dimanche 8 mai 2011

"Cathy 1" ou la fabrique de mensonges

Mo' m'a écrit précédemment "pour quelqu'un qui n'aime pas Teulé, je trouve que vous lui accorder beaucoup de temps ! N'y aurait-il pas plus d'intérêt à ce que vous consacriez ce précieux temps à (...)".

Et bien non. Je ne perds pas mon temps. A chaque page du web, on lit "Achetez Charly 9 de Jean Teulé". Ce livre bénéficie d'un matraquage énorme !
Pourquoi ce livre ?
C'est curieux comme on assiste depuis vingt ans à une nouvelle, insidieuse, omniprésente et véritable révision de l'histoire ! Pendant que des gens qui se déclarent féministes dissimulent par là leur motivation réelle d'avoir la peau du féminisme (voir blog d'Alice et son lien vers les nouvelles news) d'autres encore utilisent la méthode du loup enfariné à base de poudre de romancier historique, afin de mieux déchiqueter la recherche historique à notre nez et à notre barbe.
Le cinéma est devenu un vrai sanibroyeur à histoire, et même l'essai universitaire est contaminé par la tendance (cf. l'essai sur la non-existence de Louis Labé de Mme Huchon). Un tapage médiatique dément accompagne ces entreprises de destruction massive.

Alors si Mo' tient à ce que je lui conseille un livre, je lui recommande de relire "1984" de George Orwell afin de comprendre comment on obtient un meilleur contrôle de la société en révisant son histoire. Voilà un livre qui décrit très bien cela.
Quant un Teulé (et son éditeur) veut faire croire au bon peuple que l'avant-dernier Valois n'était qu'une marionnette aux mains d'une mère sanguinaire, il s'agit de nous faire comprendre qu'une femme au pouvoir est une catastrophe pour l'humanité. C'est ce que l'on peut appeler "la preuve par la Saint-Barthélémy". Chéreau nous l'avait déjà faite celle-là.
Soyons prévenu.e.s contre ces gens. Ce sont plus ou moins les mêmes. Ils se connaissent et se serrent les coudes.

Et quand on se montre trop paresseux pour lire des livres d'histoire ou des romans historiques plus fiables que ceux de Teulé, on se met juste à la merci de personnages qui ne demandent qu'à penser à notre place et à nos dépends.

Glané sur les sites et blogs, un inventaire des gentils qualificatifs offerts gratuitement à la Catherine de Médicis de Teulé :

- jupitérienne

- redoutable

- venin florentin

- réputée pour sa cruauté légendaire

- une régente araignée

- terrible

- mère bien spéciale

- terrible mère

- véritable instigatrice de la Saint-Barthélémy

Le dernier étant, bien sûr, le plus scandaleux, Mais ce sont les adjectifs "terrible" et "redoutable" qui remportent la palme des épithètes les plus employés.
Faut-il mentionner ce qui est dit sur le rapport de cette "terrible mère" avec le toutou "Charly" : marionnette de sa mère, sous l'influence de sa mère, aux mains de sa mère, jouet de sa mère, manipulé par sa mère, etcetera point point point ?
D'un bout à l'autre du web, il est maintenant certain pour tout le monde que Catherine de Médicis a, comme l'écrit "si bien" Teulé, "commandité" le massacre de la Saint-Barthélémy.

Beau travail !

Et accusation sans preuve aucune. Puisque personne ne sait qui est le/la responsable en admettant bien sûr qu'il n'y en ait qu'un.e.

Je voudrais souligner que la métèque, la juive errante, la pâtre grecque avec ses cheveux pas très aux quatre vents incarne sans doute pour l'auteur "moderne" l'immigrée qui vient sournoisement assassiner les bons français. On n'est pas loin de l'idéologie d'extrême-droite.
Heureusement les moins ignares savent qu'en France au XVIe siècle, les italien.ne.s jouissait d'un grand prestige Les italien.ne.s étaient plus cultivé.e.s et plus civilisé.e.s que les francais.es qui les imitaient en tout. Catherine de Médicis a introduit un nombre incalculable de modes à la cour de France et certaines coutumes encore actuelles aujourd'hui dont Teulé attribue la paternité à Charles IX proviennent en majeure partie de sa mère.

Mais pour les simples d'esprit "italien" = "étranger" = "barbare" et basta !

