Affichage des articles dont le libellé est image de la femme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est image de la femme. Afficher tous les articles

dimanche 16 août 2015

Tôt ou tard, toute femme indépendante se fait traiter de sorcière

   En guise de petit interlude à la série des artistes allemandes des années 80 : mes aventures dans le Harz.

   J'ai passé quelques jours de vacances dans le Harz (qui n'a rien à voir avec les réformes dites Hartz), ce qui m'a donné envie de faire une note de blog sur cet intéressant endroit.
Le Harz est un massif hercynien (c'est-à-dire très très très ancien) assez étendu qui se situe dans le centre-nord de l'Allemagne (en même temps c'est seulement la petite tache à droite marquée HM de la Rhenohercynian Zone).


   Dès le 10e siècle, des mines d'argent y ont "fleuri" et pour satisfaire aux besoins en énergie (hydraulique) de cette activité extractrice très rentable (minerai d'argent vendu jusqu'au Proche-Orient), y ont été aménagées, autour du 16e siècle, des chaînes d'étangs séparées par des digues et entourées de fossés, le tout en terrasses plus ou moins régulières communiquant entre elles.


 
Le paysage produit par ces modifications humaines est aujourd'hui inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO et décrété réserve naturelle.
   Les plantes des marais, les oiseaux aquatiques, batraciens, etc... y abondent, cotoyant la végétation de moyenne montagne : épilobes, myrtilles, digitales et, bien entendu, épicéas. 
 



  Le Harz est une forêt d'origine préhistorique qui a certainement été le théâtre de cultes païens avant sa proto-industrialisation. Cet exploitation de l'argent coïncide, nullement par hasard, avec l'extension du christianisme, ce culte peu respectueux de la nature et plutôt fâcheusement (hyper)matérialiste. Après l'épuisement du minerai (au 19e siècle) et deux guerres mondiales, cette forêt hercynienne s'est vue soudain coupée en deux par le rideau de fer. Pendant quarante-cinq ans, le Brocken, qui en est le point culminant, a été interdit d'accès et confisqué par l'armée au moyen d'une affreuse station est-allemande de surveillance plantée en plein dessus. Celle-ci est aujourd'hui reconvertie en... hôtel. À côté, un émetteur de radio et de télévision également très moche est installé là depuis les années 30.

Pourquoi le Harz et en particulier le Brocken sont-ils si intéressants ?

D'accord il y a le fameux spectre du Brocken qui mérite d'être signalé, un phénomène qui, paraît-il, a été également observé par Goethe mais, surtout, ce sommet est le fameux lieu dit du rendez-vous des sorcières lors de la nuit de Walpurgis.

Il est inutile de dire que tous les villages au pied de ce mont sont ornés de sorcières, soient en relief sur les façades des maisons, soient en sculptures dans les jardins, en autocollants sur les voitures, survolant (attaché par un fil) les réceptions des hôtels ou campings, etc... Tout est à la sauce sorcière, exemple : les petits pains sorciers de la boulangerie, le chemin de randonnée "la montée des sorcières" avec sa silhouette de sorcière sur un balai, la mode, etc.


     
   On a nommé au 16e siècle sorcières des femmes probablement soucieuses de se retrouver en cachette pour échanger des savoirs devenues interdits ou confisqués par l'Église pour éradiquer toute forme d'opposition à son pouvoir. Des savoirs (et non des dogmes) liés, entre autres, aux plantes.
Aujourd'hui l'Église s'appelle Ultralibéralisme et les sorcières, amoureuses de la nature mais le principe est à peu près le même.
On peut aussi supposer que du point de vue non-chrétien des formations aussi anciennes que le Harz, si l'on se donne la peine de préserver leur authenticité, possèdent un pouvoir régénérant (?) indispensable à la vie que l'on ne saurait trouver ni dans le béton ni dans le bitume.
 
   Il est d'ailleurs intéressant de constater que ce massif provient de la même formation géologique que les Appalaches, le massif Central et le massif Armoricain, entre autres. Une faille traversant le Finistère se prolonge jusqu'à l'extrême sud du Harz. Or ces régions sont réputées pour leurs légendes de fées et de sorcières, en particulier, la Bretagne et le Harz.
Mais que trouve t-on au sommet du Brocken à part un entassement rocheux avec plaque indiquant l'altitude du mont ? Un mémorial à l'effigie du poète allemand Heinrich Heine. Faudrait pas rater l'occasion de parler mâle et il faut vraiment maintenir leur souvenir partout et tout le temps tandis qu'il est important d'oublier les femmes.

  Sinon l'écrivaine Ricarda Huch a écrit un joli texte sur le Harz que l'on trouve dans le livre de Florence Hervé sur les écrivaines et la montagne. Des extraits tirées d'oeuvres féminines, entre autres de George Sand, y sont rassemblées. Mais bien que l'autrice soit française le livre n'existe qu'en allemand. Ben oui, on n'y parle pas mâle alors ça vaut pas.

   D'ailleurs, il n'y a même pas de Wikipédia en français sur Florence Hervé, apparemment féministe, qui a aussi écrit sur Flora Tristan, Marie de Gournay, etc.. et est lauréate du prix des femmes Klara-Zetkin 2011.

