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dimanche 7 avril 2013

Gesina ter Borch, peintresse et dessinatrice humoristique


Gesina ter Borch (1631-1690) a l'air d'avoir été une rigolote d'après les dessins et peintures que j'ai trouvés d'elle mais de là à pouvoir restituer chaque légende ou raconter sa vie, (j'ai juste cru comprendre qu'elle est née à Zwolle en Oberjissel dans un milieu d'artistes et qu'elle a commencé par faire de la calligraphie avant de se tourner vers l'aquarelle et la peinture) je suis bien en peine de le faire étant donné que je ne comprends que très très approximativement le néerlandais.

                                                            


Là on a un homme armé d'un tisonnier se battant avec une femme armée d'une pantoufle. Voilà une scène de "genre" qui mérite bien son nom ! Et que dire de l'étonnante scène des petites filles déféquants en pleine rue sous l'oeil indigné d'un bourgeois de passage (à moins qu'il n'ait lui-même déféqué et ne soit en train de remettre ses braies) ?



                                                        Autoportrait de l'artiste, 1661
File:Children relieve themselves, by Gesina ter Borch.jpg



 Detail uit "Drinkende vrouw en slapende man". Gesina heeft model gestaan voor deze vrouw = cette peinture est un détail, Drinkende vrouw : femme buvant. Gesina est son propre modèle (si j'ai bien compris).

Ajout du 9.4 : en fait, le portrait à l'huile est du père de Gesina ter Broch. Il utilisait sa femme comme modèle et on la trouve représentée dans presque tous ses tableaux.


jeudi 14 mars 2013

Susanna van Steenwijck-Gaspoel, peintresse paysagiste

Au XVIe siècle, il était interdit aux femmes de peindre des paysages. Nous voilà aux Pays-Bas au XVIIe siècle, le siècle d'or de l'art néerlandais. Et du coup, on y trouve une peintresse paysagiste ! Enfin disons que ses oeuvres sont plus des peintures d'architectures que de paysages, néanmoins dans ce genre, on trouve peu de femmes puisqu'elles sont, la plupart du temps, assignées aux portraits.

Wiki ne raconte pas grand chose sur elle mais du moins l'une de ses oeuvres est visible sur le web. La voici :
 
afbeelding S 410.jpg van schilderij


Vue de Lakenhal, 1642

vendredi 1 avril 2011

Annet van de Voort, peintresse


Bon OK c'était un poisson d'avril, il s'agit d'une photographe néerlandaise contemporaine;))

dimanche 12 décembre 2010

Le chapelain de Marie de Hongrie




Pierre Alexandre, fils de Jean, naquit à Arras au début du 16e siècle. Il se fit carme (moine carmélite) dans sa ville natale. En 1534, il fut promu docteur en théologie par la Sorbonne. Excellent prédicateur, il fut appeler par Marie de Hongrie pour lui servir de "concionateur" (chapelain). Son nom figure parmi les théologiens qui se sont occupés de la correction de la traduction des "Psaumes de David" par Clément Marot.
Le 10 novembre 1539, Charles Quint quittait Madrid pour les Pays-Bas, afin de châtier le ville de Gand en révolte. Il traversa la France et séjourna à Paris du 1er au 7 janvier. Arrivé à Bruxelles le 29 du même mois, il profita de son séjour dans cette ville pour promulguer le jour même un nouveau placard contre l'hérésie. In Belgico editum est edictum atrocissimum (en Belgique a été édité le plus atroce des édits) écriront les théologiens protestants réunis au colloque de Worms. Car il déclencha une vague de persécutions qui se prolongea jusqu'en 1549.

C'est au cours de cette période que le confesseur de l'empereur, le dominicain Pierre de Soto s'en prit au prédicateur de la reine, en présence du chancelier Nicolas Perrenot de Granvelle et de son fils l'évêque d'Arras. Ils l'accusèrent de tenir des propos hérétiques dans ses sermons et l'attaquait dans des discussions privées mais Pierre Alexandre se défendait par la parole de Dieu. Comme l'un et l'autre restaient sur leurs positions, des commissaires inquisiteurs furent désignés.

Ils commencèrent le 21 février 1544 à instruire le procès du prédicateur de la reine en effectuant des enquêtes sur les faits et gestes de celui-ci à Bruxelles, Arras et Gand. Ensuite ils firent appel à des témoins, mais "pour le pécheur déposèrent presque tous les principaux de la cour de Bourgogne". On piétinait lorsque l'empereur revint à Bruxelles le 1er octobre et, influencé par son confesseur, ordonna l'emprisonnement de Pierre Alexandre. Prévenu par un fidèle ami, peut-être envoyé par la reine, il put s'enfuir (…)

(Extrait de „Histoire, humanisme et hymnologie (…)“ par Edith Weber)

Il s'enfuit en Angleterre et ses écrits sont condamnés au feu.

Wikipédia : Elle [Marie de Hongrie] est tout de même suspectée à plusieurs reprises de protéger les réformistes. En effet son chapelain, étant accusé, réussit à s’enfuir avant son arrestation et se réfugier auprès de la nièce de Marie.


Le moine dominicain Pierre de Soto, confesseur de Charles Quint fut par la suite lui-même mis en jugement par les inquisiteurs de Valladolid en 1560 durant le Concile de Trente.

