immatures, exclusivement réservée à leur pomme. Les femmes sont repoussées aux marges, derrière le grillage, tenues de regarder les mâles s'amuser en se coltinant les corvées les plus humiliantes. Ok, un contingent d'hommes se tape également de déshonorantes corvées mais avec moteur (vroum-vroum) et puis il peut ensuite se venger sur femmes et enfants du statut médiocre qui lui est octroyé, c'est permis.  

Quelques femmes triées sur le volet ont le droit de participer à la grande rigolade d'avec les dominants mais uniquement à la condition de ne rien exiger pour elle-même et surtout de ne pas changer les règles établies par leurs maîtres et seigneurs. La compassion, c'est l'os qu'on leur laisse à ronger et, du coup, comme elles se sentent à juste titre dépossédées de tout, elles se ruent dessus. Elles vont jusqu'à décréter que la compassion est une qualité sexuée féminine. 

Aux hommes le droit d'être parfaitement ignoble, aux femmes l'exigence de sainteté. Compatir signifie "souffrir avec". Nous devons arrêter le secourisme. Tant que nous nous dirons : puisque les hommes ne font pas le boulot, nous devons le faire, nous cautionnerons tout ce contre quoi nous luttons. Il ne s'agit pas de laisser des personnes sans soin mais il y a un moment où il ne sert plus à rien d'écoper quand le bateau coule. Les femmes vont-elles se sacrifier jusqu'à la mort dans un contexte où la mort est justement voulue ?

Il ne faut jamais perdre de vue que la seule chose valablement féministe est de parvenir à trouver quelle est exactement la place et la fonction que la nature nous a individuellement données, indépendamment de notre sexe, et à tâcher de la prendre. Et si quelqu'une dit "Le virus me renvoie à cette qualité "féminine" même entre guillemets, c'est comme un signal vers les hommes qu'ils n'ont pas besoin de compatir, on est là pour ça. 

Il faut se conduire comme dans la société chevaline : accomplir le rôle correspondant aux capacités qui nous ont été données à la naissance. Chaque individu est différent et est pourvu d'une compétence qui sert à tout le monde. Un cheval ne dispute pas la place d'un autre cheval ayant une autre compétence que lui. Chacun agit selon ses qualités. Et cela indépendamment du fait de sa condition de jument, d'étalon ou d'individu castré. 

Pourquoi alors dire que la protection est le rôle des hommes ? Parce que les femmes ont naturellement des moments de vulnérabilité extrême que n'ont jamais les hommes : la grossesse, l'enfantement, l'allaitement et même les règles. Il incombe donc aux hommes de veiller à la sécurité des femmes et des enfants et non pas de leur faire concurrence ou s'identifier à eux, jouer éternellement et s'adonner à des gamineries toute sa vie. Cela aussi nous pouvons l'apprendre des sociétés animales. Les mâles assurent la protection du groupe. Seules les femelles âgées commandent parce qu'elles ne sont plus soumises au contingence de la reproduction et parce que, dans des situations critiques, c'est le propre de la femellitude de savoir faire face à de très puissantes forces naturelles qui dépassent l'entendement autant humain qu'animal. Si la reproduction est confisquée par les hommes, comme cela est en train de se produire, les femmes deviennent inutiles. Jeunes ou vieilles. Nous assistons alors à un phénomène étrange qui est à la fois téléguidé par les puissants pour leur projet transhumaniste  et mu par les lois naturelles qui tentent de se rétablir dans le chaos provoqué par l'hubris humain. En effet, nous savons qu'il vient chaque année au monde un nombre prédéterminé d'individus masculins et féminins, quelle que soit l'espèce. Or, depuis de nombreuses années, l'espèce humaine à tort contrôlée par les mâles cherche à modifier ce nombre en privilégiant les naissances masculines. Du moins de sa propre espèce. Pour les autres espèces, elle s'applique à se débarrasser de ses "inutiles" mâles (taureaux, poussins mâles, etc...) parce que dans ce système productiviste, en dehors d'un liquide séminal vite prélevé et réfrigéré, ils ne produisent rien. Cependant, plus le déséquilibre entre hommes et femmes d'espèce humaine est accentué artificiellement, plus on voit des hommes souhaiter devenir des femmes et user de la médecine pour changer de sexe.        

