Affichage des articles dont le libellé est angleterre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est angleterre. Afficher tous les articles

vendredi 3 janvier 2014

Bonne Année combative 2014 !



(Deux pierres utilisées par les Suffragettes pour briser les vitres du palais de Buckingham il y a 100 ans)

TRÈS BONNE ANNÉE 2014 À TOU.TE.S ! 

Reviendrais bientôt sur les blogs. Suis temporairement prise par la lutte contre la prostitution en Allemagne (on avance).

mardi 24 décembre 2013

Joyeuse nouvelle Helle !


Joyeuse nouvelle clarté (en all. Helle) à tou.te.s, avec un morceau de la compositrice Maude Valerie White (1855-1937) "Scherzetto".

samedi 14 septembre 2013

Sylvia Pankhurst, la mère du communisme britannique

Sylvia Pankhurst
Sylvia Pankhurst (1882-1960), autre fille d'Emmeline Pankhurst,  fut, de toutes les militantes pour le droit de vote des femmes, l'une de celles qui eurent à subir le plus de séances de nourrissage forcé durant le mouvement des grèves de la faim.

Au sein du WSPU, elle organisait la partie "visuelle" des marches et des manifestations, en dessinait les drapeaux, les pancartes, les bannières et les objets à vendre. Jusqu'à ce que sa soeur Christabel appelât le mouvement à la violence. À la suite de quoi, elle quitta le parti et en fondit un autre : la Fédération des Suffragettes de l'Est Londonien (ELFS), parti mixte et surtout regroupant les citoyens les plus pauvres, car Sylvia se montra plus intéressée à la cause proprement prolétarienne, puis internationale prolétarienne, qu'à la cause purement féministe. Cependant elle ne cautionna pas longtemps le mouvement bolchevik de Russie et critiqua ouvertement Lénine. Depuis, on considère qu'elle joua un rôle de premier plan dans la création d'un parti communiste en Grande-Bretagne.
Sylvia Pankhurst arrested
Internationaliste, antifasciste, antiraciste en plus d'être antisexiste, elle fera des tournées internationales aux États-Unis, en Scandinavie, en Europe centrale, entre autres,pour promouvoir, dans un premier temps (jusqu'à son obstention), le droit de vote des femmes. C'était une excellente oratrice doublée d'une artiste de talent. Ci-dessous, un dessin de Sylvia Pankhurst représentant une prisonnière dans une cellule de la prison de Holloway :
Sur ce site entièrement consacré à Sylvia Pankhurst, on trouve une galerie de ses oeuvres.

Après 1924, elle créa des comités pour secourir les victimes du fascisme et de l'antisémitisme, et leur assurer du travail. Elle se réengagea dans des activités féministes, mais loin de la cause ouvrière. Devenue la trésorière du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme, fondé à Paris en 1934, elle soutint l'empereur Hailé Sélassié à l'occasion de la guerre italo-éthiopienne, au nom de l'antifascisme et de la lutte des peuples de couleur. Elle lança en 1936 un hebdomadaire, New Times and Ethiopia News pour la défense du panafricanisme. 
Dans l'après-guerre elle se mit totalement au service de la cause éthiopienne. Invitée en 1956 par Hailé Sélassié à vivre en Ethiopie, elle s'installa à Addis-Abeba où elle mourut en 1960. Ses loyaux services lui valurent d'être enterrée dans la cathédrale et son nom fut donné à l'une des rues de la ville.

mardi 3 septembre 2013

La baronne Emmeline Pethick Lawrence, suffragiste et femme d'un ami de Gandhi

 
La baronne Emmeline Pethick Lawrence (1867-1954) fut membre du WSPU de Emmeline Pankhurst et femme du secrétaire des Affaires Étrangères d'Inde et de Birmanie, Frederick Pethick Lawrence, grand ami du Mahatma Gandhi dont il fut un contemporain de la lutte pour l'indépendance de l'Inde. Les deux hommes s'entendaient à merveille, rapportent les historiens. Le baron Frederick Pethick Lawrence soutenait le WSPU et publia dès 1902 avec sa femme le fameux journal "Vote for Women".
Remarquons qu'en se mariant Frederick Lawrence a pris, en sus de son nom, celui de sa femme ! 
Emmeline Pethick Lawrence fit six fois de la prison en raison de ses activités avec le WSPU.
Dans son livre My Part in a Changing World (1938) elle écrit : "When the morning newspaper brought the unexpected news of my first arrest in the Suffrage Movement, my father reacted to it in precisely the same way as I should have reacted had our positions been reversed. He was proud that a child of his hand not hesitated to make a stand for the extension of democratic liberty."
"Lorsque le journal du matin a rapporté la nouvelle inattendue de ma première arrestation pour le mouvement des suffragistes, mon père a réagi exactement de la même manière que je l'aurais fait si j'avais été à sa place. Il fut fier qu'un enfant venant de lui n'ait pas hésité à prendre position pour l'extension de la liberté démocratique".

vendredi 30 août 2013

Millicent Fawcett et son sac à main

C'est toujours lorsqu'on a un peu la notion de sa propre valeur et que l'on se retrouve confrontée à l'une ou l'autre injustice flagrante que l'on décide en tant que femme de se révolter et de s'engager dans la cause féministe. Ainsi Millicent Fawcett se fait voler son sac à main. Elle se rend au poste de police, veut y faire une déclaration de vol, et là, qu'apprend-elle ? Que c'est impossible. Pourquoi ? Car "son" sac à main n'est pas à elle. Il est la propriété de son mari. 
Millicent est atterrée. Elle dira plus tard qu'en entendant cela, elle a eu l'impression de s'être faite encore une fois voler son sac à main. Ainsi, aucune des choses qu'elle avait cru lui appartenir n'auraient été à elle ? Aurait-elle été corps et biens la propriété de quelqu'un d'autre comme une esclave ?
Millicent Fawcett n'est pas Emmeline Pankhurst avec sa rage et son envie de tout casser chevillées au corps parce que seule, pauvre, avec de nombreux enfants et aucun droit. M.F. est d'une famille aisée, libérale et progressiste. Ses parents sont intelligents et généreux. Les enfants étudient. Sa soeur sera la première femme médecin du Royaume-Uni. De plus Millicent épouse l'ami d'un militant pour les droits des femmes. C'est avec l'appui de son mari qu'elle luttera pour


le droit de vote des femmes. Description de cette image, également commentée ci-après

