mercredi 9 février 2011

Mujeres pintoras nacidas en el Siglo XVI

Formidable ! Les espagnol.e.s ont réalisé ce petit montage sur youtube concernant les peintresses du XVIe siècle. Je le publie ici en attendant de terminer un billet sur l'étonnante histoire de La Rochelle.





Avec musique !

lundi 7 février 2011

Un peu de brutalité dans ce monde de douceur !

La brutalité n'est pas l'apanage des hommes et les femmes sont tout à fait capable de se battre arme à la main pour la bonne cause, à commencer par l'excellente cause de la préservation de sa propre personne.

Lady defending castle from Smithfield Decretals England about 1340

Depuis les temps les plus reculés jusqu'à aujourd'hui, les femmes, peu reconnues comme des guerrières pourtant, ont pris les armes quand il le fallait absolument, et parfois même telle l'homme de leur époque, pour vider une simple querelle personnelle.

Duel entre Isabella de Carazzi et Diambra de Pettinella (1552) par Ribera Jusepe dit Spagnoletto (1591-1652)


La plupart des capitaines qui prirent la plume rapportent des exemples d'exploits féminins au combat. Brantôme raconte qu'au siège de La Rochelle (1573), les armées royales virent apparaître sur les fortifications de la ville une centaine de femmes en habits blancs (faciles à mettre à la lessive, explique le mémorialiste sexiste - mais la volonté de choc psychologique voulue par ces femmes paraît plus évident) occupées « fût à porter la hotte ou à remuer la terre » tandis que « les plus viriles et robustes [portaient] les armes ". Le fait est confirmé par l'Histoire des deux derniers sièges de la Rochelle, qui souligne « l'enragée hardiesse des femmes et chambrières rochelaises, lesquelles, armées et embastonnées, firent acte de soldats ou de nouvelles Amazones. Aussi appelle-t-on encore cet endroit le boulevard des Dames. » Brantôme ajoute qu'il a entendu dire que l'une d'elles conservait l'arme avec laquelle elle avait repoussé les assaillants « si soigneusement comme une sacrée relique, qu'elle ne la donnerait ni ne voudrait pour beaucoup d'argent la [céder], tant elle la tient chère chez soi. »

Aubigné rapporte quant à lui plusieurs cas individualisés. Entre autres, celui de Marie de Barbançon, veuve de Jean des Barres, seigneur de Neuvy, qui en octobre 1569, assiégée en sa maison par «Montaré, lieutenant de roi en Bourbonnais [...] prit sa place sur la brèche la plus dangereuse, une demi-pique en la main ; et les soldats, faisant de honte courage se défendirent à sa vue si opiniâtrement que la force ne leur fit rien, [mais] bien la nécessité, par laquelle ils se rendirent à la mi-novembre. » Ou encore celui de Madeleine de Miraumont, dame de Senneterre (ou de Saint-Nectaire), qui en 1575 fit échec à Montal, lieutenant de Basse-Auvergne qui voulait assaillir son château avec ses troupes : elle «chargea à sa coutume, vingt pas devant les siens, connue par amis et ennemis à ses cheveux, qui dessous [le casque] lui couvraient l'échine.» Certaines femmes se taillèrent même une solide réputation de grand capitaine en s'illustrant dans plusieurs sièges, telle Claude de la Tour, dame de Tournon, dont les exploits furent consignés par un biographe dès 1569. Ce ne sont là que quelques-uns des exemples qu'évoquent les textes du temps.

Aujourd'hui les femmes sont aussi de la lutte. Elles combattent héroiquement la fatale gentrification et tiennent tête aux troupes du gouvernement qui font impitoyablement le siège des si nécessaires lieux alternatifs :


La veille de la Nouvelle Lune, le 2.2.2011, les copines attendaient aux créneaux l'assaut des reîtres armés et casqués :


Le combat fut tout à fait inégal et le bélier, la masse, la hache et la scie électrique ont eu raison de la forteresse ! (Cinq heures quand même pour démanteler les défenses du bastion). Les assiégées n'ont pas dit leur dernier mot et l'armée de robocops ne perd rien pour attendre...
(Mes lecteurs/trices d'Allemagne auront compris qu'il s'agit de l'évacuation du Liebig 14 qui provoque encore des remous dans la presse aujourd'hui. Photos extraites du Tagesspiegel online).

