mardi 30 avril 2013

Aujourd'hui 1er mai, un petit vent d'est


 Intéressant article des Dégenreuses sur la recherche Google quand il s'agit de ces créatures pas comme les hommes : les femmes. En allemand si on tape "die frau ist" (la femme est) on obtient ceci :



die frau ist das spiegelbild der taten ihres mannes
die frau ist
die frau ist dem manne untertan
die frau ist das spiegelbild der taten ihres mannes brad pitt




la femme est le reflet des actes de son mari
la femme est
la femme est la sujette de l'homme
la femme est le reflet des actes de son mari brad pitt (il paraît que c'est une citation du grand philosophe comédien Brad Pitt).

Par contre quand je tape en allemand "les femmes ont" ou "les femmes sont" ou les mêmes entrées que dans le billet des Dégenreuses, je n'ai aucune proposition.

 Néanmoins : ras le bol !

 Alors, un petit "vent d'est, vent de liberté, pour le 1er mai avec la BA du film de Katja von Garnier : "Ostwind "
 
 Les paroles sont en allemand mais on peut se laisser porter par les images.







samedi 27 avril 2013

Angela MERKEL et l'apostolat des FEMEN

je n'ai pas fini de ressortir des fonds de tiroir les oeuvres des journalistes de "L'apostolat des femmes" (1831) mais comme je suis un peu overbookée ces jours-ci, et que cela me demande quelques heures de recherches, je le repousse  à un autre moment.

Néanmoins j'avais envie de poster cette photo qui me fait bien rire. Merkel est éberluée et Poutine montre déjà ces cornes de taureau (il faut dire que sur le dos de la Femen on peut lire un slogan anti-Poutine).
Mais il n'est pas chez lui... heureusement !

jeudi 25 avril 2013

Satisfecit à la police berlinoise

Ce papier adressé à une personne bien connue de moi pour avoir été surprise en train de gribouiller au feutre dans le coin d'une pub sexiste* m'a agréablement surprise :


Tous les termes soulignés sont au masculin ET AU FÉMININ !!!!!!

L'accusé-e
Le/la responsable familial(e)
Le/la représentant-e
Le/la susnommé-e
La/le défenderesse/deur

(Et je n'ai pas scanné l'autre côté).

* d'après des personnes renseignées, il n'y aura pas de suite.

Tiens aujourd'hui google a commémoré la naissance d'Ella Fitzgerald.

mercredi 24 avril 2013

Anaïs Ségalas, poétesse anticatholique

Très beau morceau choisi de la poésie d'Anaïs Ségalas "Les oiseaux de passage" et je comprends en la lisant qu'elle ne soit pas étudiée à l'école dans un pays où il est si mal vu de remettre en cause la religion :


J’étais, au cimetière, et j’y rêvais, un soir,
Regardant les tombeaux et les croix de bois noir,
Et tous les noms gravés, noms de cendres humaines
Je marchais au milieu, de deux files de morts

Songeant que je sentais seule, entre tous ces corps,
Un cœur dans la poitrine et du sang dans les veines.

Je me disais : « Chacun a sous ces tertres verts
Quelque front qu’il baisait et que rongent les vers,
Une perle, une fleur qui parait sa demeure.
Quels yeux n’ont à leur tour versé des pleurs d’adieu !
Nous ne savons pas tous comme on rit ; mais, grand Dieu !
Nous savons bien tous comme on pleure !

« C’est donc ici que vont les trésors des maisons :
Le père aux cheveux blancs l’enfant aux cheveux blonds,
La jeune femme folle et rose encor la veille !
Nous avons tous quelqu’un qui manque sous nos toits,

Un visage qui, manque à nos yeux, une voix
Qui nous vibrait au cœur, et manque à notre oreille,

« Que deviennent ces morts ? m’écriai-je beau ciel,
S’en vont-ils voir Jésus, Marie et Gabriel ?
Ont-ils l'habit de lin avec la palme verte ?
Sont-ils dans des cités de vapeurs et de feu ?
Montre-moi ces cités, Saint des Saints, Seigneur Dieu,
Laissez-en la porte entr’ouverte !»