Cela pousse les psychopathes hypercontrôlants, non à enfin se faire soigner par des thérapeutes compétents et accepter d'être enfermés avec une camisole de force, mais à entreprendre une éradication encore plus forte des "femmes de naissance" au profit des transfemmes. En interdisant, par exemple, l'emploi du mot "femme" car, comme on sait, ce qui ne se nomme pas, n'existe pas. Le transgenrisme provoquant en même temps une stérilisation de masse, l'espèce humaine commandée par des mâles de plus en plus malades de leur propre domination, se dirige vers une gestation d'abord "pour autrui", étrangeant ainsi l'acte reproducteur de son contexte amoureux, puis extra-utérine, c'est-à-dire produite par des machines qui vont "permettre" d'éliminer toute filiation. Être père ou mère n'existera plus. La personne humaine sera "enfin" produite hors sol comme c'est le cas de nombreuses plantes que nous consommons. L'individu se sera transformé lui-même en produit de consommation généré par des machines. 

C'est l'ultime phase de l'idéologie de la consommation : celle où l'humain s'usine et se dévore lui-même. Et voilà que la "compassion ultime" n'empêche en rien la chosification ultime mais, au contraire, l'accélère. LE virus, masculin singulier, en mesure de détruire la planète, n'existe pas plus que LE mâle, masculin singulier, qui sauverait cette même planète. Nous respirons chaque seconde des millions de virus. LE virus est donc le nom donné à la folie qui s'est emparée d'une espèce qui, ayant détruit tous ces prédateurs, est devenue sont propre prédateur. Refuser les lois naturelles immuables, vouloir à tout prix s'en affranchir, en créer d'autres pour supplanter une force qui détermine notre présence en ce monde, aboutit immanquablement à l'autodestruction. Et rien n'y personne, ni la féministe compatissante ni l'hoministe antipatissant qui sont l'avers et le revers de la même médaille, n'a le pouvoir de changer ce qui ne se change pas. 


Pour mentionner une aventure personnelle, ce blog ayant aussi pour but de narrer des anecdotes de ma vie privée en rapport avec l'actualité : il y a deux ans, je prenais l'avion de Rome à Berlin. Je me trouvais dans la queue alors désormais balisée d'autocollants indiquant la distance à respecter entre humains pour des raisons de "Vir" probablement russe (lol) et remarquai devant moi une jeune femme portant la tenue imposée informellement aux féministes intersectionnelles : pantalon rouge et sac à dos vert, cheveux plus ou moins bleus et coupés comme une moinesse déjantée plus ou moins baroudeuse, entre autres détails qui sentent le professionnalisme du look pseudo-non-conformiste. Comme je ne portai pas le chiffon sur le nez comme il fallait, et qu'elle regardait de tous côtés (en tant que non-conformiste) si tout le monde se conformait bien aux prescriptions gouvernementales, elle tomba sur ma non-solidarité patente et se mit à me faire des gestes éloquents d'éducatrice en mission commandée. Cela m'a totalement agacée mais je n'ai pas voulu faire d'esclandre. Néanmoins mon taux d'adrénaline concernant cette idiote a considérablement augmenté. Je l'ai par la suite observée dans l'avion où elle a vite cherché à échanger une place trop proche de gens (omg!) avec une place sans voisin(e) mais par hasard dans ma ligne de mire. Elle a sorti son spray désinfectant et consciencieusement désinfecté sa place, les yeux agrandis par la peur, dossier, accoudoirs, vitre, tout ce qui l'entourait. Après cela, elle a vérifé que son masque FFP2 était bien ajusté et a ouvert un livre. Mais très vite, elle s'est endormie avec son filtre à café renforcé toujours bien ajusté sur ses orifices respiratoires. Je me suis levée et ai jeté un coup d'oeil sur le titre du livre qu'elle lisait. Il s'agissait d'une oeuvre anticapitaliste notoire "Caliban et la sorcière". Bizarrement les femmes les plus en lutte contre le système n'ont absolument pas compris et ne semble pas parvenir à comprendre que le "care" est un produit commercial comme les autres. Que c'est même devenu la nouvelle part de marché internationale la plus fructueuse maintenant que l'industrie de la bagnole traîne la patte. Il n'y a pas de domaine épargné dans ce système. Tout est infecté. Mais pas du tout par un malheureux virus des voies respiratoires. 

lundi 13 juin 2022

Les femmes se caractérisent par leur pouvoir gestatif qui leur est donné gratuitement à la naissance

 ... à la différence d'hommes qui l'acquériraient ou l'auraient acquis au moyen de la chirurgie, est-on désormais obligé(e) de préciser.