   Sinon encore, mais qui donc l'eut cru ? le fléau du Harz est masculin.
Des abrutis n'ont rien trouvé de plus intelligent que de rendre l'étang le plus proche invivable aux mamans grèbes huppées à la recherche de nourriture pour leurs petits, ainsi qu'aux familles de foulques et à quelques paisibles poissons... avant que nous nous en mêlions, ma collègue aventurière et moi. L'occupation vacancière préférée de ces cerveaux plats consistant à faire du slalom assis sur une chaise au moyen d'une télécommande et d'un hors-bord miniature épouvantablement sonore, de temps en temps, l'un d'eux, un peu moins sac à patates que les autres, se déplace en kayak pour disposer des bouées-obstacles à contourner à distance par le télécommandeur affalé dont c'est le tour.
   Après que nous autres, vilaines païennes/sorcières, ayons réussi à faire décamper ce gang monosexué avec un peu l'aide (malheureusement) d'une autorité également masculine (ah lala, j'vous jure), un autre fléau est venu immédiatement combler ce que cette engeance considère, j'en suis sûre, comme du vide. Un pêcheur, ce grand sportif assis, lui aussi, avec ces nombreuses cannes à pêche électroniques qui bipent le moindre pet de poisson a aussitôt pris la place. Presque plus la moindre rive idyllique sans l'un de ces insupportables parasites guettant le moment de prouver sa capacité de prédation. Et ce ne sont même pas des retraités priés par bobonne de cultiver leur flemme au dehors, non, ce sont de très jeunes trou.ucs !
Une activité mascudestrutrice qui se pratique dès le plus jeune âge. Et, pour cela, ils n'ont pas besoin de bave de crapaud. D'ailleurs les mines d'argent du Harz ont également très pollué le lieu avant sa réhabilitation. On ferait donc mieux de jeter l'anathème sur les exploitateurs de minerais et les amateurs de vacarme à coup de joujoux électroniques stupides dont les pêcheurs ne sont qu'un élément parmi d'autres, plutôt que sur les prétendues sorcières. Sorcières dont on ne sait que dire sauf qu'elles se reconnaîtraient soit disant à leur nez crochu, leur bosse, leurs verrues et leur balai volant. Ces détails ne polluent pas et ne font pas de bruit pourtant !
L'activité des mâles à oeil éteint est réellement nuisible mais bien entendu motivée par ce besoin maladif et lamentable de déterminer une bonne fois pour toute qui a la plus grosse...
prise.
 
Et rares sont les sorcières (comme, entre autres : moi) pour les faire déguerpir. À l'heure qu'il est, ils sont encore en train de confisquer les plus jolies plages paludéennes et nous ont déjà oubliées. De plus, il y aurait une plante dans le coin qui éloignerait les sorcières, dit-on, mais, bizarrement, pas les couillosaures. Il s'agit de l'achillée sternutatoire (= qui fait éternuer). Ce qui prouve que la sorcière est une créature sensible, elle, au moins !


   Et, ça alors, tiens, tiens, tiens, cette fleur des marais serait aussi l'une de celles que l'on bénit  le jour de l'Assomption de Marie ! Dans ce lien, il y a la prière en latin qui va avec. Ici, le rite est mentionné au 5e paragraphe. Il y est dit que la tradition est plus répandue en Allemagne et en Belgique qu'en France (où l'on préfère bénir un objet fabriqué par le zôme (-> le bateau)).

Mais n'est-ce pas un peu un rituel de sorcière que de rendre un tel hommage aux plantes ? 

Cela dit, on rencontre également l'herbe aux sorcières dans le même coin où nuisent les tourmenteurs de poissons.  Elle porte encore le joli nom de Circée de Paris. Nous l'avons rencontrée à plusieurs reprises au cours de nos excursions car c'est encore une plante qui aime les zones humides. Les zones humides sont les lieux de prédilection des sorcières qui, comme on sait, aiment les serpents, les crapauds et les salamandres. Et si ce nom était une déformation de sourcières, découvreuses de sources ? Toujours est-il que le Harz leur est clairement dédié.






  À part ça, j'ai trouvé cette citation de l'écrivain gallois Ken Follett "Tôt ou tard, toute femme indépendante se fait traiter de sorcière"...  

 et c'est un homme qui le dit.


                                         (Emmanuelle Béart dans "Manon des Sources")



mercredi 30 janvier 2013

Lady Katherine Ferrers, la "dépravée"

Les conditions économiques dans l'Angleterre du XVIIe et du XVIIIe siècle devaient être bien dures pour les femmes car il semble qu'une pléthore d'entre elles eut recours à la délinquance pour leur survie du moins beaucoup sont passées à la postérité comme hors-la-loi. 
En ce qui concerne celle dont j'ai parlé précédemment, il apparaît que ce sont deux femmes bien distinctes l'une de l'autre. Mary Frith qui se costumait en homme et fumait (il existe un article très intéressant sur elle et digne d'avoir été écrit par Genre ! mais malheureusement pas en français) et Moll Flanders qui volait exceptionnellement déguisé en homme et qui ne fumait pas.
L'une qui connaissait ses parents, l'autre qui ne fit la connaissance de sa mère qu'après l'un de ses mariages.