Millicent Fawcett fut une très grande féministe pacifique qui a énormement oeuvré pour l'amélioration de la condition des femmes, notamment des femmes dans la prostitution. Pour la question du droit de vote, elle n'approuvait pas l'activisme violent et spectaculaire mais elle n'a jamais critiqué celles qui s'y adonnaient car elle savait qu'elles se battaient pour les mêmes droits. Elle ne s'en est jamais prise aux activistes en guerre avec l'État même si elle pensait que la violence était contre-productive et même quand le public s'est mis à faire l'amalgame entre son mouvement et celui d'Emmeline Pankhurst.

Une privilégiée qui ne stigmatise pas les militantes non-privilégiées est selon moi un exemple à méditer. Même si elle ne comprenait absolument pas qu'elles aient choisi des procédés guerriers, Millicent Fawcett ne blâmait pas en public ces "casseuses", issues de divers horizons, comme font aujourd'hui certaines féministes "établies" avec des féministes émergeantes et qui ont pourtant le même but : se réapproprier ce corps qui ne semble jamais appartenir aux femmes à l'instar du sac à main  de MF.
Le respect inconditionnel pour les autres dont MF a fait preuve dans cette lutte est l'un de ses plus grands mérites.
La bataille séparée mais mentalement conjointe au-delà des dissensions, des militantes pacifiques de Millicent Fawcett et des activistes d'Emmeline Pankhurst a été nécessaire pour faire plier la mâlitude britannique et entamer un peu de son extrême arrogance. Que les féministes d'aujourd'hui en retirent l'enseignement qui s'impose.
Si l'union n'est pas possible, rien n'oblige à être dans la désunion exhibitionniste.

dimanche 25 août 2013

Christabel Pankhurst, la première cracheuse sur policeman de l'histoire...

...pour des raison politiques.
Christabel Pankhurst est l'une des trois filles d'Emmeline Pankhurst. C'est la raison pour laquelle je vois en Emmeline Pankhurst, la mère des suffragistes. Ses filles Adela, Sylvia et Christabel luttèrent aussi pour les droits civiques des femmes. Une lutte qui dura cinquante ans ! Largement le temps de trouver deux générations de femmes à la suite dans ce combat.

Christabel étudia le droit mais ne put exercer aucune profession dans ce domaine puisqu'elles étaient toutes interdites aux femmes.







 Au cours d'une assemblée d'hommes politiques (meeting du Parti libéral en 1905 à Manchester avec Winston Churchill, entre autres), Christabel et son amie Annie Kenney vinrent lancer à haute voix la question du vote des femmes. Trouvant que son beau meeting était perturbé par des importunes, Churchill et ses amis demandèrent à la police de les faire sortir manu militari. Christabel cracha à la figure du policeman qui la tenait et fut mise en prison pour trouble à l'ordre public ainsi que "technical assault" (crachat). Elle choisit de faire de la prison plutôt que de payer l'amende.

 Ce crachat fut la première violence de la lutte des Pankhurst. Elles décidèrent très vite que puisqu'elles n'avaient pas voix au chapitre dans l'élaboration des lois, elles n'avaient aucune raison de les respecter. C'est à partir de ce moment-là qu'elles commirent toutes sortes d'actions "hors-la-loi".

Les Pankhurst furent les plus grandes agitatrices de la lutte pour les droits civiques.

Dans la vidéo ci-dessous, on voit Christabel et Annie tenir un grand panneau "Vote for Women". Christabel est celle de droite.



jeudi 22 août 2013

Emmeline Pankhurst, mère des suffragistes

Emmeline Pankhurst est pour ainsi dire considérée comme la mère des suffragistes. À l'âge de 14 ans déjà, elle milite pour le droit de vote des femmes depuis son école de filles de Neuilly sur Seine près de Paris avant de fonder une association pour le droit des votes des femmes à Londres en Angleterre.

En réalité de l'autre côté de l'Atlantique, Elizabeth Cady Stanton avait déjà fondé la "National Woman Suffrage Assocation". Malheureusement morte en 1902, elle n'aura pas vu l'aboutissement de son combat poursuivit par l'anglaise Emmeline Pankhurst et parallèlement l'américaine Alice Paul aux États-Unis.


"En 1999 le Time a nommé Emmeline Pankhurst comme étant l'une des 100 Personnalités les Plus importantes du XXe siècle ; « elle a donné un idéal aux femmes de notre temps ; elle a fait trembler la société vers un nouveau destin qui ne pourrait avoir aucun retournement. » Elle a été largement critiquée pour sa tactique militante et les HIStoRIENs sont en désaccord sur leur efficacité, mais son action est reconnue comme un élément crucial pour l'obtention du droit de vote pour les femmes en Grande-Bretagne" (tiré de Wikipédia).

