à la recherche des femmes perdues dans l'espace-temps et autres aventures...
vendredi 27 juillet 2018
Comment ils ont assassiné le printemps (suite)
"UNE ÉPAISSE FORÊT descendait alors jusque sur les grèves de la mer. Les lièvres l'habitaient. Elle recouvrait des marais peuplés de vanneaux, de bécasses, de canards et de sarcelles. Les mouettes déposaient leurs oeufs sur la roche nue des falaises. Le cri aigu du héron et la plainte du courlis s'élevaient des grèves pâles où le cygne, l'oie sauvage et le grèbe, chassés par les glaces, venaient passer l'hiver dans les sables marins. Des hommes en petit nombre habitaient ces contrées sauvages. C'étaient de pauvres bateliers qui pêchaient dans l'embouchure poissonneuse de la Somme. Ils étaient païens. ils adoraient des arbres et des fontaines. En vain les saints Quentin, Mellon, Firmin, Loup, Leu d'Amiens, étaient venus les évangéliser. Ils croyaient encore ce qu'avaient cru leurs pères. Ils croyaient aux génies de la terre et aux âmes des choses.
Ces simples pêcheurs étaient saisis d'une horreur sacrée quand ils pénétraient dans les forêts profondes qui couvraient alors tout le rivage. Ils voyaient partout des dieux agrestes. Au bord des sources, où tremblaient les rayons de lune, ils apercevaient des nymphes, des fées, des dames merveilleuses ; ils les adoraient et leur apportaient en tremblant des guirlandes de fleurs. Ils croyaient bien faire en les aimant, puisqu'elles étaient belles.
Sans doute, la source qui descendait le coteau feuillu où le pieux Valery s'arrêta était une des sources sacrées auxquelles ces hommes faisaient des offrandes. Elle coule encore au pied de la chapelle, du côté de la baie. Comme aux anciens jours, l'eau est fraîche et toute claire. Mais, maintenant, elle ne chante plus. Elle n'est plus libre comme au temps de sa rustique divinité. On l'a emprisonnée dans une cuve de pierre à laquelle on accède par plusieurs degrés. Du temps de saint Valery, c'était une nymphe. Nulle main n'avait osé la retenir, elle fuyait sous les saules. (...) C'est là, c'est dans ces fontaines des bois que se réfugièrent les dernières nymphes chassées par les évêques. Ces agrestes déesses étaient poursuivies sans pitié. Un article des ordonnances du roi Childebert porte que : "Celui qui sacrifie aux fontaines, aux arbres et aux pierres sera anathémisé".
Valery jugea ce lieu convenable à ses desseins. (...) (voir page 4, 6 et 7 du pdf sur l'histoire de Valery)
C'est contre les nymphes des bois et des fontaines que le saint homme tournait toute sa colère. Pourtant ces nymphes étaient des innocentes. (...) Ces nymphes, ces fées, ces dames étaient jolies et mettaient un peu de grâce au fond des coeurs rustiques. C'étaient des divinités toutes petites qui convenaient aux petites gens. Saint Valery les tenait pour des démons pernicieux, et il résolut de les détruire. (...).
Un jour, passant dans un lieu proche de la ville d'Eu, il vit un arbre aux branches duquel des images d'argile étaient suspendues par des bandelettes de laine rouge. Ces images représentaient l'Amour, le dieu Hercule et les Mères. Ces Mères étaient très vénérées dans toute la Gaule occidentale. Les potiers de terre ne cessaient point de modeler les figures de ces dieux qui se trouvent encore en grand nombre dans la terre sur les rivages de l'Océan, de la Somme à la Loire. Elles sont parfois géminées, et deux mères sont assises côte à côte, tenant chacune un enfant. Parfois il n'y a qu'une Mère, et les paysans qui la découvrent en labourant leur champ la prennent pour la Vierge Marie. Mais c'est une idole de païens.
Saint Valery fut irrité à cette vue et pensa en son coeur :
"Des démons pendent comme des fruits pernicieux aux rameaux de cet arbre. "
Puis il leva la cognée qu'il portait à sa ceinture et, avec l'aide du moine Valdolène, son compagnon, il renversa l'arbre avec les images saintes qu'il abritait sous son feuillage. Quand les gens du pays virent couché sur le sol l'arbre-dieu avec la multitude des offrandes et la sève saignant sur le tronc mutilé, ils furent saisis de douleur et d'effroi. Et lorsque saint Valery leur cria : "C'est moi qui ai renversé l'arbre que vous adoriez faussement ", ils se jetèrent sur lui et le menacèrent de l'abattre comme il avait abattu le dôme verdoyant" (fin de citation).
