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dimanche 5 décembre 2010

Marguerite l'Enragée 3





Découvert : un musée "Dulle Griet", Kloosterstraat 37 à Peer (3990) en Belgique et un livre : celui de Dominique ROLIN, écrivaine belge née en 1913 et vivant à Paris, qui a écrit un roman intitulé "Dulle griet", publié chez Denoël en 1977. Le roman commence par la reproduction du tableau de BRUEGEL, traduit dans le texte par "Margot l'enragée", qui serait une sorte de sainte et de folle.


Personnage repris dans la B.D. belge. On dirait, ici, le fameux docteur Lambique (pour ceux qui connaissent "Les aventures de Bob et Bobette" de Willy Vandersteen) écrasé par Margot la Folle surgissant avec sa cassette et son épée !

jeudi 2 décembre 2010

Marguerite l'Enragée 2



Tout d'abord je voudrais attirer l'attention sur le blog de Tania qui a retrouvé en déménageant une revue intitulée "Sorcière", et qui me "linke" pour la 2e fois (voir billet Textes et prétextes" du 11.11.) Backlinks qui n'apparaissent malheureusement pas dans mon indicateur (voir en bas à droite) fraîchement et génialement installé par lolobobo (que je m'empresse de placer dans mon blogroll étant désormais fan) pour des raisons obscures difficiles à clarifier mais tant pis.

Merci beaucoup à tous deux !

Maintenant voilà mon sujet inspiré par les remarques de Floréal sur le billet précédent :
En Bourgogne, des récits racontés de bouche à oreille, ayant trait à une certaine Vivre" ou "Vouivre" ont fait l'objet de nombreux recherches historiques régionales. On trouve plusieurs vouivres dans ce pays :
La Vouivre du Mont Saint-Jean (Côte d'0r), la Vouivre de Culles (les Roches - Saône et Loire), la Vivre de Gemeaux (Côte d'0r), la Vivre de Lournand (vers Cluny - Saône et Loire) et enfin... la Vivre de Couches (Saône-et-Loire) : "une bête apocalyptique, ayant des caractères de serpent" et qui dévorerait les enfants.

Entre Châlon et Autun, Couches passe pour avoir été fondé par des voyageurs grecs qui l'auraient baptisé "Colchas'' en souvenir de la Colchide où Jason conquit la Toison d'or. Le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, y fonda au XVe s. le fameux ordre de la Toison d'Or.
Mais bien avant cela, à l'ère secondaire, le pays couchois est recouvert par les eaux. Seuls les plateaux émergent de ce milieu aqueux. Dans les marnes peu à peu s'enlisent les animaux marins. On y trouve en quantité impressionnante des fossiles d'ammonites, d'huîtres, de bélemnites, etc. De nombreux reptiles, certains d'une taille impressionnante, ont laissées ici et là leurs empreintes et leur carcasse sur les terrains calcaires.
On peut s'interroger sur la réaction de nos ancêtres, qui, il y a quelques siècles, mettaient à jour, par hasard, les restes d'animaux inconnus sans que la science y apporte d'explications.

Fille du duc Robert II et petite-fille de Saint-Louis par sa mère, Marguerite de Bourgogne épouse en 1305 Louis le Hutin, roi de Navarre.
La jeune reine est infidèle. Bientôt le scandale éclate et la reine est emprisonnée à la forteresse de Château-Gaillard. Lorsque Louis le Hutin succède à son père, il veut faire annuler son mariage par le pape. Mais ce dernier s'éteint en l'année 1315.
Voulant coûte que coûte en finir avec sa femme adultère : il la fait assassiner dans sa cellule et épouse Clémence de Hongrie.

Telle est la thèse retenue par l'Histoire.

Mais les Couchois eux, ont retenu une version moins cruelle. Si pour certaines commodités la reine ne devait plus exister, rien n'empêchait qu'elle fût éloignée, qu'elle retrouvât sa propre famille et vécût prisonnière "libre" au Château de Couches. Elle y serait morte auprès de sa cousine Marie de Beaufremont en l'année 1333 à l'âge de 43 ans.

Les Couchois, imprégnés de religion mais aussi de paganisme, mêlent l'histoire du martyre de sainte Marguerite avec les légendes de dragon mythologique et de vouivre favorisées par la présence dans leur pays d'étranges fossiles.

La reine défunte revit donc dans l'histoire de Sainte-Marguerite, chassée par son père après sa conversion au christianisme, arrêtée comme chrétienne, après avoir repousser les offres du préfet Olybrius, soumise à de cruels supplices, elle voit dans sa prison un démon sous la forme d'un dragon terrible mais elle le met en fuite en faisant le signe de la croix.

Ainsi peut-on concevoir que la Vivre, qui vécut, selon certains conteurs vers l'an 1300, soit l'incarnation des malheurs de cette Couchoise regrettée.

Un siècle après la mort de Marguerite de Bourgogne, Claude de Montaigu, seigneur de Couches, fait édifier la chapelle actuelle du château.

(Texte d'après ce site)



D'accord. Mais alors pourquoi Brueghel représente t-il Marguerite l'Enragée sous la forme d'une vieille femme cuirassée et armée d'une épée, une cassette sous le bras et un panier de victuailles à la main au milieu d'un paysage apocalyptique ? (A lire le texte de François Jeannet, il semble qu'il y ait encore une Marguerite là-derrière !).



lundi 29 novembre 2010

Marguerite l'Enragée






On dit que Marguerite de Bourgogne (1292-1315) fit édifier un couvent à Saint Pardoux la Rivière, pour se racheter de tous ses péchés. Mais qui est donc Marguerite de Bourgogne ?

Elle n'est pas une femme du XVIe siècle cependant elle était encore célèbre à cette époque-là pour avoir été condamnée à la prison à vie sur l'accusation d'adultère. Elle n'aurait peut-être pas subit un sort si cruel si elle n'avait pas eu des droits sur le royaume de Navarre comme ce fut le cas par la suite de sa fille Jeanne II de Navarre, spoliée elle aussi en partie de ses droits en raison d'un arrangement de son mari avec le roi de France.
Plus tard, Jeanne la Folle, mère de Charles Quint, fut accusée de folie pour être dépossédée du pouvoir qui lui revenait de droit. Jeanne comme Marguerite, comme d'autres héritières de royaume, ont payé le prix fort de l'avidité masculine pour le pouvoir.

Et puis pendant que les rois de France s'appellent le Bon, le Hutin, le Hardi, le Téméraire, le Débonnaire, le Pieux, le Bel et le Grand, Marguerite est passée à la postérité sous le nom de "l'Enragée".
Un canon exposé à Gand en Belgique, a été baptisé de ce nom ainsi que de son correspondant flamand : "Dulle Griet".
Un canon ? C'est sans doute ce dont la pauvre princesse aurait eu besoin pour sortir de sa prison !


Au XVIe siècle, les peintres Ruyckert, Brueghel et Teniers ont fait de cette Marie l'Enragée une étonnante figure de vieille femme armée chassant les démons. Mais quel rapport avec la vicomtesse de Bourgogne ? En tout cas, cette figure laide à l'air fou m'est personnellement sympathique. Tous les démons stupides inventés par les religieux semblent être terrorisés par cette unique vieille femme armée d'un simple bâton ! Une sorte d'anti-Harry Potter, non ?



(De haut en bas : la "Dulle Griet" de Ruickert et celle de Teniers).