A la recherche des femmes dans le monde médical à travers les siècles et, parallèlement, bien que cela n'ait aucun rapport, intriguée par les nombreuses représentations dans l'art de sainte Dorothée, j'ai découvert un lien entre les deux et que la première femme à obtenir le titre de docteur dans le monde, fut une allemande du XVIIIe siècle du nom de Dorothea Erxleben. De fil en aiguille, toujours dans les méandres les plus illogiques (mes préférés), j'ai également découvert l'existence d'un certain Comenius, un tchèque qui militait au XVIe siècle pour la scolarisation des filles.
Après ces intéressantes trouvailles, je rentre chez moi toute guillerette et trouve l'appel suivant sur mon répondeur : allo Euterpe, si ca te dit il y a un "baby bazar" demain matin à 11.00 h à l'école Comenius...! Quoi ? Je n'avais jamais entendu parler ni de ce personnage, ni de cette école auparavant. Quelle coincidence ! J'avais envie de rappeler immédiatement ma copine pour lui dire que je savais qui était Comenius ! Mais comme elle aurait pensé que je n'avais pas tout mon bon sens, j'ai donc plutôt choisi d'en parler ici.
Philosophe, grammairien et pédagogue, Jan Amos Komesky, dit, en latin, Comenius, est né en 1592 en Moravie. Son père était un adepte de Jan Hus qui fut brûler comme hérétique.
Orphelin a douze ans, il entre dans une école latine où il inspire de l'affection à ses maîtres qui le pousseront et le protègeront dans ses études.
Devenu pasteur puis un philosophe très en vue, il passera sa vie à tenter de faire appliquer les préceptes pédagogiques qu'il a concus.
Comenius plaide pour une démocratisation de l’éducation. Selon lui : puisque chaque être humain est une image de Dieu, chaque être humain mérite d’être éduqué.
Ainsi, « tout doit être enseigné à tout le monde, sans distinction de richesse, de religion ou de sexe ». C'est le concept de pansophia, ou sagesse universelle. À une époque où l’infériorité des femmes est communément admise, Comenius affirme que les filles ont les mêmes capacités intellectuelles que les garcons.
Pour Comenius, le système éducatif devrait non seulement s’attacher aux activités de la pensée et de la raison (ratio), mais aussi au travail manuel (operatio). Il considère que les écoles devraient montrer moins d’intérêt pour l’enseignement du latin, et bien plus d’intérêt pour des matières comme la géographie, l’histoire ou la biologie. Il insiste beaucoup sur l’importance de l’éducation artistique ; l’art doit être accessible à tous. En musicologue avisé, il plaide pour la généralisation de l’enseignement de la musique à tous les niveaux scolaires.
Pour concrétiser la « sagesse universelle », Comenius conçoit un système d’éducation unique pour les deux sexes, et composé de quatre degrés : l’école maternelle pour les plus petits, l’école publique pour les enfants, l’école secondaire pour les adolescents et les académies pour les plus âgés. Cependant, il considère que l’éducation est un processus qui doit durer toute la vie et que le monde entier est une école.
Pour enseigner, il préconise l’utilisation d’images. Son manuel Orbis sensualium Pictus a pour ambition d’enseigner le latin aux enfants par association d’un mot à une image. Il défend aussi le rôle des jeux individuels ou de groupe ; rien de tel qu’apprendre en s’amusant. L’enseignant doit aussi encourager la participation des élèves. La pratique de la punition corporelle est, par contre, vigoureusement déconseillée.
"Omnia sponte fluant, absit violentia rebus" : tout coule spontanément, on n'obtient rien par la violence.
et surtout : "omnes omnia omnino" : il faut tout enseigner dans son entier à tou.te.s.

Relief sur une école à Dolany (République tchèque).