En fouillant longuement pour trouver d'autres critiques moins enthousiastes de ce torchon à tendance très "gore" comme s'en félicitent bon nombre de lecteurs/trices, j'ai trouvé
un blog évoquant ledit roman qui s'en démarque en parodiant Teulé. Le blogoniste m'a amusée en rebaptisant Catherine de Médicis "Cathy" pour présenter un livre qui revient sur le rapport de cette reine avec les sciences occultes. Rapport qu'entretenaient plus ou moins tous les monarques. Mais Catherine est contemporaine d'un devin dont la réputation a traversé le temps et qui est connu comme le loup blanc jusqu'aux confins du Kamtchatka, à savoir le très fameux Nostradamus.

En tout cas voilà un blog qui ne cancanne pas à l'unisson ! Du coup, je lui est fait une petite place ici.
Et en feuilletant tout le net ou presque :
UN autre blog qui conseille à ses visiteurs/trices de se dispenser de lire ce navet !
Incroyable !
Pour finir, j'ai commis un petit emprunt dans les commentaires de chez JEA (j'espère qu'il ne m'en voudra pas) :
"La perte de la mémoire du passé est sans doute la pire infortune qui puisse frapper un peuple ainsi qu'un individu." F. LOT
Ce qui vaut pour un passé vieux de soixante ans vaut bien pour un passé plus lointain.

Félicitations à Danièle Sallenave !



Je sais je suis en retard d'un train mais l'information n'est pas arrivée jusqu'à moi (eh les blogueuses vous auriez pu me le dire !) Danièle Sallenave a été élue le 7 avril 2011, au fauteuil du "grand" misogyne Maurice Druon ! C’est la septième femme à devenir académicienne après Marguerite Yourcenar, Simone Veil, Jacqueline de Romilly, Florence Delay, Assia Djebar et Hélène Carrère d’Encausse.

Cela se fête !

Je pensais à elle, ce matin, en répondant à vos commentaires du billet précédent car voilà une femme qui dénonce depuis assez longtemps et dans d'excellents ouvrages la langue en perdition. Exceptionnellement je vais mettre un lien sur Rue89 à ce sujet.

vendredi 6 mai 2011

Cours de littérature pour les nuls

Il paraît que critiquer un livre quand on ne l'a pas lu, c'est aller un peu loin. Je vous soumets donc l'extrait lisible pour tous sur le site de l'Express du dernier roman en vogue qualifié d'historique, le fameux Charly 9, objet de ma critique. Lisons-le ensemble et analysons-le. Comme l'auteur de cette prose se compare à Alexandre Dumas en l'estimant dépassé, je propose de commencer par faire parler le Charles XI de Dumas, honneur aux absents et défunts de surcroît :

Mais, sire, reprit le duc de Guise, si l’on disait à Votre Majesté : Sire, Votre Majesté sera délivrée demain de tous ses ennemis ? [Guise avance à couvert (cf. "si l'on disait" ?)]

Et par l’intercession de quel saint ferait-on ce miracle ? [Charles, sceptique, l'encourage néanmoins en parlant de "miracle"]

Sire, nous sommes aujourd’hui le 24 août, ce serait donc par l’intercession de saint Barthélémy.

Un beau saint, dit le roi, qui s’est laissé écorcher tout vif ! [Charles comme toutes les victimes n'aime pas les martyrs]

Tant mieux ! plus il a souffert, plus il doit avoir gardé rancune à ses bourreaux. [allusion à la "souffrance" des ultra-catholiques dont les protestants sont les bourreaux]

Et c’est vous, mon cousin, dit le roi, c’est vous qui, avec votre jolie petite épée à poignée d’or, tuerez d’ici à demain dix mille huguenots ! Ah ! ah ! ah ! mort de ma vie ! que vous êtes plaisant, monsieur de Guise ! [Charles blessé d'avoir moins de prise sur les événements que Guise, le raille ouvertement. Puis, phrase suivante, bascule légérement dans l'hystérie. (L'impuissance du puissant = paradoxe qui rend Charles fou)]

Et le roi éclata de rire, mais d’un rire si faux, que l’écho de la chambre le répéta d’un ton lugubre.