File:Katherine Ferrers.jpg

L'une de ces hors-la-loi anglaises laissa son nom dans les annales comme bandite de grand chemin sous le nom de lady Katherine Ferrers, parfois lady Caroline Ferrers. 
Seule héritière à 14 ans des biens de sa famille dont les membres décédèrent brutalement, mariée par un parent à un homme qui mourra à la guerre ou prisonnier, lady Katherine Ferrers (v. 1634-1660), restée seule sans protection ni soutien, devint, dit-on, une bandite de grands chemins et décéda de ses blessures suite à un échange de coups de pistolets.Elle était alors âgée de 36 ans.
Entre temps, elle aura commis pas mal de larcins, brûlé des maisons et même tué un représentant de la loi. Ceci d'après la légende. Sur le wikipédia anglais (il n'y a rien en français sur elle), le bien-fondé de son surnom de "dépravée" qui lui a été attribué après sa mort est largement remis en question.
Il y est constaté que la romancisation, l'exagération et l'interprétation ultérieures de l'histoire de certaines célèbres hors-la-loi féminines anglaises empêche complètement de démêler à postériori le vrai du faux.
Il dit même que la période de sa vie se situant lors de la grande guerre civile britannique, il n'y aurait rien eu d'extraordinaire à ce que cette dame se soit travesti en homme et ait hanté la nuit à cheval et masquée l'étendue de ses propres propriétés pour tomber à l'improviste sur des pillards. 
 
CELA N'EMPÊCHE PAS QUE LA POSTÉRITÉ AIT ACCOLLÉ À SON NOM LE QUALIFICATIF DE DÉPRAVÉE.
Si bien que depuis des films intitulés "The wicked lady" (La dépravée) ont été tournés à plusieurs reprises inspirés soi-disant de sa vie.


En 1945, "The Wicked Lady", rebaptisé en francais "Le masque aux yeux verts" fut tourné par Leslie Arliss (non ce n'est pas une femme). On y suit l'héroine principale tout au long de l'intrigue avec le désir croissant de la voir enfin punie pour ses crimes que l'on ressent comme d'autant plus abjects que l'on a l'impression de voir au fond d'une âme vraiment dépravée se servant d'une apparence toute autre. C'est bizarre que l'on ne voie pas plus souvent ce genre de traitement fait à des héros masculins...En voit-on au juste ? Le deuxième film est un remake du premier (imagination masculine oblige), tourné en 1982 et s'appelle "The Wicked Lady" ("La Dépravée" est le titre francais (ou "La Canaille")). Le rôle est interprété par Faye Dunaway.

On attend toujours les films qui s'intituleraient "Le Dépravé", "L'amoral", "L'avili", "Le corrompu", "Le crapuleux", "Le débauché", "Le dénaturé", "Le dévergondé", "Le dissolu", "L'égaré", "L'immoral", "Le luxurieux", "L'orgiaque", "Le pervers", "Le perverti", "Le vénal", "Le vicieux", "Le vil".
Vainement, sans doute.
En tout cas en ce qui nous concerne, nous, les femmes, ne vous gênez pas les gars, hein !

lundi 28 janvier 2013

De Marie Coupe-bourse à Marie Lèche-bourse (en quelque sorte)

Grâce à Tania et ces précieuses indications sur l'oeuvre de Daniel Defoe, voici des nouvelles fraîches de la manière dont Marie Coupe-bourse a été digérée avec succès par la culture machiste.
Tout juste publiées à peu près cent ans après sa mort, les Mémoires de Marie Coupe-bourse sont revues et corrigées par le romancier britannique Daniel Defoe sous le nom de The Fortunes and Misfortunes of the Famous Moll Flanders (Heurs et malheurs de la fameuse Moll Flanders).
Deux siècles plus tard, son roman est adapté au cinéma. En 1965, Marie Coupe-bourse devient une sorte de Fifi Brindacier adulte habillée en satin vert avec des collants rouges. Extrait du film "The Amorous Adventures of Moll Flanders" avec Kim Novak dans le rôle principal, à voir ici : Moll Flanders en héroïne de slapstick.
Car avec Daniel Defoe et ses admirateurs, exit la femme qui défie les enquêtes de police  !
Dans la bande-annonce de l'un des films sortis en 1996 (l'autre est ici mais je ne sais pas s'il est mieux (je ne crois pas)) "Moll Flanders ou les mémoires d'une courtisane" de Pen Densham, Moll Cut Purse, la voleuse, la comédienne, la truculente est devenue une quoi ? Une courtisane.