En effet, elle organisait des actions offensives comme de s'enchaîner aux lampadaires, provoquer des incendies dans des immeubles, faire la grève de la faim ou bien encore couper les fils des télégraphes.
C'est elle qui fut derrière l'attentat à la bombe (posée par Emily Davison) dans la résidence du chancelier David Lloyd Georges. Elle prit 3 ans ferme. S'en suivit une avalanche d'actions similaires de la part des autres militantes. Elles jetèrent par exemple du poivre et un chat mort sur le premier ministre Herbert Asquith mais perpétrèrent aussi d'autres attentats à la bombe et d'autres incendies dans tout le pays. On parla de Reign of Terror (règne de la terreur)..
Emmeline fut libérée l'année de son emprisonnement pour des raisons de santé dues à sa grève de la faim.
Les actions se poursuivirent à coups de bombes, acide dans les boîtes aux lettres, incendie d'églises pendant lesquels les militantes entonnaient "God save Emmeline Pankhurst".
Le summum fut atteint avec la mort d'Emily Davison qui rentra en collision avec le cheval de George V au derby d'Epson le 4 juin 1913, ce qui fit dire à Emmeline Pankhurst qu'elles forceraient leurs adversaires dans la position de pouvoir leur dire "Donnez-nous notre entière liberté ou tuez-nous".  

S'en suivirent le ballet des grèves de la faim, des nourrissages forcés et des remises en liberté.

Puis Emmeline est arrêtée en voulant remettre une pétition au roi. Elle crie "“Arrested at the gates of the Palace. Tell the King!” (Arrêtée aux portes du palais. Dites-le au roi ". La photo fait la une de tous les journaux et devient l'un des documents les plus importants de l'histoire du féminisme (ou de l'herstoire).
File:Emmeline Pankhurst Arrested 1907-1914.jpg

lundi 29 juillet 2013

Arrêtées, molestées, battues, elles n'avaient pourtant pas les seins nus

AVERTISSEMENT : CE BILLET NE S'ADRESSE PAS AUX JEUNES FEMMES EN MAL DE VOCATIONS SACRIFICIELLES ET D'ACTIONS DIRECTES MAIS AUX FÉMINISTES ANTI-FÉMENISTES comme celle-ci et se veut un PETIT RAPPEL HISTORIQUE à base de photos de suffragettes anglaises prises entre 1903 et 1914. Parmi elles, Emmeline Pankhurst (2e photo en partant du haut) et Edith Bowermann (dernière photo (femme à terre, blessée par des coups de matraque)).



pankhurst.jpg
Photograph:Police officers arrest a “suffragette” who had been protesting for British women's right to vote, outside Buckingham Palace, in London, in 1914.
A Suffragette is Arrested and Escorted by Police in London, May 1906 (b/w photo)


 




Police and Pankhurst Family



Suffragettes vs. police

À force de répression et d'insuccès, le mouvement d'Emmeline Pankhurst se radicalisera et optera pour le vandalisme. E.P. dira : "L'argument de la vitre brisée est le meilleure argument en regard de la politique moderne". Elle exportera le modèle de la combattante pour le suffrage aux États-Unis auprès d'Alice Paul et de Lucy Burns qui crééront l'antenne américaine du mouvement.
Emily Davison posera, entre autres, des fumigènes à la paraffine dans trois boîtes aux lettres, mettra le feu à une corbeille de sciure dans une poste et posera une bombe dans la maison du premier ministre David Lloyd Georges.
De l'autre côté de l'Atlantique, les Américaines ne seront pas en reste.
Si bien qu'après cinq longues années d'assauts suffragistes du mouvement américain pour les droits civiques des femmes, le président des États-Unis,Woodrow Wilson, finira enfin par être favorable à un amendement qui accorderait aux Américaines le droit de vote et prononcera cet étonnant discours féministe devant le sénat :

"Devons-nous seulement demander à nos femmes, et prendre tout ce qu'elles peuvent donner en service et en sacrifice, tout en continuant à affirmer que nous ne voyons pas quel droit cela leur confère pour se joindre à nous et veiller aux affaires de la nation ainsi qu'aux nôtres ? Dans cette guerre [la première guerre mondiale où les femmes ont remplacé les hommes dans les usines entre autres "services rendus à la nation"], nous avons fait de nos femmes nos partenaires ; devons nous les accepter seulement dans un partage de la souffrance, du sacrifice et du labeur et leur refuser le partage du privilège et du droit ?"

Mais le sénat restera insensible à ces paroles et attendra encore un an avant de voter l'amendement (à une majorité d'une seule voix) le 4 juin 1919. On se rappelle que le 4 juin fut également le jour où Emily Davison fut tuée par une collision avec le cheval du roi Georges V).

Les femmes qui menèrent le combat pour le droit de vote des femmes ne manifestaient pas les seins nus car il n'en était encore nul besoin pour être visible aux yeux de la presse et pourtant elles n'ont pas été mieux traitées que leurs arrière-arrière-petites-filles, les Femen. D'ailleurs, il me semble que pour la visibilité/audibilité, ce soit les seins nus ou la vitre brisée, pas les deux*.
Et en attendant que nous ayons à mettre nos slogans sur nos fesses pour ne pas être maintenues dans l'ombre du foot, du pape, de la guerre (israélo-palestinienne, syro-syrienne, égypto-égyptienne, etc, au choix), du bébé des Windsor, et autres glorifications virilo-virilistes habituelles (pendant que la banquise du pôle Nord fond, la centrale de Fukushima fuit, un défenseur des tortues est assassiné, infos quand même nettement plus urgentes à communiquer) soutenons les femmes en lutte contre le patriarcat mortifère : Sacha, Oksana et Alexandra, les Pussy Riot, Amina et leurs ami.e.s emprisonné.e.s, tabassé.e.s ou simplement intimidé.e.s.

L'argument du maintien de LEUR ordre est leur seul argument.

Le droit de vote fut cédé par eux à force d'usure et à la condition (cachée) que nous ne leur laissions le pouvoir. Maintenant, nous ne voulons plus de leur autorité appuyée par les "hauts dignitaires" de leurs religions phallocentrées. Il faudra qu'ils le comprennent également.


