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dimanche 16 août 2015

Tôt ou tard, toute femme indépendante se fait traiter de sorcière

   En guise de petit interlude à la série des artistes allemandes des années 80 : mes aventures dans le Harz.

   J'ai passé quelques jours de vacances dans le Harz (qui n'a rien à voir avec les réformes dites Hartz), ce qui m'a donné envie de faire une note de blog sur cet intéressant endroit.
Le Harz est un massif hercynien (c'est-à-dire très très très ancien) assez étendu qui se situe dans le centre-nord de l'Allemagne (en même temps c'est seulement la petite tache à droite marquée HM de la Rhenohercynian Zone).


   Dès le 10e siècle, des mines d'argent y ont "fleuri" et pour satisfaire aux besoins en énergie (hydraulique) de cette activité extractrice très rentable (minerai d'argent vendu jusqu'au Proche-Orient), y ont été aménagées, autour du 16e siècle, des chaînes d'étangs séparées par des digues et entourées de fossés, le tout en terrasses plus ou moins régulières communiquant entre elles.


 
Le paysage produit par ces modifications humaines est aujourd'hui inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO et décrété réserve naturelle.
   Les plantes des marais, les oiseaux aquatiques, batraciens, etc... y abondent, cotoyant la végétation de moyenne montagne : épilobes, myrtilles, digitales et, bien entendu, épicéas. 
 



  Le Harz est une forêt d'origine préhistorique qui a certainement été le théâtre de cultes païens avant sa proto-industrialisation. Cet exploitation de l'argent coïncide, nullement par hasard, avec l'extension du christianisme, ce culte peu respectueux de la nature et plutôt fâcheusement (hyper)matérialiste. Après l'épuisement du minerai (au 19e siècle) et deux guerres mondiales, cette forêt hercynienne s'est vue soudain coupée en deux par le rideau de fer. Pendant quarante-cinq ans, le Brocken, qui en est le point culminant, a été interdit d'accès et confisqué par l'armée au moyen d'une affreuse station est-allemande de surveillance plantée en plein dessus. Celle-ci est aujourd'hui reconvertie en... hôtel. À côté, un émetteur de radio et de télévision également très moche est installé là depuis les années 30.

Pourquoi le Harz et en particulier le Brocken sont-ils si intéressants ?

D'accord il y a le fameux spectre du Brocken qui mérite d'être signalé, un phénomène qui, paraît-il, a été également observé par Goethe mais, surtout, ce sommet est le fameux lieu dit du rendez-vous des sorcières lors de la nuit de Walpurgis.

Il est inutile de dire que tous les villages au pied de ce mont sont ornés de sorcières, soient en relief sur les façades des maisons, soient en sculptures dans les jardins, en autocollants sur les voitures, survolant (attaché par un fil) les réceptions des hôtels ou campings, etc... Tout est à la sauce sorcière, exemple : les petits pains sorciers de la boulangerie, le chemin de randonnée "la montée des sorcières" avec sa silhouette de sorcière sur un balai, la mode, etc.


     
   On a nommé au 16e siècle sorcières des femmes probablement soucieuses de se retrouver en cachette pour échanger des savoirs devenues interdits ou confisqués par l'Église pour éradiquer toute forme d'opposition à son pouvoir. Des savoirs (et non des dogmes) liés, entre autres, aux plantes.
Aujourd'hui l'Église s'appelle Ultralibéralisme et les sorcières, amoureuses de la nature mais le principe est à peu près le même.
On peut aussi supposer que du point de vue non-chrétien des formations aussi anciennes que le Harz, si l'on se donne la peine de préserver leur authenticité, possèdent un pouvoir régénérant (?) indispensable à la vie que l'on ne saurait trouver ni dans le béton ni dans le bitume.
 
   Il est d'ailleurs intéressant de constater que ce massif provient de la même formation géologique que les Appalaches, le massif Central et le massif Armoricain, entre autres. Une faille traversant le Finistère se prolonge jusqu'à l'extrême sud du Harz. Or ces régions sont réputées pour leurs légendes de fées et de sorcières, en particulier, la Bretagne et le Harz.
Mais que trouve t-on au sommet du Brocken à part un entassement rocheux avec plaque indiquant l'altitude du mont ? Un mémorial à l'effigie du poète allemand Heinrich Heine. Faudrait pas rater l'occasion de parler mâle et il faut vraiment maintenir leur souvenir partout et tout le temps tandis qu'il est important d'oublier les femmes.

