dimanche 16 septembre 2012

Madame Mim ou le prix de l'égalité des salaires

Au cours des siècles, la position de la femme dans la société a perdu ou gagné en avantages sans que l'impression générale de progrès apparaisse de facon vraiment significative. On a alors tendance à parler de long chemin, de lentes avancées voire de pénibles avancées, etc...
Selon moi et au risque de choquer du monde, il n'y a pas d'avancée et il n'y en aura jamais de véritable tant que nous n'aurons pas bien conscience d'une chose :

Ce que nous obtenons de haute lutte d'un côté nous est toujours repris sournoisement d'un autre.

Sournoisement.

Si sournoisement que nous ne nous en apercevons pas du tout.

J'y avais déjà fait allusion à propos du féminin des noms de métiers qui étaient employée couramment dans notre langue jusqu'au XXe siècle et qui a brutalement disparu pile en même temps que la généralisation de l'emploi des femmes. Ce détail n'est pas anodin et a de grandes conséquences sur la perception que l'on a du travail.

Car cette censure a une fonction de taille. Elle est tout bonnement la poutre de soutènement du plafond de verre.

Maintenant prenons le cas de Madame Mim puisqu'on me l'offre sur un plateau :


D'où sort donc un tel personnage ? Qu'a t-il à voir avec la légende de Merlin l'Enchanteur ? Wikipédia nous dit qu'il "semble avoir été conçu comme l'étape intermédiaire entre une jeune fille gâtée et une vieille sorcière grincheuse". Et ailleurs qu'il a été pensé comme quelqu'une qui se serait décernée elle-même le titre de magicienne la plus puissante et enfin qu'il s'agit d'une créature "égomaniaque, excentrique et instable".
Nous savons tou.te.s que dans la véritable légende de "Merlin et le roi Arthur", il y a bien une "magicienne" mais celle-ci est une fée dont Merlin est amoureux et qu'elle s'appelle la fée Viviane.

Alors pourquoi a t-elle été remplacé par une certaine Madame Mim ? Il fallait, semble t-il, changer la fin de la légende qui suit : la fée Viviane enferme Merlin dans neuf cercles pour l'éternité et le voilà pris lui-même au sortilège qu'il a indiqué à la fée à sa demande.

Dans l'Amérique du début des années 1960, tandis que les féministes réclament à cor et à cri l'égalité des salaires c'était le moment de présenter à un immense public qui plus est enfantin et donc particulièrement malléable, au lieu d'un surhomme qui se fait piéger même involontairement par une fée, une femelle revendicatrice et qui se croit la plus forte, astucieusement éliminée par un susbstitut d'image paternelle.

Cette femelle ne devant ressembler en rien à la fée Viviane mais bien à l'idée que se faisait le patriarcat de la féministe, elle se devait d'être :
1. vieille
2. laide
4. égoiste ou mieux : "égomaniaque"
3. anticonformiste ou mieux "excentrique"
4. hyperactive ou mieux "instable"
5. immature ou mieux avec des manières de "jeune fille gâtée"
6. méchante ou mieux une "vieille sorcière grincheuse"

Dès qu'une femme en lutte contre le sexisme menace de faire des émules quelque part, ce personnage permet désormais de lui coller sur la face ce visage de soit-disant féministe de base et de la désigner à la vindicte populaire sans relâche depuis 1963, l'année où il a été créé.

Au fait, que se passait-il donc en Amérique en cette fameuse année 1963 ?

Le gouvernement ratifait le Equal Pay Act qui assurait aux femmes le même salaire que les hommes.







Mais, pendant ce temps dans les studio Disney on préparait une arme efficace contre celles qui l'avaient obtenu. Elles allaient le payer....cher, très cher.

Simple coincidence, direz-vous ? Voire !

vendredi 14 septembre 2012

Le macho tel qu'il se voit

En direct de la blogosphère politique : Sur cette image nous distinguons un tout petit oiseau perdu à la merci d'un personnage proportionnellement immense, à la tête surdimensionnée et au corps grotesque qui le regarde avec des yeux (verts) de serpent hypnotiseur, les doigts maigres et écartés comme des serres prêt à le saisir (les prédateurs du petit oiseau étant le serpent et le rapace), la bouche édentée (comme celle d'une poule) est ouverte et exactement à la hauteur de sa victime. Ce personnage que l'on identifie à la fois comme humain à certains signes, dont le vêtement, et comme féminin au type de vêtement qu'il porte ainsi qu'à sa glabreté, a d'autre part des cheveux violets et désordonnés, symbole apparemment du mouvement féministe (d'ailleurs le vêtement combine lui-même rose, bleu et violet), et dont les militantes refuseraient d'aller chez le coiffeur/la coiffeuse.
Walt Disney a pensé à ce qu'il fallait et l'invention de ce personnage, on le verra, est utile au système.
Le petit oiseau, quant à lui, est jaune comme un poussin mais pas complètement pour ne pas être ridicule (il a plutôt la plume en bataille façon Gavroche, car, au fond, c'est un révolutionnaire), la tête humblement baissé, les yeux gentiment levés et les ailes écartés comme pour montrer qu'il est désarmé et prêt à la paix, et il est posé sur le bord d'une table, cela afin que le dramatique de sa situation soit plus apparent. Car que fait-on sur une table sinon manger à moins que l'on ne dissèque ?
Il s'y trouve des cartes à jouer symbolisant la cruauté du hasard et parmi les cartes retournées un quatre de pique indicateur de mauvaise compagnie en cartomancie. Autre élément menaçant : dans le fond de l'image apparaît une cheminée béante qui évoque la cuisson des aliments,certes, mais elle nous est présentée éteinte, froide et surtout noire comme une sortie bouchée.