Anatole France nous narre la vie de quelques saints qui, pour lui, son exemplaires. L'absurdité de leur prétendu "sainteté" quand ceux-ci abattent des arbres sous prétexte de "fausse" foi ne lui apparaît pas du tout. Bizarre. Pourtant l'arbre est absolument nécessaire à notre existence, L'ARBRE DE VIE (the tree of life) est central à toutes les cultures, même si l'on raconte maintenant qu'il s'agit d'un symbole au sens "figuré". Un dieu mâle, en revanche, n'a absolument AUCUN intérêt. Avec le recul on voit dans la description du missionnariat imbécile des chrétiens (mais c'est le cas pour tous les autres monothéismes à dieu mâle) un proto-écocide. Ils veulent par force remplacer la sacralité de l'arbre et de l'eau par la sacralité de la bite.
N'est-ce pas insensé à un point inimaginable ?
Cette violence inexplicable abasourdit les peuples dit païens qui, ayant perdu l'objet de leur culte, n'ont pas d'autre choix que de le pleurer sans espoir de le retrouver jamais. Puis, comme pour la jeune fille contrainte à la prostitution par le viol et la violence, ils sont obligés de se consoler auprès de leur persécuteur qui leur offre sa bénédiction/protection/religion.
Il a organisé leur détresse de sorte qu'il puisse leur faire croire qu'ils ne sont rien sans lui - pour déclencher un attachement traumatique à sa personne ; rapprochement de la victime par la mise en confiance et la séduction, pour renforcer chez elle le sentiment d'obligation et de redevabilité.
Les pères de l'Église appeleront la soumission des vaincu.e.s "miracle" et la donneront comme preuve irrréfutable que la vraie foi est apparue à ces "rustres" par la "grâce divine".
Les prétendus "saints" abattent des arbres comme s'ils n'avaient pas plus de valeur que les images d'argile suspendues à leurs branches. Curieusement Anatole France les décrit comme des personnes assassinées et en même temps approuve cet assassinat. Le saccage qui aboutit aujourd'hui à des incendies de forêts boréales commence bien là, par cette approbation de l'écocide au nom de la "vraie" foi. Et se poursuit depuis des siècles sans répit. Malheur à celleux qui voudraient l'arrêter.
Tous les arbres doivent disparaître. Toutes les fontaines doivent être empoisonnées. Au nom de la bite suprême.
Les icônes jouent un rôle de premier plan dans l'histoire du massacre systématique des arbres.
Car ce n'est pas l'arbre qui agresse Valery ce sont les représentations qui y sont accrochées magnifiant des femmes. Des femmes seules avec des enfants. Ou plusieurs femmes avec des enfants, ensemble. Sans homme.
Mais cela ne lui suffit pas de détruire les images, il faut détruire la divinité à qui elles sont adressées.
Les images qui, aujourd'hui, auraient l'air de se vouer à un autre culte qu'à celui la bite peuvent entraîner la colère destructrice de quelque sectataire. La peintresse d'icônes Oksana Chatchko qui désacralisait la peinture religieuse phallocrate est morte. A t-elle été abattue directement ou indirectement par un saint Valery orthodoxe hors de lui ?
Oksana disait qu'elle était prête à tout pour ses idées, qu'elle n'avait pas peur : "Je suis prête à être tuée". Si on est prête à être tuée pourquoi se tuer ? Elle disait croire en l'humanité mais qu'il ne fallait pas avoir peur de s'opposer, par exemple, à la religion. De ce fait son prétendu suicide est suspect et également les derniers mots qu'elle aurait "écrit" mais pas dit de vive voix ni en public. Ici elle présente ses croix détournées en kalachnikovs. "Pour moi les religions sont des idéologies très très agressives" dit-elle en français. Le suicide aussi demande une terrible agressivité tournée contre soi-même. Hors du commun. Oksana n'était pas une personne agressive mais révoltée.
(icône féministe d'Oksana Chatchko. "Des icônes, personne n’en a jamais peintes de pareilles avant elle. Ses œuvres seraient assurément jugées plus dangereuses et scandaleuses en Ukraine ou en Russie, que les manifestations seins-nus des FEMEN, tant ici, Oksana touche au sacré de la chrétienté orthodoxe" Est-on encore en sécurité loin de la Russie alors que plus aucun État ne reculent devant des infractions contre les droits humains lorsqu'il s'agit de faire des affaires avec un autre État ?)
Si les païen.ne.s de l'embouchure de la Somme que décrit Anatole France n'ont pas tué "saint" Valery, ce n'est pas par fascination pour le saint mais, sans doute, parce que contrairement à lui, iels respectent la vie et ne sont pas des assassin.e.s.