  Sinon l'écrivaine Ricarda Huch a écrit un joli texte sur le Harz que l'on trouve dans le livre de Florence Hervé sur les écrivaines et la montagne. Des extraits tirées d'oeuvres féminines, entre autres de George Sand, y sont rassemblées. Mais bien que l'autrice soit française le livre n'existe qu'en allemand. Ben oui, on n'y parle pas mâle alors ça vaut pas.

   D'ailleurs, il n'y a même pas de Wikipédia en français sur Florence Hervé, apparemment féministe, qui a aussi écrit sur Flora Tristan, Marie de Gournay, etc.. et est lauréate du prix des femmes Klara-Zetkin 2011.

   Sinon encore, mais qui donc l'eut cru ? le fléau du Harz est masculin.
Des abrutis n'ont rien trouvé de plus intelligent que de rendre l'étang le plus proche invivable aux mamans grèbes huppées à la recherche de nourriture pour leurs petits, ainsi qu'aux familles de foulques et à quelques paisibles poissons... avant que nous nous en mêlions, ma collègue aventurière et moi. L'occupation vacancière préférée de ces cerveaux plats consistant à faire du slalom assis sur une chaise au moyen d'une télécommande et d'un hors-bord miniature épouvantablement sonore, de temps en temps, l'un d'eux, un peu moins sac à patates que les autres, se déplace en kayak pour disposer des bouées-obstacles à contourner à distance par le télécommandeur affalé dont c'est le tour.
   Après que nous autres, vilaines païennes/sorcières, ayons réussi à faire décamper ce gang monosexué avec un peu l'aide (malheureusement) d'une autorité également masculine (ah lala, j'vous jure), un autre fléau est venu immédiatement combler ce que cette engeance considère, j'en suis sûre, comme du vide. Un pêcheur, ce grand sportif assis, lui aussi, avec ces nombreuses cannes à pêche électroniques qui bipent le moindre pet de poisson a aussitôt pris la place. Presque plus la moindre rive idyllique sans l'un de ces insupportables parasites guettant le moment de prouver sa capacité de prédation. Et ce ne sont même pas des retraités priés par bobonne de cultiver leur flemme au dehors, non, ce sont de très jeunes trou.ucs !
Une activité mascudestrutrice qui se pratique dès le plus jeune âge. Et, pour cela, ils n'ont pas besoin de bave de crapaud. D'ailleurs les mines d'argent du Harz ont également très pollué le lieu avant sa réhabilitation. On ferait donc mieux de jeter l'anathème sur les exploitateurs de minerais et les amateurs de vacarme à coup de joujoux électroniques stupides dont les pêcheurs ne sont qu'un élément parmi d'autres, plutôt que sur les prétendues sorcières. Sorcières dont on ne sait que dire sauf qu'elles se reconnaîtraient soit disant à leur nez crochu, leur bosse, leurs verrues et leur balai volant. Ces détails ne polluent pas et ne font pas de bruit pourtant !
L'activité des mâles à oeil éteint est réellement nuisible mais bien entendu motivée par ce besoin maladif et lamentable de déterminer une bonne fois pour toute qui a la plus grosse...
prise.
 
Et rares sont les sorcières (comme, entre autres : moi) pour les faire déguerpir. À l'heure qu'il est, ils sont encore en train de confisquer les plus jolies plages paludéennes et nous ont déjà oubliées. De plus, il y aurait une plante dans le coin qui éloignerait les sorcières, dit-on, mais, bizarrement, pas les couillosaures. Il s'agit de l'achillée sternutatoire (= qui fait éternuer). Ce qui prouve que la sorcière est une créature sensible, elle, au moins !


   Et, ça alors, tiens, tiens, tiens, cette fleur des marais serait aussi l'une de celles que l'on bénit  le jour de l'Assomption de Marie ! Dans ce lien, il y a la prière en latin qui va avec. Ici, le rite est mentionné au 5e paragraphe. Il y est dit que la tradition est plus répandue en Allemagne et en Belgique qu'en France (où l'on préfère bénir un objet fabriqué par le zôme (-> le bateau)).

Mais n'est-ce pas un peu un rituel de sorcière que de rendre un tel hommage aux plantes ? 