Car l'oiseau n'a pas d'issu. Il est à la merci du monstre.

Pourquoi publie-je cette image ?

Il se trouve que depuis que j'ai rédigé mon billet proposant la création du terme "gynilité", je suis devenue par des biais détournés, la cible de certains blogs machos qui ont pour habitude de faire des billets goguenards sur les blogonistes qui leur déplaisent afin d'amuser leur public au moyen de blagues enfantines qui tiennent lieu d'analyses.

Le macho n'est donc psychiquement rien autre qu'un poussinet, à savoir un être volatile, immature et angoissé qui se sent seul à la merci d'une féminité hideuse et dévorante, qui plus est féministe.
La féministe est donc juste une sorte de mauvaise poule, une goule qui prend plaisir à persécuter son/un poussin (le macho étant incapable de voir la femme autrement que dans le rôle maternel avec lui-même dans le rôle du materné).
Ce serait assez ridicule si cette vision déformée du monde n'avait pas des conséquences désastreuses pour ledit monde.

Si vous avez le coeur à lire des platitudes puériles, je vous donne ici le lien du macho même si cela le booste sur la liste des top blog du web, ce concours auquel il est tant attaché (le macho étant un amoureux des concours "qui a la plus etc...").

Mais vous ne pourrez pas laisser de commentaires, la peur qui le domine l'ayant poussé à fermer l'accès de ses commentaires aux non-membres après que j'eûs laissé quelques remarques moqueuses qui ne l'ont pas fait rire. Ah non, tiens, il les a rouvert.

 Un autre blog de machos mais moins dominé par la peur et le manque d'assurance (machos assumés ?) puisque le blogoniste ne trie pas ses commentaires, avait précédemment clouer au pilori mon article sur la gynilité (mais sans le dire explicitement) afin que ses copains puissent se distraire en lançant sur ma personne les traditionnels tomates et oeufs pourris du moyen âge.
Pour finir il est bon de signaler qu'un blog politique non macho tenu par un homme existe (heureusement il n'est pas le seul), c'est celui des coulisses de Juan qui, du coup, est l'objet de nombreuses attaques et moqueries des piafs apeurés, et un autre blog qui subit ces mêmes attaques, c'est celui de Rosaelle qui a le toupet, étant femme, de ne pas faire du blog politique principalement ironique comme les autres blogueuses s'y astreignent sur le reste du web. Au lieu de cela, elle prétend s'indigner et ceci n'est autorisé aux blogueuses dans le domaine de la politique générale réservée aux hommes, comme nous le savons, que sous certaines conditions. Le faire à titre personnel ne faisant pas partie de ces dites conditions, bien évidemment.

jeudi 13 septembre 2012

Encore une poétesse française

ANTOINETTE DE LOYNE.

Antoinette de Loyne a vécu entre 1520 et 1580, dirais-je. Elle épousa en première noce un certain d'Allier dont elle eut une fille qui épousa Jean Mercier, spécialiste de langue hébraique. Devenue veuve elle se maria ensuite avec un gentilhomme provencal du nom de Jean de Morel, qui était lié à Erasme et le vit même mourir. Le couple eut trois filles très brillantes surnommées "les trois perles" : Camille, Lucrèce et Diane de Morel.
Antoinette de Loyne traduisait Pythagore du grec en latin et correspondait avec Michel de l'Hospital.
Jean Maledent un savant limousin dit d'elle dans l'une de ses lettres dans laquelle il parle de poètes, entre autres de Dorat et de Ronsard : Antonia de Loina, quae mulier, meo judicio, in eo genere, viris nihil concedit. (Antoinette de Loyne est une femme qui selon moi de ne le concède en rien aux hommes par le talent). Il la met donc au même niveau que Ronsard lui-même.

Quelques-uns des cent distiques* de la poétesse sur la mort de la reine de Navarre.


En ce sainct lieu sont enclos
Et les cendres et les os
De la royne Marguerite :
O lieu sacré qui comprend
Un corps mort/toutes fois grand,
En terre par trop petite.