Autre chose : le jeune Guillaume d'Orange-Nassau, le fondateur de l'indépendance des Pays-Bas, instruit dans les langues étrangères par Marie de Hongrie, réclamera plus de modération dans l'application des lois religieuses et refusera lui-même toute inquisition lorsqu'il sera nommé stadhouder en 1559, peu après la mort de sa prédécesseuse.

(L'illustration représente un autre portrait de Marie de Hongrie avec la coiffe blanche peu seyante qu'elle se mit à porter un jour et qu'elle quitta de moins en moins avec l'âge).

vendredi 10 décembre 2010

Marie de Hongrie, stadhouderesse*

Comme son nom de l'indique pas, Marie de Hongrie (1505-1558) gouverna la Flandre(correspondant à peu près au Benelux actuel amputé (en gros) de la Gueldre). De son "nom de jeune fille" Marie de Habsbourg, la soeur de Charles Quint fut mariée à 16 ans au roi de Hongrie Louis II, mort quatre ans après leur mariage, lors de l'invasion de la Hongrie par le Turc Soliman. Veuve à 20 ans, elle conserva le nom de Marie de Hongrie. Désirant préserver sa liberté, elle ne se remaria jamais.

La Flandre sous Marie de Hongrie fut sans contexte le pays sinon le plus "démocratique" du moins le plus libéral et le moins autoritaire d'Europe. L'indépendance des États, la liberté d'opinion, la justice y régnaient plus que partout ailleurs. Si Marie de Hongrie n'avait pas eu sans cesse des problèmes d'argent, ses biens ayant été confisqués par son frère Ferdinand après l'occupation de la Hongrie, elle aurait pu éviter les répressions de sinistre mémoire infligées par Charles Quint sur les sujets de sa soeur en 1540, suite à une levée d'impôts auprès des seigneurs qui se solda par un soulèvement qu'elle ne put réprimer sans le secours de son frère.
Charles Quint ne confia, en effet, ce gouvernement à sa soeur qu'à titre représentatif, même s'il lui laissa les pleins pouvoirs.
Elle protégea remarquablement le pays des guerres étrangères et déjoua plans et alliances de ces voisins : Danemark, Allemagne, France, Angleterre qui, croyant le pays affaibli par la gouvernance d'une femme, ne cessaient leurs attaques. Son influence fut, par contre, maintenu fortement en échec dans le domaine religieux. Le clergé catholique protégés par l'Empereur tentait d'éradiquer l'"hérésie" luthérienne qui se propageait via l'Allemagne voisine et les interventions de Marie ne suffisaient pas à épargner protestants et libres penseurs. Ainsi d'Erasme qui dut s'exiler à Bâle. Néanmoins, son estime pour Marie de Hongrie était si grand qu'il lui manifesta incessamment son soutien moral et financier. Il correspondit jusqu'à la fin de sa vie avec elle et lui envoya tout ce qu'il possédait.




en hommage à Marie de Hongrie qui fit composer ce morceau, voici sa célèbre "Hungarescha" sur une épinette des Vosges.

* stadhouderesse = gouverneuse des Pays-Bas.

samedi 12 juin 2010



Quand on voit ce portrait d'Alexandre Farnèse, le condottiere de Philippe II d'Espagne chargé de recatholiser les Pays-bas et qui devait envahir l'Angleterre au nom du roi espagnol en même temps que l'invincible Armada, on se dit que s'il était d'un homme, on n'ignorerait certainement pas son nom.
C'est une oeuvre magistrale. L'expression du visage est d'un vivant extraordinaire. On croit quasiment avoir déjà rencontré cet adolescent. La texture du tissu semble palpable, on ressent le poids des vêtements. Les couleurs sont veloutées et chaudes. Les brillances traduites avec soin. Le choix du fond résolument noir est subtilement travaillé de sorte que le personnage ne s'y profile pas comme une image découpée. Il enfile son gant et jette un rapide coup d'oeil au spectateur comme sur une photo instantanée. Le côté gauche de la veste fourrée d'hermine indique déjà la sortie. Il passe....Admirable.
Mais il n'est pas d'un homme. Il est d'une femme.
C'est un des innombrables portraits de Sofonisba Anguissola qui a peint pour les plus grands et tout le long de sa vie (voir ci-dessous).

mercredi 26 mai 2010

Catharina van Hemessen

En dehors de Levina Teerlinc, on pouvait trouver aux Pays-Bas, de nombreuses femmes peintres au XVIe siècle. Surtout à Anvers. Albrecht Dürer raconte dans son "Journal de voyage aux Pays-Bas" comment il achète une enluminure à une certaine Susanna Gerhard, fille de l'enlumineur Gerhard, tant il est frappé (lui, le grand maître!) par le talent de cette jeune fille. Il ne nous reste rien de cette Susanna Gerhard, pas même l'enluminure achetée par Albrecht Dürer. On ne sait pas non plus ce que sont devenues les oeuvres de toutes ces flamandes qui ne signaient souvent pas leurs peintures. On suppose que bon nombre d'oeuvres signées par les pères ayant eu des filles pour leur succéder proviendraient d'elles. En tant que disciples, elles cédaient au maître cet honneur, sauf Catharina van Hemessen qui non seulement signait en toutes lettres mais écrivait "Caterina de Hemessen pingebat (peignit en) 1548", en surtitre de ses toiles plus un commentaire en latin. Ici : son autoportrait avec sa signature en toutes lettres et l'inscription "Beatis sua es?".