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vendredi 29 mars 2013

Magdalena Van de Passe, graveuse

Magdalena Van de Passe est l'une de ces graveuses hollandaises du XVIIe siècle dont on n'a, semble t-il, pas réussi à usurper le nom. Elle fut très célèbre en son temps et démarra la gravure à l'âge de 14 ans. Avant de travailler pour elle-même, elle aida beaucoup son père et son frère. Rien que pour ce dernier, elle oeuvra avec lui à la réalisation des 65 gravures d'un unique ouvrage.

Le peintre Adriaen van de Venne, entre autres, lui dédicaça un poème. 


File:Les Metamorphoses d'Ovide - Atalanta and Hippomenes.jpg(Atalante et Hippomène)

Ici, on peut directement se promener dans l'une de ses gravures et y découvrir de minuscules détails d'une précision extrême.

samedi 23 mars 2013

Geertruydt Roghman, graveuse

Pour éviter une indigestion de bouquets de fleurs sur ce blog (j'en ai en réserve et je promets d'y revenir mais j'ai envie de passer momentanément à un autre genre), voici une extraordinaire graveuse qui a gravé beaucoup de paysages et de scènes bucoliques dessinés par son frère mais aussi représenté les activités d'esclave domestique des femmes comme on peut le voir avec cette série ci-dessous entièrement dessinée et gravée par elle dont le nom est Geertruydt Roghman (morte à 32 ans) :
Two Young Women Sewing
Woman Reading
Geertruydt Roghman (Born 1625): Woman Cooking. Engraving c1647. Plate 3 of Roghman’s own series of five Domestic Interiors with Women at Work. (205 x 163 mm)

Woman Spinning, Geertruydt Roghman c1650. Dutch. Appears to be a treadle wheel. Spinning flax.

samedi 2 mars 2013

Anna Visscher, graveuse sur verre



Anna Visscher, (1584-1651), fut poétesse, traductrice, calligraphe et graveuse sur verre.



Anna Visscher était la fille aînée du négociant en grains et poète amateur Roemer Visscher et d'Aefgen Onderwater, la fille d'un brasseur. Elle suivit des études classiques à Amsterdam et apprit également la calligraphie, le dessin et la peinture, le français et l'italien et choisit de traduire Georgette de Montenay. Pour ce qui est de sa poésie, ses mises en rimes de psaumes selon le modèle usité dans l'Église réformée et le contenu de ses poèmes, indiquent fortement sa sympathie pour la religion reformée.File:Anna Roemers Visscher02.jpg

Une note faite par Ernest Brinck en 1612 lors de sa visite à la maison des Visscher, confirme qu'Anna et ses jeunes sœurs Geertrui et Tesselschade excellaient dans des disciplines telles que la musique, la peinture, la gravure sur verre, les refrains (une forme poétique proche de la ballade), l'invention d'emblèmes, la broderie et la natation, apprise dans le jardin de leur père où se trouvait un canal d'eau.
On n'a conservé aucun des refrains d'Anna. Il nous reste d'elle un exemplaire des Cent emblèmes chrestiens (1602), de la poétesse Georgette de Montenay, dans lequel Anna Visscher écrivit les traductions qu’elle avait faites des légendes rimées. L'intérêt qu'elle portait aux emblèmes se reflète aussi dans l'édition des Sinne-poppen de 1614 de son père, dont elle s'occupa en 1620 en complétant les explications en prose au-dessous des images par ses propres distiques. Parfois, elle ajouta un poème plus long de son cru.
 