Concernant le combat pour le suffrage et le cinéma, je suis tombée par hasard sur ce film de 1949 "Adventure in Baltimore" traduit voluptueusement en frenchy par "Un délicieux scandale", film qui bien sûr, se sert des suffragettes pour alimenter les fantasmes sexuels masculins. Car de la sorcière à la suffragette, tout est bon pour alimenter les fantasmes sexuels de ces messieurs. Les Femen n'y sont pas pour grand chose et se mettre nue ou non n'y change(ra) rien. La preuve :
A propos du personnage qu'est censée jouer Shirley Temple ici, il y a bien eu une suffragette peintre : Louise Jopling (1843-1933), mais, bien entendu, cette grande artiste fut sans rapport avec la petite fille gâtée mettant en danger la gloire de la mâlitude de cette stupide comédie américaine.


 *Aujourd'hui le vandalisme a des fins politiques est tout bonnement assimilé à du terrorisme et est beaucoup plus réprimé que dans les années 1900/1910. Il n'est pas étonnant alors que les seins nus le remplacent.

samedi 13 juillet 2013

Notre 14 juillet devrait être le 4 juin


Je viens de lire une très belle bio de Emily Davison dans le magazine féministe allemand Emma mais je n'ai pas le temps de la traduire. Heureusement, à l'occasion du centenaire de sa mort, le 4 juin 1913, un journaliste de Mediapart a fait un article sur elle. J'ai juste remplacé un paragraphe (et quelques bouts de phrases par ci par là), après avoir copier/coller l'article, afin qu'il ressemble un peu plus à celui d'Emma que je trouve bien meilleur. Néanmoins, merci à Jean-Louis Legalery pour ses efforts pro-féministes.
D'ailleurs, au sujet des hommes qui veulent être nos alliés, un excellent article de Hypathie est à lire ici.

Emily Davison, martyre de la cause féministe (le vrai titre était Emily Davison, pionnière de l'égalité mais je l'ai changé).

Emily-Davison-008.jpg
Emily-Davison-010.jpg
Photo Hulton Archive/Getty images.
Le 4 juin 1913, il y a cent ans, lors du célèbre Derby d’Epsom, traditionnelle et annuelle course hippique de plat, dans le Surrey, dans laquelle la famille royale engageait toujours un cheval, reconnaissable au fait qu’il n’arborait pas de couleurs attachées à la selle, une femme sortit de la foule, dans la courbe de Tattenham Corner, et fut heurtée violemment par Anmer, le royal équidé. Jusqu’à un passé récent l’histoire britannique a fait passer cet événement tantôt pour le geste d’une déséquilibrée, tantôt pour le suicide d’une désespérée. Il est désormais avéré que ce n’est ni l’un ni l’autre. La jeune femme s’appelait Emily Wilding Davison. Elle avait quarante ans et était militante du WSPU, Women’s Social and Political Union et elle voulait accrocher à la selle d’Anmer un ruban aux couleurs du WSPU pour promouvoir le droit de vote des femmes, mais préjugea tragiquement de la vitesse du cheval lancé au galop.

La suite est connue. Elle fut conduite inconsciente à l’hôpital d’Epsom où elle mourut de ses blessures quatre jours plus tard, aux confins d’un anonymat que l’establishment tenta de créer à travers la mise en scène d’un fait divers. Mais, lorsque sa dépouille fut ramenée en train jusqu’à sa ville natale de Morpeth, dans le Northumberland, au nord-est du Royaume-Uni, comme l’a raconté Val McDermid dans le Guardian du 31 mai, des milliers de gens attendaient à la gare pour lui rendre hommage, preuve d’une popularité extraordinaire. Emily Davison, issue d’un milieu modeste et d'une famille nombreuse, avait obtenu une bourse pour aller étudier la littérature et les langues, dites modernes à l’époque, en 1891 au Royal Holloway College, à l’âge de 19 ans. Mais le décès de son père la contraignit à abandonner, en raison des frais d’inscription trop élevés que sa mère ne pouvait assumer. Elle devint gouvernante, pour subvenir à ses besoins, puis enseignante et économisa suffisamment d’argent pour reprendre ses études supérieures au St Hugh’s College d’Oxford. Cependant les femmes n’étaient pas autorisées à obtenir les mêmes diplômes que les hommes, elle obtint néanmoins les plus hautes distinctions dans chacune des matières préparées.

[Elle] adhér[a] au WSPU, créé par Emeline Pankhurst. Les nombreuses demandes de cet organisme envoyées au gouvernement pour obtenir le droit de vote des femmes obtinrent systématiquement une fin de non recevoir. Les femmes devaient garder le même statut que les enfants, les handicapés mentaux et les fous. Alors Emily Davison décréta qu'il fallait passer aux actes et se radicalisa à chacune de ses actions consistant, par exemple, en jets de pierres et incendies contre les élus qui faisaient obstruction au droit de vote pour les femmes. Elle fut emprisonnée à plusieurs reprises car, à chaque incarcération, elle commençait une grève de la faim qui la faisait libérer, et, une fois qu’elle avait repris des forces, elle était à nouveau incarcérée. L’exploit qui scella sa notoriété eut lieu au soir du recensement national, le 2 avril 1911. Elle s’enferma dans un placard à balais de la chambre des communes, y passa la nuit et indiqua comme adresse, sur la feuille de recensement, the House of Commons. En 1999, le ministre travailliste Tony Benn, qui devint le plus jeune élu, en 1950, en remportant la circonscription de South Gloucestershire, rendit hommage  à Emily Davison et aux suffragettes. en posant une plaque commémorative à leur noms.
(...)
 Le droit de vote fut octroyé [par la suite] aux femmes, victoire posthume d’Emily Davison, dont la devise était deeds not words, des actes pas des mots.
A voir ici les trois vidéos rétrospectives de British Pathé :
http://www.youtube.com/watch?v=fJBdPFfnZHU
http://www.youtube.com/watch?v=siZ1rcIECdk
http://www.youtube.com/watch?v=-G4fJ9I_wQg

Le féminisme a sa martyre. Nous devrions commémorer chaque année la mort d'Emily Davison.
Ce serait notre 14 juillet à nous car celui des hommes ne compte pas. Pour LEUR révolution, ils se sont juste servis de nous. Et quand nous avons réclamé le droit de vote, ils nous ont décapité en la personne d'Olympe de Gouges ainsi que d'autres peut-être dont nous ne savons plus rien puisqu'ils effacent notre mémoire.