Cela nous rappelle les poétesses de la fin du XVe siècle et du début/milieu du XVIe comme, entre autres, Louise Labé, qui se sont vues vite fait ravaler au rang de courtisanes sans autre valeur que d'avoir eu "l'honneur" d'avoir peut-être bien prêter/vendu leur jeune postérieur à la lubricité de vrais "hommes de talents", what else ? En 2007, Ken Russel a tourné une nouvelle version de Moll Flanders avec Lucinda Rhodes-Flaherty dans le rôle de Moll Flanders. Mais surtout pas d'après les Mémoires de Moll Flanders,elle-même. Qui cela étonne?
Alors à quand une réimpression des véritables mémoires de Moll Flanders, mesdames les éditrices (s'il y en a) ?
Parce que d'après la prose de notre héroïne, on dirait qu'elle s'est plutôt bien amusée à pratiquer des activités hors-la-loi et son ton respire une complète liberté. Un film sur elle devrait alors mettre en scène un personnage à la manière de Thelma et Louise, le film dont j'ai visionné la DVD ce weekend (clouée au lit que je suis par le même virus qu'il y a un mois. Saperlotte !), et pas à la derviche tourneuse que l'on voit dans cette affligeante bande-annonce qui sent son drame dramatique à plein nez. (Ici la bande-annonce en français encore plus inaudible qu'en anglais quand on sait que cette femme (la "création" de Defoe) n'a rien à voir avec le vrai personnage de Moll Flanders qui n'a jamais été une courtisane).

Ajout du 29 : la culture machiste consiste à ne jamais présenter l'oppression des femmes par les hommes comme une réelle injustice humaine et sociale mais à la présenter comme fatale, romantique, érotique et un excellent sujet de drame, de comédie ou de tragi-comédie.
Dans ce contexte, une figure de femme affranchie ne doit jamais être présenter comme telle. Présenter une femme affranchie comme affranchie, c'est reconnaître qu'il y a oppression. La femme libre doit donc être présenter comme essentiellement victime/bénéficiaire de sa beauté. Ce doit être une femme que les circonstances ont desservi mais qui, ayant un corps jeune et beau, a toujours un moyen de s'en sortir. Vous voyez lequel. Ce n'est pas une femme libre, donc, mais une femme immorale par nécessité. On sous-entend que la femme étant plus ou moins débridée sexuellement de nature, elle ne répugne pas à se servir de ce corps pour s'en sortir et y trouve même quelques plaisirs "coquins".
Fantasme d'homme.
Tout autre moyen plus "masculin" que cette figure aurait employé à sa survie est traité de manière anecdotique et réductrice.
En réalité, la vraie Moll Flanders a une énergie de vie fantastique et aucune peur des risques et pourtant le risque essentiel pour elle est la pendaison à laquelle elle échappe quasi par miracle.
Elle a un nombre impressionnant de vol et larcins à son actif et s'est constitué par ce biais une véritable petite fortune. 
Moll Flanders est une vraie rebelle, avec des côtés sombres et des côtés brillants. Voleuse, manipulatrice et comédienne hors pair, si elle cherche à plusieurs reprise une sécurité matérielle par le biais du mariage, elle finit toujours par épouser des hommes qui lui plaisent même s'ils ne sont finalement pas forcément aussi riche qu'elle l'aurait souhaité. Le plus gros choc de sa vie fut de découvrir (pour l'un de ses maris) qu'elle avait épousé son propre frère ! À propos du mariage, elle explique aussi très bien avec exemples à l'appui comment le système de son époque piège les femmes. De ce point de vue, ses Mémoires sont un excellent témoignage sur les moeurs machistes du XVIIe siècle.

jeudi 24 janvier 2013

Marie Coupe-bourse (actualisé)

Il est écrit dans la Bible :

"Tout homme qui porte un vêtement féminin est maudit, et toute femme qui porte un habit d'homme est également maudite. Notre vêtement nous a été donné comme marque distinctive par où différencier les sexes" (Deutéronome 22-5)

Au XVIe/XVIIe siècle, une Anglaise se vêtit pourtant "officiellement" en homme (en dehors de la reine Marie de Hongrie qui l'avait déjà fait avant elle mais elle était reine, c'est différent), à savoir une certaine Mary Frith (1584-1659), pickpocket notoire à moitié redresseuse de tort qui osait se produire sur la scène d'un théâtre populaire (pourtant interdit aux femmes) vêtue en homme pour y chanter des chansons obscènes en jouant du luth.