Ou avant que des modifications de l'ADN procure ce pouvoir sans chirurgie. Pendant ce temps, avec la nouvelle politique de l'injection forcée, les femmes "naturelles" doivent choisir entre leur utérus et leur emploi. Bien sûr, une femme peut aussi faire abstraction de sa capacité gestationnelle. C'est une option bien que, jusqu'à présent, les femmes subissaient l'injonction à la procréation aussi brutale que celle à y renoncer. Comme on peut le voir, jamais on ne nous laisse disposer de notre corps. 

On croyait que le continent "femmes" étaient achevé d'être colonisé et bien non. Colonisé veut dire exproprié. Et ce qui était à présent la propriété exclusive des femmes : sa matrice, sera désormais partagée avec les hommes, ce qui, d'ailleurs, effacera leur masculinité, Masculinité qui a perdu depuis longtemps ses qualités protectrices, avec l'exploitation systématique de la planète à des fins de suprématie. La majorité mâle de notre espèce ne se comporte pas en personne qui partagerait le sort commun à tous les êtres vivants, ni en ami respecteux de l'autre sexe, pas plus qu'en éducateur de ses enfants, juste en sAigneur toujours à saigner terre, animaux et gens.

Cela dit, bien des femmes trouvent ce comportement destructeur follement attirant et sont prêtes à se reproduire joyeusement avec les plus oppressifs envers tout ce qui respire dans ce monde, plantes comprises. Comme tout esclave aliéné, elles participent activement à leur propre esclavage ainsi que celui de leurs semblables. Mais, pour leur défense, je dirais que les alternatives n'ont jamais été bien nombreuses. Partout dans le monde, les femmes sont au mieux des citoyen(ne)s de seconde classe. 

D'un autre côté : pourquoi les hommes doivent-ils s'emparer de cette capacité gestationnelle exclusivement réservée par la biologie aux femelles alors qu'il apparaît évident que la disparition des femmes entraînent de facto la disparition des hommes ?

Sans doute parce que ceci n'est qu'une étape de la dépossession. On enlève, s'approprie puis délègue à la machine. La machine étant déjà depuis le commencement des inventions mécaniques, la "créature" des non-femmes. Leur bébé mort. Mais actif. Il fait du bruit et des trucs formidables, c'est donc, pour les non-femmes, une créature. Il suffit de les regarder bichonner leur voiture avec tendresse pour comprendre cette passion. 

Quant à créer des bébés de chair et de sang animée de vie, c'est une autre histoire. Mais même si la gestation masculine implique un bassin amovible et une élasticité cutanée que les hommes ne possèdent pas, ils trouveront une solution pour se l'accaparer et puis ils peuvent en doter la machine. En ce moment il semblent être devenus tout foufous, baver et ne plus se sentir d'avoir réussi à mêler biologie et machine. Sans parler de leur chère nanotechnologie. Cela leur donne de plus en plus l'impression de créer du vivant, bien que cela n'en soit jamais. Il s'agit toujours de transformation ou de fac-similé. Mais cette sorte d'individus se met profond dans le crâne qu'il est assez puissant et malin pour générer de la vie. Exemple : Yuval Noah Harari. C'est l'archétype de l'Homo deliriens persuadé que la paire de chromosomes XY a réussi à supplanter la mystérieuse force qui créée toute chose dans l'univers.

Bref, les homonidés sont devenus les êtres les plus dangereux du monde. Et les défenseuses des droits des femmes qui ne remarquent rien! Qui en sont encore à essayer de remuer les institutions! Comme si le pouvoir se situait uniquement à ce niveau de décor de cinéma. Elles ont, de surcroît, foi en la sainte pénétration forcée pour l'injection de la semence magique qui va donner des superpouvoirs défensifs à leur faible corps (debilitas corpus) contre l'ennemi qui n'est finalement pas la violence masculine mais l'aérobiote. J'en suis personnellement encore et chaque jour abasourdie.

Pendant ce temps-là, côté violence masculine, ça dépiaute le vivant à tout va. Pourquoi dépiauter le vivant pour en faire autre chose ? Et surtout : quoi ? Les créatueurs paient la REcherche pour aller plus loin dans leur association chair et métal. Car c'est du boulot. Et ils ne sont pas au monde pour s'y insérer humblement, ils veulent le dominer, point barre. Plus tard on ne lira pas sur leur tombe : a découpé du cerveau de singe pour le coupler à du foie de rat mixé avec du graphène et injecté dans les veines d'une femme enceinte mais : "le plus grand inventeur de son siècle".