Le ciel resta voilé. « Que deviennent les morts ? »
Dis-je aux tombeaux je vis dans les fosses, alors,
Des chairs où mille vers font des festins profanes,
De longs squelettes creux, des corps de marbre blanc,
De la poussière d’homme et je crus, en tremblant,
Lire le mot néant écrit sur tous les crânes.

 J’entendis une voix atroce dans mon cœur
La voix qui fait pâlir, la voix qui dit malheur :
C’était la voix du doute. Et les yeux vers la terre,
J’écoutais ; je sentais de longs frissons d’effroi,
J’étais épouvantée, et mon corps était froid,
Comme les corps du cimetière.

A propos de catholicisme, une satire très hilarante sur Frigide Barjot se trouve ici.
Observez l'affolement de Laurent Ruquier et autres après la parodie du Christ. Il est même question de dire que rien n'était "blasphématoire" dans le sketch. En est-on déjà à parler comme en Russie d'éventuel crime de "blasphème" ? C'est choquant vu d'Allemagne où une telle parodie ne mettrait pas les modérateurs/trices ainsi sur des charbons ardents. 
Grave.
Et à propos de la mort, autre lien intéressant, cette fois chez bab : une passionnante vidéo sur le nucléaire synonyme de "mort".
Tiens, je me demande s'il y a beaucoup de cathos antinucléaires étant donnée leur adoration pour un cadavre...

mardi 23 avril 2013

Ce que disait l'essayiste féministe Hortense Allart il y a 183 ans

Extraits et bouts de phrases tirées de "La femme et la démocratie de nos temps" (1836) par Hortense Allart.

"Les peuples représentant les dieux à l'image des hommes, représentèrent les dieux aussi à l'image des femmes ; et quand de plus grossières idoles tombèrent, les déesses restèrent debout.
(fin du chap- II début du chap. III)
Les femmes qui surent s'isoler et résister, avaient-elles présent à la pensée ce type de supériorité de femme que les religions ont différemment revêtues ?
(...)
en Inde, on tue les filles ;
(...)
on nous oppose cette éternelle grossesse où l'on a attaché la honte. Non seulement il semble que les femmes accouchent toutes, mais qu'elles sont toujours enceintes ; ( ...)
 (...)
Malgré cette maternité qu'on leur oppose c'est dans l'action que les femmes se sont le plus signalées.
(...)
Rousseau a dit que les hommes dépendaient des femmes par leur désir et les femmes des hommes par leurs désirs et leurs besoins. Ceci est vrai jusqu'à un certain point ; car si beaucoup de femmes vivent de leur travail, celles-là du moins sont indépendantes des hommes pour leurs besoins.
(...)
De quel droit d'ailleurs la société immole t-elle à son repos des créatures vivantes, des femmes qui, aux deux bouts de la chaîne morale expirent, les unes dans un isolement forcé, les autres dans une dégradation abominable ?
(...)
Les esclaves sont moins à plaindre, on en fit une traite moins atroce (...)
(il est question de, e.a., la prostitution mais H.A. ne prononce pas le mot).

Je vais m'arrêter là (p.21 du livre). Malgré ces passages et son indignation (elle revient plusieurs fois sur les meurtres de filles en Inde) Hortense Allart cultive malheureusement une certaine croyance en l'infériorité des femmes.

