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lundi 26 mars 2012

Beatrice Cenci et l'art

Du roman de gare à l'opéra, le malheur de Beatrice Cenci a été exalté et décliné sous toutes les formes et sur tous les registres. Comme l'écrit Marine de Tilly pour la présentation de la pièce d'Antonin Artaud "Les Cenci", cette histoire a tout pour satisfaire le goût des romantiques (mais pas que) pour l'horrible et le monstrueux.
J'avais envie de montrer ici quelques oeuvres graphiques d'oeuvres inspirées de l'affaire Beatrice Cenci.








Je ne mettrai pas par contre les oeuvres "érotiques" actuelles (c'est à dire complètement perverses puisqu'il est question d'inceste) qui ont été sordidement forgées à partir du nom de la pauvre martyre italienne.
Mais il y en a.

lundi 12 mars 2012

"Le Mallade" (qui réclame un médecin) et La Femme (qui veut le soigner avec des herbes)

Scène 1

LE MALADE

Ma femme, que je suis malade !
Je sens au côté grand’ douleur.
J’ai le goût amer, le cœur fade.

LA FEMME

On le voit à votre couleur :
Mais veuillez donc prendre bon cœur
Et vous efforcer de manger.

LE MALADE

Manger, qui n’a plus de saveur ?
Vous me faites vif enrager.
Manger ! Je vous promets, ma mie,
Que je n’ai goût ni appétit,
Et nul morceau ne saurais mie
Avaler, tant fût-il petit.

LA FEMME

Il vous faut donc mettre en un lit,
Vous y serez plus à votre aise.

LE MALADE

Puisqu’en rien je ne prends délit,
Mieux suis ainsi, ne vous déplaise.

LA FEMME

Où vous tient votre passion ?

LE MALADE

Au côté droit, sous la mamelle.
Et sens une altération,
Qu’il n’en fut jamais une telle !

LA FEMME

La dent de sanglier blanche et belle
Vous donnerai, c’est ma coutume ;
Et d’une herbe, je sais bien [la]quelle,
Je vous ferai un cataplume.

LE MALADE

Ma mie , ce n’est pas le point
Par où il me convient guérir.
Allez bientôt, ne tardez point,
Un bon médecin me quérir.

LA FEMME

Toujours à eux voulez courir :
Mais leur patte est trop dangereuse ;
Car l’autre jour firent mourir
La fille de la procureuse.
Entre nous, pauvres femmelettes,

Avons bien quelque expérience,
Et connaissons les herbelettes
Ainsi qu’eux, par ma conscience !
Pensez-vous que leur grand’ science
Puisse toutes choses savoir ?

("Le Mallade" de Marguerite de Navarre (farce, v. 1535) extrait de la scène 1)


(Je suis un peu déprimée depuis que j'ai découvert que dans les années 1980 une femme a déjà entrepris ce que j'entreprends aujourd'hui et que certainement d'obscures femmes comme moi entreprennent chacune à leur tour la même chose sans espoir que cela parvienne à toucher le plus grand nombre un jour parce que c'est toujours l'invisibilité qui gagne).

Ajout du 13.03 :
"Comme il est diversité de médecins qui par ignorance ne savent ni ordonner ni appliquer les herbes selon les maladies, ainsi en est-il des préconisateurs de la voie et de la parole divine, ils sont la cause des pestes, cécités et maladies spirituelles presque incurables que nous voyons régner et des innombrables âmes qui meurent et se ruinent sans discrétion. La ceinture dorée ne fait pas le médecin pas plus que le bonnet rond la théologie" (Marguerite de Navarre)
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(Ill. tirée du "Livre des simples médecines" de Platearius v. 1480)

(Mon prochain billet sera également consacré aux femmes et à la médecine au XVIe siècle)

samedi 14 mai 2011

Le prieur pervers de Saint-Germain a encore frappé !

Je rappelle que le 19 janvier j'avais fait un rapprochement entre le prieur de Saint-Germain qui abusa éhontément de son pouvoir dans son abbaye pour violer des nonnes, mais se trahit en tentant ses pratiques sur la courageuse soeur Marie Heroët (la reine de Navarre avertie, le confondra et consignera l'affaire dans son Heptaméron) avec l'affreux Dominique Strauss-Kahn qui aurait commis une tentative (présumée) de viol aux États-Unis.


Admirez la prémonition !!!!

Pervers pépère est peut-être démasqué. Ouf ! Si ses agissements sont avérés, il est grillé pour les élections, j'espère. Quoique : on ne sait jamais dans un pays où l'on absout d'une main aussi légère le moindre Polanski, un président violeur pourrait même être parfaitement représentatif de la mentalité dominante !

Ajout de 12.34 h : un article du 22.10.2008 ici ou voir la même vidéo directement ici
+ coms sur la vidéo ici. DSK a un tel passif qu'il est étonnant (ou pas) qu'il ait pu un jour avoir été vendu comme le sauveur de la France !

mercredi 19 janvier 2011

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Pour celles et ceux qui ont aimé la nouvelle de l'Heptaméron que j'ai publiée sur mon blog, il y a de cela quelques mois, il en existe une adaption théâtrale créée par une certaine Nathalie Hamel en 2009 et jouée plusieurs fois à Paris depuis.
Disons que la pièce regroupe plusieurs nouvelles mais comme je ne l'ai pas vu, voici sur le blog de la comédienne Clémentine Stepanoff de plus amples explications.

Photo : Soeur Marie Heroët et le Prieur de Saint Martin

on dirait pas un peu DSK de dos ?

dimanche 16 janvier 2011

Marie Stuart au théâtre

MARY STUART de Friedrich Schiller mise en scène Stuart Seide au TGP



Friedrich Schiller qui a fait de Marie Stuart et d'Elisabeth 1re des héroines de pièce de théâtre, les fait aimer le même homme afin de donner une dimension romantique à ce qui les jeta réellement l'une contre l'autre. Mais il sait que cette soi-disant rivalité amoureuse est juste une invention théâtrale factice et n'insiste pas pour dire que c'est cela qui condamna la reine d'Ecosse. Au contraire. Il fait dire au conseiller d'Elisabeth à propos de Marie Stuart :
"Tu dois subir le coup ou le donner. Sa vie est ta mort, sa mort, ta vie".
Cornélien.

Plus contemporaine la pièce "Ulrike Maria Stuart" d'Elfriede Jelinek.

La pièce décrit le combat féminin pour le pouvoir politique. Elle donne une voix aux 'reines de la terreur', Ulrike Meinhof et Gudrun Ensslin, qui ont ébranlé l'Allemagne fédérale dans le rôle de cofondatrices de la Fraction Armée Rouge (RAF). Jelinek place à leurs côtés les deux reines historiques qui se sont elles aussi chargées d'une culpabilité sanglante : la Marie Stuart de Friedrich Schiller et son adversaire, la reine Elisabeth d'Angleterre. En trois parties, Jelinek raconte la dispute des reines. Les héroïnes historiques de Schiller se mêlent aux ennemies de l'État, Meinhof et Ensslin, pour devenir les personnages de théâtre Ulrike/Marie et Gudrun/Elisabeth.