Et à propos des actes (pas des mots) : voir la vidéo ici (chez Emelire) des féministes solidaires d'Amina Tyler, devant la préfecture de Toulouse, venues demander sa libération et qui n'ont pas hésité à faire un sitting torse nu pour faire relâcher la Femen toulousaine embarquée par la police pour exhibition sexuelle (sic). Oui, Deeds not words, telle devrait être aussi notre devise !

mercredi 4 mai 2011

Le film dans lequel Shakespeare n'est toujours pas une femme


Même Zemmour a trouvé "Charly 9" bourré de clichés et d'une bouffonnerie grotesque !

Néanmoins vous n'éviterez aucunement le film bourré de clichés et grotesquement bouffon qui ira avec, comme les deux pièces d'un costume de bouffon coordonné ne sauraient aller autrement que de pair. Alors attendez-vous à l'adaptation (la duplication) prochaine de ce navet car sang + folie (c'est le thème du livre) = recette assurée.

En attendant voilà un autre événement ciné, celui dont je vous parle depuis un moment : "Anonymous", le nouveau film sur Shakespeare dans lequel il n'est toujours pas une femme.
En assistant au tournage de l'intérieur, il aurait été bien difficile de dire à quoi ressemblerait le résultat final mis à part que l'aspect "bourré de clichés" des quelques scènes dont on fut témoin, a même sauté aux yeux des moins renseigné.e.s sur le XVIe siècle parmi les membres de la figuration.
Quant à la bande-annonce, elle a un drôle d'air de famille avec celle d'"Inglorious Bastards", je trouve.

Pour la défense d'Anonymous, je dirais que les acteurs engagés pour les extraits des pièces de Shakespeare montrés dans le film sont de fabuleux comédiens de théâtre entièrement britishs et dirigés par une merveilleuse metteuse-en-scène de théâtre, Anna Foester, que je l'aime bien, personnellement parce qu'elle m'a félicité pour mes joulis dessins.... :)


Donc, dans ce film, Shakespeare n'est ni Amelia Bassano Lanier ni Marie Pembroke. Néanmoins quand je vois l'affiche où il est écrit "WAS SHAKESPEARE A FRAUD ?" je souris en douce car en latin le nom Fraus qui désigne la déesse de la fraude a donné naissance au terme allemand (misogyne, certes) de FRAU qui veut dire femme. Du coup, on lirait presque "WAR SHAKESPEARE EINE FRAU ?" ("Shakespeare était-il une femme ?"). Et oui ! On a beau se donner du mal pour enterrer la femme, il y a toujours une oreille qui dépasse !
Rectificatif : Frau ne vient pas de Fraus mais du vieil allemand frouwe (seigneuresse), néanmoins la fraude qui consiste pour une femme à se faire passer pour un homme, ce qui pourrait bien avoir été le cas de l'énigmatique Shakespeare, est l'exemple même d'un dégât collatérale de la misogynie. De ce fait, les mots "fraude" et "femme" ne sont pas tout à fait étrangers l'un à l'autre.

La bande-annonce est ici (je l'avais d'abord mise dans le billet mais l'image d'une tête sur un billot tirée d'une scène du milieu du film a été placée en bannière pour appâter le chaland de base...alors je l'ai retirée).

dimanche 6 février 2011

Les "shakespearables" dont Amelia Bassano Lanier



Se prononcer pour ou contre l'hypothèse que suggère cette image ne saurait constituer un sujet de débat valable et il serait tout à fait ridicule de choisir ici son camp à moins d'être un.e "shakespeariste" confirmé.e, et encore.
C'est pourquoi décider comme Roland Emmerich de réaliser un film sur Shakespeare en prenant position pour une théorie déterminée, cela relève d'une démarche essentiellement liée à la "politique de genre", disons, un genre à la fois sexuel et social. C'est à dire que lorsqu'un riche homosexuel réalise un film dans lequel Shakespeare se révèle n'être autre, lui aussi, qu'un riche homosexuel, il s'agit ni plus ni moins que de donner des lettres de noblesse à une sorte de "caste".
Ce paramètre est exactement celui qui m'intéresse.
Objectivement la caste "riche homosexuel" est loin d'être aussi discriminée que la caste "femme", pauvres et riches confondues.
Que l'on soit indifférent ou non à la question de l'identité de Shakespeare, il est certain que les femmes ont tout autant et même bien plus à gagner que les homosexuels masculins dans le cas où Shakespeare s'avérerait être l'"une" des leurs.
D'autant que la dissimulation de la véritable identité est mille fois plus justifiée pour une femme.
En supposant qu'une autrice du XVIe siècle ait voulu signer de son nom réel des pièces de théâtre comme le fait aujourd'hui librement Yasmina Reza, cela lui aura été parfaitement impossible.
Rappelons nous que cette époque est antérieure à celle où l'on nomma péjorativement les femmes de lettres "femmes savantes". Parmi les femmes déjà présentées sur ce blog qui ont laissé une oeuvre littéraire, rien ou presque de leurs oeuvres n'a paru de leur vivant, même pas l'Heptaméron de Marguerite de Navarre (piqué par un homme après sa mort qui s'en est attribué la paternité avant que Jeanne d'Albret ne reconnaisse l'oeuvre de sa mère). Seuls les poèmes de Louise Labbé qui inspirent aujourd'hui encore tant de suspicion ont échappé à cette règle.
Une femme qui pensait et écrivait, une "savante" donc, était dans ce temps un objet de divertissement au même titre que le furent plus tard "les précieuses ridicules" de Molière.