Sire, un mot, un seul, poursuivit le duc tout en frissonnant malgré lui au bruit de ce rire qui n’avait rien d’humain. Un signe, et tout est prêt. J’ai les Suisses, j’ai onze cents gentilshommes, j’ai les chevau-légers, j’ai les bourgeois ; de son côté, Votre Majesté a ses gardes, ses amis, sa noblesse catholique… Nous sommes vingt contre un. [Guise met cartes sur table. Il est le plus fort mais il ne prendra pas les armes contre le roi si celui-ci lui dit „oui“. Or comme Charles se réfugie dans des réactions purement épidermiques, il lui est difficile d'obtenir son accord]

Eh bien ! puisque vous êtes si fort, mon cousin, pourquoi diable venez-vous me rebattre les oreilles de cela ?… Faites sans moi, faites !…[Charles est encore une fois vexé. Guise a plus de pouvoir que lui (cf. „si fort“). Il est humiliant de dire "oui" sous la contrainte]

Et le roi se retourna vers ses chiens. [renforce l'impression précédente]

Alors la portière se souleva et Catherine reparut.

Tout va bien, dit-elle au duc, insistez, il cédera.

Et la portière retomba sur Catherine sans que Charles IX la vît ou du moins fît semblant de la voir. [de cette manière Dumas laisse planer un doute. Qui est coupable ?]

Mais encore, dit le duc de Guise, faut-il que je sache si en agissant comme je le désire, je serai agréable à Votre Majesté. [Guise ne sait toujours pas si c'est du lard ou du cochon puisque Charles ne se prononce pas. Il assure donc au roi que son trône n'est pas menacé (cf. „être agréable à votre majesté“)].

En vérité, mon cousin Henri, vous me plantez le couteau sur la gorge ; mais je resterai, mordieu ! ne suis-je donc pas le roi ? [Dumas fait allusion a la crainte de Charles d'une conjuration comme celle d'Amboise au règne précédent. D'où le : „je resterai“. Guise a une armée et une alliée en la reine-mère, Charles n'a que sa légitimité de roi]

Non, pas encore, sire ; mais, si vous voulez, vous le serez demain.

[Guise confirme qu'il tient dans sa main le pouvoir du roi]

[Dans ce dialogue tout en finesse, Dumas fait intervenir un Guise, sachant que les historiens soupconnent cette famille d'avoir leur part de responsabilité dans le massacre. Les Guise sont si puissants qu'ils se permettent de dire au roi qu'il n'est „pas encore“ roi. Le rôle d'intrigante de Catherine est allusif, elle pousserait Guise dans l'ombre (image de la portière qui se soulève et qui retombe). La part de Catherine est une invention de Dumas mais il ne charge pas trop le personnage dans cette scène. Les protagonistes ont, du moins, des contours nets. Guise est pragmatique et ambitieux, Catherine est manipulatrice mais sans prise directe sur son fils, Charles pourrait avoir le profil de ces enfants à qui on a donné trop de pouvoir et qui, manquant de repères personnels, se réfugient dans une sorte d'égocentrisme destructeur. Ce profil est toujours actuel]



Voyons Teulé :



"Un gentil garçon semblant à peine sorti de l'adolescence - il vient d'avoir vingt-deux ans - écarquille ses grands yeux [j'ai envie de dire : de Bambi ?] :

[Pour Teulé, Charles est un gamin de 22 ans. Or avoir 22 ans en 1572 n'est pas avoir le même âge en 2011. Au XVIe siècle on était évêque à 15 ans, général à 16, maréchal à 19. Les moeurs étaient loins d'être infantiles comme aujourd'hui. Sans aller chercher si loin, il suffit de voir un documentaire sur 1968 pour trouver que les étudiants de 20 ans avaient l'air d'en avoir 35 tandis qu'aujourd'hui ils en paraissent 14. Mais Teulé qui croit que rien n'a changé dans ce domaine, fait une fixation sur ce détail du début à la fin]

  • Quoi ? Vouloir que j'ordonne, pour cette nuit, l'assassinat d'un convalescent surpris en plein sommeil ? Mais vous n'y pensez pas, ma mère ! [Teulé veut nous indigner avec un Charles dont nous partagerions la candeur] Et puis quel homme, l'amiral de Coligny que j'appelle "mon père" [explications historiques maladroitement placées dans le dialogue]. Jamais je ne scellerai cet édit !

    Tout loyal, franc, ouvert du coeur et de la bouche, le garçon [Charles est l'innocence même, tâchons de nous imprégner de cette idée], à haute fraise blanche entourant sa gorge jusqu'au menton, s'étonne [ je ne sais pas pourquoi mais un télétubbie me vient à l'esprit] :

    - Comment pouvez-vous [redondant (cf. : „vouloir que“ plus haut] venir me réclamer la mort de mon principal conseiller qui déjà hier matin, sortant du Louvre, fut arquebusé dans la rue par un tueur caché derrière du linge séchant à une fenêtre [description des événements que les lecteurs ne connaissent pas, insérée dans le dialogue] ?.. Il n'est que blessé. Ambroise Paré dit qu'il s'en tirera et je m'en réjouis [idem + on est censé croire que Charles est le seul au courant ou croire que Charles croit être le seul au courant].