La légende chrétienne/crétine y voit, elle, la confirmation du bien-fondé de ce massacre d'arbres qui sera désormais perpétré au nom de la sainte... bite.
Le non-respect de la vie par les adorateurs de la sainte bite est considéré depuis ce temps-là comme une qualité à entretenir par la répétition inimterrompue de toutes sortes de meurtres odieux sur les femmes, les animaux, les plantes.
(Saint boniface abattant l'arbre de Thor).
(on détruit maintenant des arbres par centaines de millions à l'époque du solstice d'hiver pour y accrocher des "images votives" ou "boules". Absurdité et détournement bitocratique des offrandes païennes à l'arbre-dieu).
Et puis on détruit aussi des animaux en quantités effarantes, au point que les maigres arbustes qui restent et qui n'ont pas le temps de vieillir, ne peuvent faire face aux émissions de gaz que produit cette industrie de la mort. On le fait comme au temps de l'Ancien Testament, pour le Dieu-bite qui aime le sang, mais on n'appelle plus cela "sacrifier à Dieu". On appelle cela "consommer de la viande" car il paraît que depuis l'apparition de Jésus -Christ, fils de Dieu qui se serait lui-même sacrifié, on n'a plus besoin de tuer des animaux... ah bon ?
mardi 24 juillet 2018
Proserpine (actualisée)
"[En ce temps-là] ... des tableaux votifs étaient suspendus avec des images aux branches des chênes sacrés. Les humbles dieux des paysans ne s'étaient pas tous enfuis devant le signe de croix et l'eau bénite. (...).
Il fallut beaucoup d'exorcismes pour chasser ces menues divinités. Il subsiste encore aujourd'hui, aux environs de Vernon, quelques vestiges des cérémonies paiennes. La veille du dimanche des brandons, les habitants des campagnes se rendent le soir dans les champs et se promènent sous les arbres avec des falots en chantant quelque vieille invocation. Fidèles sans le savoir à Cérès, leur mère, ces bonnes gens reproduisent ainsi d'antiques mystères et figurent d'une manière encore reconnaissable la déesse qui cherchait sa fille Proserpine à la lueur des feux de l'Etna. Je rapporte les faits sur la foi de M. Adolphe Meyer, le savant historien de la ville de Vernon".
Dans la représentation du Blanche-Neige et les sept nains" de Walt Disney, Cérès est une affreuse belle-mère (la "véritable" mère étant morte... exécutée par la patriarchy ?), femme stérile (il ne faut pas stigmatiser la maternité, quand même !) transformée par elle-même et par magie en la plus hideuse des vieilles et qui cherche sa BELLE-fille Proserpine pour la supprimer (justement parce qu'elle est belle, la valeur humaine des femmes se réduisant désormais à leur beauté donc à leur jeunesse).
(traduction : "prends une bite")
N'est-ce pas l'allégorie de la patriarchy cherchant à supprimer le printemps ?
La patriarchy sous les traits d'une femme qui empoisonne les pommes et veut mettre fin aux cycles naturels parce qu'ils ne se soumettent pas à sa domination ?
La père-version du mythe de Cérès et Proserpine fait des femmes entre elles, des ennemies mortelles et des hommes, les gardes du corps féminin fécondable. Un chasseur, sept nains, un prince, neuf mecs pour soustraire une jeune fille à une domination féminine. Ok, la fille qui veut échapper au matriarcat doit faire la bonniche pour huit personnes et s'occuper de l'hygiène de mâles pourtant adultes mais n'est-ce pas là son rôle "naturel", poils aux aisselles ?
Et c'est la femme pas jeune que l'on fait passer pour la cannibale de service, mangeuse de coeur humain (alors que dans la mythologie grecque c'est le vieillard Saturne qui dévore son fils). De plus, telle l'industriel Monsanto, elle va jusqu'à empoisonner les pommes.
Le patriarcat invente la mère qui cherche sa fille non parce qu'elle veut la ramener de l'empire des morts où UN HOMME l'a emportée mais parce que c'est elle qui veut sa mort. Ainsi l'homme camoufle le meurtre que lui même a accompli.
Diffamation des femmes.
Le père-vers s'est fabriqué une fausse coupable.
L'enlèvement de Proserpine par Vulcain, divinité souterraine masculine, et représentation du Vieil Hiver, est rayé de la narration. Vulcain est éclaté en sept inoffensifs petits vieux réduits à de gentils hébergeurs d'une adolescente en fuite pour cause de problèmes familiaux générés par la seule mère illégitime "affreusement" dominatrice (une sorcière, quoi).