              *    *   *

 Combien que le corps soit mort
Sa gloire n*est pas esteinte :
Qui plus est , la mort ne mord
En sa poesie saincte.

              *    *   *

Elle est au ciel désormais,
 Et rien n'en reste , sinon
Que rentier et hault renom
Qui ne mourra jamais.

              *    *   *

 Avec sainct Pol je dirai
Et croirai
 Que la royne ici sommeille ;
 Et que son corps, n'est point mort,
Ains' qu'il dort
 Jusqu'au jour qu'il se reveille.

              *    *   * 

Vous, médecins, s'il vous plaist,
Ne travaillez plus pour elle :
Par son médecin elle est
Maintenant toute immortelle.

              *    *   * 

La royne entrant à la fin 
C'est lors qu'ell' commence à vivre
Elle meurt au monde affin
Qu'avec Dieu puisse revivre.

              *    *   * 
 Que veit-elle en ces bas lieux
Qu'une tristesse aspre et dure ?
Que voit-elle là hault aux cieux ,
Qu'un plaisir qui tousjours dure ?

              *    *   * 
Elle est morte, mais à Christ,
Et morte estant,
Son esprit vit à Christ de mort délivre.
Tel mourir comme est escript ,
N'est sinon qu'à toy Christ vivre.

              *    *   *

Si le monde doit fâcher
Oh tant de malheur abonde,
Moy donc fille de la chair
Qui m'arreste encor au monde?

              *    *   *

Si le vivre m'est mourir,
Et le mourir ce m'est vie :
Que crains-je? en toy je me fie,
O Christ! Viens me secourir.

              *    *   *

La chair qui fut tant contraire
A l'esprit, luy a (?).
Contencieux fut l'affaire,
Or, paix y a succédé.

              *    *   * 
 Mon corps est refaict tout beau
Et belle est la forme mienne ,
Ayant despouillé ma peau
Comme le serpent la sienne.

(Antoinette de Loynes fait parler la reine de Navarre morte)

              *    *   *

Christ seul à qui je servois
Eut et mon coeur et mon âme
Dont je suys et royne et dame ,
Plus grand' que quand je vivois.

(idem)

              *    *   *

Qui a fait qu'en ces bas lieux
De vivre n'eut onc envie?
La mort lui a faict aux cieux
Chemin de meilleure vie.


              *    *   * 

 Faisaint de ma vie eschange
A la mort qui m'a ravie
Dieu au ciel soudain me range
De mort en seconde vie.

              *    *   *

Le peintre , de son pinceau,
 L'engraveur, de son cyseau ,
Rendront-ils sa forme feinte
 En leur ouvrage parfaict,
 Si bien que sa plume a faict
 Quand soy-mesme elle s'est peinte?

              *    *   * 

Mille, non un argument,
Si mille aucun en demande :
Monstrent qu'ores pleinement;
La royne est heureuse et grande.
D'une infinite de sainctz
 Ta saincte ame est toute ceincte
Et sainctement tu te ceinctz
D'une aultre infinite saincte.

              *    *   *
Que dirois-tu , ô heureuse Minerve ,
Si du hault ciel tu descendois pour voir, ,
De ces trois seurs le tant, divin Savoir
Par qui l'honneur de ton loz se conserve?
L'une meintient que tu as rendu serve
La chair, afin que I'esprit pût prévoir
Par vive foy le but de son debvoir
Et les grans biens que Dieu aux siens réserve.

Les autres deux poursuivant le propos,
Louent la mort qui t'a mise en repos :
Diras-tu pas, oyant leur mélodie

Tant doctement célébrer ton grand bien,
Mes seurs il faut que ce mot je vous die :
Christ est mon tout, sans luy je n'estois rien.


In : le Tombeau de la reine de Navarre, Paris, Fezandat, 1551, in-8.

*en fait il s'agit pour la plupart de quatrains mais je les ai trouvés sous l'appelation "distique". Peut-être découvrirais-je le pot aux roses un jour ou l'autre).

"Dès la fin des années 1540, la famille de Jean de Morel accueillait dans sa maison de la rue Pavée à Paris les poètes et les humanistes les plus éminents de la capitale: Nicolas Bourbon, Jean Salmon Macrin, Jean Dorat parmi les néo-latins; Joachim Du Bellay, Ronsard, Jean-Antoine de Baïf, pour ne citer que quelques-uns des poètes de langue vulgaire. Or, la femme de Morel, Antoinette de Loynes, et ses trois filles, Camille, Lucrèce et Diane, avaient toutes les quatre reçu une éducation humaniste, leur permettant non seulement de participer aux activités littéraires et humanistes de ce que l'on a appelé le premier salon en France, mais encore d'attirer l'admiration du monde cultivé de l'époque. En examinant la correspondance des membres de la famille ainsi que certains ouvrages imprimés, cet article se propose d'illustrer les relations que les membres de la famille ont entretenues avec les visiteurs du salon ainsi que les changements d'attitude qui ont eu lieu au cours du XVIe siècle à l'égard de l'éducation des jeunes filles."