Invention qui sert à quoi ? Ah oui au fait ? Quel alibi a trouvé le keuf à sa dégoûtante cuisine de bonhomme qui n'a aucune espèce de respect pour la vie des terriens nés par voie naturelle ? Ben, elle est utile pour le servir et asservir les autres. Être servi. Se la couler douce, Ne faire ni la popote (celle qui nourrit), ni la vaisselle, ni le ménage, ni les récoltes, ni le rangement, ni les conserves, ni construire sa maison et le reste qui sont des tâches pour lui humiliantes et subalternes. Trop animales et pas assez divines. Or obtenir de se faire servir représente UN TRAVAIL DE DINGUE. Obtenir que ces chères machines transformées en gens, et inversement, s'adonnent à ces humbles activités est mille fois plus harassant et aliénant que de faire sa part mais la haine qu'éprouve cette être à l'arrogance démesurée à l'idée de de dépendre de forces qui le dépassent est son moteur.

Si se faire servir n'est finalement pas terrible pour se la couler douce, c'est méga cool pour avoir l'impression d'être d'essence divine. Sans parler de vaincre la mort, celle qui ricane de voir le petit bipède se démener pour lui échapper. Il aura passer sa vie à essayer de ne jamais mourir au lieu de vivre en bon entendement avec sa tribu et aura répandu la misère partout pour atteindre un but égotiste non sans sentiment du devoir accompli de grand homme qui aura sa statue.

Terrifiant.

Bref. Grâce à tous les pauvres têtes lavées par les fabricants de psychose de masse, le naturel, le biologique, la santé et la convivialité sont devenus les ennemis du genre humain. Les victimes épousant l'idéologie de leurs agresseurs s'approchent du moment où elles auront horreur des mâles et des femelles naturelles et donc de la procréation non-artificielle, Elles vomiront la proximité maman/bébé et détesteront voir qui que ce soit avoir du plaisir à simplement laisser la nature faire le job. 

Derrière cette expropriation des femmes de leur féminité, un autre plan semble se dérouler : l'androgynie universelle. Et cela succéderait à une polarisation excessive des genres qui sévir depuis des siècles. On passera donc d'un genrisme excessif à l'abolition totale des genres d'abord avec la chirurgie et ensuite avec la manipulation génétique. Que l'on ne s'y trompe pas : les deux sont des instruments de domination

Tous ces excès pourraient amener par réaction à un réensauvagement d'une partie de l'humanité. 

À voir...



Femme sauvage tenant un écu à la tête de lion (Martin Schöngauer, Colmar vers 1445 - Breisach,1491).


 Actuellement le primate prétendu "savant", en se considérant comme doté d'une puissance supranaturelle, atteint des sommets dans sa crise mégalomaniaque, celle qui s'est emparée de lui depuis des millénaires et qui présuppose une valorisation délirante de soi dont on a du mal à percevoir exactement l'origine. Il s'obstine dans la pire des illusions. Il croit dominer tout mais il est uniquement dans l'hypercontrôle. Plus il veut détenir le secret de la vie plus il répand la mort. Chaque siècle, nous subissons la frénésie de ces esprits médiocres convaincus de leur parfaite compréhension du monde et de le dominer entièrement que ce soit par la magie ou par leur petite cuisine technoscientiste, avant que cette illusion s'écroule et que ces grands penseurs super prévoyants se retrouvent dépassés par quelque catastrophe totalement inattendue. Ils feraient mieux d'observer, par exemple, les arbres qui ne vont pas bien du tout et sans lesquels nous allons tou(te)s disparaître très vite. Mais c'est, bien sûr, trop trivial pour nos candidats au titre de "Dieu" qui se gargarisent de leur grande "sagesse" autant que de leurs énormes pouvoirs :

« Malgré nos savoirs, malgré notre puissance, le monde de l’abondance, de confort, de la facilitation, ce monde des technologies qui est notre environnement, cette civilisation technoscientifique ne nous aident pas ‘nécessairement’ à être humain, car pour être humain, nous avons besoin de sagesse… Mais la sagesse de l’Homo sapiens devenue puissante face au réel ne peut être la même que la sagesse de l’Homo sapiens autrefois impuissant face au réel. Nous devons nous résigner non pas à notre impuissance, mais à notre puissance. » (Homo sapiens technologicus" , Michel Puech).


 "Au secours, je suis Superman !" est le dernier cri que poussera notre fantastique "Homo sapiens" en quête d'humanité, paraît-il, mais qui "en même temps" ne veut pas renoncer à devenir Dieu ce qui d'office le déshumanise. Déjà des arbres, brutalement terrassée par les maladies causées par l'incomparable sagacité de ce nain humain, s'abattent ici et là sur lui et le tue.