    - Pas nous, répond une voix de matrone au fort accent italien. D'autant que c'est ton jeune frère et moi qui avions commandité l'attentat.
    [l'affreuse matrone avoue tout de go + racisme anti-accent = la métèque qui fait peur]
    - Quoi ? ! [coassement ?]

    Le garçon, d'un naturel aimable et ayant de bonnes dispositions [sauf qu'il a une mère impossible à cause de laquelle il a mal tourné au cas où on ne l'aurait toujours pas compris], n'en revient pas. Sous un bouquet de duvet de cygne à sa toque, il tourne lentement [c'est un script de film là?] la tête vers les six [tiens ils sont six ?] personnages assis côte à côte devant lui. L'un d'eux, vieux gentilhomme vêtu d'une jupe [à un autre endroit on a la fameuse couche-culotte c'est là que se tient l'originalité du style] de damas cramoisi, regrette :

    - Sire, le seigneur de Maurevert, tueur professionnel [bon mais les explications dans le dialogue, ca va 5 mn] mais mal habitué aux armes à feu, voulait faire ça à l'arbalète. Pour plus de sûreté, nous lui avons imposé l'arquebuse. Mal nous en a pris . Au moment du tir, Coligny s'est penché pour réajuster sa mule. Maurevert a manqué sa cible [explications, explications = voilà un personnage d'une grande utilité. il sert à Teulé à ne pas mettre toutes les explications dans la bouche de Charles = prière d'applaudir à la trouvaille !].

    Le jeune roi aux joues arrondies [oui on l'a compris il est très jeune !] hoche la tête d'un air consterné :

    - Quand je pense que cet après-midi je suis allé rue de Béthisy, au chevet de l'amiral, lui promettre de faire rechercher et punir les coupables... [ce qui prouve que l'explication du fameux "vieux gentilhomme" anonyme qui débarque comme un cheveu sur la soupe était inutile. Si Charles a été au chevet de l'amiral, il devrait être au courant de l'attentat dans ses moindres détails!] C'étaient ma mère et mon frère ! [au secours la découverte même pas théâtrale ! Racine revient !].. Mais pourquoi avez-vous décidé ça, tous les deux, mamma ? [bon, là je craque, la niaiserie a ses limites]


Je préfère passer sur les expressions comme „vouloir que“, „vous n'y pensez pas“, „d'autant que“, „n'en revient pas“ „mal nous en a pris“ „quand je pense que“, supportables sur un blog mais pas dans un roman, et je vous demande où se rencontrent dans ce dialogue les caractères de ces personnages qui ne s'adressent visiblement pas l'un à l'autre mais uniquement aux lecteur/trice.s.



Maintenant il paraît que Jean Teulé est un GRAND ÉCRIVAIN (lu sur un nombre incalculable de sites et de blogs + entendu sur Daily Motion). De qui se moque t-on ?

"Shakespeare" & "femme"

Tapons "Shakespeare" et "femme" dans Google.fr., on obtient sur la 1re demi-page ceci :
  1. shakespeare

    En quel année est né et mort Shakespeare? ... En quel anneé Shakespeare achevait-il Roméo et Juliette? ... Comment s'appelait la femme de Shakespeare? ...
    www.etab.ac-caen.fr/.../Shakespeare.html - En cache - Pages similaires
  2. Un portrait de Shakespeare présenté à Londres - Femme Actuelle

    Un portrait de l'écrivain Shakespeare a été présenté lundi à Londres. C'est le seul portrait connu et authentifié réalisé du vivant du dramaturge William ...
    www.femmeactuelle.fr/culture/.../portrait-shakespeare-00754 - En cache
  3. Livre - Madame Shakespeare Ou La Femme De Stratford - Anca Visdei

    Livre : Livre Madame Shakespeare Ou La Femme De Stratford de Anca Visdei, commander et acheter le livre Madame Shakespeare Ou La Femme De Stratford en ...
    www.chapitre.com/.../madame-shakespeare-ou-la-femme-de-stratford,1595940.aspx - En cache
  4. Amour : Citation de William Shakespeare sur l'Amour avec citations.com

    l'Amour par William Shakespeare : Découvrez une sélection de citations de William Shakespeare sur l'Amour dont Misérable est l'amour qui se laisserait mesurer. avec citations.com. ... Homme Femme ...
    www.citations.com/...shakespeare/amour-miserable-est-l-amour-qui-se-laisserait-mesurer--2-296586--.htm - En cache - Pages similaires
  5. I will stay till she comes. 412 kilos de femme, et Shakespeare ...