Mais l'empire industriel Disney est récent. On apprend par Anatole France, qu'avant les deux guerres mondiales qui ont décimé à 90% et intentionnellement la paysannerie pour consolider l'installation de la première industrialisation, il subsistait un culte à Cérès ! Le massacre de la paysannerie l'aura plus efficacement éradiqué que l'Église.
D'ailleurs d'Anatole France nous tenons cette citation : "on croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels" dont l'industriel Disney qui assurait la propagande guerrière.
Pendant toute la durée de la 2e GM, la fabrique Disney a produit plus de 68 heures de films.
Le père-vers qui domina le siècle des guerres mondiales adorait, tiens donc, le "Blanche-Neige" de Disney. Mais Blanche-Neige, là, elle commence à en avoir vraiment par-dessus le ruban à noeud-noeud.
Actualisation du 25.7.18 : j'ai appris hier la mort d'Oksana Chatchko, co-fondatrice de Femen et pour moi la meilleure de ce mouvement hétéroclite.
Cela me rendait heureuse de savoir qu'elle existait et sa mort m'émeut terriblement. Cette disparition plus que soudaine représente une perte énorme pour le féminisme.
Oksana était comme le retour du printemps. La divine, divinité, déesse Oksana Chatchko a été comme Proserpine enlevée par le machisme et conduite dans le royaume des mortes d'où elle ne reviendra jamais, comme disparaît le printemps tué par l'industrie et les industriels.
Rest in Power.
*À propos d'Anatole France, je précise que je ne le considère pas du tout comme un auteur pro-féministe, bien au contraire. Il est misogyne, infatué et bigot. Mais les plus grands phallocrates peuvent laisser entrevoir sans le faire exprès dans leurs écrits ce monde qu'ils ont détruit, la manière dont ils l'ont détruit et à quoi il ressemblait AVANT.
Comme par nostalgie.
mercredi 13 juillet 2011
222 ans c'est trop

222 ans de droits de l'homme sans les femmes ! 222 ans de gavage avec les multiples cultes livrés à des masses ininterrompus d'hommes. Assez !
Décrétons le 14 juillet jour de deuil pour les femmes. Portons le crêpe à la mémoire d'Olympe de Gouges assassinée par ses frères d'armes qui se sont ligués contre l'égalité des sexes.
(c'était ma participation personnelle à cette fête annuelle semi-nationale (= les femmes ne sont pas prises explicitement en compte dans cette nation, Olympe de Gouges n'a pas été réhabilitée, nous autres femmes ne sommes donc pas concernées)).
samedi 21 mai 2011
Mon blog a 1 an !

Aujourd'hui mon blog célèbre son tout premier anniversaire !
A cette occasion je publie un récapitulatif des femmes d'exception issues du XVIe siècle que j'ai évoquées dans ce blog. Je ne ferais pas le récapitulatif des femmes des autres siècles dont j'ai mentionné le nom qui, avec mes listes commémoratives, sont devenues bien trop nombreuses pour les reprendre toutes. Je me contente de mes quatre-vingt cinq élues nées ou mortes entre 1500 et 1600 dont j'ai parlé l'année écoulée en attendant les prochaines. Il s'agissait de :
Levina Teerlinc 2. Catharina van Hemessen 3.Margaret Roper 4. Sofonisba Anguissola 5. Suzanne de Court 6. La fille d'Ange Vergèce 7. La fille de Corneille de Lyon 8. Marie de Guise 9. Marguerite de Valois 10. Jacquette de Montbron 11. Catherine Des Roches 12. Catherine de Médicis 13. Helisenne de Crenne 14. Marguerite de Navarre 15. Nicole Estienne Liébault 16. Anne de Marquets 17. Virginia Vezzi 18. Artemisia Gentileschi 19. Lavinia Fontana 20. Fede Galizia 21. Gabrielle de Coignard 22. Louise Labé 23. Properzia de Rossi 24. Jeanne Flore 25. Pernette du Guillet 26. Susanna Horenbout 27. Jane Grey 28. Marie Tudor 29. Catherine d'Aragon 30. Anne Boleyn 31. Jeanne Seymour 32. Anne de Clève 33. Catherine Howard 34. Catherine Parr 35. Gelonis Salmon-Macrin 36. Madeleine Boursette 37. Barbe Regnault 38. Madeleine Berthelin 39. Francoise Louvain 40. Marie Langelier 41. Francoise Patelé 42. Madesleine de Laubépine 43. Marie Le Gendre 44. Marie de Gournay 45. Barbe de Mascon 46. Jeanne Trepperel 47. Marie Atteignant 48. Denise de Marnef 49. Denise Girault 50. Yolande Bonhomme 51. Charlotte Guillard 52. Margaret Pole 53. Diana Scultori Ghisi 54. Irène Spilimbergo 55. Catherine de Bore 56. Marie d'Entière 57. Françoise de Bourdeille 58. Anne de Graville 59. Vittoria Aleotti 60. Claude de France 61. Louyse Bourgeois 62. Marie de Hongrie 63. Maddalena Casulana 64. Isabelle de Médicis 65. Thérèse d'Avila 66. Francesca Caccini 67. Marie Stuart 68. Jeanne d'Albret 69. Marie Pembroke 70. Amelia Bassano Lanier 71. Marie de Barbançon 72. Madeleine de Miraumont, 73. Claude de la Tour 74. Lucrezia Orsina Vizzana 75. Claudia Francesca Rusca 76. Antonietta Gonsalvus 77. Claudine de Bectoz 78. Pulisena Nelli 79. Olympe Fulvie Morat 80. Vittoria Colonna 81. Anne d'Este 82. Antoinette van Roesmal 83. Anne de Pisseleu 84. Margarete Renner 85. Isabelle d'Este.