Introduction d'un PDF en anglais sur le salon des Morel.
(Les recherches sur les grandes figures féminines francaises de la Renaissance sont plus importantes en Amérique et en Allemagne qu'en france).

dimanche 9 septembre 2012

La gynilité, "jument" à inventer


Oui, je sais que ce néologisme n'est guère orthodoxe dans sa construction mais nous avons bien "autobus" ou "surdouance" et encore quelques autres substantifs étranges forgés au petit bonheur, alors pourquoi ne pas créer "gynilité" comme pendant à "virilité ?

La virilité n'a pas de sens bien défini à en croire Wikipédia qui s'évertue à cerner tant bien que mal le concept sans tomber dans la vulgarité.
Malheureusement, il me semble à moi qu'il se résume quand même à l'érection. Il désigne "l'être" qui se dresse par rapport à celui qui se courbe. C'est pourquoi une femme qui se dresse au lieu de se courber est aussitôt assimilée à ce concept simple mais immédiatement compréhensible à tout cerveau masculin de base.
Bien sûr, quelques esprits un petit plus affutés comme celui de La Fontaine voit dans le fait de rester dresser ou de préférer se courber autre chose que de la virilité et de l'absence de virilité (cf. : la fable du Chêne et du Roseau) mais dans l'ensemble être droit, dur et actif, semble être la quintessence de la virilité pour l'homme qui fait de son sexe l'instrument de mesure de tout ce qui se meut (ou pas) en ce monde.

Or il y a une vie en dehors du pénis humain et les qualités prétendument "viriles" prêtées aux femmes citées dans le billet précédent n'ont rien à voir avec ce concept réducteur et simpliste qui se veut "intelligent".

Que serait donc alors la gynilité, concept qui faire fort défaut dans cette société, si, pour l'homme, la virilité est synonyme de puissance sexuelle (pénis en érection), d'affirmation de soi jusqu'à la violence physique et morale car ne supportant aucune barrière (pénis perçant l'hymen), le verbe haut jusqu'aux hurlements façon Hitler (éjaculation), être capable de faire taire les femmes et de les contraindre à filer doux telles les domestiques moyennes (leur faire porter "leur" "fruit", l'allaiter et s'en occuper), prendre le plus de place possible et terroriser au besoin son entourage pour conserver cette place (faire au besoin de son pénis une arme), être hyperactif et doué d'une force physique particulièrement voyante ("honorer" plusieurs femmes pour être sûr de perpétuer ses gènes), être plus arrogant que réservé et plus narcissique que charitable (se battre sans merci pour la domination du troupeau de femelles) ?

La gynilité doit-elle être une métaphore de l'activité clitorido-vaginalo-utérine ou non ? A mon avis, il n'est point besoin de singer la "pensée" mâle et de descendre jusqu'en dessous de la ceinture pour trouver les qualités que l'ont peut associer à ce concept. Il suffit de reprendre les exemple précédents et d'interroger la prétendue "virilité" attribuée aux personnages célèbres féminins cités précédemment :

Clélie : "Porsenna, vaincu par le courage d'Horatius Coclès, par l'action forcenée de Mucius Scevola, par la résolution virile de la jeune Clélie" (Lésveque)

Parce que Clélie décide de s'évader, elle serait un homme ? (Elle s'est dressée tel le membre viril) Comme si le propre de la femme était d'accepter l'état d'esclave !
Non. La gynilité consiste à réagir en humain libre et à chercher par tous les moyens à échapper à une tyrannie quelle qu'elle soit.


Marguerite de Navarre : "corps féminin, coeur d'homme et tête d'ange". (Clément Marot).

Clément Marot appelle "coeur d'homme" le courage dont témoignait Marguerite de Navarre lorsqu'elle n'hésitait pas à prendre sous sa protection des gens persécutés par les censeurs et à exprimer librement ses opinions personnelles (elle se dressait comme le membre viril) car ce qu'il lui était le plus cher était de défendre toujours et partout ce que nous appelons aujourd'hui la "liberté d'expression".
Or ceci n'est pas l'apanage de l'homme et n'a rien à voir avec l'érection.
C'est justement une qualité que l'on peut qualifier de gynile d'autant qu'elle émane d'une femme et une femme, quoi qu'en aient dit des hommes comme Marot, n'est, par définition, pas un homme.