Quelle oeuvre féminine possède de nos jours une réputation à la hauteur de celle de Shakespeare ? Quelle oeuvre féminine est-elle reconnue comme majeure, indispensable, incoutournable et géniale par hommes et femmes réunis ?

Et imaginons l'arme que serait contre la violence envers les femmes dans le monde une oeuvre reconnue comme de génie absolu ayant eu pour créatrice une femme !

En ce sens, on ne peut nier qu'un enjeu social considérable est attaché à l'identité sexuelle de Shakespeare .

(Ce texte écrit à la va-vite de bonne heure ce matin a été remanié ultérieurement à sa publication c'est-à-dire ce soir).

samedi 5 février 2011

D'aucuns pensent que Shakespeare était une femme

Lorsque j'ai lu le journal hier, j'ai trouvé en première page la nouvelle que j'ai rapportée précédemment sur la masculinité supposée de la Joconde, et le journaliste qui signait l'article le terminait ainsi : "donc la Joconde est un homme mais comme Shakespeare est une femme, l'équilibre est rétabli".
Du coup, j'ai cherché où il était dit que Shakespeare aurait été une femme et j'ai trouvé.





"Shakespeare war eine Frau!", dass behauptet zumindest Robin Williams, ein Forscher aus der USA. Der Dichter-Titan soll in Wirklichkeit die sehr gebildete Gräfin von Oxford, Mary Pembroke, die von 1561 – 1621 lebte, gewesen sein, so Williams. Doch wie kommt er darauf?

Traduction : "Shakespeare était une femme". c'est du moins ce que prétend Robin Williams, un chercheur américain. Le géant de la poésie serait en réalité la très cultivée comtesse d'Oxford, Mary Pembroke, qui vécut de 1561 à 1621, affirme Williams. Comment en vient-il à cette conclusion ?"

En résumé de l'article dont on ne trouve pas d'équivalent en francais: les oeuvres de Shakespeare sont tous dédiées aux fils de la comtesse, les figures masculines et les conflits présentées dans ses pièces ressemblent étrangement à des figures et des conflits de la maison Pembroke et plus la vie de la comtesse Pembroke s'assombrit plus les pièces de Shakespeare deviennent sinistres.

dimanche 16 janvier 2011

Marie Stuart au théâtre

MARY STUART de Friedrich Schiller mise en scène Stuart Seide au TGP



Friedrich Schiller qui a fait de Marie Stuart et d'Elisabeth 1re des héroines de pièce de théâtre, les fait aimer le même homme afin de donner une dimension romantique à ce qui les jeta réellement l'une contre l'autre. Mais il sait que cette soi-disant rivalité amoureuse est juste une invention théâtrale factice et n'insiste pas pour dire que c'est cela qui condamna la reine d'Ecosse. Au contraire. Il fait dire au conseiller d'Elisabeth à propos de Marie Stuart :
"Tu dois subir le coup ou le donner. Sa vie est ta mort, sa mort, ta vie".
Cornélien.

Plus contemporaine la pièce "Ulrike Maria Stuart" d'Elfriede Jelinek.

La pièce décrit le combat féminin pour le pouvoir politique. Elle donne une voix aux 'reines de la terreur', Ulrike Meinhof et Gudrun Ensslin, qui ont ébranlé l'Allemagne fédérale dans le rôle de cofondatrices de la Fraction Armée Rouge (RAF). Jelinek place à leurs côtés les deux reines historiques qui se sont elles aussi chargées d'une culpabilité sanglante : la Marie Stuart de Friedrich Schiller et son adversaire, la reine Elisabeth d'Angleterre. En trois parties, Jelinek raconte la dispute des reines. Les héroïnes historiques de Schiller se mêlent aux ennemies de l'État, Meinhof et Ensslin, pour devenir les personnages de théâtre Ulrike/Marie et Gudrun/Elisabeth.

vendredi 14 janvier 2011

Les historiens et les luttes de pouvoir au féminin




Dans E. Segond : "Petite Histoire générale - des origines à nos jours ", librairie Hatier 1922, au chapitre de la Réforme, paragraphe III, 4 : "Le schisme et le Réforme en Angleterre - Élisabeth et Marie Stuart", on peut lire ceci :

"Marie Stuart avait mortellement offensé Élisabeth, à la mort de Marie Tudor, en prenant les armes de reine d'Angleterre, comme descendante d'une soeur de Henri VII. De plus, sa jeunesse et sa beauté excitaient la jalousie de sa cousine" !!!!!!!! (cliquer sur l'image)

Outre le fait qu'être jeune ne va pas automatiquement de pair avec être belle et qu'être plus âgée ne va pas automatiquement de pair avec être laide (ou plutôt comme dirait je ne sais plus qui : "quand on est laide on est jamais jeune, quand on est belle on est toujours jeune") et cela vaut aussi pour les hommes, tout est faux dans ses deux phrases car Marie Stuart n'est pas descendante d'une soeur de Henri VII mais son arrière petit-fille, et petite-fille de la soeur aînée d'Henri VIII, quant aux armes de reine d'Angleterre, elle les portait depuis sa naissance !


