samedi 16 juillet 2022

"Le virus me renvoie à cette qualité « féminine » de la compassion ultime"


 

                                  "Chevaux sauvages fuyant l'incendie" par Rosa Bonheur

J'ai d'abord lu cela sur un site féministe repris ailleurs et partagé partout à propos DU virus (du latin "vir"?) qui renvoie mais - attention - provisoirement hein - les femmes au rôle qu'on leur a assigné sans leur consentement depuis, au moins, le concile de Trente. D'accord, cette fois, c'est uniquement pour la bonne cause et vilaines soient qui mal y pense. Donc, féministes ou non, revoilà que les femmes se "sentent" vouées au "care", aux soins, à la protection et à la compassion, alors que le devoir de compatir devant la vulnérabilité des femmes, des enfants et des ancêtres ainsi que de les protéger, incomberait principalement aux hommes dont la musculature est par nature plus développée, du moins c'est un devoir qui leur incombait au temps où la dénaturation du monde n'était pas encore si avancée. Il a fallu des centaines d'années pour que l'ensemble de la gente masculine ne se "sente" non seulement plus du tout responsable des autres mais légitimé, au contraire, à exploiter les plus vulnérables. Et parce qu'il faut bien des soins par ci par là, ils en ont délégué tout le poids aux femmes non sans leur avoir retiré d'abord le savoir qu'elles possédaient dans ce domaine. Ils brûlèrent pour ce faire les soi-disant sorcières, en fait gardiennes de ce savoir, ainsi que leurs confrères sans parler de leurs alliés. À partir de là,seules les méthodes masculines ont prévalu : découpages, amputations, saignées, purges, injections, tout ce qui est violent et intrusif, plutôt que ce qui fait intervenir des herbes dont le pouvoir fait de l'ombre à ceux qui n'ont comme obsession que de le posséder pour soi seul.   

Le monde et la majesté de ses lois immuables s'est réduit en une vaste cour de récréation pour grands gamins immatures, exclusivement réservée à leur pomme. Les femmes sont repoussées aux marges, derrière le grillage, tenues de regarder les mâles s'amuser en se coltinant les corvées les plus humiliantes. Ok, un contingent d'hommes se tape également de déshonorantes corvées mais avec moteur (vroum-vroum) et puis il peut ensuite se venger sur femmes et enfants du statut médiocre qui lui est octroyé, c'est permis.  

Quelques femmes triées sur le volet ont le droit de participer à la grande rigolade d'avec les dominants mais uniquement à la condition de ne rien exiger pour elle-même et surtout de ne pas changer les règles établies par leurs maîtres et seigneurs. La compassion, c'est l'os qu'on leur laisse à ronger et, du coup, comme elles se sentent à juste titre dépossédées de tout, elles se ruent dessus. Elles vont jusqu'à décréter que la compassion est une qualité sexuée féminine. 

Aux hommes le droit d'être parfaitement ignoble, aux femmes l'exigence de sainteté. Compatir signifie "souffrir avec". Nous devons arrêter le secourisme. Tant que nous nous dirons : puisque les hommes ne font pas le boulot, nous devons le faire, nous cautionnerons tout ce contre quoi nous luttons. Il ne s'agit pas de laisser des personnes sans soin mais il y a un moment où il ne sert plus à rien d'écoper quand le bateau coule. Les femmes vont-elles se sacrifier jusqu'à la mort dans un contexte où la mort est justement voulue ?

Il ne faut jamais perdre de vue que la seule chose valablement féministe est de parvenir à trouver quelle est exactement la place et la fonction que la nature nous a individuellement données, indépendamment de notre sexe, et à tâcher de la prendre. Et si quelqu'une dit "Le virus me renvoie à cette qualité "féminine" même entre guillemets, c'est comme un signal vers les hommes qu'ils n'ont pas besoin de compatir, on est là pour ça. 

Il faut se conduire comme dans la société chevaline : accomplir le rôle correspondant aux capacités qui nous ont été données à la naissance. Chaque individu est différent et est pourvu d'une compétence qui sert à tout le monde. Un cheval ne dispute pas la place d'un autre cheval ayant une autre compétence que lui. Chacun agit selon ses qualités. Et cela indépendamment du fait de sa condition de jument, d'étalon ou d'individu castré. 