Marie de Hongrie : « c’est une femme qui tient beaucoup de l’homme, car elle pourvoit aux choses de la guerre et elle en raisonne, ainsi de la fortification des places et de toutes les matières d’état. […] » (un ambassadeur vénitien)

Marie de Hongrie fut probablement (?) la seule femme de son siècle à chevaucher à califourchon et à avoir exercer la charge de grand veneur (grande veneuse) alors que c'était un titre que se confiait normalement à un homme. (Le grand veneur débusquait l'animal faisant ensuite l'objet d'une chasse) et, en effet, elle s'occupait elle-même de ce qui concernait la défense du pays ainsi que de son gouvernement puisqu'elle gouvernait les Pays-Bas (en fait, la Belgique actuelle). (Elle se dressait comme etc...).
Est-ce à dire qu'elle était un homme ? Non. Sa gynilité consistait à ne pas céder de son pouvoir aux hommes qui l'entouraient et dans quel domaine que ce fut car elle savait pertinemment qu'ils seraient tentés de la dominer sous prétexte qu'elle était une femme.
Son attitude soit disant virile était dictée par la volonté de garder le pouvoir ce qui n'est pas chose facile pour une femme et elle fut plusieurs fois tentée de démissionner.
La gynilité de Marie de Hongrie consista donc à user de toute son énergie et de de mobiliser toutes ses capacités pour garder un pouvoir sans cesse remis en question par son entourage, à fournir les efforts qu'il fallait pour le garder, à se battre, s'endurcir et à s'astreindre à rester physiquement à égalité avec l'homme voire à le surpasser (c'était, par exemple, une cavalière hors pair). 

Jeanne d'Albret : "n'ayant de femme que le sexe, l'âme entière aux choses viriles, l'esprit puissant aux grandes affaires, le coeur invincible aux adversités" (Agrippa d'Aubigné)

Jeanne d'Albret n'était évidemment pas le moins du monde "virile" mais bien tout ce qu'il y a de "gynile" car il lui fallait, entre autres, protéger et assurer l'avenir de son fils le premier prince du sang Henri de Navarre au milieu de troubles religieux extrêmement sévères en ce temps où la menace de la Saint-Barthélémy approchait.  
Très au fait des mensonges et intrigues de cour et de ceux des représentants de la papauté, elle (se dressa) déjoua bien des pièges destinés à la détruire, elle, son fils et sa fille.
La gynilité suppose lucidité, diplomatie et sang-froid, qualités que toutes femmes d'exception possèdent naturellement ou par expérience (il suffit de penser à Aung San Suu Kyi).

Charlotte Corday : "Ce qui plus qu'aucune chose rendait mademoiselle Corday très-frappante, impossible à oublier, c'est que cette voix enfantine était unie à une beauté sérieuse, virile par l'expression, quoique délicate par les traits". Jules Michelet 

Charlotte Corday ne fut pas un homme, elle n'aurait donc pa spu  avoir quoi que ce soit de viril, dans ses traits ou ailleurs.
Ce que l'on a peut-être pu lire sur son visage c'est sa détermination. Encore que Michelet n'en sut rien puisqu'il ne fut pas contemporain de Charlotte Corday.
Cette femme estima rendre un service à l'humanité en tuant un tyran/assassin assoiffé de sang qui faisait guillotiner à la chaîne tout et tout le monde ou presque afin de faire régner l'épouvante sur la France. (Elle se dressa contre lui).
La détermination et l'esprit de sacrifice afin de sauver son prochain ressemblent également à des qualités éminemment gyniles.


Michelle Delaunay, députée de Bordeaux à propos de Ségolène Royal : "une femme qui en a !" 

 Qu'a donc Ségolène Royal de spécial à part l'envie de gouverner parce que s'en sentant capable ? (Elle se dresse). Faut-il avoir de plus gros ovaires que les autres femmes pour cela ? C'est bien là une mentalité "virile" mais pas le moins du monde "gynile". La femme gynile ne place pas l'intérieur de sa culotte en avant-plan. Elle n'a pas besoin d'exhiber un arrière-train rouge comme certains singes le font pour en imposer aux autres. Ce n'est pas du tout une caractéristique gynile.

Le Canard Enchaîné à propos de Valérie Trierweiler : sévèrement Burney (jeu de mots sur un certain Burney) 

Valérie Trierweiler n'est en réalité pas "sévèrement" quoi que ce soit. Elle s'est rapprochée du pouvoir et s'en empare de manière illégitime. Elle est plus virile que gynile, en effet, puisqu'abusive. Mais elle reste une femme et ces dépassement de limites sont adoubés par son compagnon qui en est le seul responsable étant le président de la République. Il faudrait donc plutôt s'interroger sur ce compagnon en question. Ce que le Canard enchaîné se garde bien de faire, par esprit de corps...viril.

Jean-Pierre Mocky à propos d'actrices talentueuses (Deneuve, Moreau) "ce sont des hommes" (à entendre ici).

Pourquoi Moreau et Deneuve seraient-elles  des hommes ? Parce qu'elles prennent leur profession au sérieux (elles se dressent) ? Parce qu'elles ne mendient pas leurs rôles ? Parce qu'elles n'ont pas peur d'endosser des interprétations difficiles ?