    27 févr. 2011 ... 412 kilos de femme, et Shakespeare. d'après Shakespearemise en scène Miriam YoussefAvec Anne-Pascale Clairembourg, Julie Duroisin, ...
    www.agenda.be/.../i-will-stay-till-she-comes-412-kilos-de-femme-et-s.html - En cache
  6. Discussion:Anne Hathaway (femme de Shakespeare) - Wikipédia

    Discussion:Anne Hathaway (femme de Shakespeare). Une page de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Aller à : Navigation, rechercher. Autres discussions [liste] ...
    fr.wikipedia.org/.../Discussion:Anne_Hathaway_(femme_de_Shakespeare) - En cache
  7. « Une femme repousse parfois ce qui la charme le plus. » William ...

    Une femme repousse parfois ce qui la charme le plus. » William Shakespeare · « Une femme repousse parfois ce qui la charme le plus. » William Shakespeare ...
    staacy-x.skyrock.com/1995784439-Une-femme-repousse-parfois-ce-qui-la-charme-le-plus-William.html - En cache
Tapons maintenant "Shakespeare" et "woman" dans Google.uk., voici ce que cela donne :

  1. Was William Shakespeare a Jewish woman in disguise? - Haaretz ...

    - [ Diese Seite übersetzen ]
    28 May 2008 ... John Hudson is not the first to question whether Shakespeare actually wrote the work attributed to him.
    www.haaretz.com/.../was-william-shakespeare-a-jewish-woman-in-disguise-1.246717 - Im Cache - Ähnliche Seiten
  2. Shakespeare's Women. Shakespeare's treatment of female characters ...

    - [ Traduire cette page ]
    An essay analyzing Shakespeare's treatment of women in the tragedies Hamlet, Othello and Antony and Cleopatra.
    www.literature-study-online.com/.../shakespeare_women.html - En cache - Pages similaires
  3. Proof that Shakespeare did not Write Shakespeare

    - [ Traduire cette page ]
    I believe that the true author of Shakespeare was a woman. In general, women make better writers than men. This is a proven generic fact. ...
    www.anusha.com/shakespe.htm - En cache - Pages similaires
  4. Was Shakespeare A Woman?

    - [ Traduire cette page ]
    19 Jan 2010 ... One of the most prestigious academic journals devoted to Shakespearean authorship studies has just added a new candidate to the ...
    www.huffingtonpost.com/.../was-shakespeare-a-woman_n_428081.html - En cache - Pages similaires
  5. Women in Shakespeare - Wikipedia, the free encyclopedia

    - [ Traduire cette page ]
    Women in Shakespeare is a topic within the general discussion of Shakespeare's dramatic and poetic works. Women appear as supporting and central characters ...
    en.wikipedia.org/.../Women_in_Shakespeare - En cache - Pages similaires
  6. Was shakespeare a woman or man? - Yahoo! Answers

    - [ Traduire cette page ]
    13 réponses - 12 août 2009
    tell it fast ... He was a man. Do not listen to the one's who say he's a woman because they are trying to confuse you (the fiends!). ...
    answers.yahoo.com/.../index?qid... - États-Unis - En cache - Pages similaires
  7. Shakespeare was a woman, claims expert

    - [ Traduire cette page ]
    28 May 2008 ... Shakespeare was actually a Jewish woman who had disguised to get her work published in Elizabethan London, where original literature from ...
    www.rediff.com › IndiaNews - En cache - Pages similaire


Maintenant tapons "Shakespeare" et "Frau" dans Google.de :



  1. Shakespeare eine Frau?

    - 5. Febr.
    29. Juni 2004 ... Wer kennt William Shakespeare nicht?: Der große Dramatiker aus Großbritannien schrieb u.a. das unvergessliche Meisterwerk Romeo und Julia.
    www.jiggle.de/.../19680-shakespeare-frau.html - Im Cache - Ähnliche Seiten
  2. Kommentar: Shakespeare und die Frauen - Nachrichten Debatte ...

    6. Apr. 2008 ... Das zweitbeste Bett könnte Shakespeare seiner Frau deshalb zugesprochen haben, weil das erstbeste Bett für Tochter Susanna vorbehalten war. ...
    www.welt.de/.../Shakespeare-und-die-Frauen.html - Im Cache - Ähnliche Seiten
  3. Sonette: Hier bewies Shakespeare seine Liebe zu Frauen ...