Roemer
Même si Anna, tout au long de sa vie, fut admirée en tant que poétesse par, entre autres Vondel, Huygens et Cats, et que l'on l'appela une seconde Sappho, la dixième muse ou une quatrième Grâce, ses poèmes parurent uniquement dans des recueils d'autres auteurs, tels que son père, que Heinsius et que Cats, ainsi que dans un recueil d'intérêt local, le Zeeusche Nachtegael (Le rossignol zélandais). On ne  publia pas ses créations, bien qu'elles soient conservées dans de beaux manuscrits calligraphiés, dont un seul est encore existant. Un copiste, sans doute un certain David de Moor, prit la peine de les copier. Son fils Romanus van Wesel ayant sauvegardé les œuvres de sa mère ainsi que celles de sa tante Tesselschade, jugea leur qualité insuffisante pour les publier sans y apporter des modifications.
Un auteur anonyme du XVIIIe siècle se fâcha du fait que les autrices auraient gagné beaucoup d'admiration pour cette seule raison d'avoir été des femmes : « Nous ne voulons pas faire mention de mademoiselle Anna Roemers Visscher, de Tesselschade [...] ni de beaucoup d'autres, car leur vers ne doivent leur succès qu'à leur sexe » (cité de Boekzael der geleerde werelt, 1719).
Au XIXe siècle, elle fut redécouverte, comme d'ailleurs sa sœur Maria Tesselschade. Le sentiment patriotique fut flatté par l'existence de ces deux femmes aux esprits élevés : on se vantait d'avoir découvert que les Pays-Bas aussi comptaient, déjà très tôt, des poétesses importantes parmi leurs littérateurs. Anna était considérée comme l'amie de Cats, apparemment en raison des aspects didactiques de l'œuvre de ce dernier : on se souvenait surtout de ses poèmes à tendance pieuse et docte. À peine son esprit d'autodérision fut remarqué et ce fut en partie pour cette raison qu'elle est longtemps restée à l'ombre de sa sœur Tesselschade.


Roemer

Par contre on a conservé ses gravures sur verre.

mardi 21 septembre 2010

Diana Scultori Ghisi, graveuse



Diana Scultori Ghisi (1547-1612), est l'une des trois filles d'un célèbre graveur de la cour de Mantoue en Italie. Non seulement elle a été connue pour ses magnifiques gravures mais elle a également été enregistrée comme la première femme autorisée à vendre son travail sous son propre nom.

Elle s'installe à Rome en 1575, avec son mari et démarche la cour pontificale où elle montre des plaques gravées en demandant et obtenant l'autorisation de vendre son travail sous son propre nom (Diana Mantuana ou Diana Mantovana). Elle a également aidé son mari dans sa carrière d'architecte en lui obtenant d'importantes commandes.

Au XVIe siècle, les artistes ont vu leur liberté restreinte en raison de règles strictes imposées par l'Église. Si l'Église considérait l'œuvre comme dissidente, l'artiste pouvait être exposé à l'excommunication, à des amendes ou même à la saisie de ses biens propres.

Toutes les images et les textes étaient contrôlés et répertoriés afin de protéger la propriété artistique d'origine et étaient soumis au jugement critique du public.

Soumise à ces règlements, Diana a néanmoins produit des oeuvres de grande qualité même si les thèmes sont en quelque sorte tous imposés. D'autres artistes comme Lavinia Fontana s'inspiraient de ses gravures. Diana a pris le travail d'autres artistes comme modèle, mais la plupart des dessins pour ses gravures provenaient soit de son mari, ou de son frère peintre.

Diana a changé plusieurs fois de signature à différents moments de sa vie. Dans la plupart de ses œuvres elle a signé sous le nom de Diana Mantuana ou Diana Mantovana. On ne connaît aucun travail de sa main signé sous le nom de Scultori Ghisi.

Elle a été l'une des rares femmes artistes que Vasari mentionne dans l'édition des Vite de 1568.

Diana a produit 62 tirages au cours de sa vie et adopté avec succès différents styles.

Une de ses plus célèbres gravures est une volute ionique abondamment décorée d'une chaîne de feuilles d'acanthe et de fleurs. Ses œuvres se différencient beaucoup de celles de son époque. Dans le cadre de la gravure on trouvait plusieurs lignes de dédicaces en latin louant le travail des étudiants en architecture. Avec ses différents modes de signature Diana était aussi connue pour ses longues dédicaces inscrites sur ses travaux.

Son dernier travail en date intitulé "Tombeau après Nogari" a été imprimé en 1588. Après la mort de son premier mari Francesco da Volterra, Diana s'est remariée avec Giulio Pelosi, un autre architecte avec lequel elle a fini sa vie à Rome.

Plusieurs gravures de sa composition ont été imprimées après sa mort.

Pour admirer d'autres gravures de Diana Scultori Ghisi, c'est ici.

(Image : "Latone donnant naissance à Apollon et Diane sur l'île de Délos", av. 1575)