dimanche 12 mai 2013

Tekla Bądarzewska, compositrice

Je reviens donc peu à peu au 19e siècle et son activité féminine intense dont on entend plus parler du tout, comme si les femmes, là encore, nous avaient attendu.e.s, nous femmes du 20e et du 21e siècle, pour créer et agir alors qu'elles sont simplement passées aux oubliettes ou plus contemporain : au vide-ordures, comme de vulgaires détritus.

Tekla Bądarzewska est une compositrice polonaise du 19e siècle morte à 27 ans.

Elle écrivit 35 pièces de salon pour piano.

L'un de ces morceaux "La prière d'une vierge" fut rapidement célèbre et, tel un tube actuel, eut les honneurs du monde entier. Ce fut même la seule pièce au piano de tout le siècle qui obtint une semblable célébrité. Ce succès d'une musique de femme ne manqua pas d'attirer les railleries de ces messieurs (les jaloux). On prétendit rapidement que c'était en réalité de la musique pour enfants et le morceau fut parodié par Erich Kästner dans un poème qu'il intitula "La prière d'une non-vierge" ainsi que par Kurt Weill qui fait démarrer son spectacle comique " Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny" par cette pièce musicale suivi de cette déclamation emphatique d'un acteur comique : "Ceci est l'art éternel !" afin de provoquer les rires. Car entre temps (on était dans la 1re moitié du 20e siècle) et on avait décrété que la musique de Tekla Bądarzewska-Baranowska représentait la quintessence même du kitsch.

En tout cas, voilà le morceau. Je ne crois pas que ce soit la meilleure interprétation de youtube (il y en a beaucoup et je n'ai pas le temps de toutes les écouter (celui-là est bourré de fausses notes mais le piano rend un beau son)). 

 

Ajout du 13.5. : Le morceau à succès de cette compositrice est, aujourd'hui, un standard de la musique country. À écouter ici, ici, ici ou .

6 commentaires:

  1. Encore un nom que tu extirpes de l'oubli. Même si la Pologne fait partie de l'union européenne, ses artistes nous sont peu connus dans l'ensemble. J'espère qu'au moins Tekla Bądarzewska est bien connue de ses compatriotes.
    Bonne semaine, Euterpe.

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    1. En fait, cet air continue à être beaucoup joué sans que l'on sache trop bien qui l'a composé.
      Pour les Polonais.e.s, ben le nom de Chopin est quand même arrivé jusqu'à nous,je crois ! :)

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  2. L'ampleur démesurée de la jalousie des hommes et de leur mesquinerie envers les femmes ne cesse de m'estomaquer.

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  3. Oui je suis bien décu d'Erich Kästner et Kurt Weill dont j'appréciais les oeuvres. Qu'ont-ils eu besoin de rabaisser une compositrice parce que femme ? C'est minable.

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  4. Jaloux, c'est la seule possibilité d'explication pour un tel acharnement à nous ôter de l'Histoire ! Belle découverte.

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    1. Merci Hypathie.

      Ici jaloux mais aussi souvent copieurs et voleurs en sus ! Bref, pas de quoi se vanter toute la journée en tout cas.

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