    1. Nov. 2009 ... Als Dramatiker genießt er Weltruf, aber auch als Lyriker ...
    www.welt.de/.../Hier-bewies-Shakespeare-seine-Liebe-zu-Frauen.html - Im Cache - Ähnliche Seiten
  4. Anne Hathaway (Ehefrau Shakespeares) – Wikipedia

    Dass aber der junge Shakespeare ohne seine Frau Stratford-upon-Avon verließ, spricht jedoch nicht von großer Zärtlichkeit in der Ehe, ebenso wenig wie der ...
    de.wikipedia.org/.../Anne_Hathaway_(Ehefrau_Shakespeares) - Im Cache - Ähnliche Seiten
  5. Shakespeare in Love – Wikipedia

    Viola flüchtet enttäuscht und entsetzt aus einer Schenke, als sie erfährt ...
    de.wikipedia.org/wiki/Shakespeare_in_Love - Im Cache - Ähnliche Seiten
  6. War Shakespeare eine Frau? | COSMiQ

    - 6. Febr.
    6 Antworten - 7. Dez. 2006
    Hallo! Ich habe gerade gelesen, dass es eine amerikanische ... Also William ist eigentlich kein Frauenname...und wie will sie das bitte ...
    www.cosmiq.de/.../War-Shakespeare-eine-Frau/ - Im Cache - Ähnliche Seiten
  7. Shakespeare-Skandal: War William eine Frau?! « coaching-blogger

    9. Okt. 2010 ... Hinter dem wohlklingenden Namen so manch eines Autoren verbirgt sich eine Frau. Selbst Shakespeare soll eine Frau gewesen sein, ...
    www.coaching-blogger.de/.../shakespeare-skandal-war-william-eine-frau/ - Im Cache
  8. William Shakespeare - Seine wahre Identität! | Suite101.de

    11. Mai 2010 ... Shakespeare lässt in seinen Theaterstücken sehr häufig die Frauen in Männerkleider und -rollen schlüpfen, um frei handeln zu können und ...
    www.suite101.de › ... › TheaterGeschichte des Theaters - Im Cache


Ne faut-il pas en conclure que contrairement à quelques autres, les anglophones en particulier, les francais ne se posent absolument pas la question ?

mercredi 4 mai 2011

Le film dans lequel Shakespeare n'est toujours pas une femme


Même Zemmour a trouvé "Charly 9" bourré de clichés et d'une bouffonnerie grotesque !

Néanmoins vous n'éviterez aucunement le film bourré de clichés et grotesquement bouffon qui ira avec, comme les deux pièces d'un costume de bouffon coordonné ne sauraient aller autrement que de pair. Alors attendez-vous à l'adaptation (la duplication) prochaine de ce navet car sang + folie (c'est le thème du livre) = recette assurée.

En attendant voilà un autre événement ciné, celui dont je vous parle depuis un moment : "Anonymous", le nouveau film sur Shakespeare dans lequel il n'est toujours pas une femme.
En assistant au tournage de l'intérieur, il aurait été bien difficile de dire à quoi ressemblerait le résultat final mis à part que l'aspect "bourré de clichés" des quelques scènes dont on fut témoin, a même sauté aux yeux des moins renseigné.e.s sur le XVIe siècle parmi les membres de la figuration.
Quant à la bande-annonce, elle a un drôle d'air de famille avec celle d'"Inglorious Bastards", je trouve.

Pour la défense d'Anonymous, je dirais que les acteurs engagés pour les extraits des pièces de Shakespeare montrés dans le film sont de fabuleux comédiens de théâtre entièrement britishs et dirigés par une merveilleuse metteuse-en-scène de théâtre, Anna Foester, que je l'aime bien, personnellement parce qu'elle m'a félicité pour mes joulis dessins.... :)


Donc, dans ce film, Shakespeare n'est ni Amelia Bassano Lanier ni Marie Pembroke. Néanmoins quand je vois l'affiche où il est écrit "WAS SHAKESPEARE A FRAUD ?" je souris en douce car en latin le nom Fraus qui désigne la déesse de la fraude a donné naissance au terme allemand (misogyne, certes) de FRAU qui veut dire femme. Du coup, on lirait presque "WAR SHAKESPEARE EINE FRAU ?" ("Shakespeare était-il une femme ?"). Et oui ! On a beau se donner du mal pour enterrer la femme, il y a toujours une oreille qui dépasse !
Rectificatif : Frau ne vient pas de Fraus mais du vieil allemand frouwe (seigneuresse), néanmoins la fraude qui consiste pour une femme à se faire passer pour un homme, ce qui pourrait bien avoir été le cas de l'énigmatique Shakespeare, est l'exemple même d'un dégât collatérale de la misogynie. De ce fait, les mots "fraude" et "femme" ne sont pas tout à fait étrangers l'un à l'autre.