Depuis quand les femmes sont-elles des poltrones qui ne prennent pas leur boulot au sérieux et reculent devant des "challenge" nouveaux ?
Deneuve et Moreau sont gyniles, rien de plus, rien de moins.

quant aux hommes qui déplaisent :

« Ce qui frappe le plus en lui, c'est l'absence de toutes les qualités de l'intelligence virile. Son esprit même, qui est incontestable et, je l'avoue, de rare valeur, est surtout un esprit de femme, et encore l'esprit d'une femme de la cour. L'élégance y domine, mais maniérée (...)

(Bernard de La Monnoye (1641-1728) à propos du poète Mellin de Saint-Gelais (1494-1558) dont j'ai publié un poème ici).

Hormis le fait que La Monnoye n'a pas connu Saint-Gelais puisqu'ils ne sont pas contemporains, je ne vois pas ce qu'il y a de féminin à aimer l'élégance et un certain maniérisme.
Il s'agit là d'artificielles constructions de genre qui voudraient qu'un homme soit une sorte de brute manquant de subtilité et n'ayant aucun intérêt pour la forme et l'apparence des choses alors que l'artiste a forcément du goût pour elles sans quoi il ne serait pas artiste. C'est donc très stupide de parler ainsi d'un poète et de rabaisser des valeurs typiquement artistiques en les attribuant aux femmes alors même qu'on dénie à ces dernières toute capacité artistique...
Résultat de cette sorte de jugement c'est que les poètes "modernes" se donnent des allures de baroudeurs négligés, mal rasés et si possible avinés pour ne pas passer pour des "gonzesses" parce qu'ils écrivent en rimes ou manient tout simplement leur langue avec un raffinement et une subtilité admirables. 
Ce qui prouve bien que voir l'univers autrement que par comparaison avec le pénis est possible aux deux sexes.
J'ajouterais que ce qui est gynil peut tout aussi bien se retrouver dans l'autre sexe, bien sûr. Je souhaite juste que l'on n'use pas du terme viril pour une femme, terme qui "vire" très facilement en "virago" (comme certains appelaient d'ailleurs Marie de Hongrie).
 
A part ca je recommande la BD "Moi, Jeanne d'Arc", l'histoire vue par des femmes d'une autre femme qui s'est dressée et qui en est morte à l'âge de 19 ans :

jeudi 6 septembre 2012

La virilité, "étalon" universel

Citations :

Clélie : "Porsenna, vaincu par le courage d'Horatius Coclès, par l'action forcenée de Mucius Scevola, par la résolution virile de la jeune Clélie" (Lésveque)


Marguerite de Navarre : "corps féminin, coeur d'homme et tête d'ange". (Clément Marot)

Marie de Hongrie : « c’est une femme qui tient beaucoup de l’homme, car elle pourvoit aux choses de la guerre et elle en raisonne, ainsi de la fortification des places et de toutes les matières d’état. […] » (un ambassadeur vénitien)

Jeanne d'Albret : "n'ayant de femme que le sexe, l'âme entière aux choses viriles, l'esprit puissant aux grandes affaires, le coeur invincible aux adversités" (Agrippa d'Aubigné)

Charlotte Corday : "Ce qui plus qu'aucune chose rendait mademoiselle Corday très-frappante, impossible à oublier, c'est que cette voix enfantine était unie à une beauté sérieuse, virile par l'expression, quoique délicate par les traits". Jules Michelet

Michelle Delaunay, députée de Bordeaux à propos de Ségolène Royal : "une femme qui en a !"
Le Canard Enchaîné à propos de Valérie Trierweiler : sévèrement Burney (jeu de mots sur un certain Burney)

Jean-Pierre Mocky à propos d'actrices talentueuses (Deneuve, Moreau) "ce sont des hommes" (à entendre ici)

quant aux hommes qui déplaisent :

« Ce qui frappe le plus en lui, c'est l'absence de toutes les qualités de l'intelligence virile. Son esprit même, qui est incontestable et, je l'avoue, de rare valeur, est surtout un esprit de femme, et encore l'esprit d'une femme de la cour. L'élégance y domine, mais maniérée (...)

(Bernard de La Monnoye (1641-1728) à propos du poète Mellin de Saint-Gelais (1494-1558) dont j'ai publié un poème ici).

mardi 4 septembre 2012

La Femme-loup

Psychanalyste et conteuse, Clarissa Pinkola Estés dans son livre "Femmes qui courent avec les loups" (Women Who Run With the Wolves: Myths and Stories of the Wild Woman Archetype (Ballantine 1992/ 1996, USA) (en allemand "Die Wolffrau (= la femme-loup)), nous propose sa réflexion sur  l’identité féminine.
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0a/Dore_ridinghood.jpg/200px-Dore_ridinghood.jpg
(et si le chaperon rouge et le loup n'étaient qu'une seule et même personne qui se nourrirait du savoir de la grand-mère pour devenir "femme" ?) 
Cette autrice américaine spécialiste des maladies post-traumatiques, présente les contes et les mythes très différemment de Walt Disney avec ses orientations idéologiques hyperpatriarcales.