Et des 15 hommes (d'autres suivront) qui devraient être un peu plus célèbres parce que particulièrement opposés à l'infériorisation des femmes :
1. Corneille Agrippa de Nettesheim 2. Pierre Bourdeille, seigneur de Brantôme 3. Claude de Taillemont, 4. Jean de Tournes alias J.D.T., 5. Pierre de Sainte-Lucie, 6. Denis de Harsy, 7. Guillaume Roville, 8. Antoine du Moulin, 9. Maurice Scève, 10. Lefèvre d'Etaples, 11. Jan Amos Komesky alias Comenius 12. Mario Equicola. 13. Thomas More 14. Joss Clichtove 15. Joachim du Bellay
Sinon les requêtes les plus fréquentes qui ont abouti à mon blog ont été les suivantes :
Mireille Huchon
henry 8 (Henri VIII, Henri 8, henri 8 et également henri viii)
Properzia Rossi
Catherine d'Aragon
Jeanne Seymour
Artemisia Gentileschi
Anne de Clève
je suis juliette et je suis faite de la même matière que les rêves (merci à Hypathie qui a eu la géniale idée de mettre cette phrase pub dans mes commentaires ! :o$)
et quelques requêtes + délirantes :
2002 cruelle douceur question correction d'aprés marie billet
euterpe extrémiste
la vivre à couches saone et loire nombre de personnes présentes
euterpe indienne
quel trajet faire pour voir tous les eros center de cologne (ben voyons c'est tout à fait le sujet de mon blog !)
Un grand merci à tous mes visiteuses et visiteurs qui sont venu.e.s 54 204 fois jeter un coup d'oeil ici. Sans vous ce blog n'aurait pas de sens !
bon c'est pas tout ça mais pour sortir un peu du XVIe siècle et me détendre un peu, je vais aller bruncher au restaurant italien "Opera Italiana" en face du parc du château, moi.
Pour sortir du XVIe siècle....euh....vous avez vu ce qu'il y a sur la carte ?!
Pile pour l'anniversaire de ce blog j'apprends que mon billet sur l'omerta en France a été sélectionné ici !
samedi 23 avril 2011
Les femmes exclues de toute résurrection
Dans la Bible, on ressuscite beaucoup ces congénères surtout quand on est un homme qui ressuscite un autre homme, ou on ressuscite tout seul sans l'aide de personne, comme Jésus-Christ qui revient de chez les morts pile le jour de Pâques, c'est pratique.
Je cherche en vain dans le "livre des livres" une femme que l'on s'efforcerait de ranimer, de ramener à la vie, même si on n'y parvenait pas, comme dans le mythe grec d'Eurydice, je ne suis pas exigeante.
Il n'y en a pas, bien entendu.
Mais le culte chrétien de Pâques, chacun le sait, est inspiré de cultes plus anciens célébrant la renaissance de la nature et plus exactement la résurrection des plantes qui, entre autres, nous nourrissent. Dès lors on se demande ce que font encore les bonshommes là-dedans et pourquoi Jésus-Christ doit se substituer au vivant tout entier. Est-il une plante ? Les hommes sont-ils des plantes ? La vie tout entière peut-elle être symboliser par un unique surhomme ?
Pas plus que par une surfemme, il me semble.
Surtout quand cet unique superman censé "sauver" le monde n'a, semble t-il, guère démontré qu'il en était capable étant donné que d'un autre côté nous sommes entrés dans l'ère de cette fameuse apocalypse prédite à la fin du roman d'un genre à part, cité plus haut, et identique à celui qui nous promettait le grand sauvetage.