Pourquoi alors dire que la protection est le rôle des hommes ? Parce que les femmes ont naturellement des moments de vulnérabilité extrême que n'ont jamais les hommes : la grossesse, l'enfantement, l'allaitement et même les règles. Il incombe donc aux hommes de veiller à la sécurité des femmes et des enfants et non pas de leur faire concurrence ou s'identifier à eux, jouer éternellement et s'adonner à des gamineries toute sa vie. Cela aussi nous pouvons l'apprendre des sociétés animales. Les mâles assurent la protection du groupe. Seules les femelles âgées commandent parce qu'elles ne sont plus soumises au contingence de la reproduction et parce que, dans des situations critiques, c'est le propre de la femellitude de savoir faire face à de très puissantes forces naturelles qui dépassent l'entendement autant humain qu'animal. Si la reproduction est confisquée par les hommes, comme cela est en train de se produire, les femmes deviennent inutiles. Jeunes ou vieilles. Nous assistons alors à un phénomène étrange qui est à la fois téléguidé par les puissants pour leur projet transhumaniste  et mu par les lois naturelles qui tentent de se rétablir dans le chaos provoqué par l'hubris humain. En effet, nous savons qu'il vient chaque année au monde un nombre prédéterminé d'individus masculins et féminins, quelle que soit l'espèce. Or, depuis de nombreuses années, l'espèce humaine à tort contrôlée par les mâles cherche à modifier ce nombre en privilégiant les naissances masculines. Du moins de sa propre espèce. Pour les autres espèces, elle s'applique à se débarrasser de ses "inutiles" mâles (taureaux, poussins mâles, etc...) parce que dans ce système productiviste, en dehors d'un liquide séminal vite prélevé et réfrigéré, ils ne produisent rien. Cependant, plus le déséquilibre entre hommes et femmes d'espèce humaine est accentué artificiellement, plus on voit des hommes souhaiter devenir des femmes et user de la médecine pour changer de sexe.        

Cela pousse les psychopathes hypercontrôlants, non à enfin se faire soigner par des thérapeutes compétents et accepter d'être enfermés avec une camisole de force, mais à entreprendre une éradication encore plus forte des "femmes de naissance" au profit des transfemmes. En interdisant, par exemple, l'emploi du mot "femme" car, comme on sait, ce qui ne se nomme pas, n'existe pas. Le transgenrisme provoquant en même temps une stérilisation de masse, l'espèce humaine commandée par des mâles de plus en plus malades de leur propre domination, se dirige vers une gestation d'abord "pour autrui", étrangeant ainsi l'acte reproducteur de son contexte amoureux, puis extra-utérine, c'est-à-dire produite par des machines qui vont "permettre" d'éliminer toute filiation. Être père ou mère n'existera plus. La personne humaine sera "enfin" produite hors sol comme c'est le cas de nombreuses plantes que nous consommons. L'individu se sera transformé lui-même en produit de consommation généré par des machines. 

C'est l'ultime phase de l'idéologie de la consommation : celle où l'humain s'usine et se dévore lui-même. Et voilà que la "compassion ultime" n'empêche en rien la chosification ultime mais, au contraire, l'accélère. LE virus, masculin singulier, en mesure de détruire la planète, n'existe pas plus que LE mâle, masculin singulier, qui sauverait cette même planète. Nous respirons chaque seconde des millions de virus. LE virus est donc le nom donné à la folie qui s'est emparée d'une espèce qui, ayant détruit tous ces prédateurs, est devenue sont propre prédateur. Refuser les lois naturelles immuables, vouloir à tout prix s'en affranchir, en créer d'autres pour supplanter une force qui détermine notre présence en ce monde, aboutit immanquablement à l'autodestruction. Et rien n'y personne, ni la féministe compatissante ni l'hoministe antipatissant qui sont l'avers et le revers de la même médaille, n'a le pouvoir de changer ce qui ne se change pas. 