Cela se passait dans l'Angleterre de Jacques Ier où parut bientôt (en 1620) un pamphlet contre les femmes virilisées intitulé "Hic Mulier".
Une réponse anonyme, "Haec Vir" fut publié la même année contre les hommes efféminées par le vêtement et la parure.
Car à partir des années 1570, le "cross-dressing" (sorte de changement de sexe par le vêtement) avait fait son apparition et commencé à faire rage dans la société anglaise. Les hommes avaient multiplié les rubans et les colifichets dans leurs tenues tandis que les femmes s'étaient amusées à porter des hauts-de-chausses, justeaucorps, chapeaux à plumes, rapières et poignards au côté, comme des hommes.
C'est dans ce contexte qu'est apparu la figure atypique de Mary Frith, fille d'un cordonnier et d'une femme au foyer. Je ne peux pas tout traduire de l'anglais en ce qui la concerne, parce  que le temps me manque, mais disons qu'elle a fasciné les gens de son époque. Elle fumait la pipe telle une vraie George Sand avant l'heure, mis à part qu'elle évoluait dans un milieu plus populaire et il semble qu'elle jurait comme un charretier.
On dit que ce fut la première femme en Angleterre à avoir fumé et aussi qu'elle avait installé chez elle des miroirs partout pour pouvoir s'admirer dans chaque pièce.
Il se disait en ce temps que les femmes qui s'habillait en homme était incontrôlable sexuellement mais Mary Frith affirmait qu'elle ne s'intéressait pas au sexe.
Elle se maria pourtant en 1614 avec le fils d'un auteur dramatique.
Il semble qu'elle mourut vers l'âge de 74 ans.
Sa bio d'après Wiki.
Elle a inspiré toutes sortes de pièces de théâtre et il existe plusieurs biographies la concernant mais elle semble complètement inconnue en France. 
On la surnommait "Moll Cut Purse" (Marie Coupe-bourse) (puisqu'elle était pickpocket à ses heures et subit plusieurs fois les châtiments des voleurs de l'époque (paumes des mains brûlées).

Ajout du 27 janvier : le lien associé au nom "Marie Coupe-bourse" mène en fait aux "Mémoires et aventures de mademoiselle Moll Flanders écrits par elle-même ["Moll Flanders" étant un autre surnom de Marie Coupe-bourse] traduit de l'anglois" et publié en MDCCLXI (1761). C'est écrit de manière vivante et entraînante, si bien que l'on n'a pas du tout envie de lâcher le fil ! Pour l'adaptation aux anciennes casses, remplacer les "f" maigres par des "s" et la compréhension du texte sera totale.

Cela commence ainsi : "Comme mon véritable nom est si bien connu dans les registres de Newgate* [*prison de Londres] et qu'il y a même quelques petites affaires indécises sur mon compte, j'ai jugé à propos de me servir du sobriquet que m'ont donné mes camarades, tant pour l'honneur de ma famille que pour éviter toute brouillerie avec la justice. Ainsi je ne me ferais connaître dans ces mémoires que sous le nom emprunté de Moll Flanders.
J'ai oui dire que dans certains pays, lorsqu'un criminel est condamné à la mort ou aux galères, le gouvernement adopte les enfants qu'il laisse, et les entretient à l'hôpital jusqu'à ce qu'il soit en état d'apprendre un métier pour gagner leur vie.
Si cette loi eût prévalu dans ma patrie, je ne me serais point trouvée seule sans secours, sans habit et sans pain, dans un âge où je n'étais pas capable de faire réflexion sur mon état. Je n'aurais point non plus été entraînée dans un genre de vie, où je risquai selon le cours ordinaire de perdre et le corps et l'âme.
Ma mère fut condamnée à être pendue, pour un vol de peu de conséquence ;
elle avait trouvé le moyen d'enlever d'une boutique trois pièces de toile fine. Cependant comme elle se trouvait enceinte, on lui donna un répit de sept mois.
Pendant cet intervalle, elle accoucha de moi. On lui sût si gré d'avoir donné une nouvelle citoyenne au monde, qu'elle obtint sa grâce à condition de passer en Amérique. Pendant son absence, je restais en très mauvaises mains, comme vous pouvez le croire. Comme je n'étais âgée que de six mois, je ne puis me rappeler ce qui m'arriva dans ce temps-là. La première circonstance qui me vient à l'esprit (...)

Passionnante autobiographie que je ne vais pas transcrire au complet ici puisque le livre est scanné et libre d'accès.

lundi 16 juillet 2012

Accouchement historique



 

Je n'ai évidemment pas manquer de visiter le célèbre château de Pau un peu trop abusivement appelé "château de Henri IV", étant donné qu'il fut aussi bien un peu celui de Gaston Phébus et d'Henri d'Albret, deux monarques à l'origine des plus importantes transformations d'icelui, ainsi que le château de Marguerite de Navarre et celui de sa fille la reine Jeanne III, mère d'Henri IV qui y abjura le catholicisme le jour de Noël 1560.
Il fut d'ailleurs bien un peu aussi le château de Catherine de Bourbon, dont je n'ai pas encore parlé mais ça viendra.
J'ai suivi la visite guidée afin de tester le guide sur plusieurs points. Devant une ancienne maquette du château, j'ai pu constater qu'il ignorait complètement que les jardins ont été créés par Marguerite de Navarre. Lorsque je le lui ai fait remarquer ce "détail", il m'a répondu "C'est possible" comme si cela avait une importance très mineure voire pas d'importance du tout.
Or on citait autrefois la "Plante de Pau" de Marguerite de Navarre comme on citait les Tuileries à Paris. Je ne l'invente pas, c'est écrit par exemple ici.
Il y avait la "Haute Plante" et la "Basse Plante". Une lithographie de 1834 montre le château vu de la Basse Plante ici.  Je ne sais pas si les arbres extraordinaires que l'on peut encore y voir descendent de ceux plantés au temps de Marguerite mais ils m'ont impressionnée.
Malheureusement, toute la présentation du château de Pau n'est rien d'autre qu'un hymne à la seule gloire d'un unique et exclusif personnage, à savoir Henri IV qui est certes né là mais qui n'y séjourna que rarement.