Cela dit, on rencontre également l'herbe aux sorcières dans le même coin où nuisent les tourmenteurs de poissons.  Elle porte encore le joli nom de Circée de Paris. Nous l'avons rencontrée à plusieurs reprises au cours de nos excursions car c'est encore une plante qui aime les zones humides. Les zones humides sont les lieux de prédilection des sorcières qui, comme on sait, aiment les serpents, les crapauds et les salamandres. Et si ce nom était une déformation de sourcières, découvreuses de sources ? Toujours est-il que le Harz leur est clairement dédié.






  À part ça, j'ai trouvé cette citation de l'écrivain gallois Ken Follett "Tôt ou tard, toute femme indépendante se fait traiter de sorcière"...  

 et c'est un homme qui le dit.


                                         (Emmanuelle Béart dans "Manon des Sources")



samedi 13 août 2011

Résultat du tag : 18 - Liliba est....

Lucrèce Borgia

Tag de la femme de la Renaissance

tag

Taggée par Daniel et par Syl, sur une idée d'Euterpe , qui veulent savoir quelle femme de la Renaissance je suis au fond de moi-même... Pas évident ! J'ai dû chercher quelques idées sur google, vérifier quelques dates... mais voilà mon choix !

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Lucrezia Borgia (vers 1510-1519) par Bartolomeo Veneto (v1470-1531), Musée des Beaux-arts, Nîmes

Me voilà donc en Lucrèce Borgia, née le 18 avril 1480 et décédée le 24 juin 1519. Une femme qui a fait couler beaucoup d'encre, suscité pas mal de polémiques, et été à l'origine de nombreux romans ou films, une femme assez mystérieuse qui reste un peu mythique, ça me va tout à fait ! Lucrèce est un personnage ambigu, mais également le reflet de son époque et de la société dans laquelle elle est née : une époque raffinée, mais qui reste cruelle, parfois même barbare, et une caste de l'aristocratie italienne où les intérêts personnels sont de peu d'importance par rapport aux intérêts du pouvoir et de l'argent, de même qu'en France.

Lucrèce Borgia fascine ! Sont-ce sa beauté exceptionnelle, sa cruauté légendaire (on l'appelle l'empoisonneuse...), ou bien ses rapports libertins et très sulfureux (on dit qu'elle a fricoté avec son père et son frère...) ? Ou bien juste une femme au caractère bien trempé qui n'a pas voulu se laisser faire dans une société où il fallait se montrer la plus forte pour survivre ? Ou bien le fait qu'elle a tout d'abord une réputation de libertine pour devenir ensuite très pieuse et protectrice des arts, bien sage par rapport à son passé ?

Lucrèce est la fille naturelle de Rodrigo Borgia, le futur pape Alexandre VI, et la soeur du fameux César Borgia. Elle épouse Giovanni Sforza, une famille également illustre et on dit que la cérémonie fut une "débauche de luxe et de décadence", ce qui est très probablement vrai, mais était le cas de toutes les festivités de ces familles riches et puissantes (peu de différences avec notre temps...)

Mais le père de Lucrèce annule son mariage en invoquant la raison officielle qu'il est non consommé. Il semble que les vraies raisons soient plus politiques... C'est à cette date que Lucrèce récolte sa réputation sulfureuse de libertine invétérée. Elle se mariera ensuite deux fois (avec Alphone d'Aragon qui sera assassiné par son frère César) puis avec Alphonse 1er d'Este. Le poison circule au sein de la famille et un peu partout dans les grandes familles d'Italie, tout le monde tue tout le monde, et on peut presque dire que Lucrèce est chanceuse puisqu'elle meurt non pas assassinée, mais de septicémie...


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Lucrèce Borgia par Le Pinturicchio, 1492-1494

Il y a quelques autres femmes qui me tentaient pour ce tag amusant : La Princesse de Clèves, Catherine Sforza, Gabrielle d'Estrée, La Montespan, Louise Labbé... et certainement beaucoup d'autres si j'avais pris plus de temps pour faire des recherches ! Les femmes dont on se souvient sont celles qui avaient une forte personnalité et ont osé, à leur époque, braver les règles de conduite, la soumission supposée de la gent féminine et dire tout haut ce qu'elles pensaient, vivre comme elles l'entendaient... et ça, j'aime !

