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jeudi 28 avril 2011

Que de la viande !!!!

A propos des Helfenstein dont Margarete Renner (voir billet précédent) voulait utiliser le suint pour graisser les armes des paysans révoltés, j'ai trouvé le menu du repas de (seconde ?) noce de la comtesse, dix-huit ans après le massacre des insurgés. Ce n'est pas exactement ce que je cherchais mais j'ai tout de même eu envie de le traduire :

Menu du mariage de la comtesse Elisabeth zu Helfenstein avec le comte Georg von Rappoltstein en 1543

(Georg Flegel : Grives et chataîgnes)

1er service
Pour chaque convive un pâté de trois perdrix

Des grives rôties à la broche, farcies aux raisins

Un brochet entrelardé

Un rôti de boeuf sauce raifort

Un pâté de poule

Un chapon farci

2e service

Une tour en pain de laquelle coule du vin dans un étang où nagent des poissons

De la carpe bouillie

Une choucroute avec de la saucisse de foie

Du pâté de chevreuil

Des têtes de cochon

Des beignets chauds au lard

Du saumon froid

Un mouton rôti à la broche (rôti en croûte) de la gorge duquel un vin rouge doux et pétillant s'écoule dans une pinte

3e service

Divers pâtés

Un ragoût de gibier en sauce

Une maison en biscuits fins

Un goret à la broche

Des crêpes

Un aigle en gâteaux secs farci de volaille en aspic

De la tarte aux pommes

De la soupe de poisson

Que de la viande !!!!

Le personnage de la comtesse de Helfenstein est uniquement rattaché à cette gravure de Matthias Mérian qui la représente en compagnie de ses deux jeunes garcons, suppliant Jäcklein Rorhbach d'épargner son mari. Or les paysans exécutèrent les nobles dont les Helfenstein (mais pas les femmes et les enfants) en les faisant passer entre deux rangées de lansquenets armés de piques, qui les embrochaient tour à tour jusqu'à ce que mort s'en suive (scène du fond de l'image).

Cette exécution associée au nom du massacre de Weinsberg sema la panique chez les seigneurs. Martin Luther prenant position en faveur de ces derniers publia un texte intitulé : "Contre les hordes meurtrières et pillardes des paysans", écrit dans lequel il réclamait les plus sévères châtiments contre eux. Et en effet on ne leur épargna aucune cruauté pour venir à bout de l'insurrection.

M'est avis que ces armées de paysans, pillards et meurtriers ou pas, n'ont jamais connu un repas de noce comme celui décrit plus haut ! D'un autre côté, cela leur a épargné de souffrir de la goutte comme c'était le cas pour les nobles, ce qui n'est guère étonnant avec un tel régime.