Je m'attendais au moins à y voir dans la pièce qui l'a vu naître, le tableau bien connu d'Eugène Devéria (v. 1827) représentant Henri d'Albret brandissant le célèbre nouveau-né avec (à gauche du tableau) la parturiente Jeanne d'Albret épuisée et heureuse. (Elle a accouché en public).
Tableau dont voici l'esquisse :
La naissance de Henri IV
Point du tout. Dans la salle qui a vu naître notre Henri IV national se trouve un tableau de sa.....mort !


Son assassinat par Ravaillac.
Celui qui lui donna la mort compte plus que celle qui lui donna la vie...dingue, non ?  Ci-dessus le seul tableau visible dans la salle qui a vu naître Henri IV.

A propos des oeuvres exposées dans l'ensemble du château, on peut en voir un certain nombre sur ce blog mais l'unique tableau représentant la mère de Henri IV n'y est pas. Je ne connaissais d'ailleurs pas cette peinture et si on peut la voir quelque part dans une petite salle du château, on ne peut l'acheter ni en carte postale ni en trouver la plus petite reproduction dans l'un des guides du château. Et pourtant si Jeanne n'avait pas fait de son fils un huguenot, jamais il n'y aurait eu d'Édit de Nantes ! Alors je me réserve de vous montrer une mauvaise version scannée du seul portrait en pied de cette grande femme, la voici (je l'ai déjà mise en haut, je la replace en bas) :


Je l'ai curieusement trouvé sur un Myspace consacré à Jeanne d'Albret !

On ne peut pas dire que l'hommage fait à la mère du héros historique français le plus adulé soit bien grand dans l'endroit où elle en a accouché et dont les représentations et le nom s'étalent partout !

Edit : pour celleux qui croiraient encore que le XXIe siècle est moins sexiste que le XVIe siècle, cet article sur certains cadeaux de naissance principalement pour nouvelles-nées me confirme encore une fois de plus qu'il ne fait que se nicher ailleurs désormais, et dans les endroits les plus inattendus !

samedi 6 août 2011

Résultat du tag : 5 - Vallenain est....

Gargamelle

100 000 V (en bon macho qui se respecte, c'est pas moi qui le désigne ainsi mais lui-même) n'a pas joué exactement le jeu et s'est attribué un homme du XVIe siècle. Dans ce cas-là, il y a une petite clause dans le tag, que j'ai oublié de mentionner : je prends le personnage féminin le plus proche du personnage masculin en question et l'attribue au joueur.
Le personnage féminin le plus proche de l'homme en question qui ne s'est jamais marié et évitait les femmes, est sans conteste Marguerite de Navarre à laquelle il vouait une admiration sans borne et dédicacait ses livres en la désignant sous le nom de "Dame à la licorne" mais le personnage est déjá pris.

Après cette femme-là, il ne reste plus que le personnage féminin principal de l'un de ses romans, Ce sera donc l'ogresse Gargamelle,fille du roi des Papillons, femme du géant Grandgousier et mère de Gargantua qui sera désignée pour remplacer son créateur. Gargamelle est surtout connue pour avoir accouché par l'oreille.

Cela se passe ainsi :
Gargamelle,est enceinte de onze mois (selon l'auteur, de la durée d’une grossesse dépend la perfection du nouveau-né : plus la grossesse dure longtemps, plus le nouveau-né sera un « chef d’œuvre »). Prise d'envies de femme enceinte, elle fait abattre des centaines de milliers de bœufs pour mardi-gras, et elle invite des amis pour ce repas trop imposant pour elle. Malgré son état et les remontrances de son mari, Gargamelle ne peut résister aux tripes et au vin. Ils dansent, chantent, commencent à se disputer. Ivres, ils tiennent des propos incohérents. Pendant la beuverie, Gargamelle ressent des contractions et met au monde de manière insolite Gargantua. Il sort de l’oreille gauche de sa mère et réclame aussitôt à boire..

Son père, en découvrant l’enfant, s’écrie : « Quel grand (gosier) tu as » Et l’enfant est appelé alors Gargantua. Pour l’allaiter, il faut le lait de dix-sept mille neuf cent treize vaches. On voit par là que Gargamelle n'allaite pas.
Son mari et elle ne donne aucune limite à leur fils. c'est ainsi qu'il grandit et que l'on perd de vue Gargamelle, un peu réduite à ses fonctions procréatrices. Mais d'après des analyses de l'oeuvre, Gargamelle pourrait représenter Anne de Bretagne (dont parle Hypathie en tag n°7 à paraître après Hélo), parce qu'elle est appelé fille du roi des Papillons ou Parpaillon, un parpaillon ou parpaillo signifiant au sens propre un papillon qui se brûle à la chandelle et au sens figuré un hérétique que l'on brûle. Pourquoi Francois II de Bretagne est-il considéré comme un hérétique ? Je n'en sais rien.
Pour de plus amples renseignements sur l'association faite entre Gargamelle et Anne de Bretagne voir ces commentaires historiques sur Gargantua. Il m'aurait semblé plus logique à moi d'associer Gargamelle à Éléonore de Habsbourg la femme de Francois Ier puisque Grandgousier le représente. Les Habsbourg ayant un appétit gargantuesque de territoires, cela collerait assez avec l'idée génerale du livre où les guerres d'expansion (des Valois et des Habsbourg) qui ont lieu aux alentours des années 1530/40 prennent une place non négligeable.