Je vous laisse choisir de continuer ce tag s'il vous plait... Il demande quelques recherches, mais ces femmes sont passionnantes et c'est très intéressant à faire !

Publié le 13.8.2011 par liliba copié/collé par Euterpe

Mon commentaire : ce choix correspond à mon 3e doublon car Lucrecia Bloggia avait déjà pris le personnage. Néanmoins sa présentation sous différents angles est bien intéressante. Vous semblez toutes penser qu'elle a été discréditée par ce que trop libre et ce regard sur elle me convient, bien sûr. C'est toujours d'actualité. Une femme libre (je ne parle pas d'une femme qui fait n'importe quoi pour se faire remarquer) est toujours très mal considérée.

"où les intérêts personnels sont de peu d'importance par rapport aux intérêts du pouvoir et de l'argent" : là aussi, j'ai envie de dire que cela n'a pas changé le moins du monde.

Juste une remarque : la Montespan n'est pas une femme de la Renaissance alors heureusement qu'elle n'a pas été choisie !

Merci Liliba !

jeudi 11 août 2011

Résultat du tag : 8 - Lucrecia Bloggia est....

Lucrèce Borgia (qui l'eut cru ?)

Une autre TAG: Quelle femme de la Renaissance suis-je?

Ben là!! La question se pose-t'elle?

Néanmoins, je me plie au jeu d'Euterpe avec plaisir, car j'aime beaucoup son blogue. Donc, j'aime beaucoup Euterpe (que je ne connais pas dans la vie, mais on ne s'enfargera pas dans ces menus détails). Euterpe nous demande : Quelle femme de la Renaissance êtes-vous? C'est pas qu'une p'tite question, ça!

Bon... pour commencer, je ne connais pas toutes les femmes de la Renaissance. En fait, je ne m'y connais pas beaucoup en histoire. Je m'y perd un peu dans ces lignées de personnages influents ayant des descendances légitimes, naturelles et bâtardes qui sévissent dans divers régions et pays. Mais je lis avec avidité les billets d'Euterpe, car j'y fait toujours de belles découvertes. Ça me donne l'impression d'avoir de l'érudition!

Pour en revenir à la tag, je suis sans l'ombre d'un doute : Lucrezia Borgia


Voyez, c'est moi! Vous excuserez mon peignoir et mon bonnet de douche, c'est que je me suis fait peindre à l'improviste...

J'ai dû modifier mon nom pour semer les papparazzis. Des vraies taches, ces fatiguants là! Je me nomme donc Lucrecia Bloggia depuis plusieurs années afin de préserver mon anonymat. Ils n'ont rien vu ces idiots! Je peux donc poursuivre ma vie paisiblement et me consacrer aux arts et aux lettres sans me faire ennuyer avec ces sempiternelles mêmes questions, demandées avec une certaine pointe de lubricité dans le regard : Avez-vous vraiment eu des relations sexuelles avec votre père le pape Alexandre VI? Ainsi qu'avec votre frère César Borgia? Pouarch!! Non mais vous me prenez pour qui?!? Une poule pas de tête! Franchement, j'ai plus de classe et de respect de ma personne que vous semblez le croire! Pfff! Non mais...

Ce sont des ragots! Des manigances politiques pour discréditer notre famille et salir notre réputation! Je suis fâchée, là. Si ça continue, je vais dire des grossièretés. Non mais... coucher avec mon père... yark!... quelle idée... Ce qu'on peux inventer pour se venger! Tiens, j'aurais dû l'empoisonner celui-là. Mon mari. Giovanni Sforza. Notre mariage fut annulé par mon père pour des raisons politiques. Pour justifier cet acte, on a fait croire que l'union ne fut jamais consommée. Tu parles, si elle a été consommée! Comme si un mâle normalement constitué pouvait lever le nez sur mes charmes indéniables durant quatre ans! Wouah! N'importe quoi. Dans un sens, ça m'a arrangé cette désunion. J'commençais à en avoir marre de ce mec! Pour se venger, ce minable atteint dans sa "mâlitude", s'est mis à raconter des horreurs sur mon compte. C'est de sa faute, si j'ai cette réputation, maintenant. Le sale!


