jeudi 7 avril 2011

Vittoria Colonna, poétesse




Vittoria Colonna vit le jour à Rome en 1490. Elle était la fille de Fabrizio Colonna, condottiere au service de Ferdinand II le Catholique.
Les Colonna était une famille noble romaine remontant au XI
e siècle.
Vittoria, poétesse, écrivit :
"Rime della Vittoria Colonna", s'inspirant du poète et humaniste italien Pétrarque, et de son poème élégiaque "les Rimes et les Triomphes". Comme lui, elle chercha à exprimer le déchirement éprouvé entre l'aspiration à l'ascétisme et l'attirance pour les séductions du monde. Les poèmes de Vittoria furent éditées 4 fois dans le siècle, ce qui est beaucoup pour l'époque.
Vittoria, marquise de Pescara, était l'amie de tous les hommes célèbres de l'époque : le peintre Pietro Bembo, Baldassare Castiglione (auteur du "Courtisan"), le cardinal Reginald Pole en exil (fils de la pauvre Margaret Pole, décapitée par Henri VIII), et bien d'autres comme Michel-Ange qui l'aima passionnément. Elle entretint également de bonnes relations avec les protestants italiens comme Juan de Valdés. On suppose qu'elle se convertit au protestantisme mais ce n'est pas sûr.
Elle mourut à Rome en 1547 à cinquante-sept ans, célébrée pour ses poèmes mais aussi pour l'amour qu'elle vouait à son époux, Fernando de Àvalos.

Malheureusement pas moyen de trouver ses poèmes originaux ni de traduction francaise. J'ai trouvé ceci mais il est probable que ce soit une adaptation en italien moderne. Je ne comprends pas assez l'italien pour en juger ni traduire un poème du XVIe siècle. Néanmoins le voilà :

Se con l'armi celesti avess'io vinto
me stessa, i sensi e la ragione umana,
andrei con altro spirto alta e lontana
dal mondo e dal suo onor falso dipinto.

Sull'ali della fede il pensier cinto
di speme, ormai non più caduca e vana,
sarebbe fuor di questa valle insana
da verace virtute alzato e spinto.

Ben ho già fermo l'occhio al miglior fine
del nostro corso, ma non volo ancora
per lo destro sentier salda e leggiera.

Veggio i sogni del sol, scorgo l'aurora,
ma per le sacri giri alle divine
stanze non entro in quella luce vera.




Du fait qu'elle ait inspiré un grand amour à Michel-Ange, il existe beaucoup de représentations de Vittoria Colonna.
Celle d'en haut est d'une certaine Maria Longhi et gravée par une certaine Ernesta Bisi.
Celle du bas est de Sebastiano del Piombo.

15 commentaires:

  1. Ce serait bien de savoir ce que raconte ce poème.
    Si tu veux, je peux demander à ma fille aînée qui se débrouille bien en italien de jeter un oeil dessus ce soir.

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  2. A Héloise : et comment ! Merci !

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  3. qu'elle était belle ! à tous les sens du terme (de l'intérieur et à l'extérieur)

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  4. Ok, je lui ai copié, elle te le fait pour demain. En jetant un oeil, il lui semble qu'il y a des mots d'italien ancien.

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  5. René Char et la poésie :
    - "... laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver."

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  6. Je parcours en ce moment "Une chambre à soi" de Virginia Woolf que j'ai lu il y a une quinzaine d'années ; elle y parle aussi de la difficulté pour les femmes à produire des œuvres littéraires et à rester dans l'histoire comme les hommes et à y être reconnues à leur niveau, tâche très difficile !

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  7. A lucia mel : cet aura qu'elle dégage traverse impeccablement les siècles, je trouve aussi.

    A Héloise : c'est super ! J'ai hâte d'être à demain !

    A JEA : sauf que les femmes laissent des traces que les hommes s'empressent d'effacer pour les remplacer par leurs propres empreintes indélébiles. Du coup, pour rêver, c'est pas top !;)

    A Hypathie : c'est même impossible sans la solidarité féminine ! Il faut que les femmes apprennent à priser les femmes. Je me donne un peu cette mission avec ce blog. Une mission qui m'est tout autant adressée. Mon appréciation personnelle des femmes a changé depuis que je l'ai commencé. Présenter ici des personnalités féminines oubliées m'aide moi-même à prendre conscience de la valeur féminine, de la grandeur invisibilisée des femmes.

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  8. Rah! ma fille n'a pas eu le temps de faire la traduction ... elle a bossé tout le week-end un contrôle pour demain. Mais chose promise sera due, foi d'Héloïse. Dès que je l'ai, je te la transmets.

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  9. Ne t'en fais pas je ne suis pas à quelques jours près (en plus, ca doit être dur à traduire!)

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  10. Elisabeth F.-B.11 avril 2011 à 16:43

    Il me manque des mots, et je ne suis pas sûre, mai comme cela, en gros, à la lecture de la nuit... je comprends quelque chose comme :
    Si avec les armes célestes j'avais vaincu moi même les sens et la raison humaine j'irais avec un autre (esprit ?) hautaine, éloignée du monde et de son faux/ malhonnête honneur.

    Sur les ailes de la foi la pensée, ceinte d'espoir, désormais non plus caduque et vaine, serait en dehors de cette vallée malsaine poussée et élevée par la vertu réelle.

    Après, j'ai du mal...

    ????

    Pour finir, en gros, elle voit le soleil, l'aurore, mais elle n'entre pas dans la véritable lumière...

    Je tâche d'y revenir demain...
    A bientôt, Euterpe !

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  11. Mille mercis à vous Elisabeth pour cette traduction et pour votre visite qui me réjouit plus que vous ne pouvez l'imaginer ! Donc ce poème exprime le sentiment et le regret de s'être d'une certaine facon "salie" et de par cette salissure être coupée du Vrai comme on peut se sentir coupé du monde par une vitre...c'est très intéressant et très poétiquement exprimé!

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  12. Elisabeth F.-B.13 avril 2011 à 12:20

    Bonjour Euterpe,
    Je demande de l'aide demain et vous fournis la traduction, en la soignant davantage !
    Oui elle semble chercher et ne pas trouver encore... et cela est assez humble, très beau comme écriture car simplissime, économe, à tel point que traduire semble trahir (comme toujours !)

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  13. Merci Elisabeth. Je me ferais un plaisir de rédiger un billet spécial avec votre traduction!

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  14. Bonjour Euterpe, je vous propose ma traduction en attendant de lire celle d'Élisabeth. Merci de promouvoir les créatrices, Dominique
    «  Si avec les armes célestes j’avais vaincu les sens et la raison humaine, j’irais d’un autre esprit plus haut et loin du monde et de ses faux honneurs
    Sur les ailes de la foi, la pensée ceinte d’espoir, désormais ni déchue ni vaine, serait poussée et élevée, par la vraie vertu, en dehors de cette folle vallée.
    Eh bien, j’ai déjà arrêté mon œil au meilleur objectif de notre parcours, mais je ne vole pas encore, ferme et légère par le droit chemin.
    Je vois les rêves du soleil, je vois l’aube, mais pour [ce qui est de] la visite des divines chambres, je n’entre pas dans cette vraie lumière."

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  15. A Dominique historienne : merci infiniment à vous pour ce délicat travail! Toute contribution à cette promotion dont vous parlez m'est on ne peut plus chère. Je vais la publier dès que possible.

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