Dans le conte de la Princesse Grenouille, par exemple, Clarissa Pinkola Estés met en lumière la part dans les contes qui dit l'importance pour l'homme d'intégrer les valeurs féminines sans lesquelles les valeurs masculines sont nuisibles à l'humanité. Dans ce conte, un roi, préoccupé par sa succession, demande à ses trois fils de tirer chacun une flèche dans une direction différente : ils devront alors épouser les femmes qui ramasseront leur flèche. Le premier épouse la fille d'un général, le second la fille d'un riche marchand, la flèche du 3e, le plus jeune, (le plus "viril", qui a tiré plus loin que les autres) tombe dans un marais et voilà l'archer obligé d'épouser la grenouille qui a trouvé sa flèche. Mais, la bestiole est en réalité une jeune magicienne du nom de Vassilissa, "la très belle". Frappée par un sort jeté par son père, elle a l'apparence d'une grenouille. Son jeune époux ayant découvert qu'elle était en réalité une princesse qui plus est dépassant de loin en intelligence et en habileté les femmes de ses frères, décide de détruire une nuit sa peau de grenouille qu'elle retire parfois afin qu'elle ne l'endosse jamais plus. Mais une fois sa peau détruite, Vassilissa disparaît. Pour la retrouver, le jeune Ivan devra accomplir toutes sortes d'épreuves "féminisantes" : dérouler une pelote comme le lui conseille un vieillard qui lui reproche d'avoir détruit quelque chose qui ne lui appartenait pas, résister à la tentation de tuer un ours et épargner également un faucon ainsi qu'un brochet, écouter la Babayaga (sorcière russe) qui lui annonce que le père de Vassilissa est un squelette dénommé Kochtei l'invincible, qu'il tient sa fille prisonnière et qu'il se trouve dans le châs d'une aiguille, elle-même enfouie à l'intérieur d'un oeuf qui se trouve dans le ventre d'un canard qui lui-même se trouve dans le ventre d'un lièvre qui dort dans une cage d'or accrochée aux branches d'un chêne géant. 
L'épreuve paraît insurmontable mais les animaux qu'Ivan a épargnés l'aide alors à délivrer Vassilissa en même temps que meurt Kochtei le père squelette, père qui représente la domination suprême de l'homme ayant rejeté toutes valeurs féminines et qui oppriment la féminité à commencer par celle de sa fille née plus intelligente que lui.
Le trop viril Ivan abdique un peu de sa virilité et permet la destruction de "l'invincible" et hyperviril Kochtei vaincu par un homme qui a intégré sa propre féminité.

On voit par ce conte que les valeurs féminines sont liées au respect de la vie des animaux, à l'humilité (suivre une pelote de laine) et à l'écoute des personnes âgées. Mais l'analyse de Clarissa Pinkola Estés est plus subtile encore que ce résumé succinct et d'autres contes et mythes sont interprétés aussi brillamment par elle dans cet ouvrage.

QUATRIÈME DE COUVERTURE DU LIVRE :
"Chaque femme porte en elle une force naturelle riche de dons créateurs, de bons instincts et d'un savoir immémorial. Chaque femme a en elle la Femme Sauvage. Mais la Femme Sauvage, comme la nature sauvage, comme l'animal sauvage, est victime de la civilisation. La société, la culture la traquent, la capturent, la musellent, afin qu'elle entre dans le moule réducteur des rôles qui lui sont assignés et ne puisse entendre la voix généreuse issue de son âme profonde. Pourtant, si éloignées que nous soyons de la Femme Sauvage, notre nature instinctuelle, nous sentons sa présence. Nous la rencontrons dans nos rêves, dans notre psyché. Nous entendons son appel. C'est à nous d'y répondre, de retourner vers elle dont nous avons, au fond de nous-mêmes, tant envie et tant besoin.

De par sa double tradition de psychanalyste et de conteuse, Clarissa Pinkola Estés nous aide à entreprendre la démarche grâce à cet ouvrage unique, parcouru par le souffle d'une immense générosité. A travers les " fouilles psycho-archéologiques " des ruines de l'inconscient féminin qu'elle effectue depuis plus de vingt ans, elle nous montre la route en faisant appel aux mythes universels et aux contes de toutes les cultures, de la Vierge Marie à Vénus, de Barbe-Bleue à la Petite Marchande d'allumettes.

La femme qui récupère sa nature sauvage est comme les loups. Elle court, danse, hurle avec eux. Elle est débordante de vitalité, de créativité, bien dans son corps, vibrante d'âme, donneuse de vie. Il ne tient qu'à nous d'être cette femme-là."