Et voilà deux raisons pour Elisabeth de s'en prendre à Marie Stuart dont l'une paraît bien relever du fantasme !

Du moins, il est révélé plus loin que nombre de catholiques soutenus en sous-main par Philippe II d'Espagne complotaient sans relâche pour porter Marie Stuart sur le trône à la place d'Elisabeth afin de rétablir le catholicisme en Angleterre. En effet, si Elisabeth (voir billet d'Hypathie) a fait finalement exécuter sa cousine, c'est surtout parce que sa seule existence créait une menace permanente de guerre civile dans le royaume.

(Photo 2004 : la chanteuse punk allemande Nina Hagen interprétant la reine malfaisante dans une parodie cinématographique du conte "Blanche-Neige et les sept nains" des frères Grimm)

vendredi 17 septembre 2010

Margaret Pole, entre pape et tyran


A l'occasion de la visite du pape en Angleterre où plus aucun pape n'aurait mis les pieds depuis Henri VIII, j'ai envie de parler de Margaret Pole, la comtesse placée entre le marteau et l'enclume, c'est à dire entre le pape de l'époque et le fameux tyran dont on a rien trouvé de mieux à faire que de tirer une série télévisée érotique, et de comparer à cette occasion ce que deux Wikipedias en disent :


Margaret Pole, 8e comtesse de Salisbury
d'après Wikipedia.de (traduction de l'allemand brut de décoffrage)

Margaret Pole, née le 14 août 1473 à Bath/Somerset et morte le 28 mai 1541 à Londres était la fille de George Plantagenêt, 1er duc de Clarence, et d'Isabelle Neville. Après l'assassinat en 1499 de son frère Edouard Plantagenêt, 17e comte de Warwick, sur ordre d'Henri VII, Margaret resta la seule survivante de la dynastie des Plantagenêt. Avec Anne Boleyn, elle fut la seule femme de l'Angleterre du 16e siècle à obtenir le titre de comtesse pour ses mérites personnels.

En 1491 selon le voeu de Henri VII, elle épouse le cousin du roi : sir Richard Pole. Celui-ci meurt en 1505 la laissant veuve avec cinq enfants. L'un d'entre eux, Reginald Pole, fut plus tard cardinal et archevêque de Canterbury.

Lorsque Henri VIII monta sur le trône, Margaret obtint le titre de comtesse de Salisbury, titre que son frère portait avant d'être assassiné. Elle retourne également en possession des biens familiaux confisqués précédemment. Elle occupa la fonction de marraine et gouvernante de Marie Ire.

Après qu'elle ait eu pris parti ainsi que son frère,le cardinal,dans la controverse sur le remariage du roi contre Henri VIII, pour la reine Catherine d'Aragón menacée de répudiation, Margaret Pole perd son titre. Avant cela, deux de ses fils et d'autres membres masculins de sa famille avaient déjà été arrêtés et exécutés.

Le 12 novembre 1538, Henri VIII fait arrêter et enfermer Margaret Pole dans la Tour de Londres. De cette manière, il voulait forcer l'un de ses opposants les plus farouches, Reginald Pole, le fils de Margaret, à rentrer en Angleterre. Mais Reginald Pole resta en Italie, si bien qu'Henri VIII fit juger Margaret Pole par Bill of Attainder et la fit décapiter le 28 mai 1541 sur l'East Smithfield Green à Londres.

Après l'exécution de son fils aîné, Margaret, âgée alors de 65 ans, est enfermée (en 1539) dans la Tour de Londres. Deux années épouvantables plus tard, elle fut réveillée un matin par l'annonce que le roi ordonnait son exécution pour le matin même. Elle refusa de poser sa tête sur le billot, s'agenouiller étant une position réservée aux traîtres, dit-elle, elle n'avait pas de raison de se plier à cette injonction. D'après les témoignages, elle courut au travers la cour, poursuivie par le bourreau qui lui coupa l'épaule d'abord puis la tête quasiment en petits morceaux.

En 1886, Margaret Pole fut béatifiée comme martyre par le pape Léon XIII. On commémore son souvenir tous les 28 mai.

Maintenant je vous demanderais de lire la version de Wikipedia.fr ici

Je trouve la biographie francophone très décevante.

Sur le site "Histoires, mythes, folklores et légendes d'Angleterre et d'Irlande", on trouve ce texte (quelque peu corrigé par mes soins) traitant des fantômes de la Tour de Londres :
"Enfin le fantôme de Margaret Pole, la Comtesse de Salisbury, y serait aussi présent (dans la Tower Green, n.d.l.r.). A soixante-douze ans, celle-ci fut prise pour cible d’une insigne vengeance d’Henri VIII. En effet, le fils de la comtesse, le cardinal Pole, l'avait (selon le roi) diffamé quant à sa revendication d'être désormais considéré comme le chef de l’Eglise d’Angleterre, mais comme le cardinal s’était réfugié en France (sic), Henri s’attaqua à la comtesse qu’il fit emprisonné le 27 mai 1541 (sic). Quand le bourreau demanda à Margaret de s’agenouiller, la vieille femme refusa en déclarant que c’était les traîtres qui s’agenouillaient et qu’elle n’en faisait pas partie. Le bourreau leva alors sa hache au dessus de sa tête mais comme il était inexpérimenté, entailla son épaule avant de lui trancher la tête devant un public de cent cinquante personnes. On dit que ce spectacle recommence lors des anniversaires de sa mort et que le fantôme de la malheureuse continu d’être chassé, hurlante, par un fantôme de bourreau.