Entre temps nous savons que même parmi les féministes contemporaines certaines, avec bien d'autres non-féministes voire avec les antiféministes, croient encore à cette infériorité et que tant que des femmes y croiront même un tout petit peu nous ne verrons guère le bout du tunnel.
J'ai dernièrement entendu de la bouche d'une jeune fille de 23 ans que "c'était vrai qu'à cause de la testostérone....." (les femmes seraient inférieures).
Aujourd'hui ce n'est plus dans la religion que nous puisons la preuve de la prétendue supériorité masculine mais dans la nouvelle religion : la science.  
Aujourd'hui c'est la testostérone qui voudrait faire la différence négative entre hommes et femmes ! Sans vouloir faire mon essentialiste, si on va par là que dire des oestrogènes, ces hormones qui font se développer le foetus, ces hormones DE VIE que ces messieurs ne produisent jamais et qui dopent la femme enceinte, la rendant si rayonnante et heureuse de vivre, preuve qu'ils sont bien liés à la fabrication même de l'existence bien plus directement que cette foutue testostérone qui voudrait maintenant nous en imposer ? Pour rester dans l'esprit des féministes du XIXe siècle, je dirais dommage qu'elles n'aient pas eu cette vidéo à montrer pour pouvoir illustrer leur idée selon laquelle les femmes ne peuvent être accusées de faiblesse étant donné qu'elles accouchent. On y voit des hommes ayant voulu tester les douleurs de l'accouchement persuadés que les femmes poussaient des hurlements pour rien et qu'est-il arrivé ? Ils ont vécus ces douleurs EXACTEMENT DE LA MÊME MANIÈRE QUE LES FEMMES LES VIVENT ! 
(vidéo trouvée chez iboux)

Du moins l'un d'entre eux a t-il la fierté d'aller jusqu'au bout de l'expérience car ce n'est pas le cas des deux !
Pour les non-néerlandophones/anglophones, il n'est absolument pas besoin de comprendre le sens des dialogues. Les images sont "criantes" (c'est le cas de le dire).

dimanche 21 avril 2013

ll y a 150 ans ce que disait la féministe Eugénie Niboyet

"Messieurs qui réglez tout, ne trouvez-vous pas que l'heure de la réparation soit venue ? La vie ainsi employée à cumuler intérêts sur intérêts, chiffres sur chiffres, est-elle ce que vous avez rêvé pour vous d'abord pour vos fils ensuite ?"

"Depuis des siècles et des siècles la science fait des pédants, l'humanité tâtonne ; l'omnipotence de l'homme est absolue, et le progrès loin d'améliorer la société ne fait que le pousser à sa perte. N'y a t-il pas là le principe d'un mal dont il faut attribuer la cause à l'éducation faussée des sexes qui se trahissent là où ils devraient se prêter appui ?".

"Les hommes ne doivent point imputer aux femmes les travers qu'elles caressent. Eux seuls sont les maître, eux seuls font les lois, eux seuls dirigent le monde"

"Partout où l'homme peut devenir envahisseur, il n'y manque pas ; ainsi tandis qu'il vend du tulle, des épingles, de la mercerie, du papier et mille bagatelles qui n'exigent aucune force du poignet, par un côté immoral de la spéculation, on confie aux femmes le service de certains restaurants, les comptoirs des cafés, la caisse des établissements de bains. Quelle anomalie !"


"L'accouchement, par exemple, est envahi par les hommes et ne seraient-ils pas bien conforme aux lois de la pudeur d'élever jusqu'aux plus hautes connaissances chirurgicales, par l'anatomie, les femmes que leurs aptitudes poussent à la profession d'accoucheuse ?"

"Que sont ces définitions de sexe fort et de sexe faible ? Chacun selon son tempérament propre à sa force et sa faiblesse (...)"

(In : Le vrai livre des femmes, d'Eugénie Niboyet, 1863).

Description de cette image, également commentée ci-après
Eugènie Niboyet pose bien des questions de son temps, qui pour certaines sont encore du nôtre, sur l'inégalité des salaires, l'absence de retraite pour les mères, l'avidité de l'or que cultive les hommes, l'esclavage en Amérique qui a été aboli mais qui n'empêche pas le racisme et l'exploitation général des femmes avec juste pour contrepartie de leurs services le mépris et la haine. Pour le reste, son livre traite énormement du problème de la dot qui transforme le mariage en négoce. Nous n'avons du moins plus cela à régler aujourd'hui.
Il y a également dans son livre une perspective chrétienne qui ne correspond plus aux valeurs des féminismes actuels et une insistance sur les talents maternels de la femme qui montre assez combien à l'époque, on en était encore à essayer de faire reconnaître quelques valeurs particulières à notre sexe, ne comprenant pas l'indignité dont il était frappé.