dimanche 6 février 2011

Les "shakespearables" dont Amelia Bassano Lanier



Se prononcer pour ou contre l'hypothèse que suggère cette image ne saurait constituer un sujet de débat valable et il serait tout à fait ridicule de choisir ici son camp à moins d'être un.e "shakespeariste" confirmé.e, et encore.
C'est pourquoi décider comme Roland Emmerich de réaliser un film sur Shakespeare en prenant position pour une théorie déterminée, cela relève d'une démarche essentiellement liée à la "politique de genre", disons, un genre à la fois sexuel et social. C'est à dire que lorsqu'un riche homosexuel réalise un film dans lequel Shakespeare se révèle n'être autre, lui aussi, qu'un riche homosexuel, il s'agit ni plus ni moins que de donner des lettres de noblesse à une sorte de "caste".
Ce paramètre est exactement celui qui m'intéresse.
Objectivement la caste "riche homosexuel" est loin d'être aussi discriminée que la caste "femme", pauvres et riches confondues.
Que l'on soit indifférent ou non à la question de l'identité de Shakespeare, il est certain que les femmes ont tout autant et même bien plus à gagner que les homosexuels masculins dans le cas où Shakespeare s'avérerait être l'"une" des leurs.
D'autant que la dissimulation de la véritable identité est mille fois plus justifiée pour une femme.
En supposant qu'une autrice du XVIe siècle ait voulu signer de son nom réel des pièces de théâtre comme le fait aujourd'hui librement Yasmina Reza, cela lui aura été parfaitement impossible.
Rappelons nous que cette époque est antérieure à celle où l'on nomma péjorativement les femmes de lettres "femmes savantes". Parmi les femmes déjà présentées sur ce blog qui ont laissé une oeuvre littéraire, rien ou presque de leurs oeuvres n'a paru de leur vivant, même pas l'Heptaméron de Marguerite de Navarre (piqué par un homme après sa mort qui s'en est attribué la paternité avant que Jeanne d'Albret ne reconnaisse l'oeuvre de sa mère). Seuls les poèmes de Louise Labbé qui inspirent aujourd'hui encore tant de suspicion ont échappé à cette règle.
Une femme qui pensait et écrivait, une "savante" donc, était dans ce temps un objet de divertissement au même titre que le furent plus tard "les précieuses ridicules" de Molière.

Quelle oeuvre féminine possède de nos jours une réputation à la hauteur de celle de Shakespeare ? Quelle oeuvre féminine est-elle reconnue comme majeure, indispensable, incoutournable et géniale par hommes et femmes réunis ?

Et imaginons l'arme que serait contre la violence envers les femmes dans le monde une oeuvre reconnue comme de génie absolu ayant eu pour créatrice une femme !

En ce sens, on ne peut nier qu'un enjeu social considérable est attaché à l'identité sexuelle de Shakespeare .

(Ce texte écrit à la va-vite de bonne heure ce matin a été remanié ultérieurement à sa publication c'est-à-dire ce soir).

Shakespeare était peut-être une femme mais laquelle ?


Amelia Bassano Lanier (1559-1624) pourrait aussi avoir été William Shakespeare, d'après des recherches effectuées sur cette poétesse britannique par les américains A.L. Rowse, Stephanie Hopkins Hugues et Martin Green.
Je ne vais pas m'étendre sur la vie d'Amelia Bassano parce qu'elle est longue et compliquée mais ce qu'il faut retenir c'est que l'on cherche actuellement l'identité de Shakespeare du côté des femmes parce que Ben Johnson, le metteur en scène des pièces du/de la mystérieux/se auteur/trice fut le seul à l'avoir connu personnellement et qu'il affirmait qu'"il" se serait agi d'une "matrone".
Citation tirée de ce site :
Ben Jonson is the only literary figure who claimed to know the author of the plays, and his remarks are somewhat ambiguous—including the reference ‘To the Memory of My Beloved the Author’ in the First Folio which, in an oddly chosen metaphor, compares the author to a "matron".