Du folklore, sans doute, pour ce qui est des "revenants", néanmoins l'exécution de la comtesse ainsi que de bien des gens de l'entourage d'Henri VIII qui ont osé le contredire, n'en a pas été par contre.

samedi 14 août 2010

La femme du peintre de la cour d'Angleterre


Et du côté des non-reines ?
Elles baissent les yeux ainsi que la la tête.
Ce portrait est celui de l'épouse de l'admirable, certes, en tant que peintre même indubitablement, Hans Holbein le Jeune, le même qui peignit trois des six épouses d'Henri VIII. Néanmoins, au vu de ce portrait, il est légitime de se demander quel rapport il pouvait bien entretenir avec sa femme. A l'instar du roi, un rapport de maître à sujet, dirais-je.
Je rappelle que ceci n'est pas une photo, prise par hasard au mauvais moment avec un modèle contrarié parce que débordé, mais d'une peinture qui a nécessité une ou plusieurs esquisses, le report de l'esquisse définitive sur une toile, et encore de longues heures d'applications de couleurs difficiles à préparer et qui sèchent lentement, demandant ainsi à y revenir des jours durant et à y travailler sans relâche.
Cette Mater Dolorosa n'a pas trop l'air de respirer le bonheur conjugal et son mari s'applique à restituer cette souffrance avec un soin parfait doublé d'une extraordinaire conscience professionnelle !
Beau tableau, il n'y a pas à dire, mais....

mercredi 11 août 2010

Yeux baissés, regard dans le vide : les six femmes d'Henri VIII



Yeux (humblement) baissés : Catherine d'Aragon par Michel Sittow




Regard fixe dans le lointain : Anne Boleyn par Lucas Horenbout





Regarde ailleurs : Jeanne Seymour par Hans Holbein le Jeune




Yeux (chastement) baissés : Anne de Clève par Hans Holbein le Jeune



Catherine Howard (qui réussit la prouesse de baisser les yeux avec un regard hautain !) par Hans Holbein le Jeune




Regard perçant le vide : Catherine Parr par Guillaume Scrots


Je n'ai pas placé ici de portraits parfois plus connus, notamment d'Anne Boleyn, mais dont on ne serait pas sûr de l'auteur, car mon propos est de montrer que ces six reines-là, contrairement aux trois autres présentées précédemment, ont toutes été peintes par un homme et, donc : ne lèvent pas les yeux sur lui.

jeudi 1 juillet 2010

Gentil Henri VIII !




Pendant que les représentations cinématographiques de Catherine de Médicis rivalisent dans l'art de la laideur et qu'on ne sait quoi inviter pour la rendre plus cauchemardesque et inhumaine, il se produit un phénomène exactement inverse avec Henri VIII, roi d'Angleterre. Il embellit à mesure que le temps passe.
Que dis-je, il embellit ? Il s'érotise carrément.

Pourtant ce monarque fut odieux à toute l'Europe tellement il répandit de sang, celui de deux de ses femmes, de leurs présumés amants, de tous les catholiques restés fidèles au pape après que le despote en question (parce qu'il voulait absolument un fils) se soit déclaré chef de l'église d'Angleterre, des protestants réfugiés chez lui, de ces plus fidèles conseillers, du moindre de ses contradicteurs, dont il fit couper les têtes à la chaîne, avec des haches rouillés pour faire souffrir plus longtemps ceux envers lesquels il éprouvait le plus de haine, leurs têtes bouillies barbouillées des entrailles et du coeur réduits en pièces étaient exposées sur des piques devant la tour de Londres pour faire régner l'effroi et que chacun pèse ses mots, chacun tremble pour sa vie, toutes les princesses d'Europe refusaient d'épouser ce bourreau, il n'y eut jamais de plus grand tyran dans toute l'histoire de l'Angleterre et le monde entier ne l'appelait plus que le Néron de la Tamise.
Quitte à me mettre à dos tous les amoureux de la série "The Tudors" : qu'on puisse faire d'un abominable assassin assoiffé de sang un personnage glamour entouré de seins ou qui découvre lui-même un sein en tenant son épée tel un instrument érotique, est absolument indécent. Verra-t-on dans quelques décennies Hitler glamourisé ?... décidément, il faut le dire : trop gentil, Henri VIII !

(La peinture d'Holbein, bien sûr, représente le vrai roi (135 kilos). La photo est tirée de la série télévisée anglaise "The Tudors", une série sur le romantisme du crime, sans doute).

vendredi 4 juin 2010

La femme au milieu du tableau


Cette femme au milieu du tableau (1861) de John Evan Hodgson qui représente l'atelier de Holbein le Jeune vers 1530, est Margaret Roper. Très admirée, entre autres, d'Holbein, elle a traduit au moins deux ouvrages d'Erasme en anglais.
C'est la fille de sir Thomas Moore (à d.) qui avait trois filles à lui plus une quatrième apportée en mariage par sa troisième épouse.
Cet homme d'exception, canonisé en 1935, s'occupait énormément de ses filles. Margaret Roper, considérée en son temps comme une sommité intellectuelle, a également composé des vers en latin et en grec, réalisé une imitation de Quintilien, un traité (The Four Laste Thynges), tous perdus. Une certaine Mary Moore, mais ce n'est pas sa soeur, a peint un portrait de son père dont une copie se trouve à la Bodleian Library d'Oxford mais je ne le trouve pas sur internet. C'est en faisant des recherches sur Mary Moore que je suis tombée sur la traductrice Margaret Roper.
Dans une lettre, Thomas Moore mentionne les magnifiques poèmes de Margaret Roper mais pourquoi ils ne sont pas parvenus jusqu'à nous, reste un mystère.
Ici un lien sur les femmes de lettres/traductrices de la Renaissance par un journal canadien en ligne :
http://www.ledevoir.com/societe/science-et-technologie/191903/les-traductrices-anglaises-de-la-renaissance-des-femmes-se-sont-donne-le-droit-de-parole
...Et il n'est question que des anglaises !