samedi 16 juillet 2011

Je note que l'auto-censure n'a pas fonctionnée ce week-end



Me revoila taggée ! "outline" (hors du net) on récolte les fruits, "online" on récolte les tags.
Celui-ci est même un multitag. Premier tag, il faut noter les agences de notation. Alors pour moi c'est facile, c'est zéro partout. La spéculation étant devenue une arme de destruction massive, je suis d'avis que le système économique dans son ensemble est à revoir et rapidement. Voilà un tag de régler. Le deuxième consiste à dire ce que l'on a fait ce week-end. Disons que j'ai le sentiment d'avoir surtout fait du baby-sitting de chats mais c'est subjectif. Sinon je note que l'auto-censure sexiste n'a pas fonctionnée en cette fin de semaine, les attaques personnelles réservées aux candidatEs comme elles ont visées en son temps Ségolène Royal (ce qui ne l'a pas empêchée d'arriver au second tour) frappent aujourd'hui Eva Joly. Quand il s'agit d'une femme la xénophobie est le cache-pot du sexisme (car qui s'inquiète aux gouvernements des origines de Rachida Dati puisqu'elle ne menace pas de prendre la place du président ?).
Le dernier tag est assez paradoxal dans la mesure où il s'agit de parler de sa propre censure et donc de dire de quoi on ne parle PAS. Or si je n'en parle pas, je ne vais pas en parler pour dire que je n'en parle pas ! QED (quod erat demonstrandum ).

Voilà je crois que j'ai fait le tour des tags !

Et hop ! Je vais pouvoir passer à autre chose, maintenant.



Voici une ancienne adaptation ciné de "La reine Margot" qui a sûrement marqué bien des esprits comme celui du guide du château de Blois dont j'ai parlé ici.
On y voit la méchante Catherine de Médicis (l'empoisonneuse) incarnée par Francoise Rosay et le rusée parfumeur (empoisonneur inofficiel) incarné par Louis de Funès.
C'est extrêmement caricatural.
Autre partie de la vidéo : Charles IX apprend qu'il a été empoisonné par sa mère (qui, en fait, voulait empoisonner Henri de Navarre).
En réalité, Charles IX serait mort d'une pleurésie.
Ah ces affreuses femmes de pouvoir, des vrais dangers publics !

samedi 4 juin 2011

Vertumne et Pomone

Comme c'est le mois de juin et que les premières cerises sont mûres plus tôt avec cette chaleur estivale qu'il fait un peu partout, j'ai envie de parler de Vertumne et Pomone.




Pomone est la déesse des vergers et des fruits comme Diane est celle de la chasse et de la nature sauvage. Et vu d'aujourd'hui, on pourrait dire que la seconde est la déesse du régime carnée tandis que la première dont le nom vient de pomum la pomme, pourrait être celle du végétarisme. En effet Pomone n'aime ni la chasse dans les forêts, ni la pêche au bord des rivières. Seuls les champs et les arbres, chargés de fruits, peuvent lui plaire. Elle ne porte jamais d'arme. Elle manie uniquement une faucille recourbée pour élaguer des branches inutiles, ou émonder des rameaux qui s'étendent trop loin ; parfois elle insère, dans l'écorce entrouverte, une tige étrangère, et fait porter à un arbre des fruits qui croissent sur un autre. Elle prévient la soif des plantes, et arrose les filaments recourbés d'une racine amie de l'onde : ce sont là ses plaisirs et ses soins. Elle ignore l'amour, mais craignant la rudesse de l'habitant des champs, elle entoure ses jardins de remparts de verdure, et en défend l'entrée aux hommes qu'elle fuit.

On remarquera que le végétarisme est associé au jardin cultivé et protégé, c'est-à-dire à la culture, tandis que l'alimentation carnée est associée à la nature sauvage, c'est-à-dire à l'inculture. Vu ainsi, le végétarisme pourrait être interprété comme correspondant à une évolution de la nature humaine.

Les deux déesses fuient les hommes. L'homme semble ne pas être quelqu'un de fréquentable pour ces femmes proches de la nature, chacune sous une forme différente. Diane fait dévorer par ces chiens Actéon qu'elle a surpris en train de l'observer en cachette et ne se lie jamais à un homme de sa vie. Même l'amour devient une histoire de dévoration.