Pour mentionner une aventure personnelle, ce blog ayant aussi pour but de narrer des anecdotes de ma vie privée en rapport avec l'actualité : il y a deux ans, je prenais l'avion de Rome à Berlin. Je me trouvais dans la queue alors désormais balisée d'autocollants indiquant la distance à respecter entre humains pour des raisons de "Vir" probablement russe (lol) et remarquai devant moi une jeune femme portant la tenue imposée informellement aux féministes intersectionnelles : pantalon rouge et sac à dos vert, cheveux plus ou moins bleus et coupés comme une moinesse déjantée plus ou moins baroudeuse, entre autres détails qui sentent le professionnalisme du look pseudo-non-conformiste. Comme je ne portai pas le chiffon sur le nez comme il fallait, et qu'elle regardait de tous côtés (en tant que non-conformiste) si tout le monde se conformait bien aux prescriptions gouvernementales, elle tomba sur ma non-solidarité patente et se mit à me faire des gestes éloquents d'éducatrice en mission commandée. Cela m'a totalement agacée mais je n'ai pas voulu faire d'esclandre. Néanmoins mon taux d'adrénaline concernant cette idiote a considérablement augmenté. Je l'ai par la suite observée dans l'avion où elle a vite cherché à échanger une place trop proche de gens (omg!) avec une place sans voisin(e) mais par hasard dans ma ligne de mire. Elle a sorti son spray désinfectant et consciencieusement désinfecté sa place, les yeux agrandis par la peur, dossier, accoudoirs, vitre, tout ce qui l'entourait. Après cela, elle a vérifé que son masque FFP2 était bien ajusté et a ouvert un livre. Mais très vite, elle s'est endormie avec son filtre à café renforcé toujours bien ajusté sur ses orifices respiratoires. Je me suis levée et ai jeté un coup d'oeil sur le titre du livre qu'elle lisait. Il s'agissait d'une oeuvre anticapitaliste notoire "Caliban et la sorcière". Bizarrement les femmes les plus en lutte contre le système n'ont absolument pas compris et ne semble pas parvenir à comprendre que le "care" est un produit commercial comme les autres. Que c'est même devenu la nouvelle part de marché internationale la plus fructueuse maintenant que l'industrie de la bagnole traîne la patte. Il n'y a pas de domaine épargné dans ce système. Tout est infecté. Mais pas du tout par un malheureux virus des voies respiratoires. 

5 commentaires:

  1. Bonjour Euterpe,
    Notre visite de l'expo Artemisia Gentilesh au musée Maillol, c'était sans buvard sur le nez, en 2012.
    Cheers
    Lez

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    1. C'est vrai! :) Je ne me rappelais plus que c'était en 2012 ! 10 ans déjà ! Tu vas bien?

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  2. Le bonjour. Toujours aussi dense, votre écriture. Je ne pense pas que le destin de la femme dans son cycle conditionné soit l’empathie, ni même la fonction assignée, comme la société l’instille de manière vicieuse dès la naissance. Le conditionnement a sa part de culpabilité dans le comportement de l’adulte, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes, le genre « empathique tu seras et la gueule tu fermeras » !
    A chacun de mener son combat pour la liberté, sans tomber dans le communautarisme, ce qui est nuisible autant pour la femme que pour l’homme. Ce phénomène communautaire est à l’origine de bien de désordres que je crains irrémédiables, tant il creuse des fossés infranchissables. Car il fragmente et du coup affaiblit le combat de chacun et de tous.
    L’homme, en général, se comporte un peu à la manière de l’aristocratie de sang dans l’ancien régime, pour qui le manant ne pouvait être autre chose que manant. On change « manant » par femme et nous avons l’échographie d’une tradition épouvantable. Or c’est cette assurance en sa supériorité qui fait sa perte, car entre le manant et lui, s’est glissé un virus autrement plus létal que l’insignifiant Covid, la verticalité d’un état de justice dont la morsure lui est fatale. Sa chute en tant que force brute est inévitable. Le bon dimanche à toi. A propos, je ne sais jamais si je dois dire vous ou tu. En breton le vous n’existant pas les choses sont bien plus simples.

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    1. Tout à fait d'accord. Le pire des communautarisme est l'homosocialité. C'est à dire l'injection à rester entre gens du même sexe et mépriser l'autre sexe.Un homme qui avait plur pseudo "Le mecsplicateur" avait bien expliqué le principe mais devant le déferlement de haine masculine, il a supprimé son blog. On peut encore trouver des extraits sur le web comme celui-ci : "... s’est donc attachée à montrer comment les hommes utilisent stratégiquement l’homophobie et l’héterosexualité pour dresser des barrières entre homosocialité virile et désirable et sa voisine l’homosexualité.(...) plus je fréquente les hommes, plus j’aime les hommes, plus je dois crier haut et fort que je ne suis pas un pédé, que je ne suis pas une meuf.(...) L’homosocialité masculine est donc un cercle vicieux où plus on est viril, plus on glorifie le masculin, plus on doit être misogyne et homophobe pour dissiper la tension inhérente à l’injonction à l’hétérosexualité dans une société qui hait les femmes. On apprend à haïr les femmes mais on est obligés de les aimer. On apprend à aimer les hommes mais il est interdit de les désirer. Débrouillez-vous pour faire marcher ce système violemment déglingué.

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  3. Ton anecdote sur l'idiote de l'avion est délicieusement racontée.
    Ce virus, loin de ce que l'on nous a martelé, attaque surtout en profondeur les neurones, et empêche les gens de réfléchir, à commencer par avoir une analyse un peu rationnelle de leurs peurs. C'est navrant.
    Bien vu, le filtre à café !
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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