Les homosexuels ne l'entendent pas de cette oreille car avant d'émettre ces hypothèses féminines, on s'était arrêté à l'idée que Shakespeare préférait les hommes du fait de ces dédicaces à des jeunes hommes et cette idée leur convenait.
Sans doute est-ce la raison pour laquelle nous verrons cette année un blockbuster (que j'ai maintes fois évoqué ici) sur le "mystère Shakespeare" destiné à renforcer cette vieille hypothèse-là.
Dans le monde du cinéma, on prête plus volontiers de l'argent aux homosexuels qu'aux femmes...surtout lorsqu'il s'agit de maintenir "hors quenouille" disons, un monstre de la littérature occidentale.

samedi 5 février 2011

D'aucuns pensent que Shakespeare était une femme

Lorsque j'ai lu le journal hier, j'ai trouvé en première page la nouvelle que j'ai rapportée précédemment sur la masculinité supposée de la Joconde, et le journaliste qui signait l'article le terminait ainsi : "donc la Joconde est un homme mais comme Shakespeare est une femme, l'équilibre est rétabli".
Du coup, j'ai cherché où il était dit que Shakespeare aurait été une femme et j'ai trouvé.





"Shakespeare war eine Frau!", dass behauptet zumindest Robin Williams, ein Forscher aus der USA. Der Dichter-Titan soll in Wirklichkeit die sehr gebildete Gräfin von Oxford, Mary Pembroke, die von 1561 – 1621 lebte, gewesen sein, so Williams. Doch wie kommt er darauf?

Traduction : "Shakespeare était une femme". c'est du moins ce que prétend Robin Williams, un chercheur américain. Le géant de la poésie serait en réalité la très cultivée comtesse d'Oxford, Mary Pembroke, qui vécut de 1561 à 1621, affirme Williams. Comment en vient-il à cette conclusion ?"

En résumé de l'article dont on ne trouve pas d'équivalent en francais: les oeuvres de Shakespeare sont tous dédiées aux fils de la comtesse, les figures masculines et les conflits présentées dans ses pièces ressemblent étrangement à des figures et des conflits de la maison Pembroke et plus la vie de la comtesse Pembroke s'assombrit plus les pièces de Shakespeare deviennent sinistres.

vendredi 4 février 2011

D'aucuns voudraient que Mona Lisa soit un homme...

Pendant que je m'éreinte à réexhumer les femmes du XVIe siècle, d'autres s'ingénient à enterrer les rares d'entre elles qui passaient jusque là pour des femmes.




Ils feraient mieux de chercher où sont passées, de cette fameuse Renaissance tant louée, les innombrables contemporaines aspirées si mystérieusement dans un trou noir !

mercredi 2 février 2011

Au commencement...

Pour donner un élément de réponse à la question : pourquoi ne sommes-nous, les femmes, plus représentées aujourd'hui par de grandes héroïnes antiques libératrices de leur peuple mais par des figurantes grimées et décolorées (ou hypercolorées comme Lady Gaga) ne se "libérant" plus qu'elles-mêmes, pour se faire, après leur mort, piteusement imprimées sur des sacs à main ?

Au commencement... étaient les déesses mères

"Les recherches archéologiques et anthropologiques mettent en évidence l’existence d’un pouvoir religieux féminin et la première hiérarchie : le sacré et le profane. Peu à peu, au cours des millénaires, un semblable divin de sexe opposé s’est imposé, ces déesses mères se retrouvent entourées d'hommes, époux, amant ou fils élu.

Cette revanche des dieux mâles implique un meurtre de la mère, et la destruction d’une religion et d’une symbolique propre aux femmes a eu lieu lors de la révolution néolithique (8000/2000 av. J-C). Avec la découverte des métaux commence une longue période de guerres, de conquêtes.

Les hommes imposent leur domination et pour ce faire, s'approprient le sacré, fondement originel du pouvoir. Cette appropriation du sacré par les hommes s’accompagne d’une régression progressive du rôle et de la place des femmes dans la société.

En orient, au moyen orient une question émerge : " Qui détient la supériorité ? La terre qui reçoit la semence, ou la semence qui fertilise la terre ? " La semence prend le pas, la femme devient une outre vide, n’est plus qu’un réceptacle. (...)"

(Nelly Trumel)

d'où le sac à main...



(Tableau : P.-P. Rubens : Mars et Rhea Silvia ; détail, ici en entier)