Mais qu'est-ce qui sauverait encore le monde aujourd'hui ? Sans conteste la fin de l'arrogance masculine y contribuerait pas mal et aurait pour corollaire la résurrection des femmes prosti...tuées, par exemple, vouées à une mort dans la vie, une mort sans fin.
A l'heure où tant de gens bien pensants continuent encore à gloser sur le bien-fondé ou non de la prostitution et sont près à trouver normal et dans l'ordre des choses de continuer à prosti.........tuer, je vous souhaite, le coeur légèrement au bord des lèvres, excusez-m'en, de
joyeuses Pâques.

(Ill. : "Eurydice mourante", sculpture de Charles-Francois Leboeuf, XVIIIe siècle, musée d'Amiens)
mercredi 5 janvier 2011
Thérèse d'Avila et le calendrier grégorien

Les Epiphanes sont, dans la culture grecque, les douze divinités qui apparaissent aux humains : Zeus, Athéna, Hermès, Héra, Poséidon, Déméter, Héphaïstos, Aphrodite, Arès, Artémis, Hestia,Apollon (6 dieux et 6 déesses) à la fin du cycle de la nouvelle Lumière (Noël), fête qui dure 12 jours et 12 nuits. Les Épiphanes, soit les 12 dieux Olympiens, étaient fêtés le 6 janvier. La galette déjà consommée à cette occasion dans la Rome antique, symbolisait alors le Soleil.
Le culte solaire et le culte chrétien sont restés longtemps étroitement liés dans un temps où l'on avait encore conscience que notre vie était inséparable du cycle de la nature.
Ainsi la cathédrale Santa Maria del Fiore de Florence a servi au XVIe siècle à mesurer le déplacement du Soleil dans le ciel.
L'astronome Paolo Toscanelli fit pratiquer une ouverture circulaire sur le dôme de la cathédrale qui, donnant une image grande et nette du Soleil sur la ligne méridienne tracée par une bande de marbre du pavé, lui servit à déterminer les points solsticiaux, les variations de l'écliptique, et à corriger les tables astronomiques qui indiquent les situations et les mouvements des astres.
Un instrument de ce type existait dans le baptistère de San Giovanni dés les années 1000 (l'ouverture a été depuis rebouchée) mais en 1474, l'astronome Toscanelli profita de travaux complémentaires sur la coupole pour installer ce globe de bronze comportant une ouverture circulaire de 4 centimètres de diamètre environ qui donnait une image parfaite du Soleil. En étudiant le rapport entre la hauteur et le diamètre du trou, il obtint une authentique image solaire en réduction, permettant de visualiser les tâches solaires, l'avancée des éclipses et même les rares passages de Vénus entre le Soleil et la Terre.
L'utilisation la plus importante de ce cadran solaire fut de stabiliser le solstice, c'est à dire la hauteur annuelle maximale atteinte par le soleil à midi et, de ce fait, la durée de l'année elle même. Ces observations, et d'autres analogues - telles celles effectuées en 1510 et retracées par un disque en marbre situé dans le pavement de la chapelle della Croce dans l'abside droite de la cathédrale permirent de convaincre le pape Grégoire XIII de la nécessaire réforme du calendrier en alignant la date solaire avec la date officielle et donna lieu à la création du calendrier grégorien en 1582. Ce calendrier fixait un nouvel ordre aux années bisextiles pour faire en sorte que l'équinoxe de printemps tombe à nouveau le 21 mars (car au fil du temps et de l'imprécision du calcul des années, il avait glissé le 11 mars). Pour ce faire, on supprima dix jours du calendrier en 1582 (soit entre le 4 et le 15 octobre).
Prenant immédiatement effet en Italie, en Espagne et au Portugal, puis en France et Pologne, ce nouveau calendrier ne fut pas adopté sans difficulté dans le reste de l’Europe, en raison de son caractère catholique. Dans les pays protestants, la résistance fut longue: l’Allemagne, où les deux calendriers coexistèrent pendant plus d’un siècle, et la Suisse s’inclinèrent en 1700, l’Angleterre et la Suède en 1752. Dans l’orthodoxie, un intérêt pour le comput grégorien s’était manifesté durant le patriarcat de Jérémie II Tranos (1572-1595), mais on renonça à cette «innovation» par crainte des schismes. Dans les années 1920, les patriarcats de Constantinople, Alexandrie et Antioche, de Roumanie et de Bulgarie, opérèrent seuls le passage au calendrier grégorien, ce qui donna lieu à la sécession de partis «paléocalendaristes». Les patriarcats de Jérusalem, Moscou, Georgie et Serbie, ainsi que le Mont Athos, maintiennent encore le calendrier julien. Pour ces Eglises par ailleurs en communion, il s’agit là d’un décalage gênant, dont la solution reste à trouver. Afin que Pâques et les fêtes mobiles soient célébrées simultanément, un calendrier mixte est suivi dans les églises «néocalendaristes». Ainsi, le décalage, actuellement de 13 jours, ne concerne que les fêtes fixes.