"Within every woman there is a wild and natural creature, a powerful force, filled with good instincts, passionate creativity, and ageless knowing. Her name is Wild Woman, but she is an endangered species. Though the gifts of the wildish nature come to us at birth, society's attempt to "civilize" us into rigid roles has plundered this treasure, and muffled the deep, life-giving messages of our own souls. Without Wild Woman, we become over-domesticated, fearful, uncreative, trapped." -Clarissa Pinkola Estes


Et pour ceux et celles qui l'ont déjà lu, vos réflexions sont les bienvenues...

dimanche 2 septembre 2012

Le bétail se doit d'être jeune et sans volonté propre




Dans les contes revisités par Disney, un industriel capitaliste dont la réussite phénoménale s'est inscrite dans un système auquel la consommation de produits industriels sert d'unique credo, les femmes s'affrontent par deux : l'une jeune, belle et possédant toutes les qualités les plus sublimes pour une fille selon l'idéologie machiste doit triompher de l'autre qui est vieille, laide et témoigne d'un grand désir + pouvoir de nuisance.
La vieille est l'ennemie de la jeune qui manque de ressources pour se défendre parce qu'il faudrait être aussi mauvaise que celle qui attaque pour vaincre, c'est à dire perverse et violente comme l'est la vieille et une vraie jeune fille n'est ni perverse ni violente.

Ces deux sortes de femmes, prisonnières de leurs rivalités, ont besoin d'un arbitre.



On remarquera que dans le patriarcat qui est en réalité un viriarcat, les hommes n'assumant pas leur rôle de père puisqu'ils sont occupés à imposer partout leur pouvoir à l'extérieur de la sphère familiale, les vieux hommes ne sont que des potiches sans grand intérêt. Ils font de la figuration, passent pour foncièrement gentils mais aussi incapables, donc irresponsables (à l'exception de Jaffar "pour Aladin", car on est dans un conte oriental et que l'orient ne comporte que des femmes soumises, paraît-il).

C'est donc un beau jeune homme qui met d'accord ces femmes et comme il a le droit d'être violent, lui, c'est même à cela que l'on reconnaît un homme dans cette société viriarcale, il se sert de la violence contre les vieilles.

Grâce à son entremise la jeune fille l'emporte sur la vieille. Sans lui, ce serait l'inverse. Car le jeune homme n'a pas plus besoin que la jeune fille de la sagesse d'une vieille femme. Le jeune homme n'a besoin que d'un cheval et d'une épée (d'une voiture et d'un portable). On est dans un monde où la technique est tout et où la jeunesse doit venir à bout de la vieillesse. Non dans un monde de solidarité entre les générations. C'est donc la jeunesse qui triomphe.

(Il n'y a pratiquement jamais de jeunes ennemis dans ces histoires où règne la gérontogynéphobie).


Blanche-Neige triomphe de sa méchante belle-mère grâce au beau prince.
La Belle au bois dormant triomphe de sa méchante marraine grâce au beau prince.
Jasmine triomphe de deux vieux (Jaffar et son père) grâce à un beau jeune homme du peuple et son génie (deux vieux se battent contre deux jeunes pour une fille incapable de s'en sortir elle-même).
Arielle triomphe de sa condition en se faisant avoir par Ursula la sorcière des mers pour la conquête d'un jeune homme qui aime les muettes.
La Belle doit apprivoiser seule un monstre auquel elle est livrée sans aucune protection, ces deux vieux parents étant incapables de la lui assurer.
Cendrillon triomphe de sa méchante belle-mère grâce au riche prince.


(Image extrait du film parodique Die 7 Zwerge de Blanche-Neige et les sept nains avec Cosma Shiva Hagen dans le rôle d'une Blanche-Neige infantile jouant aux poupées Barbie. (Elle n'a pas de modèle transmis par sa mère, juste des modèles transmis par l'industrie moderne)). 


Cette jeune fille (Blanche-Neige, La Belle au bois Dormant, etc...) n'a pas d'individualité propre, elle n'est que l'objet d'un combat entre l'avenir du patriarcat incarné par un jeune homme et le passé d'un certain matriarcat ou d'une forme de société non patriarcale (avec des vieilles femmes comme guides sociales) incarnée par une personne féminine âgée diabolisée.

Cette jeune fille a pour mission de  S'ÉVERTUER À ÊTRE UN OBJET.

Comme dirait Shulamith Firestone, la féministe radicale canadienne qui vient de mourir à l'âge de 67 ans : 

Son identité entière [de la jeune fille] est dans la balance de sa vie amoureuse ; il lui est permis de s'aimer elle-même uniquement si un homme la trouve digne d'amour".


Et pour qu'un homme la trouve digne d'amour elle doit tuer en elle tout ce qu'elle pourrait avoir hérité en sagesse et en savoir d'une ou plusieurs ancêtres féminines. Elle doit avoir fait le ménage et n'avoir laissé de place que pour la technoscience masculine pour laquelle elle devra montrer une admiration sans borne.