Après ce mariage, j'ai eu ma période hippie. Je me suis baladée durant des mois avec des fleurs dans mes cheveux non-coiffés, des sandales indiennes aux pieds et les seins nus revendiquant ma libération sexuelle. Je trippais sur la musique à fond la caisse et j'aimais beaucoup les poèmes. Mais le fun ne dura pas, car mon père a décidé de me marier encore une fois. Shit. Alphonse d'Aragon. Al-phon-se, toé. Tu parles d'un nom sexy. Ah oui, Alphonse, oui-oui-ouuuiiiii oooh fonce, Alphonse!
Entouéka... il a réussi à m'engrosser celui-là. La belle affaire. Au bout de deux ans, mon frère a mis un terme à cette union. Couic! Plus d'Alphonse. Faut dire qu'il était plus difficile de faire croire à une union non consommée avec un poupon dans les bras...


J'ai remis mes sandales indiennes, mes fleurs et mes foulards et j'ai suivi un atelier de confection de poison chez un gourou en vogue à l'époque. Fallait bien passer le temps, quoi!
Et voilà que mon père décide de me marier une troisième fois! Jamais deux sans trois, qu'ils disent... Il m'a dégoté un autre Alphonse. Alphonse 1er d'Este. Tu parles d'un karma. Au moins, je ne risquais pas de me tromper de nom dans les moments intimes! Toujours est-il que je l'aime bien, cet Alphonse. Nous nous sommes retirés loin de Rome, à Ferrare, et depuis je me consacre aux Arts à ma guise. Yesss!


Évidemment, en tant qu'épouse respectée et respectable, les gougounes indiennes, les foulards, le patchouli et les fleurs de ma jeunesse ont pris le bord. Alphonse préfère me voir dans des grosses robes lourdes. Bof... du moment que je puisse me consacrer à mes hobbys en paix...

Voilà, vous savez tout maintenant. Et ne croyez surtout pas ces films, romans et télé-séries dans lesquels on persiste à me décrire comme une dépravée! Je suis on ne peut plus paisible. J'adore lire et admirer l'oeuvre des grands peintres de l'histoire. Non mais... coucher avec mon père et mon frère... Eurk!

***

Note: Le magnifique montage photo tout en haut qui est aussi mon avatar, a été réalisé par nul autre que Ticklebear, mon fabricant d'image officiel sur le web. Et le nom de Lucrecia me vient aussi de lui, car il y a déjà bien longtemps, quand nous nous sommes rencontrés, je lisais la biographie de Lucrezia Borgia, et faut croire que ça l'a marqué, car depuis toujours, il m'appelle Lucrecia.

vendredi 2 juillet 2010

Margarete la p..., duchesse du Tyrol





Margarete du Tyrol n'est pas un personnage du XVIe siècle mais du XIVe. Cependant une femme sur laquelle on a jeté l'opprobe reste plus longtemps dans la mémoire collective qu'une autre. On ne cesse de rappeler son existence. Histoire que l'on sache ce qui peut vous arriver si vous sortez des sentiers battus et, par exemple, vous preniez la liberté de...reprendre votre liberté, justement ! En effet Margarete, chassa son antipathique mari qui la maltraitait et avait intrigué pour lui dérober le pouvoir qui lui revenait à elle seule. En effet, elle était l'unique et complète héritière du Tyrol à la mort de son père. Aussitôt après s'être défaite du despote, elle prit un autre mari bien que l'annulation de son mariage ne fut pas encore prononcé par le pape qui, scandalisé, l'excommunia. La population tyrolienne se félicita du choix de leur souveraine pour Louis de Brandebourg car le couple leur octroya toutes sortes de droits et de libertés améliorant ainsi leur existence. Plus tard Margarete sera absous de son excommunication par un nouveau pape mais cela ne suffira pas à empêcher qu'elle soit surnommée "Maultasch" ce qui veut dire "gueule-sac" et signifie en argot de l'époque : "prostituée".

L'ignoble portrait qui n'est même pas une caricature mais une pure insulte est de Quenti Metsys et daté de 1525/30 soit 160 ans environ après la mort de cette souveraine qui n'a tué personne et tâché de soulager le peuple de ses maux. Cela ne dura pas longtemps car les Habsbourg lui arrachèrent ses possessions à la mort de son fils. Mais pour ce qui fut de la diffamation elle ne put plus s'en défaire. Janet Munsil en fit une pièce de théâtre : The Ugly Duchess