Actuellement le calendrier grégorien est utilisée partout dans le monde, pour certains pays associé à un autre calendrier.
Seuls l'Arabie saoudite, l'Iran, l'Afghanistan, le Pakistan et l'Éthiopie et l'Érythrée n'utilisent pas ce calendrier.
Thérèse d'Avila meurt dans la nuit du 4 octobre au 15 octobre 1582. La date de la fête des saints étant fixée de préférence au jour de leur mort (leur "naissance au ciel"), et le 4 octobre étant déjà occupé par la fête de saint François d'Assise, la fête de cette sainte tombe tout naturellement le 15 octobre. Comme je l'explique plus haut : les journées du 5 au 14 octobre 1582 n'existent pas dans les pays qui ont adopté le calendrier grégorien immédiatement (Vatican, Italie, Espagne, Brésil, Portugal), ainsi d'autres dates n'existent pas dans d'autres pays ou régions suivant leur date d'adoption du calendrier grégorien.
samedi 1 janvier 2011
À propos du 1er 1er janvier

Article 39 ajouté à l'Edit de Paris (janvier 1563 ancien style-1564 nouveau style) à Roussillon le 9 août 1564 :
« Voulons et ordonnons qu'en tous actes, registres, instrumens, contrats, ordonnances, édicts, lettres tant patentes que missives, et toute escripture privée, l'année commence d'ores en avant et soit comptée du premier jour de ce mois de janvier donné à Roussillon, le neufiesme jour d'aoust, l'an de gracemil cinq cens soixante-quatre. Et de notre règne de quatriesme. Ainsi signé le Roy en son Conseil".
Rédigé au château de Roussillon par Catherine de Médicis au nom de Charles IX qui n'avait que 13 ans et signé par Sébastien de l'Aubépine.
Le 1er janvier devient officiellement le début de l'année, avant quoi l'année débutait à certains endroits à Noel (Lyon), à d'autres endroits le 25 mars, fête de l'Annonciation, d'en d'autres parties du royaume le 1er mars ou encore à Pâques. Cette ordonnance visait donc à uniformiser l'année dans tout le royaume. Elle ne sera cependant appliquée qu'en 1567.
En ce 1.1.11 je vous souhaite de tout coeur un bon 443e Jour de l'An et une Bonne Année 2011 !
vendredi 24 décembre 2010
Elle est née la divine infante

Cette petite-fille n'est peut-être pas nouvelle-née mais elle peut tout-à-fait représenter l'être venu sauver le monde de l'obscurité comme la nouvelle clarté qui s'annonce après le solstice. Ses cheveux sont comme des rayons et elle regarde le monde avec étonnement. Elle semble avoir conscience de l'étendue du travail qui l'attend...

Comme ci-dessus dans le tableau de Honthorst : un mini-soleil vient d'apparaître. Il éclaire ces langes par transparence, ces rayons atteignent jusqu'à la face des anges. C'est la seule source lumineuse de ce tableau. Un véritable astre à forme humaine !
c'est avec ces deux images que je vous souhaite un très JOYEUX Noël !
mercredi 22 décembre 2010
La Mère Noël et les O.V.N.I.
J'ai découvert un intéressant texte sur le personnage appelé en France "Dame Hiver" et qui servait de Mère Noël distribuant cadeaux et punitions, dans le monde germanique du moins, jusqu'à l'avènement du Père Noël Coca-Cola :
"Dans l’Antiquité, Plutarque (40 – 120) croit à l’existence d’êtres, quoique supérieurs à l’homme, de nature non divine. Son développement prend base sur un simple constat : pourquoi la nature n’aurait-elle rien prévu pour remplir le vide qui existe entre les mortels et les divins immortels ? L’animisme scandinave répond à la question en reconnaissant l’existence des âlfr, dont la racine donnera plus tard le mot : elfe. Les alfar, issus des vers grouillant dans le cadavre d’Ymir dépecé par Odin, occupèrent bientôt les espaces aériens, tandis que les nains se voyaient octroyer le monde souterrain. Esprits capricieux, les alfar son tantôt bienfaisants, tantôt malfaisants.