Pomone ignore totalement l'homme qui essaie de la séduire jusqu'à ce qu'il l'appproche sous une forme innoffensive telle celle d'une vieille femme.
C'est le dieu Vertumne qui possède le don de changer de forme (de vertere : transformer). Il est tombé vainement amoureux de la déesse, il s'est efforcé sans succès, de la séduire en laboureur, en moissonneur et en vendangeur, il a donc fini par se métamorphoser en vieille femme qui fait les louanges de lui-même en Vertumne, avec beaucoup de talent. Pomone séduite par son langage (de nouveau la culture ?) accepte de se lier à lui lorsqu'il reprend sa véritable apparence.
Voilà les mots de Vertumne selon Ovide :
"Mais, si vous êtes sage, et si vous voulez un hymen heureux, écoutez les conseils d'une vieille qui vous aime plus que tous vos amants, et plus que vous ne pensez : rejetez des flammes vulgaires, et choisissez Verturnne pour époux. Je réponds de sa foi; car il ne se connaît pas mieux que je ne le connais moi-même. Ce n'est point un volage qui promène ses feux de climat en climat. Il ne se plaît qu'aux lieux où vous êtes. On ne le voit point, tel que l'inconstante foule des amants, s'attacher à la dernière femme qu'il a vue : vous serez son premier et son dernier amour. À vous seule il a consacré son coeur et sa vie. Ajoutez qu'il est jeune, qu'il a reçu le don de la beauté, et celui de prendre toutes les formes qu'il désire. Ce que vous ordonnerez qu'il soit, et vous pouvez tout ordonner, il le sera.
Encore une histoire de ruse pour parvenir à une femme dirait-on mais on peut aussi y voir là une allégorie. L'homme qui a assez d'humilité pour laisser transparaître son côté féminin maternel (femme âgée) et pour passer par la formulation explicite de ses souhaits peut gagner le coeur de celle qu'il aime.
C'est aussi le prétendant qui se soumet entièrement à sa bien-aimée. Il promet un don total.

Alors qu'Actéon n'exprime rien et ne se manifeste que par le regard, ce qui provoque une mortelle colère au coeur de celle qu'il convoite.

Pour ce qui est de la représentation picturale de ce thème : au XVIe siècle on représente pour la première fois depuis l'antiquité les femmes nues en peinture en attendant la découverte de la photographie où on les représentera nues en photos et la découverte du cinéma où on les représentera nues en film. Pourquoi représenter Pomone nue ? C'est une idée d'homme. Il faut dévoiler le corps promis aux sens. N'oublions pas que la peinture sur toile est à la Renaissance un art masculin réservé aux hommes et que les seules femmes autorisées à peindre n'avaient pas le droit de s'adonner à l'étude anatomique. L'image semble dès lors devenue l'ennemie de la femme car on est désormais saturées d'images de corps féminins nues qui ont quelque chose de rabaissant sous prétexte d'exaltation de la beauté féminine. Ce n'est plus Vertumne (vertere) mais (pervertere) un pervertissement. Une mise en valeur qui dévalorise...

(Peintures : Vertumne et Pomone successivement par Hendrick van Balen, le Primatice, et le jardin de Pomone par un (ou une) élève du Primatice)

vendredi 11 mars 2011

Anne Boleyn et Henri VIII ou la petite féministe et le gros macho

Tempête dans un verre d'eau sur la blogosphère : après avoir en vain chercher les féministes voilà qu'on les a retrouvées mais cette fois-ci attention : elles font "peur". Brrrr!Aglagla! Sauve qui peut (enfin : un ou deux macho a peur).
Tout cela à cause de mon précédent billet-arracheur-de-dents (non, d'autre chose. Mais lisez vous même les liens)! Ainsi je découvre que le féminisme c'est moi (merci quel honneur) et que telle la Julian Assange moyenne, je sème la panique dans le monde virtuel ou, au choix, le précipite dans un film d'horreur (scary movie, en francais moderne) style "les castratrices attaquent" ou "l'invasion des mortes-vivantes"...........bref...passons. Quoique le second titre me fait assez penser que celles qui survivent au machisme ne sont peut-être pas des mortes vivantes, d'accord, mais comme elles ne font que vivoter, elles ne sont pas très vivantes non plus.
Or il ne faut pas le dire, il est très dangereux de le dire. Vu le nombre de femmes violées, battues, assassinées, torturées (parfois tout à la fois) dans le monde, on sait qu'il est très dangereux de tenir tête à un macho. Il a peur, très peur et comme il se croit en danger, il faut qu'il se défende, c'est compréhensible, on ferait pareil à sa place, sauf que sa peur à lui, lui fait faire n'importe quoi. Il insulte, frappe, tue.
Ann Boleyn qui tenait tête à Henri VIII l'a perdue parce qu'Henri perdait la sienne.




Voici la vidéo d'une ancienne version ciné de leur relation : malheureusement les personnages sont déformés. Il s'agit de la version de 1969 avec l'excellente actrice canadienne Geneviève Bujold (Ann Boleyn) et Richard Burton (Henri VIII) dans "Anne des mille jours" de Charles Jarrot. 1968 vient de passer par là, Ann Boleyn est plutôt féministe et fait peur au gros macho Henri VIII. Ce n'est pas encore la Ann Boleyn sexy bitch...
d'aujourd'hui qui n'est plus qu'une poupée de chair que l'on prend et que l'on jette...