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vendredi 11 mai 2018

68 en Allemagne : le tract du Weiberrat


COMPTE-RENDU DE RENDU DE COMPTE
                             

bite-en-moins bite-en-moins bite-en-moins bite-en-moins bite-en-moins

Nous n'ouvrons pas notre gueule !  Et si nous le faisons, rien n'en sort ! Si on la laisse ouverte, on nous la bourre : avec des bites petites bourgeoises, des baises forcées socialistes, des enfants socialistes, de l'amûûr, de la déréliction socialiste, de la grandiloquence, de l'excitation sexuelle mâle, du pathos intellectuel socialiste, du conseil pratique socialiste, des attouchements socialistes, de l'argument sexuel révolutionnaire, de l'orgasme pansocial, du BARATIN socialo-émancipatoire ! Si on en a marre, voilà ce qui se passe : du tapotement d'épaule, du paternalisme exacerbé ; puis nous sommes soudain prises au sérieux, alors nous voilà : formidables, étonnantes, on nous félicite, nous avons le droit de partager la table des habitués, on est des égales, alors on tape les textes, on distribue les tracts, peint les infos murales, lèche les timbres : nous sommes super ! Quand on a la gerbe : on est pénissenvieuses, frustrées, hystériques, coincées, asexuées, lesbiennes, frigides, mal-baisées, irrationnelles, pénissenvieuses, ennemies du désir, dures, viriles, compliquées, des garces, on "compense", on "surcompense", on est pénissenvieuses,  pénissenvieuses, pénissenvieuses, pénissenvieuses. Les femmes sont  a u t r e s !

LIBÉREZ SES ÉMINENCES SOCIALISTES DE LEUR BITE BOURGEOISE !



Tract du comité des bonnes femmes 1968




(Les noms numérotés de 1 à 6 = 6 sommités du SDS. Schauer Gäng Kunzelmann Krahl Rabehl Reiche

Schauer deviendra par la suite syndicaliste à IG Metall
Gäng spécialiste du Bouddhisme
Kunzelmann activiste d'extrême-gauche
Krahl décède 2 ans + tard
Rabehl est aujourd'hui militant d'extrême-droite
Reiche sexologue (lol)

Le Weiberrat aimerait la leur couper.

La liste se poursuit au verso avec d'autres membres masculins du SDS. Ex.: 15 Dutschke 16 Cohn-Bendit 17 Gaston Salvatore... ainsi que leurs principaux gourous masculins: 10 Habermas 19 Freud 22 Adorno 36 Mao 44 Marx 47 Lénine)

Sabine Zurmühl une témoine de l'époque qui cofonda par la suite le journal féministe Courage à propos des hommes du SDS : [ils] étaient vraiment épouvantables à entendre. Leur langage était codé. Et ce code on devait le maîtriser à fond sinon on n'était rien. Et les femmes du SDS n'étaient de toute manière rien".

samedi 25 septembre 2010

Irene di Spilimbergo, "bella pittrice"



Pourquoi saint Sébastien ? Parce que sainte Irène décrocha saint Sébastien du poteau de son supplice. Or Irene di Spilimbergo (née à Spilimbergo vers 1540) aurait peint cette merveilleuse fresque. Ce qui m'a fait hésiter à intituler cette entrée : Irène di Spilimbergo, fresqueuse.

Irène Spilimbergo fut initiée à la peinture par le Titien à la demande de son grand-père Paolo di Ponte, grand ami du peintre.

Elle se montra particulièrement douée mais n'eut pas le temps de produire grand chose dans sa courte vie car elle serait morte à l'âge de 19 ans (selon d'autres sources, à l'âge de 21 ans).

On ne retrouve pas grand chose d'elle mais qui sait si certaines oeuvres attribuées au Titien ne sont pas les siennes, en réalité.

Malgré cela, elle fut très célèbre et très célébrée en son temps. Une oeuvre en atteste qui fut publiée deux ans après sa mort, en 1561, par un certain Dionigio Atanagi, avec 279 poèmes en italien et 102 en latin, certains anonymes et d'autres attribués à de grands artistes comme Le Tasse et Le Titien, qui vantent les mérites d'Irène di Spilimbergo. Je cite ces vers de Lodovico Dolce traduit de l'italien en allemand puis (par moi) en francais, qui disent de l'artiste qu'elle :

"dépassait l'harmonie du ciel
Avec l'aiguille et le pinceau Pallas et Apelle,
Avec la douceur de ses yeux la déesse de l'Amour..."

ou

"Avec ses poèmes savants et son chant suave elle dépassait
Phoebus et les Muses : et si on avait comparé Zeuxis avec Irene,
on n'aurait accordé aucun prix à Zeuxis".

On en conclut avec ses exagérations, qu'Irène di Spilimbergo réalisait des oeuvres poétiques, chantait, brodait et peignait. Même si le Titien ne donne d'informations sur sa peinture que sur la facon dont il la lui enseigne.

Giulio Cesare Croce n'hésite pas à reprendre plus tard les mêmes louanges superfétatoires pour les dédier à Lavinia Fontana qui, d'après ce genre d'éloge peignait si bien qu'elle :

"fut l'égal d'Apollodoros, Zeuxis et Apelle
ainsi que Michel-Ange et d'autres artistes de même rang,
Le Corrège, le Titien et Raphael..."

Comment les deux peintresses qui, de leur vivant, ont déjà été accablées de la même sorte d'éloges, les ont-elles percus ? Comme de l'ironie ? De l'insulte ? De telles louanges donnent-elles à penser qu'on les considérait comme suffisamment orgueilleuses et crédules pour être incapable de percevoir l'aboutissement de l'art des anciens maîtres et pour se sentir stupidement confirmées par ces éloges-là dans leur vanité ?

Les femmes du XVIe siècle n'avaient pas seulement à lutter contre la jalousie ou la critique mais contre la louange exagérée de leurs talents. C'était une stratégie masculine servant à défendre l'inébranlabilité de ce qu'il considérait comme leur supériorité.
La louange galante n'avait pas pour but de stimuler les efforts de l'artiste féminine mais faisait office de chants de sirènes destinés à les stopper dans leur travail. Peu de femmes traitées de cette manière, furent capables de s'en défendre. Les hommes les désarmaient en leur accordant la victoire à titre grâcieux et en les enterrant sous les prix. Les femmes artistes étaient jetées ainsi de la course sans avoir pris conscience de leur défaite. Elles avaient donc beaucoup à craindre des louanges empoisonnées dont elles étaient vite l'objet.

Qu'on en juge : obtenir le titre de "bella pittrice", dont les soeurs Anguissola se virent également affublées, ne supposait pas, pour les dispensateurs de louanges, le talent seul, qui ne comptait pas plus que la beauté de l'artiste féminine et surtout que sa vertu. Talent + beauté et vertu donnaient droit au titre de "bella pittrice".
Qui se préoccupait donc de la beauté et de la vertu des peintres masculins ?

D'ailleurs le talent principal de la peintresse Irène di Spilimbergo aux yeux des hommes de son temps, fut sa virginité. Car la virginité était la qualité prisée au delà de toute autre chez la femme.
Comme le mentionne Wikipédia : Vasari la décrivait comme une « très belle vierge, littéraire, musicienne et talentueuse en dessin ».