Chez les germains, la tempête était souvent rattachée à l’armée de Wotan (Odin), le dieu du tonnerre. Son armée se compose d’esprits qui chevauchent chevaux et boucs. En Alsace, ce n’est pas toujours Wotan qui dirige cette troupe maudite. Parfois, une femme guide avec lui, ou seule : Frau Perchte ou Frau Holle (en fr. "Dame Hiver"). Afin d’apaiser la Chasse sauvage, il était courant, dans les régions alpines, de répandre pendant la tempête de la farine et des miettes de pains (dans le conte de Grimm, Dame hiver secoue un édredon qui répand son duvet).
La Chasse d'Odin
Si l’on pouvait apaiser la tempête, une croyance très répandue admettait aussi la possibilité d’appeler et de provoquer les orages. On peut ainsi découvrir dans le droit germanique du VIIIe siècle qu’il était prévu de verser une indemnité aux personnes dont la récolte a été endommagée à cause de tels maléfices. Les sorciers capables d’inciter la tempête étaient appelés tempestarii, ou tempestaires. Il semblerait que les Wisigoth usaient de tempestarii pour rançonner les campagnes et intimider les paysans en les menaçant de déclencher les orages. Ceux-ci les payaient pour épargner leur champ et frapper à la place ceux du voisin.
Tempête provoquée par un sortilège des sorcières du vent gravure (1555, Historia de Olaus Magnus)
Dans son Livre contre les stupides préjugés du peuple, Agobard, archevêque de Lyon durant la première moitié du IXe siècle, raconte comment une foule en colère est venue lui apporter deux hommes et une femme suspectés d’être des voyageurs aériens. Les paysans croyaient que des phénomènes naturels, comme l’orage ou la grêle, résultent de l’action de ces tempestarii en relation avec des êtres originaires d’un pays mystérieux situé entre terre et ciel et appelé « Magonie ». Ils passeraient avec eux des pactes qui conduiraient les « Magonians », voyageant sur des navires aériens, à déclencher des intempéries désastreuses pour les cultures. Les deux parties se partageraient alors les fruits touchés et les animaux foudroyés ou noyés. Agobard finira par démontrer aux Lyonnais leur erreur et sauver la vie des prisonniers.Ainsi, l’armée de Wotan laisse sa place aux « meneurs de nuées » et aux flottes aériennes de Magonie. Ce pays céleste était supposé être un port franc que les tempestarii, monté sur un balai, rejoignaient pour s’approvisionner avec les fruits tombés durant la tempête. Par la suite, il semble que l’association populaire des tempestaires avec les navires volants se soit brisée. Cette dernière croyance subsistera surtout en Normandie avec, par exemple, la légende du Hollandais volants.
Flotte dans le ciel - vision de l'an 114
En 906, nous retrouverons ce même substrat actualisé en d’autres termes dans un extrait de capitulaire carolingien : le Canon Episcopi. Réginon de Prüm y mentionne des croyances selon lesquelles des femmes volaient la nuit à la suite d’une divinité, Vénus ou Diane. Malgré la frappante ressemblance de ces propos avec la Chasse de Wotan ou de Frau Perchte, ces femmes n’étaient pas nuisibles, elles protégeaient les cultures et les récoltes.
Sorciere_chevauchant_un_bouc
Jusqu’au XIIIe siècle, l’Eglise considéra ces croyances comme de vulgaires superstitions, puis commença à croire à leur réalité. Le sort des tempestaires et des Magonians en est jeté quand, en 1485, paraît le Malleus Maleficarum. Ce manuel de lutte contre les démons, qui devient rapidement le bréviaire de tous les inquisiteurs, dénoncent les sorcières coupables de voler dans les airs en chevauchant des balais après avoir passé un pacte avec les démons. La correspondance entre les croyances apparaîtra au lecteur avisé. Les tempestarii sont ici remplacés par des sorcières dont le pacte ne se fait plus avec les Magonians, mais avec les démons. L’entreprise d’éradication, visant majoritairement des femmes âgées, esseulées et marginales, a un arrière goût de nettoyage phallocratique.
(Article numérique d'Ufologie intitulé "Le susbstrat légendaire de la menace céleste" extrait du Livre des Prodiges de Wolffhart)
A mon grand étonnant, j'apprends donc que la Mère Noël subsiste aujourd'hui plus ou moins sous la forme d'O.V.N.I. tandis que le Père Noël, cet usurpateur, a pris sa place comme voyageur aérien avec sa luge attelée de rennes qui vole dans les airs la nuit (ainsi qu'Harry Potter dans son sillage chevauchant un balai) ! Intéressant, non ? (Fa# je vous entend pouffer d'ici!)