La bande-annonce est ici (je l'avais d'abord mise dans le billet mais l'image d'une tête sur un billot tirée d'une scène du milieu du film a été placée en bannière pour appâter le chaland de base...alors je l'ai retirée).

lundi 2 mai 2011

"Barthélémy le diabolique" ou "Karl 009, le retour" sans parler de "Gretchen la pétroleuse"


La glorification de la vulgarité, j'en ai déjà parlé à l'occasion d'une pub rencontrée dans le métro qui représentait la grande mystique, herboriste, compositrice et enlumineuse Hildegarde de Bingen en train de se raser les jambes avec un rasoir jetable.

Rien que l'énoncé de cet "exploit" iconographique prête à rire. Alors, bien sûr on peut en rire si on y tient. On peut rire de tout, pas de doute. Juste une question : depuis quand la pub amuse t-elle gratuitement la galerie ? Histoire de ne pas être pris pour un.e imbécile, posons nous un peu la question.

M'est avis que jeter ce gag au public pour lui chatouiller les zygomatiques ne relève pas de la philanthropie .

Un système qui détruit la vie pour l'argent a intérêt à maintenir le client de bonne humeur s'il veut le garder. Et lui rendre la casse organisée sympathique. S'il y voit une bonne blague, c'est gagné. Il s'en fera même volontairement complice. Poussons le joyeusement à casser, c'est tout bénef. Du moment que ce n'est pas le système !
Mais que doit-il casser, au fait ? Idéalement sa propre culture.
Un peuple sans repère culturel, on l'a déjà expérimenté un peu partout, ce n'est plus qu'un gros tas de pâte à modeler molle. Allez ! Que le bon peuple détruise sa culture pour le fun. Ainsi il ne se sent pas simple spectateur de la destruction environnante. Il participe, il est acteur !
C'est pourquoi la tendance à écorcher, égratigner, détourner, recycler sa culture doit être titiller. C'est bon pour les ventes, et ce qui est bon pour les ventes, c'est bon pour la croissance, coco.
Pendant que le pseudoféminisme (qui s'efforce de ne jamais rien approfondir) s'applique à éradiquer le féminisme, la pseudoculture (qui flatte la fascination pour le sordide) s'applique à supplanter la culture.
Tout cela pour vous annoncer, mesdames et messieurs qu'un nouveau livre sur la Saint-Barthélémy vient de sortir. Il s'appelle "Charly 9". Le titre donne déjà le ton.

Je ne l'ai pas lu et ne le lirai pas parce que je ne vais quand même pas l'acheter, si ? Donc j'ai lu d'excellents comptes-rendus ici (citation : Ce roman et le battage médiatique qui est fait autour font table rase d’années du travail des historiens pour pour faire revivre les superstitions qui avaient cours il y a des siècles) et ici (citation : (j'ai cru défaillir en voyant un haut-de-chausse comparé à une couche culotte !) qui décrivent très bien la "chose".

Patrick Chéreau avait donné le coup d'envoi de la pulvérisation de l'histoire avec son long vidéo-clip gothico-baroque sanguinolant à dentelles tachées de sang, le fameux "La reine Margot",une sorte de "Like a Virgin" & "Thriller" mixés et transposés en 1572. Le show a fait des petits. Du moins un petit.
Le voici.
(Crédit photo)

La non-adaptation du roman de Dumas (il paraît qu'il ne faut pas dire que c'est une adaptation), ce truc qui se confondrait avec les publicités pour la glace diffusés en avant-film, s'il n'était pas aussi long, a désormais inspiré un "auteur".
Car de par sa vulgarité même, ce film séduit. Il imprègne fortement les imaginaires en friche. Les gens à avoir aimé ce film sont légions.



La recette de "La reine Margot" ayant fait ses preuves, étape suivante : l'appliquer à la littérature.
Le roman historique a vécu, place au roman hystérique.
La littérature déflorée par Chéreau va être violée par Teulé et perd toute immunité intellectuelle pour basculer dans le "tout à les goûts et les couleurs ça ne se discute pas", une sorte de trou noir ou tout se confond, tout se transforme en une bouillie indistincte ornée à sa surface d'une irisation huileuse qui hypnotise le spectateur et le fait admirer l'innommable.


Charles IX n'a pas encore été assez lynché. Comme le disait Eliane Viennot ici, lors du changement de dynastie, il a fallu calomnnier les Valois pour faire du passé table rase. Mais aujourd'hui ? En est-on encore là ? Cela ne devrait pas et pourtant c'est comme qui dirait la surenchère. Or il ne s'agit plus de célébrer les Bourbon. Alors ? Alors il faut dépecer la Renaissance. Ce laboratoire où le capitalisme hésitait, où pour la première fois un empereur faisait appel à une banque pour financer ses guerres mais aussi ce temps où l'humanisme promettait un monde dans lequel la connaissance serait la priorité humaine. Quelle horreur !
Un monde vendu aux marchands dans lequel on massacre le savoir, qu'a t-elle donc à faire de la Renaissance ? La Renaissance est une gêneuse. Elle a une sale tendance à provoquer quelques interrogations sur le chemin parcouru.
Et puis le travail des historien.ne.s lassent. On avait des coupables, Les voilà qui pinaillent. Comme dirait Marie : si la responsabilité de la Saint-Barthélémy a longtemps été imputée à Catherine de Médicis et à Charles IX, les historiens sont, encore aujourd’hui, bien en peine de dire ce qui s’est réellement passé.
Quoi ? Catherine de Médicis ne serait plus la méchante qui a perverti son fils ?
Halte là ! Vade retro satanas !
Le cinéma et la littérature vont se charger de rappeler à l'ordre ces stupides historien.ne.s.

En ce moment, on peur lire sur le web cette phrase reprise par plus d'un(e) blogueur(se) : "Depuis "La reine Margot" de Patrice Chéreau les Valois s'étaient quelque peu assoupis, Jean Teulé remédie à la chose...."
Les Valois ont-ils intérêt à dormir alors qu'une petite séance de torture les attend gentiment ? Non, bien sûr ! Une séance de torture ça se savoure éveillé, messieurs dames !

Alors, je concluerais en suggérant des titres pour les prochains livres/films/guignolades "reloaded" sur Charles IX et Marguerite de Valois :

"Karl 0009 le robot-SS qui ne connaît pas de pardon".

et :

"Gretchen la traînée qui se prenait pour une princesse hahahaha !"

Des fois que les Valois auraient eu la mauvaise idée de recommencer à piquer du nez sans prévenir...


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Ajout du 3.5.11 à 16.00 h : Le 25 février 1572, soit six mois avant la Saint-Barthélémy, les négociations du fameux mariage-prétexte au déclenchement du massacre, eurent lieu entre les mères des futurs mariés : Jeanne d'Albret et Catherine de Médicis. La menace que fait peser sur cette noce les ultra-catholiques détermine Jeanne à insister pour que Marguerite de Valois se convertisse au protestantisme, la religion de son fils.

Extrait de "Jeanne III d'Albret - Chronique 1528-1572" de Bernard Berdou d'Aas, édition "atlantica" 2002, p. 477 :

"Pour Jeanne, Henri est fils de la nouvelle Église (...). Aucun compromis, pour elle, quel qu'il soit, ne peut le faire sortir de cette Église. En même temps si la princesse Marguerite [de Valois] reste fidèle à l'Église de Rome, "nous serons exterminés avec toutes les Églises de France", pense t-elle".

L'ambiance était donc plutôt explosive. Une fois Jeanne morte, Charles et Catherine, les "fameux" vampires de la Saint-Barthélémy qui auraient soi-disant fait s'entre-égorger leur propre peuple par goût du sang, ont tout aussi bien pu être complètement dépassés par les événements. N'a t-on pas d'exemple semblable aujourd'hui ?

dimanche 1 mai 2011

1er Mai enterrement du travail

Je ne sais pas pourquoi on appelle ce jour "fête du travail" et pas "enterrement du travail". Mais peut-être que quelqu'un va me l'expliquer.




Puisque la moitié de la paysannerie, c'est "quand même" des femmes....à propos de la guerre des paysans alémaniques, voilà une paysanne, ou femme du peuple, qui se repose.
Honneur aux femmes, aujourd'hui, qui historiquement ont travaillé (travaillent) même les jours de repos et ne se sont arrêtées (ne s'arrêtent) qu'à leur mort.